Allemagne

L’Europe vend à la Turquie la corde pour se pendre….Et si l’Allemagne jouait double-jeu ?

L’Europe vend à la Turquie la corde pour se pendre Par Eric Verhaeghe

La Turquie et la contrainte allemande

Des élections régionales ont lieu dimanche en Allemagne. Pour Angela Merkel, l’épreuve est cruciale: une percée de l’AFD (Alternative Für Deutschland) enverrait un très mauvais signal pour sa crédibilité personnelle. Elle prouverait en effet que la politique migratoire qu’elle porte depuis plusieurs mois ne fait pas consensus, bien au contraire.

Pour éviter un affaiblissement sur sa scène intérieure, Angela Merkel a donc besoin d’une perspective à très court terme à offrir à son opinion publique. Elle a, pour cette raison, brusqué une fois de plus ses alliés européens en cherchant à leur imposer un plan qu’elle avait négocié dimanche soir avec Davutoglu et Mark Rutte, le premier ministre néerlandais qui assume la présidence de l’Union.

Ni Donald Tusk ni Jean-Claude Juncker n’ont été associés aux discussions. Ni la France bien entendu.

Merkel tente de mettre la Turquie au pas

La veille du sommet, Angela Merkel a obtenu une autre concession de la part de la Turquie: son accord pour le lancement d’une mission de l’OTAN dans ses eaux territoriales. Jusqu’ici, la Turquie refusait en effet de laisser les bateaux de l’OTAN patrouiller le long de ses côtés pour arraisonner les embarcations de migrants. Dimanche, ce verrou a sauté. Personne ne sait évidemment pour combien de temps. Mais, formellement, la Turquie donne à l’OTAN les moyens d’entraver le trafic des migrants.

Le silence de l’Europe sur les violations des Droits de l’Homme en Turquie

Dans ce contexte tendu, le sommet a donné lieu à un étrange marchandage avec la Turquie. Les Européens se sont bien gardé de dire à Erdogan tout le mal qu’ils auraient pu penser de la confiscation de fait du journal d’opposition Zaman trois jours avant le sommet. Ils ont aussi passé sous silence le martyr kurde dans le sud du pays. Ils n’ont eu d’yeux que pour la capacité d’Erdogan à bloquer les migrants sur son sol ou, à défaut, à les reprendre lorsqu’ils arrivent en Grèce.

Personne ne s’est évidemment senti obligé de rappeler que ce projet était au coeur de l’accord bilatéral entre la Grèce et la Turquie, signé en… novembre 2015, et que la Turquie n’a jamais mis en oeuvre. C’est dans les vieux pots qu’on chante les meilleures rengaines.

L’enjeu du sommet était, de toute façon, de servir un alibi à Merkel avant le scrutin de dimanche. Que cet alibi soit sérieux ou sincère importe peu.

La France résiste à la pression allemande

Le passage en force voulu par Merkel a provoqué des réactions très différentes parmi les Etats membres de l’Union. La France, en particulier, dont le Président s’était livré, avant le sommet, à un éloge de la coopération avec la Turquie, ne s’est pas facilement rendue à l’idée d’une ouverture des frontières de l’Union aux citoyens turcs. C’est pourtant la principale demande d’Erdogan, qui aimerait voir les visas disparaître vers l’Union pour ses électeurs.

De leur côté, les pays d’Europe orientale ont assez peu prisé l’idée de devoir accueillir des réfugiés actuellement installés en Turquie, en échange de ceux que la Turquie accepterait de reprendre.

La Turquie, grande arbitre des flux migratoires vers l’Europe

L’enjeu de cet accord est pourtant bien là. Il ne vise pas à supprimer les flux migratoires vers l’Europe. Il vise juste à échanger un migrant qui va en Grèce avec un passeur contre un migrant installé dans un camp en Turquie. Cette duperie est présentée par l’Allemagne et quelques autres comme une façon intelligente de briser le commerce honteux des passeurs: partir en Europe avec ces derniers condamnerait à revenir en Turquie, alors que rester en Turquie permettrait de partir en Europe.

Beaucoup de journalistes français semblent s’être satisfaits de cette présentation propagandiste qui repose sur de purs sophismes. Dès lors que le flux de « clandestins » se tarit, la Turquie doit en effet conserver ses réfugiés. Mécaniquement, la Turquie n’a donc aucun intérêt à le mettre en oeuvre loyalement. Elle a d’ailleurs bien pris garde à ne pas le faire depuis novembre.

En revanche, l’accord acte officiellement que l’Europe fait confiance à la Turquie pour gérer à sa place ses flux migratoires. Cette confiance paraît totalement absurde et a tout de la corde qui servira à nous pendre.

Sommet immigration UE/Turquie : les Turcs se fendent la pêche !

giphyL’UE va payer la Turquie pour l’alimenter en migrants qu’elle lui renverra.

 
 

«Les 28 et la Turquie se sont mis d’accord sur le cadre d’un nouveau plan, basé sur une proposition surprise présentée par le chef de gouvernement turc. L’élément le plus spectaculaire : la Turquie accepte désormais de se faire renvoyer par la Grèce tous les migrants qui y arriveront irrégulièrement.

L’UE quant à elle acceptera d’accueillir directement à partir de la Turquie un réfugié syrien pour un Syrien réadmis par la Turquie.

L’UE va doubler – de 3 à 6 milliards d’euros – le montant de l’enveloppe qu’elle avait déjà consentie en novembre dernier pour venir en aide aux réfugiés présents en Turquie.» (…)

Sources : – https://www.facebook.com/profile.php?id=100009140182723&fref=ts

http://www.lesoir.be/1143426/article/actualite/union-europeenne/2016-03-08/voici-l-accord-europeen-sur-renvois-des-migrants-en-turquie

L’accord sera-t-il appliqué?

Il suffit d’examiner les chiffres réels pour comprendre que l’accord évoqué lundi soir est en carton-pâte et n’a pas la moindre chance de connaître le début d’un commencement d’application.

À titre d’exemple, depuis le 1er janvier 2016, environ 60.000 migrants arrivent chaque mois en Grèce. L’application de l’accord conduirait donc à renvoyer 60.000 demandeurs d’asile chaque mois en Turquie. C’est évidemment réaliste. Réciproquement, les pays européens s’engageraient à accueillir 60.000 migrants dans le même temps. L’expérience montre que la « relocalisation » d’un millier d’entre eux en un an est déjà très problématique.

Concrètement, l’accord aura donc deux effets immédiats. Premièrement, le renchérissement du prix de la traversée, qui sera plus difficile et plus dangereuse. On imagine aisément qu’au terme de quelques naufrages meurtriers, l’Union Européenne cèdera à nouveau devant l’émotion des opinions publiques. Deuxièmement, un conflit ouvert à la Turquie, qui ne tardera pas à déplorer l’absence de réciprocité dans l’accord.

Bref, cet accord, s’il devait être signé, servirait uniquement à verser 3 milliards d’euros à la Turquie, mais ne résisterait pas à l’épreuve du temps, ne serait-ce même que de deux ou trois semaines.

2016 sera bien l’année de la grande migration vers l’Europe.

http://www.eric-verhaeghe.fr/leurope-vend-a-turquie-corde-se-pendre/

Crise migratoire : la Turquie profiterait de son avantage pour s’approprier des îles grecques

1034956306(…) Nous devons accepter un compromis avec la Turquie, même si nous avons une confiance modérée en Erdogan, qui essaie déjà de pousser son avantage pour réclamer des choses inacceptables. »Dans un pays où ne sont pas totalement éteintes les braises d’un conflit diplomatique larvé avec Istanbul, la question d’un partenariat avec la Turquie reste sensible. « Personne n’en parle mais, cette semaine, l’aviation turque a de nouveau violé notre espace aérien et tenté d’imposer à l’OTAN que plusieurs de nos îles, portant des noms grecs, soient désignées sous de simples numéros, affirme une source militaire grecque. Cela fait des décennies que la Turquie a des visées territoriales sur certaines de nos îles, et voilà qu’ils veulent profiter de la situation pour pousser leurs pions. » (…)Sources : http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/08/tsipras-soutient-la-perspective-d-un-accord-avec-la-turquie-sur-le-renvoi-de-refugies-syriens_4878782_3210.htmlhttp://civilwarineurope.com/2016/03/09/crise-migratoire-la-turquie-profiterait-de-son-avantage-pour-sapproprier-des-iles-grecques/

Et si l’Allemagne jouait double-jeu ? Par Master T

D’un côté, elle prône plus d’Europe, plus de ralliement autour de ses décisions, les plus absconses, mais refuse une harmonie fiscale qui condamne forcément l’Euro et la survie de l’U.E.

A l’époque de la crise grecque, dans sa phase aigüe, Von Schauble appelait au Grexit tandis que de l’autre on maniait le gant de velours (Merkel entre autres). On pensait alors qu’il s’agissait de la stratégie classique, façon flic, qui pour obtenir des aveux en sont amenés à manier 2 rôles extrêmes : celui de la brute et du gentil. Le problème que je soulevais alors était que derrière cette stratégie grossière se cachait possiblement une opportunité réelle de faire sauter le système U.E avec comme cause première la Grèce comme unique coupable, au regard de l’Histoire, du méfait accomplis… mais Tsipras a plié d’abord sous les menaces américaines et de ses nervis (FMI, BCE) … l’empire veille comme il veilla les rencontres fructueuses du « Papandréou, Berlusconi, deux chefs de gouvernement (qui) viennent de tomber. Nous sommes en temps de paix. Deux chefs de gouvernement viennent de tomber sous la pression internationale » dixit M. BAROIN dans son » journal de crise ». Merkel et les autres était sous le contrôle de leur maitre : Obama…

L’U.E ne peut survivre sans harmonisation fiscale et l’Allemagne, qui le sait, aurait beaucoup à donner de son P.I.B pour soutenir les pays du sud… sacrifice impossible, il va de soi !

De fait, et face à ce qui semble inéluctable, l’Allemagne aurait toutes les bonnes raisons de faire sauter l’U.E… et sa dépendance vis à vis de Washington. L’Allemagne est une colonie impériale des USA depuis 1945, celle-ci a noyauté ses médias et détient apparemment de nombreux rouages dans ses institutions, de plus elle a plus à gagner, économiquement, d’un rapprochement avec la Russie qu’avec les USA.

Les décisions prises par Merkel et fortement soutenues par le grand patronat incestueux public/privé, de faire venir des millions d’immigrés, n’a qu’une conséquence logique absolue : celle de générer une onde de choc massive dans toute l’U.E et c’est avec, comme chant du cygne, la nécessaire rétribution, pour chaque pays membre, de cette manne providentielle que l’on achève Schengen…Ce sont là les premières mailles du détricotage européen. Bien sûr tout cela n’est pas facile, les partenaires de la première heure et ses suivants ont tout à perdre à ne pas plier AUX injonctions teutonnes car ils ont misé leur carrière et leur train de vie sur le billot de la servitude zélée… celle de leur collaboration qui ne permet aucune réversibilité et qui autorise tous les extrêmes… l’idiotie en particulier avec le déshonneur comme légion accrochée en pins de collection.

Il ne faut pas être dupe, il s’agit clairement de se faire « harakiri » en poussant plus loin la logique « humanitaro-fraternelle » de la fédération comme principe dogmatique coagulateur, substrat de son ADN,revendiqué par la (twilight) zone européenne… et ce, alors même que ce choc ne peut que générer en retour une révolte des nationaux (déjà bien lotis depuis des décennies par ces vagues migratoires ininterrompues venues des anciennes colonies, et depuis élargies aux pays ruinés par la misère… la mondialisation dans toute sa splendeur).

La montée des eurosceptiques, classés irrémédiablement comme « fascistes », œuvre à la dislocation des nations, à la fois entre elles mais aussi au sein d’elles-mêmes. La grande récession qui amorce son éclosion et qui nous mènera à la dépression… le temps qu’il n’en faut pour les médias et les faiseurs de marchés de la nommer ainsi et nous aurons alors le terrain fertile d’une série en chaine d’émeutes voir, au pire, de guerres civiles.

Ce que recherche l’Allemagne c’est la rupture consommée entre le monde d’avant et celui qui doit émerger, et nous devons en passer par le chaos général parce que au fond, au-dessus du grand merdier, l’oligarchie trouvera toujours le moyen de subsister, s’enrichir et consolider son pouvoir… affranchis cette fois du maitre absolu : « l’oncle Sam ». Diviser, opposer, imposer… et s’imposer !

Il va de soi que tout ceci n’est qu’une théorie (pas si fumeuse ?) qui n’attend que la réalité des expériences qui font le tissu de l’Histoire… et toute théorie n’étant qu’une croyance, elles ont ceci en commun de n’être que des paris sur le réel qui lui est fondamentalement absolus et véridique en lui-même… alors, attendons de voir les prochains épisodes pour connaitre l’épilogue de cette crise aux multiples contractions utérines.

EN BANDE SON 

2 réponses »

  1. Vendredi 11 mars 2016 :

    Face à l’arrivée des migrants, tous les pays d’Europe centrale ont décidé de reprendre le contrôle de leurs frontières nationales.

    Même les pays scandinaves renforcent leurs frontières pour bloquer l’arrivée des migrants.

    Chaque pays ne pense qu’à se protéger.

    Chaque pays n’a qu’un seul instinct : l’instinct de survie.

    Cette carte ci-dessus, c’est la carte de la mort de l’espace Schengen.

    Il n’y a pas d’espace Schengen.

    Il n’y a pas d’Union Européenne.

    L’Union Européenne, c’est un rêve rêvé par les doux rêveurs.

    Ce n’est pas une réalité.

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