Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du Samedi 23 Mai 2015 : Derrière la bulle, le mistigri, une grande expérience criminelle ! Par Bruno Bertez

L’Edito du Samedi 23 Mai 2015 : Derrière la bulle, le mistigri, une grande expérience criminelle ! Par Bruno Bertez

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Ce texte est important, il trace notre cadre analytique, celui que nous utilisons depuis la fin des années 90, quand les politiques monétaires ont basculé vers l’activisme. Nous avons tenté de bien mettre en évidence les articulations logiques, les causes et effets, avec le vocabulaire le plus accessible possible. Nous avons tenté de faire comprendre que, derrière la finance, ce qui se cache,  c’est la politique. Peut-être qu’avec le temps, la décantation,  si nous murissons encore plus, un jour nous pourrons l’exposer plus clairement…

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Nous décrétons la naissance de « La Bulle ». La Bulle est née : une banque TBTF ose la nommer, la désigner ! Parler de « bulles » revient à la mode. Le prétexte en a été fourni par ce que certains appellent l’éclatement de la bulle des emprunts souverains et singulièrement des allemands, les Bunds.

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Pendant longtemps, l’establishment et les médias MSM ont reculé devant l’utilisation du mot « bulle », c’est normal, car il comporte une dimension « fight the Fed », c’est à dire un aspect rebelle, contrarian. Il y a une sorte de résistance à appeler un chat un chat, même si on l’a devant les yeux lorsque cela est contraire aux souhaits des puissants. Oser le faire équivaut à oser les soupçonner de noirs desseins.

Pourtant, depuis quelques temps, la réticence s’efface, le vocabulaire et les esprits évoluent. Or, vous savez que le vocabulaire formate les esprits, à l’insu bien sûr de ceux qui l’utilisent. Ainsi quelle n’a pas été notre surprise de voir les services d’une Banque TBTF, Citi, utiliser carrément le vocabulaire des bulles dans une note publique et, pire, en faire usage dans le titre de ladite note.

Nous nous sommes dit que ceci méritait intérêt car rien n’est innocent. Le refus antérieur d’utiliser le mot « bulles » avait pour origine le souci de ne pas souligner la surévaluation des assets financiers. Les assets sont, selon les critères historiques classiques, valorisés très généreusement et, comme ceci est produit délibérément par la Banque Centrale, le nommer, le dénoncer, c’est l’équivalent de s’y opposer. On ne s’oppose pas à l’effet de richesse lorsqu’il est recherché par le Chef ou la Cheffe et… que l’on en profite. Ce n’est bon, ni pour la carrière, ni pour les bonus. Il est évident qu’il ne fallait surtout pas donner l’impression que l’on combattait la Fed quand Yellen, il y a à peine quelques mois, s’efforçait de nier l’existence de surévaluations. Parler de « bulle » était mal vu…

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Et puis, les choses ont évolué, la Fed a commencé à préparer l’atterrissage et elle a enclenché le processus de pression sur les perceptions. Ainsi, elle a déclaré les biotechs « frothy, » spéculatives, exubérantes, puis ce fut le tour des emprunts High Yield, puis maintenant, c’est celui des actions… On remonte la pente du risque. Bref, on ne cherche plus l’effet de richesse ; ce que l’on cherche ; c’est la normalisation ordonnée. On a peur de ce que l’on appelle l’instabilité financière. Nous sommes donc fondés à parler librement, les commentateurs et Citi, ont donc le droit de suivre les « guidances » de la Fed et d’aborder la question des évaluations.

Donc, nos amis de Citi, les gens de l’équipe « Citi Equities research » publient une note dont le titre est « IT IS BUBBLE TIME ». Le pouvoir des Maîtres est celui de nommer, de tracer une équivalence, de dire, en fonction des objectifs, ceci c’est cela, ou ceci, c’est comme cela. L’équipe de Citi écrit: « lors de marchés haussiers murs, on parle de bulles de prix des assets. Ces bulles sont souvent basées sur une idée convaincante et alimentée par des liquidités excessives ». Nous vous parlerons plus tard de cette idée convaincante. Elle est absurde. C’est l’idée de la disparition de la croissance.

  • Première remarque, l’état de « bulles » est décrété, officialisé, entériné. On en parle, on le porte en titre d’une note officielle. Cela nous tire l’association d’idées : « faute avouée est déjà à moitie pardonnée » !
  • Deuxième remarque, les bulles sont basées sur… une idée.

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Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que les bulles sont produites dans la tête des gens, dans leur cerveau, ils ont des idées et ce sont ces idées qui sont à la base de la formation des bulles.

Cela mérite analyse. La question se pose : dans le système, qui est à la base des bulles? Est-ce la magie des idées des gens, le pouvoir de l’esprit, la subjectivité ou bien autre chose, de plus concret et de plus réel? Le tour de passe-passe est clair, net, car la réponse de nos « penseurs » des bulles est sans équivoque. C’est l’idée qui est à la base. Et pour surenchérir, ils donnent les exemples de bulles. La bulle des tulipes, la South Sea Bubble, la bulle des Technos, la bulle du Logement… Donc la bulle n’est pas produite par le Banquier Central et sa politique de fabrication de bulles, non, elle est produite dans la tête des gens : la bulle, c’est une manifestation des fameux « animal spirits », de l’irrationalité des participants aux marchés.

Vous voyez déjà l’entourloupe, les auteurs, complices des Banques Centrales exonèrent les Maestro, les Bernanke, les Yellen, les Draghi. Ce qui est premier, c’est l’attrait des objets qui font bulle. C’est une propriété de ces objets qui fait que l’on s’entiche à la folie pour eux et que l’on rentre dans l’irrationnel.

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Avez-vous l’impression, depuis Mars 2009, qu’il y a eu la moindre folie, le moindre enthousiasme du public, la moindre euphorie? Nous non ! Et pourtant, nous sommes sur les marchés mondiaux chaque jour. Depuis 2009, le monde est triste, abattu, déprimé, il ne croit à rien et surtout pas à l’avenir, il est incapable de retrouver le moral, c’est cela la déflation, un mood, une humeur négative.
On en est à croire que plus jamais la croissance ne reviendra, que la stagnation est séculaire. On doute de l’avenir. On se résigne.

La réalité est que le public et les opérateurs sur les marchés n’ont pas fabriqué de bulles, ils ont obéi à la rationalité de court terme dont les Banquiers Centraux ont tracé le chemin. Ils ont supprimé le rendement des actifs sans risque, ils ont retiré du rendement de ce qu’ils appellent le portefeuille mondial et créé un effet d’entonnoir. Les agents économiques se sont adaptés. La quête du rendement à tout prix a provoqué une hausse des prix des actifs financiers, les rendements ont continué de baisser, ce qui a forcé à monter de plus en plus haut dans l’échelle du risque au point de tout surévaluer, en chaîne, de proche en proche. Voilà le mécanisme objectif, concret de formation des bulles. Il a une cause, les bulles sont des effets.

Ce qui est la base, ce qui est premier, c’est la politique des Banques Centrales, ce sont elles qui, délibérément, ont choisi cette politique de disparition des rendements, d’entonnoir, et de stimulation de la prise de risque. Donc, il faut rendre à César ce qui est à César et inverser la proposition des salariés de Citi ; non, ce ne sont pas les actifs financiers qui sont devenus plus séduisants ; non, ce ne sont pas les opérateurs boursiers qui ont été pris de folie et d’euphorie ; non, absolument pas, ce sont les responsables de la conduite des affaires qui ont produit, créé, fabriqué tout cela ; et en particulier les bulles.

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Rationnellement, les agents économiques se sont bien comportés, ils ont réagi normalement. Vers la fin du cycle des QE, les achats de titres et les promesses de taux bas ont été maintenus trop longtemps, on a trop retiré d’actifs financiers qui offraient un rendement et trop émis de monnaie qui ne rapportait rien, on a donc volontairement accentué les déséquilibres entre la masse de monnaie qui ne rapporte rien et le stock d’actifs, qui rapportent encore un peu, disponibles.

La conclusion opérationnelle s’impose, si les bulles n’ont pas été produites par les idées, par les animal spirits, c’est à dire par les gens, et si elles ont bel et bien été produites par les Banquiers Centraux, alors ce qu’il faut suivre et surveiller et essayer de deviner, c’est ce qui se passe dans la tête de ces mêmes Banquiers Centraux. D’où la névrose actuelle qui consiste à scruter au microscope la moindre parole des oracles, à couper le moindre cheveu des Banquiers Centraux en quatre. Il y a toute une industrie de l’exégèse des signaux de fumée. Incroyable régression incroyable déculturation de nos sociétés.

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Ce que l’on dit maintenant sur les bulles, ce sont des rationalisations, a postériori. C’est le cas de cette fameuse « idée » utilisée par les rédacteurs de Citi, l’idée de la stagnation. Le thème a été lancé il y a quelques mois par Summers, et le Vice-Président de la Fed, Stanley Fisher. Krugman et Blanchard y sont implicitement ralliés. Cela est sous-jacent à leurs analyses. Ces personnes ont lancé, pour expliquer l’échec des politiques monétaires non-conventionnelles, l’échec des QE et de la ZIRP, elles ont lancé l’idée qu’après tout on n’y pouvait rien et que peut-être c’était la fatalité, « le potentiel de croissance à long terme serait durablement réduit ». Voilà comment une idée qui est née après que la bulle ait été gonflée, une idée qui n’est même pas parvenue au stade du grand public, finit par servir à expliquer et causer la bulle! Nous sommes dans la magie, à moins que ce ne soit dans la mauvaise foi.

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Selon nos idéologues, la chute des rendements traduit l’insuffisance de la demande d’épargne donc l’insuffisance relative de la formation de capital. Pour simplifier il y a trop d’épargne face à pas assez d’investissement. Ceci explique que les courbe d’offre/demande d’épargne qui déterminent le taux d’intérêt d’équilibre se croisent en dessous du niveau zéro. Nos soi-disant économistes oublient que le niveau des taux d’intérêt est artificiel, qu’il n’est pas constaté, mais qu’il est produit, fabriqué. Il résulte d’une volonté, donc il traduit la politique des Banquiers Centraux ; il n’est en aucun cas le fameux taux d’intérêt naturel ou neutre de Wicksell auquel ils font semblant de se référer sans le comprendre.

Le taux actuel de l’intérêt ne contient aucune anticipation, il ne nous renseigne pas sur l’avenir. Le travail de Wicksell est un travail théorique, un travail de laboratoire. Les limites en sont posées par le chercheur lui-même : « notre taux naturel est un taux déterminé par l’offre et demande comme si le capital réel était prêté sans intermédiaire de la monnaie ». Or justement, c’est la monnaie créée à partir de rien, out of nothing, depuis la fin du lien avec l’or, qui modifie tout notre système et ses lois de fonctionnement. Tout se passe comme si Bernanke et consorts avaient dit : nous baissons les taux administrés, nous faisons baisser les taux à long terme par nos achats de titres, et nos injections de monnaie, nous espérons que cela va restaurer la croissance, la croissance ne revient pas donc comme les taux sont bas, cela veut dire que nous sommes dans un cycle de stagnation séculaire ! Peut-on raisonner plus faussement ! La seule conclusion logique est, non pas que les taux bas annoncent une stagnation, mais que l’outil de la baisse des taux est inadéquat pour relancer les économies surendettées, les économies qui ont touché le « pic debt ».

  • La bulle a une cause, ce sont les politiques monétaires.
  • La bulle a des responsables, ce sont les Banquiers Centraux.
  • La bulle a échoué à produire de la croissance, c’était une erreur de la gonfler.

Conclusion, pour réconcilier le tout et exonérer les responsabilités, on proclame : «  Il n’y a rien à faire contre la baisse du potentiel de croissance, et c’est ce que traduit, ce qui la produit, la bulle ». Ah les braves gens!

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L’autre branche du raisonnement, appliquée aux évaluations et au marché financier est toute aussi délirante. Les taux déprimés dit-on justifient les évaluations élevées. C’est la fameuse équation de la Fed qui relie la valorisation des actions au taux des Treasuries à 10 ans. Ceci équivaut à dire, la perspective d’une stagnation séculaire justifie que les actions soient très chères. Cela est déjà difficile à avaler. Plus cela va mal, plus les actions doivent être chères ! Mais il y a plus, si les prix des actions sont élevés, alors la somme des cash flows et des profits qu’elles vont nous « gagner » pendant la période de stagnation va nous procurer un rendement lui aussi très faible. Un rendement c’est le ratio d’un cash-flow sur un prix n’est-ce pas. Donc implicitement la thèse, le paradigme à la mode équivalent à dire, au niveau actuel, les actions ne vont quasi rien rapporter sur leur durée de vie théorique (50 ans) , vous prenez des risques pour rien, … elles sont en bulle. Autrement dit nous sommes dans une tautologie absurde, on achète des actions sur l’idée qu’elles ne vont rien rapporter parce que nous sommes en stagnation séculaire.

Tout cela est important pour la suite des évènements, cela est important pour l’Histoire, cela est important pour la Morale. Les responsables, les coupables de tout ce qui va arriver, ce sont eux, les Banquiers Centraux. Quand la future Commission Pecora se réunira pour les juger et les punir, il faudra s’en souvenir.

Une bulle de prix des actifs financiers ne s’est pas formée, elle a été soufflée par ceux qui avaient le pouvoir de gonfler le bilan de la Banque Centrale, nous sommes dans le volontarisme, dans l’activisme, voilà pour la question de la responsabilité. Une coterie d’universitaires a pris le pouvoir, elle s’est attribuée le droit fixer l’avenir de nos systèmes, de nos sociétés, de transférer les revenus, de répartir les richesses dans la plus grande inégalité et sans contrôle démocratique aucun. Un quarteron « d’academics » a fait un putsch mondial. La finance, c’est de la politique dissimulée.

Passons à la question de la maîtrise. Il n’y aura pas d’éclatement spontané des bulles, nous ne sommes pas dans la situation où l’esprit, le « mood » du public peut changer, puisque le public est guidé, manipulé, il est agi. Le public n’agit pas, il réagit. Si les signaux envoyés par les Banquiers Centraux restent inchangés, si rien n’est modifié, on continuera à faire des bulles et à faire bulle. Il n’y a aucune alternative. No place to hide. Ce qui provoquera les changements, c’est le pilotage. Le risque ne vient pas du public, il vient des Chefs et Cheffes, de leurs erreurs de pilotage, de la surestimation que les Chefs et Cheffes entretiennent d’eux même. De la même façon qu’ils seront responsables et coupables de la formation des bulles, ils seront responsables de son éclatement dévastateur.

Ce qu’il faut comprendre, c’est l’opération idéologique manipulatrice à laquelle se livrent les équipes de Citi. Il faut officialiser la notion de bulle, la reconnaître, pour préparer l’avenir et détourner les doigts accusateurs.

Avant, les bulles se formaient parce qu’un objet paraissait attrayant pour des raisons plus ou moins justifiées. Cet objet était convoité. Il déchaînait les passions, une bulle se formait si les autorités monétaires solvabilisaient la demande, si elles créaient autant de liquidités qu’il en fallait pour alimenter la bulle ; cela, c’était avant.

Maintenant, les autorités ont étudié l’histoire, elles ont découvert que la fabrication des bulles pouvait être utilisée, faite à la main pourrait-on dire, provoquée, et qu’ainsi on obtenait un nouveau mode de régulation. L’ancien, par la modulation du cycle du crédit, était devenu insuffisant, on a tâtonné et, par glissements successifs, on a mis au point ce nouveau mode cynique de régulation. On veut stimuler la demande globale, on gonfle une bulle qui permet de créer du crédit au-delà du cycle spontané, on crève la bulle et on nettoie, on passe la serpillière. Puis on repart pour un tour. Au passage, on a lessivé … les classes moyennes.

Nous l’avons maintes fois expliqué, décrit, le système réussit à durer par l’inversion du réel et des signes, des causes et des effets, par le remplacement de plus en plus généralisé des lanternes par les vessies.

Les « bulles » prospèrent, si on ose dire, selon un schéma bien établi.

Au début, elles sont modestes raisonnables, presque justifiées à titre d’anticipation. Puis, elles s’installent, gagnent en extension de proche en proche, par imitation et débordements. Ensuite, elles s’ancrent, elles font leur trou dans le système, elles s’incrustent car les responsables de la conduite des affaires n’y voient que bénéfice. Tout le monde aime la prospérité, même fausse. On ne les reconnaît pas parce que chaque bulle est spéciale, différente et que tout le monde est content. Pour ne pas les crever, on les alimente en crédit, en liquidités. Ensuite, le rendement des injections de liquidités commence à baisser, il faut de plus en plus souffler pour un résultat qui plafonne. Les autorités hésitent, car au fur et à mesure que la bulle  grossit, l’on prend conscience d’un risque important pour la stabilité financière. Cette prise de conscience dissuade d’intervenir et de faire ce qu’il faut pour la maîtriser. Quand on se décide, on le fait avec des « pas de bébés », des mesures marginales, insuffisantes, des « baby steps » et bien sûr on échoue. On revient en arrière, on réinjecte. La prise de conscience de l’échec par le public et les marchés est le facteur déclenchant de la dernière salve, la phase d’explosion, de blow off, stratosphérique, celle du bouquet final.

Il n’y a pas de bulle, vous savez que c’est par commodité que nous utilisons ce vocabulaire, il a le mérite d’être compréhensible par beaucoup, même s’il comporte sa part de fausseté et, maintenant, comme nous l’avons démontré, de tromperie. Tout ce qu’il y a , c’est une Great Experiment, une Grande Expérience. Il n’y a pas de bulles parce que, ce qui est premier depuis 2009, ce n’est pas l’attrait des objets financiers recherchés, mais le Mistigri du cash. En dernière analyse, c’est le fait que le cash soit produit, inflaté, et constitue un repoussoir dont on veut se débarrasser, qui est à la base des bulles.

Or, on n’a pas fini de « Mistigriser » le cash : on s’y attaque, on le pilonne. Et c’est ce qui nous fait croire à une future, dernière phase de gonflement de la bulle, une phase de feu d’artifice avec bouquet final. La lutte préparatoire contre l’usage de la monnaie cash s’inscrit dans ce cadre de « Mistigrisation ».

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Le rendement des injections de liquidités pour relancer la croissance tend vers zéro, il faut en produire de plus en plus. Le rendement du crédit également, on est au stade du gavage de l’oie. Or, il faut maintenir le crédit, coûte que coûte. Tous ces éléments combinés font que l’on s’installe dans les taux négatifs pour les dépôts et les actifs quasi monétaires sans risque. On modifie le statut juridique du cash pour le faire sortir du droit de propriété et le faire rentrer dans le droit bancaire, on agite les menaces fiscales, on étudie et diffuse des études qui vont dans le sens de l’interdiction du cash, bref on fait comme nous l’exprimons dans notre néologisme. On « Mistigrise » le cash.

La conséquence logique, pas besoin d’être voyant, c’est le gonflement de la hernie, de la bulle, des bulles. Quelle bulle sera privilégiée à l’avenir? Personne ne peut le savoir par avance, mais ce que l’on sait, c’est que l’argent trouve toujours sa ligne de plus grande pente pour s’enrichir. La vraie question qui doit tarauder l’esprit des Chefs et Cheffes est la question fondamentale que l’on s’est posée au moment du passage à la financiarisation au début des années 80: est-ce que nous réussirons toujours à garder l’argent prisonnier, à le faire tourner en rond dans le système. Réussirons-nous toujours à l’empêcher de partir à la recherche de sa Valeur ou Contre-Valeur ?

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BRUNO BERTEZ Le 23 Mai 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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4 réponses »

  1. sur Pecora, (appuyé par JFK):

    « La bulle a des responsables, ce sont les Banquiers Centraux. » ainsi que des politiques
    il faudra les juger.

    Ce matin lors de l’emission du pouvoir/eco franceculture (ou même baverez croyait en la croissance us…PTDR!)
    Tous sauf un, disait que c’était le pouvoir politique qui avait donné blancseeing à la fed.

    D’ailleurs une vraie bulle à mon sens c’est lorsque les gens y croient: TOUS les gens (sauf les paysans)
    Donc y compris les politiques, les goldman sachs en 1929 -ai racheté le plan du rdc sur ebay du nouveau building que GS voulait se faire connstruire en …1929 pine street
    même +- louis XV (tres tres mauvais Roi, pas de sa faute mal entouré) avec John Law

    Localement, (math) peut être la Fed veut-elle calmer le jeu
    je pense qu’elle serai satisfaite de deux ans de baisses actions.
    , comme elle est satisfaite d’une baisse des obligs

    sur le lien entre la monnaie et la violence (deux monopoles normaux de l’etat) la politique, vous allez probablement le publié car plus ou moins connexe au blog, et bon résumé
    http://lesakerfrancophone.net/quand-leconomie-decline-la-guerre-menace/

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  2. « l’argent trouve toujours sa ligne de plus grande pente pour s’enrichir. (…) La vraie question qui doit tarauder l’esprit des Chefs et Cheffes est la question fondamentale que l’on s’est posée au moment du passage à la financiarisation au début des années 80: est-ce que nous réussirons toujours à garder l’argent prisonnier, à le faire tourner en rond dans le système. Réussirons-nous toujours à l’empêcher de partir à la recherche de sa Valeur ou Contre-Valeur ? »

    C’est le concept, par analogie à la mecanique des fluides, que je défends, à savoir que la liquidité suit toujours le parcours de moindre résistance, ce qui revient à affirmer que les investisseurs misent systematiquement sur ce qui prodigue du profit et relativement au lien avec la perception illusionnée d’hybris du risque encourus… d’ou cette nécessité de suivre le troupeau et les signes du berger. Les bulles en cours de formation finiront par éclater. C’est dans la panique générale quand toutes les bulles, une à une collapseront, que le troupeau se précipitera vers les actifs tangibles comme les matieres premieres (entre autres agricoles), puisqu’au bout, meme dans une économie en récession/dépression, on trouvera des citoyens dans la necessité de se nourrir, qui achèteront… quoiqu’il leur en coutera!.

    La vitesse de circulation augmentera alors dramatiquement, bien au delà de ce que l’on aurait pu espérer…. un déluge biblique de liquidité provenant de la haute atmosphere financiere soudainement boulversé par un éclair de lucidité.

    La destruction des économies passent par la destruction de valeur de la monnaie, à la clé, une refonte du systeme monétaire, un reset global des dettes, une conversion forcée, dans un ultime élan, vers un fascisme aboutis.

    Ne nous leurrons pas, il s’agit bien de démolition/chaos controlé dans le pur esprit shumpéterien et hégelien (synthese capilaliste/socialiste). L a violence du choc economico-financier impliquera une réponse politique à dimension apocalyptique: fin des nations, fin du cash et servitude maximisée…. Le meilleur des mondes!.

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  3. Du temps de saint François d’Assises, la ville d’Assises AVAIT DEUX MONNAIES ?

    UNE POUR LES RICHES ?
    UNE POUR LES PAUVRES ?

    Et la monnaie des pauvres n’avait que TRÈS PEU DE CHANCES
    de se procurer une « devise des riches » ?

    Y aurait pas un « truc à creuser là » ?

    Mais j’y pense ?

    Est-ce qu’il n’y aurait pas DÉJÀ qq chose comme ça en place ?

    Pfiouuuuuuuuuuuuu !!!

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