Art de la guerre monétaire et économique

Un défaut grec et… européen/ La mécanique du défaut Par Jacques Sapir

Un défaut européen

25 mai 2015 Par

giphy (1)

La probabilité d’un défaut de la Grèce sur sa dette souveraine apparaît aujourd’hui plus élevée que jamais. Depuis ces deux dernières semaines il est pour la première fois explicitement évoqué par des responsables grecs. Ceci marque un changement dans le discours officiel du gouvernement. 

Un défaut imminent ?

En fait, si l’on regarde les remboursements à venir que la Grèce doit faire, il est clair que sans un accord avec les pays de l’Eurogroupe un défaut est inévitable. 

Graphique 1

Liste des remboursements de la Grèce jusqu’à la fin de 2015

A - Dette Gr

Le Premier ministre grec, M. Alexis Tsipras a déclaré de manière récurrente qu’entre les paiements qui sont dus pour les salaires et les pensions et le remboursement des intérêts ou du principal de la dette, le gouvernement choisirait les premiers et non les seconds[1]. Il a récemment rappelé, devant une assemblée des cadres de son parti SYRIZA, que son gouvernement avait déjà fourni des efforts colossaux mais qu’il n’était pas question de franchir les « lignes rouges » qui avaient été établies au début de la négociation, en février dernier. Quant au Ministre des finances, le charismatique Yannis Varoufakis, il a répété les mêmes choses, tout en ajoutant qu’il avait enregistré les négociations qui se sont tenues ces derniers jours lors du sommet européen de Riga[2]. Ce durcissement, apparent, du discours se comprend fort bien dès que l’on entre dans une logique de négociation. Le gouvernement grec s’est lié explicitement les mains avec les fameuses « lignes rouges », ce qui équivaut soit à user de la « coercive deficiency » comme on a déjà eu l’occasion de le dire[3], ou encore ceci s’apparente à l’attitude d’Ulysse se faisant attacher au mat de son navire pour entendre les sirènes alors que son équipage porte des bouchons de cire[4].

Mais, si le gouvernement grec fait état de progrès dans la négociation, il semble bien que du côté de l’Allemagne on ait une vision très différente des choses. Concrètement, la position du gouvernement grec s’apparente à celle-ci : « nous avons fait le maximum ; C’est à vous (les européens) de faire votre part du travail, sinon nous irons au défaut ». En fait, il semble bien que l’on ait déjà dépassé le stade du « jeu » et que l’on cherche à savoir sur qui portera le blâme du défaut. Car, il faut ici comprendre que si techniquement le défaut n’entraîne pas automatiquement la sortie de la zone Euro, en réalité, politiquement, il s’accompagnera d’une suspension du mécanisme d’approvisionnement en liquidités des banques grecques (ELA). Dans ces conditions, le gouvernement grec n’aura pas d’autres choix que de mettre en place une monnaie parallèle, qui deviendra rapidement la Drachme. Dans le faits, un défaut provoquera très probablement une sortie de l’Euro. 

Le défaut est-il inévitable ?

Il faut comprendre que cette question d’un possible, et aujourd’hui probable, défaut de la Grèce n’est importante que parce que une large part de la dette grecque est détenue par la BCE et les différents fonds européens, qu’il s’agisse du FESF ou du MES. Sur un total de 315,5 milliards d’euros de dette, 141,8 milliards sont détenus par le FESF, 52,9 milliards dans des prêts bilatéraux avec les pays de la zone Euro, 27 milliards sont détenus par la Banque Centrale Européenne et 25 milliards par le FMI.

Un défaut obligerait les pays qui ont contribué à ces fonds de les provisionner à hauteur du montant de la dette répudiée. En agitant la question du défaut, le gouvernement grec signifie à ces partenaires, mais qui sont aujourd’hui aussi ses adversaires, de l’Eurogroupe que ce sont eux, et non le peuple grec, qui subira la conséquence de leur inconséquence.

Car, sur ce point, il y a eu une profonde inconséquence de la part des pays de la Zone Euro. Quand il est devenu clair que la dette grecque s’apparentait à une pyramide financière, ce que l’on appelle un « système Ponzi », en 2010, ces pays auraient du accepter que la Grèce fasse défaut sur une partie de sa dette. Mais, ceci fut refusé pour deux raisons.

La première était – et elle est toujours – une question de principe. La Zone Euro, pour l’appeler de son nom véritable l’Union Economique et Monétaire, prévoit que chaque pays est responsable, et lui seul, de ses finances publiques. On pourrait alors penser que cette responsabilité aurait pour conséquence de laisser un pays endetté faire défaut. Mais, cette solution a été interdite au nom du sauvetage de l’Euro. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont tombés d’accord pour considérer qu’il était impossible de tolérer un défaut dans la zone Euro. Là se trouve la première inconséquence ; on construit une Union monétaire et une monnaie unique, et l’on refuse aux pays à la fois les ressources du fédéralisme et la possibilité d’un défaut. Cette inconséquence est primordiale.

Mais il y a une seconde raison. En fait, les dirigeants européens étaient tétanisés par le fait que des banques allemandes et françaises étaient largement engagées sur la dette grecque. S’ils ont refusé la possibilité d’un défaut, ce fut essentiellement pour éviter une nouvelle crise bancaire qui aurait révélée les inconséquences dans la gestion et dans la supervision de ces banques. Nous avons ici une deuxième inconséquence.

Refusant le défaut, les gouvernements de la zone Euro ont mis sur pied un système complexe de refinancement de la Grèce dont les effets sur l’économie du pays se sont révélés catastrophiques. En fait, on demandait à la Grèce de supporter une dette de plus en plus importante alors que son économie se contractait. 

Graphique 2

A - Gr1Gréce

Cette troisième inconséquence a provoqué la crise sociale gravissime que la Grèce connaît aujourd’hui, et qui a portée SYRIZA au pouvoir. Dans ses conditions, le choix proposé par Tsipras et Varoufakis, soit la dette grecque est pour partie annulée et pour partie restructurée sur le modèle de ce que l’on a consenti à l’Allemagne en 1953, soit il y aura un défaut de la Grèce était clair. Ici encore, et c’est la quatrième inconséquence, les pays de l’Eurogroupe n’ont pas voulu d’une solution « à l’allemande » sur le modèle de l’accord de 1953 avec ce pays. Ils devront très probablement affronter le défaut. 

Défaut grec ou défaut européen ?

Un défaut n’est pas la fin du monde. Mais, ce défaut aura incontestablement des conséquences tantéconomiques que politiques importantes. Il va signer l’écroulement d’une grande partie de la politique de l’Union européenne, à la fois quand à ses méthodes que quand à ses objectifs. Il pourrait entraîner le début de la fin pour l’Euro.

En ce qui concerne les méthodes, la négociation avec la Grèce a été menée en dépit du bon sens ou, plus exactement en dépit du bon sens démocratique (ce qui, il faut en convenir, n’est pas tout à fait la même chose). On a cherché à discréditer, à menacer, voire à corrompre, les négociateurs grecs. Ces négociations se tiennent d’ailleurs dans la plus grande obscurité. On ne tient pas de minutes des déclarations des uns et des autres, et on laisse à la presse le soin de réaliser des « fuites » dont le contenu est incontrôlable en l’absence justement de ces minutes. Yannis Varoufakis l’a très bien dit sur son blog, reconnaissant qu’il enregistrait les négociations pour que l’on sache un jour à quoi s’en tenir quant au comportement des uns et des autres : « Et peut-être devrions-nous questionner les institutions européennes dans lesquelles des décisions d’une importance fondamentale sont prises, au nom des citoyens européens, mais dont les minutes ne sont ni prises ni publiées.

Le secret et une presse crédule ne sont pas de bons augures pour la démocratie européenne »[5].

Quand on sait que Varoufakis est en réalité un défenseur du projet européen, il faut comprendre, et il faut entendre, l’ampleur et la portée de sa critique. Effectivement, c’est la démocratie européenne, non pas en tant que principe (déjà bien malade depuis 2005 et le refus de prendre en compte les référendums tant français que néerlandais) mais en tant que système de règles opérationnelles et devant assurer laresponsabilité des acteurs pour leurs actes, qui est aujourd’hui absente. On sait bien que sans responsabilité il n’y a plus de démocratie. Ce que dit Varoufakis c’est que l’Union européenne n’est plus, dans son fonctionnement quotidien un système démocratique.

Mais, l’échec touche aussi les objectifs de l’Union européenne. Dans le cas de la Grèce, officiellement on prétend vouloir garder le pays dans la zone Euro. Mais, dans les faits, et pour des raisons diverses, on voit émerger une préférence pour l’austérité qui emporte tout sur son passage. La position de la Grèce a été soutenue par de nombreux économistes, et même le FMI a considéré que sur un certain nombre de points le gouvernement grec avait raison. Mais, rien n’y fait. Tout se passe comme si le gouvernement allemand, aidé on doit le dire du gouvernement français qui se comporte – hélas – sur ce point comme le plus complaisant vassal, comme le plus bas des laquais, voulait à tout prix imposer à TOUS les pays de la zone Euro l’austérité mortifère qui est sa politique. Et on peut comprendre que des concessions à la Grèce entraîneraient immédiatement des demandes de l’Espagne. Dans ce dernier pays Podemos, le parti issu du mouvement desindignés a remporté ce dimanche 24 mai de belles victoires et cela fragilise d’autant la position du Premier ministre espagnol, Rajoy. Mais, ceci est vrai aussi du Portugal et de l’Italie. Des concessions à la Grèce seraient le début d’une mise en cause générale de l’austérité, ce dont le gouvernement allemand ne veut sous aucun prétexte. A la fois pour des raisons idéologiques mais aussi pour des raisons bien plus matérielles. 

La banqueroute de l’Union européenne.

Ce qui se profile donc à l’horizon n’est pas un défaut grec, ou plus exactement pas seulement un défaut grec. Nous assistons à la banqueroute de l’idéologie européiste mais aussi de l’Union européenne. A travers le défaut grec c’est une mise en défaut de la politique de l’Union européenne, prise en otage par l’Allemagne, que nous assisterons. Ce défaut sera donc un défaut européen, car il signera la fin d’une certaine idée de l’Union européenne et ouvrira une crise profonde et durable en Europe. Les institutions européennes seront atteintes dans leur légitimité. Ce défaut sera la base de la révolution qui vient.

[1] Tugwell P., « Tsipras Says He Won’t Cross Red Lines in Talks With Creditors », Bloomberg International, 15 mai 2015, http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-05-15/tsipras-says-he-won-t-cross-red-lines-in-talks-with-creditors

[2] Varoufakis Y., « The Truth about Riga », posté le 24 mai 2015 sur son blog,http://yanisvaroufakis.eu/2015/05/24/the-truth-about-riga/

[3] Sapir J., « Greece’s brinkmanship », note publiée sur Russeurope, le 4 février 2015,http://russeurope.hypotheses.org/3395

[4] Elster J., Ulysses and the Sirens
Studies in Rationality and Irrationality, Cambridge University Press, Cambridge, 1985.

[5] http://yanisvaroufakis.eu/2015/05/24/the-truth-about-riga/

http://russeurope.hypotheses.org/3862

La mécanique du défaut

26 mai 2015 Par

Il faut comprendre la logique d’un possible défaut grec vis-à-vis du FMI, et de ses créanciers. Pour ce faire, on rappelle ici certains éléments.

Les contraintes techniques.

Le risque de défaut concerne aujourd’hui avant tout les prêts du FMI, qui se montent à un total d’environ 25 milliards d’euros. Ces prêts ont été accordés par le FMI à la suite des plans de sauvetage mis en place de 2010 à 2012. Les remboursements s’étagent (pour les semaines qui viennent) comme suit :

  1. Tout d’abord un montant de 308 millions d’euros exigibles au 5 juin.
  2. Puis, un autre montant de 347 millions d’euros exigibles au 12 juin.
  3. Un autre versement d’un montant de 578 millions d’euros devra être fait le 16 juin.
  4. Enfin, un dernier versement de 347 millions d’euros sera exigible le 19 juin.

Ces quatre paiements sont prévus pour les trois semaines à venir. Ils portent donc sur un montant total d’environ 1,6 milliards d’euros. Mais, il faut savoir que les prêts du FMI sont libellés en Droits de Tirage Spéciaux (ou DTS), qui est une unité de compte constituées d’un panier de monnaie et jouant le rôle d’une monnaie de réserve potentielle depuis les accords des années 1960[1]. En fait la valeur des remboursements varie en fonction du taux de change entre l’Euro et les DTS. On doit ici ajouter que le FMI est un créancier prioritaire qui n’accepte ni délais ni renégociation ou annulation de ses créances. Il est possible que le gouvernement grec, en raclant les « fonds de tiroir » puisse faire le premier, voir le second de ces paiements. Mais la probabilité qu’il aille au-delà est aujourd’hui très faible. Par ailleurs, a Grèce pourrait demander un délai technique de paiement de 14 jours au FMI. C’est ce qui explique pourquoi l’on parle parfois du 5 juin et parfois du 19 juin. Mais, cette option semble aujourd’hui exclue par le gouvernement grec lui-même.

Les conséquences d’un défaut et le rôle de la Banque Centrale Européenne.

Si la Grèce est considérée en défaut par rapport au FMI, cela signifie que l’ensemble des bons du Trésor émis par le gouvernement grec et détenu par différents organismes cessent d’avoir une valeur « comptable ». En fait, tous les praticiens de la finance savent qu’une partie des dettes est finalement honorée dans le cadre d’une « réconciliation » avec le pays ayant fait défaut. Mais, un défaut aboutit toujours à une perte de valeur importante sur les obligations d’Etat concernées, entre 50% et 80%. En fait, sur un total de 315,5 milliards d’euros de dette il faut savoir que 141,8 milliards sont détenus par le Fond Européen de Stabilisation Financière (FESF), 52,9 milliards dans des prêts bilatéraux avec les pays de la zone Euro, 27 milliards sont détenus par la Banque Centrale Européenne et 25 milliards par le FMI. Autrement dit plus de 70% de la dette grecque est détenue par des acteurs publiques ou assimilés européens.

La Banque Centrale Européenne (BCE) détient des bons du Trésor grecs mais surtout elle finance les banques grecques à travers un mécanisme appelé Emergency Liquidity Assistance ou ELA. Dans ce mécanisme la BCE refinance les banques grecques en acceptant les bons du Trésor grecs détenus par ces banques comme collatéral. On voit immédiatement où se situe le problème si les bons du Trésors grecs doivent être considérés « sans valeur » par la BCE à la suite d’un défaut Très concrètement, cela signifie que la BCE pourrait arrêter l’ELA et même demander le remboursement des crédits accordés aux banques grecques. Même si elle se contente d’arrêter l’ELA la situation des banques grecques, qui doivent faire face actuellement à une hémorragie des dépôts, deviendra très vite, quasiment d’un jour sur l’autre, intenable. De fait, les banques grecques sont actuellement très dépendantes de la BCE et cette dernière a usé de ce mécanisme pour chercher à étrangler le nouveau gouvernement issu des élection du 25 janvier dernier. Ce comportement en dit long sur l’absence de démocratie et même la haine pour tout gouvernement réellement démocratique que l’on a dans les institutions européennes.

Si la BCE suspend donc l’ELA, il y aura très probablement une panique bancaire. Le gouvernement grec sera alors contraint de nationaliser (même temporairement) certaines banques et devra déclarer des « vacances bancaires » le temps que la situation s’éclaircisse. Il faudra aussi établir un contrôle des capitaux, sur le modèle de ce qui a été faite pour Chypre en 2013. Cependant, il faut savoir que la suspension de l’ELA sera perçue à Athènes comme l’équivalent d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro, bref comme l’équivalent d’une déclaration de guerre ouverte (car les gouvernants grecs savent bien que l’Eurogroupe et la BCE mènent une guerre feutrée mais sans merci contre eux depuis le 25 janvier).

Il est cependant probable que le gouvernement grec a d’ores et déjà établi un plan avec des mesures, tant techniques que politiques, qui correspondraient à cette situation. La suspension de l’ELA provoquera donc une grave crise entre la Grèce et les pays de l’Eurogroupe.

Le chemin d’une sortie de l’Euro.

Les conséquences d’un défaut et d’une suspension de l’ELA doivent alors être envisagées. Le gouvernement grec se retrouverait devant une pénurie de liquidités (en Euro) et un système bancaire auquel il devra porter assistance. Deux options s’offrent à lui. Il peut décider d’une réquisition de la Banque Centrale de Grèce, et l’obliger à émettre des euros. Mais, cette option est clairement une violation du traité instituant l’Union Economique et Monétaire. Il n’est pas dit que pour des raisons essentiellement politiques le gouvernement grec s’y résolve. Il est plus probable qu’il voudra faire porter la responsabilité d’une sortie de l’Euro à l’Allemagne et à l’Eurogroupe. La seconde option, qui est aujourd’hui la plus probable, est que le gouvernement grec émette, par le biais du Ministère des Finances, des certificats de paiements. Ces certificats de paiements seraient destinés au paiement des pensions et des salaires des fonctionnaires, mais aussi à la stabilisation des banques. Ils seraient libellés en Euro. Le gouvernement grec en garantirait le pouvoir libératoire en Grèce. Les personnes physiques ou morales pourraient payer donc leurs impôts en certificats de paiement et ces derniers seraient utilisés pour tous les paiements courants de la vie quotidienne. C’est une solution qui a déjà été ouvertement envisagée et qui s’inspire de ce qui a été fait en Argentine au début des années 2000. Mais, très rapidement, un taux de change apparaîtrait entre les « vrais » euros et les certificats de paiement. Les commerçants grecs, les entreprises, n’accepteraient ces certificats de paiement qu’avec une décote plus ou moins importante par rapport aux « vrais » euros. De plus, les certificats de paiements évinceraient rapidement les « vrais » euros de la circulation monétaire courante (la fameuse « Loi de Gresham »[2]).

Cette situation de cohabitation de deux monnaies, l’Euro et les certificats de paiements serait très instable. Elle ne pourrait durer plus de quelques semaines. Il faudra soit que l’on revienne à l’Euro (et que la BCE reprenne l’ELA), soit que le gouvernement grec prenne le contrôle de la Banque Centrale de Grèce, assure les conditions de financement de ces certificats de paiement et les rebaptise «Drachmes ».

On comprend alors qu’un défaut de la Grèce, accompagné d’une suspension des mécanismes de l’ELA et de l’émission de certificats de paiement amorcerait d’une manière quasi-irréversible une sortie de la Grèce de l’Euro. Bien entendu, si une telle situation ne durait que quelques jours, il serait toujours possible de faire machine arrière. Mais, après deux ou trois semaines, cela risque de s’avérer impossible. Dans ce cas, la Grèce ne rembourserait pas sa dette aux institutions européennes et aux Etats de la zone Euro. Le gouvernement grec n’acceptera alors une « réconciliation » avec ses créanciers qu’avec une annulation de 80% des montants. Le choc sur le système financier européen sera certainement important mais surtout pour des raisons psychologiques. Le prétendu « tabou » de l’irréversibilité ou de l’indissolubilité de l’Euro dont se délectent des soi-disant experts comme Jean Peyrelevade[3] aura été brisé. Les investisseurs des pays ne faisant pas partie de la zone Euro liquideront leurs positions sur les pays périphériques (Espagne, Portugal, Irlande et peut-être Italie), que ce soit les positions en dette des Etats (dette dite souveraine) ou les positions en dettes privées (dette dite corporate). Il est alors probable que d’autres pays sortiraient progressivement de l’Euro, en particulier ceux où, comme en Italie, le débat est déjà largement ouvert. 

[1] Ceci est expliqué dans Sapir J., « La fin de l’Après-Guerre ? », note publiée sur Russeurope, le 28 avril 2015, http://russeurope.hypotheses.org/3762

[2] Mundell R., « Uses and Abuses of Gresham’s Law in the History of Money », Zagreb Journal of Economics, Volume 2, No. 2, 1998.

[3] Voir http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/02176719490-leuro-est-indissoluble-1120887.php

http://russeurope.hypotheses.org/3866

4 réponses »

  1. C’est ainsi que GRÂCE au cheval « DES TROIS » (sic) » ? Grecs, Sarkosy, Merkel,
    LA CONSTITUTION EUROPÉENNE DEVIENDRA LA SEULE SOLUTION
    À L’IMPASSE (savamment orchestrée) EN COURS ?

    CONTRE LA VOLONTÉ DES PEUPLES …. MAIS …

    POUR LEUR BIEN bien sur ?

    MAIS ENFIN QUAND DONC COMPRENDREZ VOUS
    QU’ILS FONT TOUSSA TOUSSA POUR VOTRE BIEN …. ENFIN ?

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  2. Jean-Marc Vittori compare l’Union Européenne à un corps humain.

    Selon Jean-Marc Vittori, ce corps humain est aujourd’hui menacé de désintégration :

    si le pied gauche (la Grèce) se détache du corps, ce sera le « Grexit »
    si le pied droit (l’Espagne) se détache du corps, ce sera l’ « Iberexit »
    si le bras droit (le Royaume-Uni) se détache du corps, ce sera le « Brexit »
    le bras gauche, c’est la Pologne. Un nouveau président de la République vient d’être élu en Pologne : c’est un eurosceptique. Si le bras droit se détache du corps, ce sera le « Polexit »
    au bout du compte, l’Europe sortirait d’elle-même : ce sera l’ « Europexit »

    Jean-Marc Vittori explique : « dans l’Europe, les forces centrifuges l’emportent désormais sur les forces centripètes. »

    Même les économistes les plus européistes commencent à comprendre que nous entrons dans une nouvelle époque : dans l’Union Européenne, les forces centrifuges vont tout faire exploser.

    Lundi 1er juin 2015 :

    Grexit, Brexit et Europexit.

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/02199523458-grexit-brexit-et-europexit-1123904.php

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