Art de la guerre monétaire et économique

Nous sommes des nains sur les épaules de géants (Bernard de Chartres) Par Charles Gave

Institut des Libertés 6/7/2015

Monsieur Attali, un nain sur les épaules de pygmées, explique à qui veut l’entendre que l’économie mondiale est devenue incompréhensible et que donc nous avons besoin d’un gouvernement mondial. Monsieur Attali est un spécialiste de ce qu’il est convenu d’appeler en logique pure un «  non sequitur » c’est-à-dire une absence de relations directes entre la première et la seconde partie de la phrase. L’une de ses phrases sans connexion aucune  fut « L’euro créera  plus de croissance en Europe parce que ce sera une monnaie unique » dont chacun peut constater le coté prémonitoire aujourd’hui. 

Remarquons tout simplement qu’à mon humble avis, monsieur Attali n’a jamais rien compris à l’économie et que donc la première partie de la phrase ne fournit aucune information nouvelle sur le personnage   tandis que la liaison logique entre la première et la deuxième moitié revient à dire, « Nous n’y comprenons rien, mais il faut nous donner plus de pouvoir », ce qui revient à donner les clefs de sa cave à un sommelier alcoolique, définition même du Socialisme.

Mais pourquoi tirer sur une telle ambulance me dira le lecteur de l’IDL ?  La raison se trouve dans la première partie de la phrase ” l’économie est devenue incompréhensible “  ce qui est d’un manque de culture foudroyant.

Depuis 250 ans au moins, la réflexion sur l’économie s’est détachée de la Logique et de très grands esprits (mes géants) expliquent de façon fort claire ce qui est en train de se passer dans nos économies aujourd’hui.

Dans ce petit billet, je vais vous parler de quatre d’entre eux, dont on pourrait presque croire qu’ils écrivent pour notre époque tant leurs propos sont actuels.

Je vais résumer autant que faire se peut leurs pensées et donc en affaiblir la portée, mais j’espère ne pas les trahir.

Commençons par le Suédois Wicksell, le plus méconnu, qui a vécu à la fin du XIX eme et dont la thèse centrale était simple. La croissance économique s’explique par la différence entre deux taux, le taux de marché (celui auquel les entreprises peuvent emprunter) et ce qu’il appelle le « taux naturel » c’est-à-dire le taux de croissance « marginal » des profits de ces sociétés. La question pour tout entrepreneur est «si j’emprunte un euro de plus, est que mes profits vont augmenter de plus d’un euro, d’un euro exactement ou de moins d’un euro »?   Et ce que dit Wicksell,  et qui est EXTRAORDINAIREMENT important  est simple. Si les autorités maintiennent le taux de marché trop bas (comme à  l’heure actuelle), alors les entrepreneurs emprunteront massivement pour acheter des actifs EXISTANTS et non pas pour créer de nouveaux actifs. Les PRIX des actifs existants monteront massivement, mais la QUANTITE  d’actifs ne montera pas puisqu’il est moins dangereux d’acheter ce qui est certain (des actifs existants) que de créer à partir de rien de nouveaux actifs (prise de risque). Nous aurons donc à tous les coups une hausse des marchés financiers et de l’immobilier accompagnée par une hausse considérable  de l’endettement mais à terme nous constaterons une baisse de la productivité puisque personne n’investit plus en prenant des risques  et donc les salaires stagnent ou baissent.

Les riches (ceux qui ont des actifs) deviendront plus riches, les pauvres (ceux qui n’ont à vendre que leur travail) deviendront plus pauvres, l’atmosphère sociale deviendra irrespirable et un jour le ralentissement de l’économie sera tel que la dette ne pourra plus être servie et que nous aurons un Krach (voir l’analyse de Minski un peu plus bas).

Pour qu’il y ait croissance, il faut  donc que les taux d’intérêts de marchés soient sur les taux naturels et y restent.

Mettre des taux d’intérêts trop bas ne FAVORISE pas donc la croissance mais l’EMPECHE.

Cette analyse décrit PARFAITEMENT  les résultats de la politique de la Fed depuis 1998. Nous avons déjà eu deux Krachs, et j’attends sans trop d’impatience le troisième, qui ne saurait tarder.

Pour résumer en une phrase l’analyse de Wicksell, des taux trop bas sont à peu prés aussi dangereux que des taux trop hauts puisque les uns et les autres entrainent une allocation du capital désastreuse.

Passons à Schumpeter, le plus grand de tous.

D’abord, c’est lui qui est  l’origine de la notion essentielle  de destruction créatrice. Sans destruction, pas de création et donc pas de croissance. Des taux trop bas, nous dit Schumpeter, maintiennent en vie des sociétés inefficaces et favorisent l’endettement de l’Etat et donc la destruction s’arrête et la création avec elle. Schumpeter a ici beaucoup utilisé les notions mises à  jour par Wicksell, en les développant.

Ensuite c’est lui qui a fait l’analyse que le capitalisme permet un développement foudroyant de la richesse, et que cette richesse allait entrainer des investissements énormes dans l’Education. De nouvelles classes de « faux lettrés » créés par ce développement ne trouveraient pas d’emplois conformes  à la valeur que ces faux lettrés se donnent et ils se lanceraient en politique pour « améliorer le système», c’est-à-dire pour empêcher la partie qu’ils haïssent par dessus tout, la destruction.  Comme disait Raymond Boudon, » les intellectuels Français n’aiment pas le Libéralisme  parce que dans un système Liberal, ils seraient payés à leurs vraies valeurs «. On imagine le drame. BHL, Minc, Attali payés à leur vraie  valeur…  Bien entendu, le parti Socialiste Français et  monsieur Hollande en sont d’autres parfaits exemples. Et, se demandait  du coup Schumpeter : le capitalisme est il compatible avec la Démocratie (voir son grand livre « Capitalisme Socialisme et Démocratie ». Il en doutait, étant issu d’une Société (l’Autriche – Hongrie) qui s’était effondrée sous le poids de cette contradiction. En ce qui me concerne, je n’ai  guère de doutes pour les Sociétés Anglo-Saxonnes, mais je suis beaucoup moins certain d’une sortie heureuse pour les autres. En fait,  Schumpeter décrit parfaitement ce qui est en train d’arriver, en Espagne, en Italie et surtout en France et qui avait été déjà décrit dans les Evangiles dans la Parabole du Maitre et de la Vigne il y a plus de 2000 ans. Une majorité qui s’agrège pour rendre le vol légal en le transformant en impôts ne transforme pas le fait qu’un vol reste un vol.

Le troisième de mes « géants », mort en 1996, s’appelle Hyman Minsky et était Américain. En fait, ce n’était pas un vrai «géant» (à mon avis) mais il a parfaitement compris le rôle de la dette dans l’évolution de l’économie, ce qui pourrait être assez utile dans la période à venir.  Cette évolution d’après Minski  se déroule toujours en trois phases.

  1. D’abord les emprunteurs s’endettent pour développer des actifs productifs, la rentabilité de ces investissements permettant et le service de la dette et son remboursement in fine. Le système est stable.
  2. Puis vient la deuxième étape ou les gens s’endettent pour bâtir de nouveaux actifs ou en acheter des anciens en empruntant autant qu’ils le peuvent tant que la rentabilité de l’actif permet le service de la dette, plus personne ne se préoccupant  du remboursement du capital « in fine ». Le système devient instable et ne peut supporter la moindre hausse des taux d’intérêts.
  3. Vient enfin la période dite « de Ponzi »  où tout le monde emprunte pour payer les intérêts sur la dette existante, plus personne ne songeant même à rembourser le capital. Et là, bien sur, le système devient explosif.

Tout le monde voit bien que le secteur privé  est sans doute en période «2» un peu partout dans le monde, tandis que les Etats Français, Italiens ou Espagnols sont en plein « Ponzi ». Et nous dit Minsky, lorsque le système bascule ( the Minsky moment, en Anglais ), la chute économique est vertigineusement rapide. L’analyse est très semblable à celle d’Irving Fisher dans « The debt deflation theory of great depressions » publiée en 1934, et la comparaison avec la période actuelle particulièrement pertinente.

Enfin le quatrième de mes héros est un vrai géant, sans doute beaucoup plus un philosophe qu’un économiste et je veux parler de Hayek, qui a mis a jour le concept de la « Présomption Fatale » (fatal conceit , en Anglais). Comme toutes les grandes idées, celle-ci est fort simple. L’évolution harmonieuse d’une Société suppose que celle-ci évolue lentement ou rapidement, mais à un rythme qui vient de ses profondeurs. Malheureusement, de temps en temps arrivent des législateurs qui ont des idées bien arrêtées sur la façon dont la Société DEVRAIT être organisée, par rapport a la façon dont elle l’est vraiment. Et ces grands esprits, tous nourris au lait de Jean –Jacques Rousseau, de Marx ou de monsieur Bourdieu de faire passer des Lois pour non seulement imposer leur nouvel ordre, mais détruire l’ordre existant, ce qui inéluctablement amène à désastre sur désastre. Et nous précise Hayek, cette « présomption fatale» couplée au Constructivisme est particulièrement présente dans notre beau pays de France, chez nos intellectuels. On se demande ce qui a pu donner une telle idée à Hayek…

Prenons ces quatre grands penseurs pour analyser la situation actuelle  sur le vieux continent

  • De Wicksell, je tire la conviction que des taux bas ne favorisent en rien la croissance, bien au contraire, et que la fameuse «euthanasie du rentier» chère à Keynes n’est rien d’autre qu’une incommensurable foutaise, qui ne profite qu’à la dépense étatique. Je tire aussi de cette analyse que la hausse actuelle des marchés financiers en Europe et aux USA est totalement spéculative et se terminera dans un désastre devenant de plus en plus probable  dans la mesure où la hausse aura été plus durable.
  • De Schumpeter, je tire la conclusion que des démagogues demi-éduqués ont pris le pouvoir un peu partout  et manœuvrent comme des fous pour se propulser au sommet et y rester, leurs manigances  amenant à une disparition de la croissance et donc à une demande encore plus forte d’interventions de la part  du reste de la population.. et ainsi de suite. La France est ainsi  un merveilleux exemple d’un grand pays détruit par une classe de parasites (au sens  Schumpetérien du terme).
  • De Minsky, je tire la compréhension des mécanismes de l’endettement qui, à terme, peuvent littéralement tuer l’économie capitaliste. Si j’en crois Minsky, nous sommes peut être à la veille du moment « explosif ».
  • Enfin, de Hayek, je tire le mécanisme intellectuel qui permet aux médiocres qui nous gouvernent de justifier les tentatives d’applications dans la réalité de leurs théories imbéciles, du style « théorie du genre ».

Conclusion

Faisons un petit tour de notre vieux continent à la lumière intellectuelle fournie par  mes quatre géants:

L’Europe de l’euro accumule tous les handicaps, dans la mesure où l’Euro (présomption fatale, Constructivisme), empêche tout positionnement  satisfaisant des taux de marchés par rapport au taux naturel, (voir Wicksell) puisque le taux de croissance naturel de l’Italie et de l’Allemagne ne sont pas les mêmes. Les taux sont donc trop hauts pour l’Italie la France ou l’Espagne, ce qui amène a une dépression et trop bas pour l’Allemagne, ce qui entraine une spéculation financière débridée en Allemagne et dans tous les actifs cotées en Europe et n’ayant rien à voir avec celle-ci. Pour combler ce trou de croissance, France Italie et Espagne se sont lancés dans un Ponzi budgétaire débridé, ce qui est parfaitement cohérent avec les thèses de Minsky, en s’appuyant sur une technocratie d’Etat qui a pris le contrôle de la monnaie pour empêcher  toute destruction créatrice (voire Schumpeter)

Dans le reste de l’Europe, les Britanniques viennent de voter pour virer leurs demis éduqués, ce qui est merveilleux et songent à s’affranchir de la bande d’incapables non élus sévissant à Bruxelles. Ils ont cependant un petit problème Minsky à régler, mais ils s’y attèlent, comme les Suédois ou les Danois.

Les Suisses quant à eux n’ont aucun problème.  Rappelez-moi le nom d’un homme politique Suisse ? Euh….Ceci explique peut être cela…

Donc, en ces temps de tour de France,  je trouve devant le Suisse, caracolant en tète, ensuite un premier peloton comprenant  les Britanniques, Suédois, Danois et Norvégiens, puis les Allemands à la tête d’un groupe de chasse  où l’on trouve les Autrichiens, Bataves , Finlandais et autres Belges et puis enfin ceux qui en sont à rouler ensemble pour ne pas être éliminés, comprenant  les Espagnols, les Italiens ou les Portugais soutenant  du mieux qu’ils peuvent celui en plus mauvais état, le Français, le Grec ayant été interdit de course pour dopage manifeste. Et pourtant le coureur Français est très bon, mais son manager lui a  fourni  un vélo qui pèse quarante kilos de plus que les autres.  Alors, il a du mal… il faut dire  à sa décharge cependant que nous avons non seulement la Droite la plus bête du monde, mais aussi la gauche la plus stupide et l’administration la plus incohérente et qu’ils s’y sont mis à trois pour lui fournir son vélo, estampillé « made in France ».

C’est donc sans doute en France que la prochaine grande crise commencera, dés que mon Poulidor aura été dans le décor. Ce qui ne saurait tarder et sera une bonne nouvelle..

http://institutdeslibertes.org/nous-sommes-des-nains-sur-les-epaules-de-geants-bernard-de-chartres/

EN BANDE SON :  

5 réponses »

  1. Attali est le heraut de l’élite mondialiste, ne s’interresser qu’à la 1ere partie de son constat c’est ne vouloir pas comprendre que toute épreuve, signification de l’imbroglio actuel, sert de marche pied à l’édification tant désirée d’une nouvelle gouvernance centralisée mondiale, édifiée comme un conclave de pretres avec à leur tete un « roi » désigné pour un temps.(modèle vaticanais)

    L’économie n’est « incompréhensible », comme l’explique si bien M.Gave, que chez les idiots et Attali n’est pas idiot!, il est seulement opportuniste et fanatique. Le mensonge et la duperie sont des armes de destruction passives, elles sont les jalons disposés ici et là pour faire avancer l’agendas vers l’établissement d’un avorton: « l’ordre noir », petit fils des fascismes colorés.

    On peut tirer des explications techniques fournies par M.Gave des instruments explicites de la méthodologie employée pour emmener le monde à sa destructuration non pas comme circonstances agravantes, échappant aux maitres, mais plutot comme moyens fondamentaux par laquelle la dynamique de chaos entrainerait le monde, les peuples, devant un abime que d’aucuns voudra éviter, in extremis, quand tout semblera devenus apocalyptique. révélation que le monde d’avant n’est plus et que le monde de demain doit se construire dans l’urgence… ils ont les moyens et les dogmes… ils savent et se présenteront comme les sauveurs du systeme.

    L’enchainement crisique qui se déploie nous était destiné car le systeme, par lui meme, subordonne les Etres qui lui ont fait totalement allégeance… et entraine par la meme, à sa suite, l’Humanité dans sa course folle.

    Maintenant penchons nous sur les « géants » de M.Gave:

    de Wicksell: « la hausse actuelle des marchés financiers en Europe et aux USA est totalement spéculative et se terminera dans un désastre devenant de plus en plus probable dans la mesure où la hausse aura été plus durable. »…
    N’est ce pas ce qui est recherché?
    L’application des taux bas ne visait pas seulement à faire monter des bulles, elles visent d’abord à ce que les initiés puissent se goinfrer d’actifs tangibles, des entreprises, des matieres premieres, des terres…tout ce qui pourra subsister en son entiereté consécutivement à un effondrement biblique des valorisations de papiers, les « money like » chères à M.Bertez.

    De Shumpeter, je retiendrais le principe de destruction créatrice puisque c’est pleinement le coeur de la pensée nihiliste et compulsive propre aux détenteurs démiurgiques du pouvoir de vie et de mort détenus par les maitres. C’est dans l’axe idéaliste de puissance/jouissance poussé jusqu’à la folie mortifère… dans l’antre de soi que le bouillonnement nihiliste opère. La loi de la jungle est leur univers, c’est celle du plus fort c’est celle des faiseurs d’ombres pris pour des lumieres, c’est celle des alchimistes qui trompent leur monde et qui, in fine, se trompent sur eux meme. Car de cycle finissant il y a, certes, mais d’Age aussi… ils font le pari d’un cycle naissant qui leur sera tout acquis mais c’est un pari sur le reel, ou plutot sur l’irreel car promus par leurs fantasmes, ces véritables calamités racinaires de leur Hybris. Ils ne savent quelle Nemesis viendra s’abattre sur eux mais quoiqu’il arrive ils joueront jusqu’au bout dans le labyrinthe dont ils pensent connaitre les recoins parcequ’ils les faconnent, hors, l’heureuse issue tant attendue n’est nullement garantie… celà n’est que croyance qui ne demanderait qu’à se confirmer.

    « De Minsky, je tire la compréhension des mécanismes de l’endettement qui, à terme, peuvent littéralement tuer l’économie capitaliste. Si j’en crois Minsky, nous sommes peut être à la veille du moment « explosif ». »
    le « moment Minsky », c’est le clou du spectacle, c’est le dernier acte tragique ou tout s’accélère et voit poindre le dénouement, l’apothéose finale. Tout n’est que cavalerie, la trompette sonne la charge avant le massacre, bientot on comptera les morts de la « great experiment » puis on réinitialisera le jeu… à moins que…
    Tout sera fait dans l’urgence thérapeutique, mais ils auront dans leur besace la potion magique qui fait revenir les morts à la vie, seulement rien ne sera identique, un zombie est mort et donne l’apparence du vivant. La démocratie sera morte et entrediendra l’illusion d’etre encore vivante, mais le fascisme nouveau règnera, different de ses aieuls mais synthétique par les gènes (au sens hégélien).
    Quant à  » Hayek, je tire le mécanisme intellectuel qui permet aux médiocres qui nous gouvernent de justifier les tentatives d’applications dans la réalité de leurs théories imbéciles, du style « théorie du genre ».
    Cette mécanique intellectuelle n’est que l’image fidèle du « néantisme » ambiant, salué par la curie des faux pretres du libéralisme tronqué et de leurs nervis. Ils veulent creer « l’homme nouveau », cultivé hors-sol (déraciné) et gavé de produits et services inutiles dont nul ne doit échapper à l’emprise… la « main invisible » ne prend plus de gant pour se dissisimuler, elle se montre à la lumière, elle n’est « incompréhensible » que pour les profanes, les aveugles heureux et malheureux de leur servitude.

    Le monde de demain sera fait à leur image, deshumanisé, deshumanisant et débile dans ses intimes… à moins que…

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