Art de la guerre monétaire et économique

Les Suisses et l’or : Le vote sur l’or déchaîne des passions aux Etats-Unis

Les Suisses et l’or : Le vote sur l’or déchaîne des passions aux Etats-Unis

Le vote populaire du 30 novembre prochain intitulé «Sauvez l’or de la Suisse» n’intéresse pas seulement le marché des métaux précieux à l’échelle du monde (L’Agefi du 3 octobre). Il donne aussi l’occasion de relancer des controverses économiques fondamentales, venant surtout et sans surprise des anti-keynésiens dans le monde anglophone.

«Imbéciles», «planificateurs centraux», «déflatiophobes»… C’est ainsi, entre premier et second degré, que sont fréquemment qualifiés les dirigeants de la Banque nationale suisse par les plus fervents adeptes de l’école autrichienne (estimant que les impulsions économiques doivent être individuelles et non publiques).

Mike Mish Shedlock, conseiller en investissement très en vue, s’amuse à entrer dans la tête des dirigeants de la BNS. Une caricature dont la conclusion est claire: «Nous nous réservons le droit de jeter le franc à la poubelle, à volonté, quand nous le voulons.»

L’ancien député républicain Ron Paul, deux fois candidat à la présidence des États-Unis, demande  un audit approfondi des réserves d’or de la banque centrale américaine elle-même, et compare avec une déception empreinte de populisme le management de la BNS à celui de la Fed et de la BCE: «Un groupe d’élitistes davantage préoccupés par le maintien de leur statut, de leur train de vie et de leur réputation internationale que du bien-être général des populations». Avant de préciser que le peuple suisse porte en haute estime «le travail de ses ancêtres», qui avaient pu créer, dans le passé, d’énormes réserves d’or, une monnaie respectée et un système bancaire indépendant.

«Les bureaucrates keynésiens de Suisse paniquent à l’idée de ce vote», commentent d’autres partisans de l’économie de l’offre.  Les initiants ne comprennent rien, ils vont limiter les marges de manoeuvre de la BNS? «Mais c’est justement ce que nous attendons d’une banque centrale», insiste Pater Tenebrarum, membre du think thank conservateur Acting Man.

Les adeptes américains de l’initiative «Sauvez l’or de la Suisse» anticipent aussi le futur vote sur le Vollgeld et espèrent que la Suisse fera école.  Lorsque les banques centrales pratiquent l’usure de la monnaie par le maintien d’un système fractionnaire (monnaie non couverte à 100% par des actifs tangibles ou réels) et la stimulation du crédit via la gestion des taux, elles forcent des activités économiques devenues obsolètes à perdurer, à se maintenir. Elles agissent, en cela, contre les forces individuelles de renouvellement d’une économie. Elles freinent l’innovation.

Les entreprises obsolètes se maintiennent essentiellement grâce au levier opérationnel que constitue la baisse brutale du coût du capital (ou de la dépréciation de la devise). Mais la dépréciation de la devise qui s’accompagne de cette baisse des charges financières se traduit également par une baisse du pouvoir d’achat des bénéfices de ces mêmes entreprises. Raison pour laquelle, afin de compenser cette dévalorisation de la monnaie, le coût du travail doit lui aussi baisser. Soit à travers le licenciement, soit par la baisse des salaires. Et ce, en vue de pouvoir libérer du capital financier pour le service de la dette bancaire.

C’est pourquoi les banques centrales ne manquent jamais de provoquer la reflation de l’économie par la planification monétaire. Elles y parviennent en effet. Mais elles provoquent dans le même temps une croissance sans progrès social. Une croissance purement nominale, celle des grands nombres. Dans le détail, les pauvres (voire les misérables) se multiplient, notamment via la perte du pouvoir d’achat de la «valeur-travail», qui est pourtant la source première de la demande interne d’une économie.

«La BNS poursuit depuis plusieurs années une politique monétaire très imprudente», estime pour sa part Mark O’Byrne, analyste auprès du dealer de métaux précieux et gérant de fortune GoldCore, établi en Irlande, avec des centres d’activités à Londres et à New York. «Ses ventes d’or ont fait perdre à la population suisse une énorme quantité d’argent», poursuit l’analyste, également contributeur régulier de la plate-forme d’informations financières spécialisée Financial Sense. Qui calcule une perte globale de 50 milliards de francs, soit 10% environ du PIB suisse, suite aux ventes massives d’or au cours depuis le début des années 2000.

Parmi d’autres fautes graves invoquées par les «fétichistes» de l’or, comme les qualifient eux-mêmes explicitement les responsables de la BNS (là aussi, non sans humour): le manque de transparence de cette dernière quant à l’identification des lieux ou pays où l’or suisse est conservé. Deux ans plus tôt déjà, un analystes senior de l’asset manager LGT Capital Management, Bayram Dincer, avait invité la BNS à dévoiler les lieux de stockage de l’or. Ce, dans une lettre ouverte publiée dans le journal zurichois des affaires Finanz & Wirtschaft.

La réponse de la BNS fut pour le moins vague. Nécessairement vague: l’or est stocké «localement et à l’étranger», ajoutant que la décentralisation des stocks s’expliquait par la prise en compte d’un scénario de crise ou extrême. Il s’agit de s’assurer que la Suisse puisse vendre l’or depuis l’étranger dans le cas extrême où elle ne serait pas en mesure de le faire depuis son propre sol. Il semblerait finalement que 70% de l’or réside en Suisse, 20% au Royaume-Uni et 10% au Canada.

Levi-sergio mutemba AGEFI SUISSE 13/10/14

http://agefi.com/une/detail/artikel/linitiative-populaire-du-30-novembre-en-suisse-est-largement-commentee-par-les-rigoristes-du-monde-anglophone-383625.html?catUID=15&issueUID=695&pageUID=20764&cHash=8a3e48213d81da7de9866b03d6c8a256

Or de la bns: nouvel ouvrage à quelques semaines de la votation du 30 novembre

A quelques semaines du vote décisif sur l’or de la BNS, un nouvel ouvrage sur l’or en tant qu’actif financier vient de paraitre, en langue anglaise: The Gold Investing Handbook: How to Protect Your Assets from the Upcoming US Default! Son auteur, Mourtaza Asad-Syed, un stratégiste genevois propose une approche innovante pour appréhender un sujet qui a suscité beaucoup d’intérêt durant les 10 années de phase haussière, et qui est désormais au centre des débats publics sur la politique de la Banque Nationale Suisse pour une votation cruciale le 30 novembre. En effet, l’approche ici est très rigoureuse avec l’identification méthodique des facteurs qui influent sur les cours (écartant au passage les lieux communs), un point de vue non-américain plus précisément sans base en dollars pour coller à la réalité des investisseurs internationaux et enfin une mise en perspective dans le contexte actuel d’excès de dette publique.  L’or est valorisé de façon rationnelle en tant que monnaie de réserve ultime, donc principalement lié aux taux d’intérêt réels. Son cours ne suit pas la logique d’une matière première, liée à l‘offre et la demande. Bien que les taux réels soient bas ou négatifs, sa valorisation actuelle ne permettra au mieux que des gains modestes (i.e. 0-5%) dans les 2-3 années à venir. L’or en tant qu’actif de nature fondamentalement différente des actions et des obligations possède sa place dans une allocation stratégique, de tout investisseurs de long-terme quelle que soit la monnaie de référence. C’est l’actif qui symbolise la conservation des réalisations passées en opposition aux actions qui se nourrissent de l’optimisme sur les profits futurs. Les turbulences monétaires ne sont pas derrière nous, et les actions des grands états endettés (US, Eurozone, Japon) pourront créer des surprises. Tandis que le débat se focalise sur l’érosion monétaire (l’inflation, hyperinflation et dévaluation), suite aux actions monétaires exceptionnelles, les investisseurs ont en réalité plus à perdre par des mesures réglementaires unilatérales. Entre autres, il est possible que les US spolient les non-résidents comme il leur est coutume de le faire tous les 50 ans… – (Mourtaza Asad-Syed)

3 réponses »

  1. Comme toujours ET POUR LE BIEN DE SES CITOYENS (sic)
    LA BNS a procédé au fil du temps à une vente non nécessaire
    comme difficilement compréhensible ?

    SAUF … si on l’intègre dans la stratégie REFUSÉE PAR LE PEUPLE
    mais bien présente dans l’esprit de ses dirigeants comme
    dans ceux de la BNS D’INFÉODATION à l’euro, moyen utilisé
    pour entrer discrètement dans l’Europe des 27 et qq (sic)
    le tout dans un parfait déni de démocratie !

    Alors maintenant que près de 50% de l’argent « stocké » par la BNS
    est en euro, RACHETER DE L’OR, serait aller à contre courant
    de la stratégie scélérate en question ?

    Voyons un peu quels stratagèmes seront utilisés pour que cela
    ne se fasse point ? Gageons qu’ils seront aussi nombreux que « ratoureux » !
    Parce que SI JAMAIS ÇA PASSAIT ? AYOYE ! SEUL LE PEUPLE
    Y TROUVERAIT SON COMPTE ? ET C’EST BIEN LÀ CE QU’IL FAUT
    ÉVITER À TOUT PRIX ?

    Ben MANQUERAIT PLUS QUE ÇA !

    Pfiouuuuuuuuuuuuuu !!!

    J'aime

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