Guerre de Religions, guerre de Civilisation

News de BARBARIE: Daech a décapité l’ex-directeur du site archéologique de Palmyre

News de BARBARIE:  Daech a décapité l’ex-directeur du site archéologique de Palmyre

Olivier Perrin/ Le Temps 19/8/15

(Getty Images)

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Le corps de l’archéologue a été suspendu par les pieds en pleine rue. Tous les gardiens de la millénaire Histoire syrienne sont sous le choc en apprenant le martyre de cet homme reconnu mondialement comme un expert international de Palmyre

«Imaginez que ce professeur, qui a rendu de tels services à ce site et à l’Histoire, a été décapité… et que son corps est toujours suspendu […] au milieu d’une place de Palmyre.» Maamoun Abdoulkarim n’en revient pas. Totalement éberlué devant le fait que le groupe radical Etat islamique (EI) ait décapité l’ancien et très respecté directeur du site archéologique de Palmyre, au centre de la Syrie. Le corps de l’octogénaire a en effet été suspendu ensuite à une colonne antique, a déclaré mardi soir le directeur des Antiquités syriennes.

Maamoun Abdoulkarim a exprimé son énorme désarroi sur la page Facebook de cet organisme, où l’on ne compte plus les réactions de tristesse et de choc, dont ce commentaire définitif: «Animals, son’s of demon!!!!» Il a aussi précisé à l’agence Reuterstenir l’information de la famille du défunt. Khaled Assaad était âgé de 82 ans.

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Cet universitaire avait dirigé pendant cinquante ans le site des célèbres ruines romaines de Palmyre. Au fil des années, il avait été amené à travailler avec des archéologues français, américains, allemands. Et suisses, comme l’expliquait très bien Swissinfo en 2010 déjà. Il était détenu depuis un mois par le groupe djihadiste qui s’est emparé en mai de la ville du centre de la Syrie. Il aurait été exécuté mardi. «Khaled Assaad a veillé pendant cinquante ans sur Palmyre. Il était le gardien de notre histoire. Un jour, Daech est venu…»: un observateur du conflit syrien, archéologue et humanitaire, a aussi exprimé son immense tristesse sur son compte Twitter et publié cette image:

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Mais il ne faut pas être dupe de ce nouveau forfait: l’Etat islamique provoque le monde occidental et veut le choquer jusqu’à l’ulcération. Ce, même si le meurtre de Khaled Assaad, dit un autre twitteur, ne signifie qu’une seule chose: «à quel point l’EI montre désespérément son désir de se montrer «pertinent». Un jour, leur tour viendra…»:

Le site Dimpenews retrace la carrière du brillant homme, via les informations fournies par le Ministère syrien de la culture. Il avait «commencé sa carrière à la Direction générale des antiquités et des musées en 1963 en tant que directeur des antiquités de Palmyre et a été tout au long de son mandat professionnel une source d’inspiration et de dévotion jusqu’à sa retraite. […] Il est connu pour ses nombreux travaux académiques et publications.» Avec un tel bilan, sur Twitter, des voix se sont également exprimées pour se demander ce que l’homme «avait fait de faux pour mériter la peine de mort»:Depuis le 21 mai, l’Etat islamique (EI) contrôle la totalité de la cité antique de Palmyre. Les djihadistes y ont notamment détruit deux anciens mausolées islamiques, ainsi que la fameuse statue du Lion d’Athéna, haute de trois mètres. Et l’Unesco s’est déjà alarmée à maintes reprises à propos des dangers qui menacent ces trésors de l’humanité.

Avec cet assassinat, un symbole disparaît, car l’histoire de Khaled al-Assaad suit pas à pas un demi-siècle de fouilles archéologiques dans le désert syrien. Sans lui, les trésors de Palmyre n’auraient pu être conservés.

La fin de Khaled al-Assaad se dit en peu de mots et en lettres noires. Contrairement à ses fils qui choisissent de prendre refuge à Damas, la capitale syrienne, il avait, lui, choisi de rester à Palmyre malgré la guerre et malgré la prise de contrôle de la ville par les djihadistes de Daech (selon l’acronyme arabe de l’organisation) en mai dernier. Il n’avait plus de fonction officielle dans l’administration publique depuis 2003 et pensait probablement être protégé par son grand âge.

Kidnappé en juillet, il est retenu un mois par ses ravisseurs, qui l’ont, sans l’ombre d’un doute, torturé. Puis ses bourreaux l’ont mis à mort mardi au centre de Palmyre, une décapitation publique avant de le pendre par les pieds et d’abandonner son cadavre mutilé aux quatre vents.

Une pancarte suspendue à la dépouille donne les prétendues raisons de son supplice: son soutien au régime de Bachar el-Assad et sa dévotion pour les idoles. D’une part, l’EI prétend en effet lutter contre le régime syrien, et la lecture aveugle du Coran, prônée notamment par les djihadistes, proscrit l’intérêt et la conservation des reliques du passé. Il y aurait une autre raison plus prosaïque à l’enlèvement de Khaled al-Assaad: pensant qu’il avait enterré de l’or, les djihadistes ont voulu lui faire avouer ses cachettes.

Enfant de Palmyre, diplômé de l’Université de Damas, Khaled al-Assaad apprend à lire l’araméen, la langue du Christ, ce qui lui sera utile pour déchiffrer certaines des inscriptions retrouvées à Palmyre. Il commence sa carrière au musée des antiquités de la ville. Très vite, il prend les rênes de l’institution et ne les cédera qu’à l’heure de la retraite, en 2003, lorsque son fils Walid prend la relève. Durant ses années à la tête du musée et du site archéologique, il n’aura de cesse d’organiser les premières missions archéologiques étrangères dans les ruines.

A la retraite, Khaled al-Assaad continuait de venir presque quotidiennement au musée, où ses enfants, élevés dans l’amour des antiquités, œuvraient désormais à sa place. Lorsqu’il était attablé à la terrasse du café non loin de son musée, tous les passants le saluaient avec déférence ou lui baisaient la main. Reconnaissance légitime, car en donnant une notoriété internationale aux ruines, Khaled al-Assaad a contribué à faire de Palmyre une destination prisée des visiteurs syriens et étrangers. Avant que le pays ne s’enfonce dans la guerre civile, la moitié de la ville vivait du tourisme.

Une partie de son œuvre lui survit, les pièces les plus intéressantes découvertes dans les ruines sont conservées à Damas. Maamoun Abdulkarim, le directeur du Département syrien des antiquités, joint par téléphone, explique: «En véritable héros, il a organisé avec ses enfants un convoi pour évacuer in extremis avant l’arrivée de l’EI les trésors du musée de Palmyre.»

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/defae44a-463d-11e5-85d0-41b5fd577541/Daech_a_d%C3%A9capit%C3%A9_lex-directeur_du_site_arch%C3%A9ologique_de_Palmyre

EN BANDE SON: 

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