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News de Barbarie : Chronique RTL d’E. Zemmour : « Daesch et le khalifa islamique is back » / Palmyre : otage de Daesh ou des Occidentaux ?/ Guerre au Moyen-Orient: vers l’option Zéro

 Chronique RTL d’E. Zemmour : « Daesch et le khalifa islamique is back » 

Palmyre : otage de Daesh ou des Occidentaux ?

Par Roland Lombardi, consultant indépendant, Associé au groupe d’analyse de JFC Conseil 26/5/15

Palmyre (Tedmor en arabe) est une ville du désert de Syrie, située à 210 km au nord-est de Damas. Cette oasis fut longtemps un point de passage des caravanes entre le Golfe et les côtes méditerranéennes. Véritable « perle du désert », cette cité est l’un des plus beaux joyaux de l’Antiquité, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et carrefour des civilisations antiques. 

Aujourd’hui, ce trésor archéologique est le dernier théâtre du drame qui traverse la région. Depuis le 13 mai dernier, l’Etat islamique avait lancé une offensive contre la célèbre cité. Au-delà du symbole, les troupes de Daesh visaient le nœud stratégique et névralgique du désert syrien, dernier verrou avant Damas et axe de communication principal vers la province irakienne d’Al Anbar et la ville de Ramadi (à une centaine de km de Bagdad), assiégée elle aussi par les djihadistes. N’oublions pas également les réserves de pétrole et surtout de gaz dans la périphérie de Palmyre ainsi que la prison (réserve de futurs combattants ?) et les dépôts de munitions et d’armes – certes vieillissantes – de l’aéroport militaire de la ville…
Une semaine après, soit le mercredi 20 mai au soir, et après des combats féroces avec les troupes du régime syrien, les combattants de l’EI sont entrés dans la ville et ont atteint le site antique jeudi matin.

L »‘irreal politik »

Le sort de Palmyre sera sûrement, et malheureusement, celui qu’ont connu le site de Nimrud et les trésors du musée de Mossoul…
Légitimement, la chute de la cité antique est en train d’affoler littéralement les médias occidentaux. Par ailleurs, certains « spécialistes » y voient déjà, et encore, la fin prochaine du régime d’Assad. D’autres « experts » dénoncent à l’envi l’inefficacité des frappes de la coalition anti-Daesh et l’urgence de l’envoi massif de troupes au sol ou encore l’« irrésistible » avancée des hommes en noir de l’EI. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les relatives « victoires » de Daesh en Syrie et en Irak sont moins dûes à leur supériorité militaire sur les troupes d’Assad ou sur le pouvoir irakien qu’à  l’ « irreal politik1  » et aux « flottements stratégiques » des deux piliers de la coalition internationale que sont la France et les Etats-Unis. « Flottements stratégiques » d’abord des Etats-Unis. Car les frappes de la coalition ne sont efficaces en Syrie que lorsqu’elles viennent appuyer au sol les soldats motivés tels les kurdes hier à Kobané et aujourd’hui à Hassaké. En Irak, ces frappes le sont aussi lorsque sur le terrain, comme il y a quelques mois à Tikrit et sûrement demain à Ramadi, le pouvoir irakien appelle à la rescousse les solides milices chiites (environ 35 000 hommes) bien entraînées, expérimentées et encadrées par les Pasdarans, les troupes d’élite iraniennes.
Les stratèges occidentaux, plus pragmatiques et réalistes que leurs dirigeants, le savent pertinemment : il n’y aura pas de victoire sur Daesh sans Assad et surtout son puissant allié iranien voire même la Russie2  !

Ne pas enterrer trop vite le maître de Damas

Mais voilà, comme nous avons trop tendance à l’oublier, les Etats-Unis sont toujours en négociation avec l’Iran à propos de son nucléaire. Et ne soyons pas dupes : dans les négociations sur le nucléaire iranien, se joue aussi l’avenir des rapports de force dans la région et, pourquoi pas, le futur rôle de « gendarme régional » de Téhéran. C’est la raison pour laquelle, et des yeux avertis l’auront remarqué, depuis une année, avec l’intensification des négociations entre les 5+1 et l’Iran, les milices chiites en Irak (aux ordres de Téhéran) sont dans l’expectative. Elles n’entrent (et le plus souvent avec succès) dans la danse des combats que très ponctuellement au gré de leurs intérêts tactiques ou politiques. De fait, l’Iran attend, pour jouer pleinement son rôle, l’issue des pourparlers le 30 juin prochain ou une date ultérieure s’ils se prolongent… En Syrie, en s’emparant de Palmyre et des vastes régions désertiques qui l’entourent, l’EI peut certes revendiquer le contrôle de presque 50 % du territoire (encore une fois quasiment inhabité et désertique). Mais n’enterrons pas trop vite, comme naïvement le font certains, le maître de Damas. Certes, le régime d’Assad doit combattre sur plusieurs fronts : milices salafistes djihadistes affiliées à Al-Qaïda au nord-ouest et au sud-ouest, Etat islamiste à l’est. Toutefois, l’armée syrienne concentre ses forces sur Damas, le long de la frontière libanaise et sur la côte méditerranéenne (province alaouite de Lattaquié), c’est-à-dire la « Syrie utile ». Il semblerait même que les troupes loyales au régime, toujours soutenues par environ 8 000 combattants du Hezbollah, encadrées par des conseillers russes et des officiers iraniens, soient entrées depuis quelques mois dans une phase que l’on nomme dans le jargon militaire de « pause opérationnelle3  » (comme les milices chiites irakiennes évoquées plus haut)… en attendant un éventuel sursaut de réalisme des Chancelleries occidentales. Il serait d’ailleurs fort probable que malgré le danger stratégique et au risque de paraître faible, Assad ait décidé de retirer ses combattants de Palmyre et ainsi, de la « sacrifier » sur l’autel de l’inertie occidentale…

Errare humanum est…

Même si Washington a repris langue secrètement avec Damas, le président Obama, et surtout le président français, restent encore et toujours arc-boutés sur leur « irreal politik ». Par exemple, la France se refuse encore à frapper l’EI en Syrie de crainte de paraître l’allié objectif du « boucher de Damas ».
Ces dernières heures, n’a-t-on pas encore entendu de la bouche de certains responsables français les sempiternelles sornettes, que leur soufflent aux oreilles les derniers utopiques du printemps arabe et les défenseurs d’une « opposition laïque syrienne » (qui n’existe plus), à savoir que « l’EI est l’enfant terrible de Bachar Al-Assad » et que « pour venir à bout de Daesh, il faut faire tomber Assad » ! Notons au passage que ce sont ces mêmes « irresponsables » qui ferment les yeux et restent silencieux devant le double jeu criminel de la Turquie (qui refuse que les avions de la coalition décollent de son territoire et qui soutient nombre de groupes djihadistes en Syrie et en Irak), de l’Arabie saoudite ou du Qatar dont il n’est même plus besoin de rappeler les responsabilités dans le développement des groupes terroristes dans la région et ailleurs… Plus que dans n’importe quel autre domaine celui de la direction d’une guerre illustre l’adage romain : errare humanum est, perseverare diabolicum4. Nous sommes encore loin des opportunités qu’aurait pu saisir l’Occident avec l’émergence de l’EI5Alors que nous venons de fêter les 70 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale, il est bon de rappeler que si Churchill et Roosevelt ne s’étaient pas alliés avec le diable Staline, ils n’auraient peut-être pas vaincu le nazisme…mais à l’époque les démocraties occidentales avaient pour chefs de vrais et de grands hommes d’Etat…  

1 Terme d’Hubert Védrine.
2 Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est rendu le 20 mai à Moscou pour demander une aide militaire russe face aux djihadistes de l’EI ! En 2014, l’Irak a déjà reçu de la Russie une première livraison d’avions de combat Sukhoi pour l’aider dans son combat contre l’Etat islamique…
3 Arrêt momentané des opérations pour régénérer tout ou partie de la capacité opérationnelle de la Force.  
4 « L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique »

5 http://www.jfcconseilmed.fr/files/14-11-19—Lombardi—Etat-islamique-chance-pour-MO.pdf 

 Mardi 26 Mai 2015

 http://www.econostrum.info/Palmyre%C2%A0-otage-de-Daesh-ou-des-Occidentaux_a20276.html#ixzz3bEd1TS3s

Guerre au Moyen-Orient: vers l’option Zéro

Depuis un mois, les forces régulières syriennes éprouvent d’énormes difficultés au combat face aux nouvelles unités de Daech et du Front Ennosra constituées majoritairement de volontaires Tchétchènes et d’Ouighours chinois. 

Cela s’est confirmé à Jisr Echougour où une garnison syrienne assiégé dans un hôpital à repoussé sept assauts consécutifs avant de se replier (65 hommes et un colonel ont pu regagner la capitale où ils ont été félicités par Bashar Al-Assad en personne) ou encore à Palmyre (Tadmor) où les troupes de choc syriennes n’ont pu empêcher l’avancée des combattants ex-soviétiques et chinois de Daech. 

Ironie de l’histoire, la Syrie d’Al-Assad, fidèle alliée de l’ex-Union Sovietique puis de la Russie ainsi que la Chine, s’est retrouvée en train de combattre des ressortissant de ces deux grands pays ayant rejoins la voie du grand Djihâd de l’OTAN par les grâces de la Turquie d’Erdogan. 

Tous les témoignages émanant de militaires syriens font état de la combativité extraordinaire des chefs de guerre tchétchènes et, fait nouveau, de la capacité des combattants Ouighours à mener des assauts frontaux sous le feu. Ces derniers sont également très redoutés pour leur parfaite maîtrise du maniement des armes blanches. Les commando-parachutistes des 23 et 25 régiments aéroportés des forces syriennes en connaissent un bout à ce sujet. 

La guerre continue et Al-Assad ne cesse d’affirmer que la perte d’une bataille ne signifie point la perte de la guerre. L’armée syrienne, fortement soutenue par les unités d’élite du Hezbollah libanais sont en train de remporter une série de victoires au Qalamoun. Au centre du pays, l’aviation syrienne a repris ses raids aériens sur Palmyre et ses environs pendant que des milliers de soldats s’apprêtent à lancer une contre-offensive pour la reprise de la cité antique. Plus au Nord, l’armée syrienne tente de reprendre la main dans la province d’Alep. 

Le Hezbollah a reconnu combattre partout en  Syrie sans que cette implication ne mette en péril son dispositif défensif face à Israël. 

Dans ce conflit à mort entre deux grands blocs principaux, il ne fait guère de doute que la guerre risque de s’éterniser. Pour l’instant aucun des belligérants n’est en mesure de l’emporter de manière décisive. C’est ce que recherchait Tel-Aviv depuis longtemps. 

Le grand jeu continue. 

https://strategika51.wordpress.com/2015/05/25/guerre-au-moyen-orient/

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