Commentaire de Marché

Du virtuel au réel…Par Pierre Leconte

Du virtuel au réel…Par Pierre Leconte

Charles Gave remarquait récemment que les banques centrales se sont toutes engagées depuis plusieurs années dans une politique consistant à mettre le prix des actifs au centre du système économique dans la mesure où cette financiarisation à outrance leur a permis d’augmenter sans cesse les dettes tant publiques que privées à des niveaux exponentiels devenus intenables, au fur et à mesure qu’elles poussaient artificiellement les prix desdits actifs à la hausse. Puisque les actions, l’immobilier et beaucoup d’autres actifs, ont été utilisés comme collatéraux pour de nombreux prêts. Le prix des actifs n’ayant plus été fixé par des marchés libres mais par les banquiers centraux, agissant en fonction d’une « planification monétaire centrale » n’ayant rien à envier au défunt système soviétique, il en est résulté leur surévaluation dans le cadre d’une économie improductive de spéculation et d’endettement dans laquelle hélas plus personne n’investit à moyen ou long terme dans l’économie réelle. De nombreuses banques et sociétés ont été ainsi maintenues en état de survie artificielle, alors qu’elles auraient dû être détruites par les forces du marché libre. 
 
Comme il n’y a pas de destruction, il n’y a pas non plus de création, ce qui bien sûr ne crée pas d’emploi, étant donné que la « destruction créatrice » est la base même de tout système économique efficace. La hausse des marchés ayant été uniquement alimentée par la création monétaire artificielle qui ne s’est pas transmise à l’économie réelle, la croissance de l’économie n’est donc pas au rendez-vous. Mais la valeur des actions, principalement virtuelle, devra nécessairement revenir à leur valeur réelle, d’où leur chute qui commence. Trop tôt pour pronostiquer le krach boursier mais cela commence à y ressembler. En tous cas, nous sommes bien dans le « Minsky Moment » évoqué dans notre dernier commentaire. 
 
Une seule chose à faire pour s’en protéger, indépendamment de la vente des indices boursiers via l’achat d’ETF shorts ou de puts sur lesdits indices : acheter les obligations d’État, US principalement (les allemandes étant maintenant devenues sans grand levier possible), comme les TLT et les TMF (en dollars US). D’autant que le dollar US devrait rester fort surtout contre les monnaies européennes et émergentes (mais peut être plus contre le yen japonais déjà très sous-évalué) et qu’aucune banque centrale, en tous cas pas la Federal Reserve, ne prendra le risque de relever ses taux courts avant très longtemps d’où la poursuite de la baisse des taux à moyen et long terme aux USA. 
Comme la guerre américano-européenne contre l’islamisme s’enlise (l’État islamique en Syrie et au Levant continuant de s’étendre en Irak et étant proche d’entrer dans Bagdad), que le virus Ebola se propage irrésistiblement et que les actions de déstabilisation des USA contre la Russie et la Chine se poursuivent en Ukraine et à Hong Kong, pendant que la « japonisation » économique et financière de l’Europe s’accélère, le panorama mondial n’inspire pas à l’optimisme. D’ici au 4 novembre 2014, date des élections parlementaires US de mi-mandat que les Démocrates devraient perdre tant la chute de popularité d’Obama est forte, il y a trois semaines qui ne seront pas un « fleuve tranquille »… Mais qui pourraient rapporter gros à la condition d’être dans le bon sens sur les bons instruments, sans risque notable en ce qui nous concerne puisque nous avons déjà une bonne avance de gains obligataires (hausse du TLT de 20% depuis début 2014) et que nous avons placé des stops rapprochés sur les autres marchés.
 
Important:
 
 
Les grandes entreprises ayant investi la plupart de leurs profits dans le rachat de leurs propres actions n’ont vraisemblablement plus suffisamment de cash pour les soutenir en cas de forte chute: 
 
 
 
 
 
Nous restons long US Treasury Bonds (pour 2/3 de nos positions ouvertes), dans le cadre de la chute des taux d’intérêt US à moyen et long terme qui devrait se poursuivre, et short indices boursiers US et européens, small et mid caps US et DAX allemand surtout dont la physionomie est épouvantablement baissière (pour 1/3 de nos positions ouvertes), dans le cadre de la stagnation-déflation globale qui ne donne pas de signe de fin :
 
 
tlt oct
 
Objectif possible de hausse du TLT vers 163 (contre 120.05 ce jour): 
SharpChartv05.ServletDriver oct
Objectif possible de baisse du DJIA vers 13.850 (contre 16.544 ce jour) :
 
indu oct
 
Le ratio TLT/DJIA pourrait exploser à la hausse comme en 2007-2008-2009 : 
 
ratio oct
 
Nous maintenons une prudence extrême sur l’or et l’argent-métal (c’est-à-dire zéro position) qui, en cas de krach boursier, pourraient aller beaucoup plus bas que leurs niveaux actuels, d’autant que la chute non-stop des prix du pétrole et des matières premières ajoute à la déflation globale :
 
 
 
 
 
Effondrement des prix du pétrole:

1 réponse »

  1. « Trop tôt pour pronostiquer le krach boursier mais cela commence à y ressembler » dit Pierre Leconte. Mais si on attend pour pronostiquer ce genre d’événement qu’il soit déjà là, c’est comme pour les alertes rouges météo, ça ne sert à rien. Si on ne sait prévoir, ce que je conçois, alors mieux vaut encore ne rien dire.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s