Art de la guerre monétaire et économique

Rappel : Maurice Allais et les effets destructeurs de la Mondialisation !

16 nOVEMBRE 2013 Les Crises

« Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale. »

Par Maurice Allais, Prix Nobel d’économie

Extrait d’une lettre ouverte adressée à Monsieur Jacques Myard, Député des Yvelines, 2005

L’Europe a favorisé l’émergence d’une mondialisation sans barrière. N’a-telle pas aussi concouru à l’accroissement de ses difficultés économiques ?

Les effets de la Mondialisation

En fait, à partir de 1974 on constate pour la France une croissance massive du chômage, une réduction drastique des effectifs de l’industrie et une réduction très marquée
de la croissance.

Le taux de chômage au sens du BIT

De 1950 à 1974, pendant vingt-quatre ans le taux de chômage au sens du BIT est resté constamment inférieur à 3 %. De 1975 à 2005, pendant les trente années suivantes, il
s’est progressivement élevé pour attendre 12,5 % en 1997 et 10 % en 2005.

Emplois dans l’industrie

Alors que de 1955 à 1974 les effectifs dans l’industrie s’étaient accrus d’environ 50.000 par an, ils ont décru de 1974 à 2005 d’environ 50.000 par an. Les effectifs de l’industrie ont atteint leur maximum d’environ 6 millions en 1974.

Produit intérieur brut réel par habitant

De 1950 à 1974 le taux de croissance moyen du PIB réel par habitant a été de 4 %. De 1974 à 2000 le taux moyen de croissance a été de 1,6 % avec une baisse de 2,4 % , soit une diminution de 60 %.

1950-1974 et 1974-2005. Deux contextes très différents

En fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et déterminant des différences constatées entre les deux périodes 1950-1974 et 1974-
2005 : la politique à partir de 1974 de libéralisation mondialiste des échanges extérieurs du GATT et de l’Organisation de Bruxelles et de la libéralisation des mouvements de capitaux dont les effets ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l’instauration généralisée du système des taux de change flottants.

Incontestablement l’évolution très différente de l’économie française à partir de 1974 résulte de la disparition progressive de toute protection du Marché Communautaire Européen, de l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste, de la délocalisation
des activités industrielles, et de la délocalisation des investissements financiers [1] 

En tout cas, au regard de l’accroissement massif du chômage, de la très forte diminution des emplois dans l’industrie, et de la baisse considérable du taux d’accroissement du produit national brut réel par habitant à partir de 1974, il est tout à fait impossible de soutenir que la politique de libre-échange mondialiste mise en oeuvre par l’Organisation de Bruxelles a
favorisé la croissance et développé l’emploi.

En fait, ce que l’on a constaté, c’est que la politique de libre-échange mondialiste poursuivie par l’Organisation de Bruxelles a entraîné à partir de 1974 la destruction des
emplois, la destruction de l’industrie, la destruction de l’agriculture, et la destruction de la croissance [2].

Si la politique libre échangiste de l’Organisation de Bruxelles n’avait pas été appliquée, le PIB réel par habitant en France serait aujourd’hui d’au moins 30 % plus
élevé qu’il ne l’est actuellement, et il serait certainement au moins égal au PIB réel par habitant aux Etats-Unis 4. Qui ne voit que les difficultés majeures auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui résultent pour l’essentiel de la diminution considérable du produit
intérieur brut réel qu’a entraînée pour nous la politique libre échangiste de l’Organisation de Bruxelles.

La politique mondialiste de l’OMC et de l’Organisation
de Bruxelles

Toute cette analyse montre que la libéralisation totale des mouvements de biens, de services et de capitaux à l’échelle mondiale, objectif affirmé de l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) à la suite du GATT, doit être considérée à la fois comme irréalisable, comme nuisible, et comme non souhaitable.

Elle n’est possible, elle n’est avantageuse, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux économiquement et politiquement associés, groupant des pays de développement économique comparable, chaque Association régionale se protégeant raisonnablement vis-à-vis des autres.

En fait, une analyse correcte de la théorie du commerce international ne conduit en aucune façon à la conclusion que l’application à l’échelle mondiale d’une politique
généralisée de libre-échange pourrait correspondre à l’intérêt réel de chaque pays, que ce soient les pays développés de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord ou le Japon, ou que ce soient les pays en voie de développement de l’Europe de l’Est, de l’ex-URSS, de l’Afrique, de l’Amérique Latine, ou de l’Asie.

Je ne saurais trop l’affirmer : la théorie naïve et indûment simplificatrice du commerce international que nous brandissent les thuriféraires de la libéralisation mondiale des échanges est totalement erronée. Il n’y a là que postulats sans fondements.

En réalité, ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent
ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà
personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une
idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification.

L’hostilité dominante contre toute forme de protectionnisme

L’hostilité dominante d’aujourd’hui contre toute forme de protectionnisme se fonde depuis soixante ans sur une interprétation erronée des causes fondamentales de la Grande Dépression.

En fait, la Grande Dépression de 1929-1934, qui à partir des Etats-Unis s’est étendue au monde entier, a eu une origine purement monétaire et elle a résulté de la structure et des excès du mécanisme du crédit. Le protectionnisme en chaîne des années trente n’a été qu’une
conséquence et non une cause de la Grande Dépression. Il n’a constitué partout que des tentatives des économies nationales pour se protéger des conséquences déstabilisatrices de la Grande Dépression d’origine monétaire.

  Les adversaires obstinés de tout protectionnisme, quel qu’il soit, commettent une seconde erreur : ne pas voir qu’une économie de marchés ne peut fonctionner correctement
que dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation.

  Comme l’économie mondiale est actuellement dépourvue de tout système réel de régulation et qu’elle se développe dans un cadre anarchique, l’ouverture mondialiste à tous
vents des économies nationales ou des associations régionales est non seulement dépourvue de toute justification réelle, mais elle ne peut que les conduire à des difficultés majeures.

Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale.

Il est tout à fait inexact de soutenir qu’une régulation appropriée puisse être réalisée par le fonctionnement des marchés tel qu’il se constate actuellement.

Si on considère, par exemple, le cas de l’agriculture communautaire européenne, l’alignement de ses prix sur des prix mondiaux qui peuvent rapidement varier de un à
deux en raison d’une situation toujours instable n ’a aucune justification.

La doctrine laissez-fairiste mondialiste

Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux.

Cette doctrine a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique.

La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.

Le nouveau Credo

Suivant cette doctrine la disparition de tous les obstacles aux changements est une condition à la fois nécessaire et suffisante d’une allocation optimale des ressources à l’échelle mondiale. Tous les pays et dans chaque pays tous les groupes sociaux doivent voir
leur situation améliorée.

Les partisans de cette doctrine sont devenus aussi dogmatiques que les partisans du communisme avant son effondrement avec la chute du mur de Berlin en 1989.
Pour eux la mise en oeuvre d’un libre-échange mondial des biens, des services, et des capitaux s’impose à tous les pays et si des difficultés se présentent dans sa mise en
oeuvre elles ne peuvent être que temporaires et transitoires.

En réalité, les affirmations de la nouvelle doctrine n’ont cessé d’être infirmées aussi bien par l’analyse économique que par les données de l’observation. En fait, une mondialisation généralisée n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.

Quatre conclusions fondamentales

De l’analyse des faits constatés résultent quatre conclusions tout à fait
fondamentales :

  Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu ’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.

  Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays
économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable.

  Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l’Union Européenne, tout particulièrement quant à l’instauration indispensable d’une préférence
communautaire.

  Il faut de toute nécessité remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en oeuvre par les institutions internationales, tout particulièrement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’aveuglement de nos dirigeants politiques

Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée de 1974 à 2004, soit pendant trente ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.

En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction d’au moins 30 % du Produit national brut réel par habitant d’aujourd’hui. La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui ne cesse de nous mener au désastre.

L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui.
Comme le soulignait autrefois Jacques Rueff : « Ce qui doit arriver arrive. »

Toute l’évolution qui s’est constatée depuis 1974 résulte de l’application inconsidérée et aveugle de l’Article 110 du Traité de Rome du 25 mars 1957 constamment repris
dans tous les traités ultérieurs :

Article 110

« En établissant une union douanière entre eux les Etats membres entendent contribuer conformément à l’intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges
internationaux et à la réduction des barrières douanières. »

En fait, pour être justifié l’Article 110 du Traité de Rome devrait être remplacé par l’article suivant :

« Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l’encontre des importations des pays tiers dont les niveaux des salaires au cours des changes s’établissent à des niveaux incompatibles avec une suppression de toute protection douanière. »

Ce texte est extrait de :

L’EUROPE EN CRISE QUE FAIRE ? Réponses à quelques questions

dont nous reproduisons ci-dessous le sommaire :

I.- La création de l’Euro est-elle justifiée ?

II.- L’Organisation politique de l’Europe

III.- Les effets destructeurs de la Mondialisation

IV.- La nécessaire Préférence Communautaire

V.- De profondes réformes


[1] Voir Allais, 1999, La Mondialisation. La Destruction des Emplois et de la Croissance. L’Evidence Empirique, p. 142-146 et 451-455.

[2] Voir Maurice Allais 1999, La Destruction des Emplois et de la Croissance. L’Evidence Empirique

https://www.les-crises.fr/allais-les-effets-destructeurs/

EN BANDE SON

10 réponses »

  1. Grrrr… il faut que j’analyse cette analyse parce qu’à première lecture, je ne suis pas trop d’accord avec ça…

    Protectionnisme contre Privatisations ?? Mondialisme contre Mondialisation ?

    Pour Maurice Allais, Prix nobel d’économie… je ne sais pas qui à dit : le nobel c’est le triomphe de la pensée triomphante…

    Le protectionnisme, je doute que ce soit la solution au mondialisme… En revanche, elle peut l’être face à la mondialisation qui elle, est une volonté d’une caste en faveur de certaines firmes.

    Si vous éradiquez les « mondialistes », vous n’avez pas besoin de mesures protectionnistes.. Ces mesures, on les appelle de nos vœux dans un contexte qui n’a rien d’économiquement naturel…

    Cette mafia que dénonce Charles Gave… c’est ça dont il faut se débarrasser.. ce sont ces mondialistes (tel Jospin) qui ont soit disant « privatisé » nos entreprises…

    Mais qu’appelle t-on « privatisations » ??? c’est là, qu’on devrait s’interroger… les Bolloré, Lagardère, Messier etc… toute cette clique supervisée par les gauchiasses au sein du « cercle de l’industrie ».. et qu’on retrouve à la tête des grandes sociétés « monopolistiques »…

    Le contribuable (via le système communiste et le Crédit Lyonnais (banque publique) ) a financé l’outil de travail de ces firmes, et ensuite le gauchiasse a distribué aux copains…

    Toutes les caisse sécu sont en déficit, mais elles sont toutes à la tête de vastes m² d’immobilier qu’elles donne en gestion locative.. le RSI c’est 92000 m²… la SNCF, on ne compte plus…

    Parler de protectionnisme c’est vouloir protéger nos meubles dans nos mûrs tout en y abritant un déménageur…

    On doit se protéger de l’olligarchie…

    J’ai écoutez une analyse fort pertinente de Zaki Myret, une journaliste financière Suisse avec Asselineau… elle explique clairement comment par un favoristisme de « l’élite », un pays peut être ravagé par ces fonds de pensions américains… alors qu’en faisant le choix de fonds de pension chinois qui pour elle ont une éthique, la finance peut être un bon outils de prospérité.

    Ce qui me conforte dans l’idée qu’elle n’a peut être pas tout à fait tort, c’est l’actualité des derniers jours pour ce qui concerne le Gabon… ce pays vient de faire entrer des fonds de pension chinois dans son économie et aussitôt derrière, Valls appelle les ressortissants français à quitter le pays avant les élections du mois d’Août prochain… on voit bien dans ce cas de figure, que le choix français qui va s’imposer à un autre état (logiquement souverain) n’est pas tout à fait le même…

    Mais ce sujet m’intéresse depuis longtemps et je vais prendre le temps de bien relire cet article… personne ne peut jamais être sûr de rien et moi, moins que les autres… juste, je cherche des réponses à mes questions… et merci de m’y aider..

    Continuez Bruno à alimenter nos questionnements… 🙂

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  2. Voila un avis très intéressant qui va dans le même sens de ce que je dis depuis longtemps ( merci le loup !)
    Maurice Allais est libéral et explique bien que le libre-échangiste n’est qu’un dérivé du libéralisme et non pas représentatif de la doctrine libérale.
    Il dit que  » une économie de marchés ne peut fonctionner correctement
    que dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation »
    c’est exactement ce que je dis, le libéralisme est la doctrine qui a permis la plus grande accélération de progrès social pour l’humanité mais il doit être un minimum régulé pour être efficace. L’individualisme du libéralisme permet à chacun d’exprimer son potentiel, il débride la créativité ( toutes les inventions générées par la révolution industrielle). Le collectivisme, socialiste ou communiste ne crée rien car le potentiel individuel est muselé, c’est une idéologie parasitaire.
    Maurice Allais dénonce l’Europe politique et une Europe ouverte aux quatre vents.
    Plus intéressant, il compare, comme moi, la mondialisation au communisme. Ce sont deux utopies, comme je l’ai dit en citant le livre de l’économiste Flora Montcorbier  » De L’utopie marxiste à l’utopie mondialiste »

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  3. A propos du traité de Rome, j’aime citer Jean Duret
    Jean Duret, directeur du Centre d’études économiques de la Confédération générale du travail (CGT) et membre du Conseil économique français, a écrit sur l’Europe avant la signature du Traité de Rome, en 1956 – 1957.

    1) La domination de l’Allemagne sur l’Europe
    L’enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d’un super-Étateuropéen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d’individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté. Ce super-État sera dominé par le pôle d’activité économique le plus puissant : la Ruhr; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l’Allemagne de l’Ouest. […] Pour la France, la réalisation du Marché commun c’est l’acceptation de l’hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d’outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr.

    2) Mise en concurrence des salariés au plus grand profit des « cartels »
    La réalisation du Marché commun se ferait à la fois sous l’égide de l’intensification de la concurrence et sous le signe du renforcement et de la prolifération des cartels internationaux. […] « Il faut que notre production soit concurrentielle. » Ce slogan servira à freiner le mouvement revendicatif dans les pays à rémunération plus basse et à exercer une pression sur les salaires globaux réels des pays ou des régions plus favorisés. Le monde du travail sera soumis à une triple pression : celle de la concurrence entre prix de revient, celle de l’armée de réserve du travail (la masse des chômeurs de l’ensemble de la Communauté pouvant plus facilement être dirigée vers les points stratégiques), enfin celle des capitaux migrateurs qui déserteront les régions où le prolétariat est combatif et les conquêtes sociales appréciables pour s’investir dans les régions où l’exploitation des travailleurs sera plus facile et les surprofits assurés. En toutes circonstances, cette triple pression sur les conditions de la classe ouvrière constitue un danger redoutable.

    3) Le règne de la finance
    Dans leur offensive contre la classe ouvrière, les classes possédantes disposeront encore d’un puissant atout : la libre circulation des capitaux. On ne manquera pas de souligner, qu’après tout, les détenteurs de capitaux sont libres de le placer là où les garanties de sécurité et de rentabilité sont les plus grandes. Les capitaux auront tendance à déserter les régions et les pays où la classe ouvrière fera preuve de combativité, où les salaires seront relativement élevés, où certaines lois sociales seront susceptibles de gêner une exploitation trop éhontée, pour émigrer vers les régions de la Communauté où les conditions pour la réalisation des surprofits leur paraîtront meilleures.

    4) La monnaie unique (l’Euro)
    Certains économistes estiment que le Marché commun conduit inéluctablement à la monnaie commune. Pour les uns, c’est la conséquence du fonctionnement du marché commun, pour d’autres, « une condition préalable ». « Un haut fonctionnaire, financier international », signant « XXX » écrit dans « France-Observateur » : « L’instauration d’un marché commun implique, il faut qu’on le sache », un abandon peut-être graduel, mais en définitive complet, de la souveraineté monétaire. Privés de cette souveraineté, les États participants n’auront guère plus de pouvoirs – en matière économique – que nos autorités départementales actuelles. Au demeurant, la voie du marché commun ne sera pas facilement réversible. Tout ralentissement du progrès dans cette voie risque de susciter les ressentiments extérieurs et les dissensions internes…. ».

    5) L’Europe « vassale » des Etats-Unis
    « La réalisation du marché commun permettra de discuter sur un pied d’égalité avec les autres grands espaces économiques (États-Unis, URSS). Elle permettra aux pays de l’Europe continentale, se trouvant sous la tutelle des États-Unis, de retrouver toute leur indépendance » – affirmations purement démagogiques car dès le premier moment, dès ce premier pas, le Marché commun aura besoin de la tolérance, de la protection, de l’aide financière des États-Unis. En poussant à la création du Marché commun, les dirigeants américains poursuivent des objectifs dont ils ne se laisseront point détourner. Ils veulent amalgamer les six États du Vieux Continent, conférer la direction économique et politique à l’Allemagne, braquer ce bloc contre les pays de l’Europe de l’Est et le « danger communiste de l’intérieur ». Ils veulent favoriser les investissements directs des capitaux privés américains qui pourraient se placer dans les régions les plus favorables et disposeraient ainsi d’un immense marché. Ils n’ont nullement l’intention de jouer aux apprentis sorciers, de permettre aux États européens de se libérer de l’emprise du dollar, de se créer eux-mêmes des concurrents ou des rivaux.

    5) L’austérité
    D’un œil distrait, on lit dans les journaux que la situation tragique de l’économie française nécessite des sacrifices. Les classes possédantes acceptent ce principe allègrement, à condition que sacrifices et privations ne soient pas pour eux mais pour le voisin. La victime toute désignée de l’opération est la classe ouvrière. Quand on parle d’austérité et de privations, on sous-entend que c’est surtout à elle que sera appliquée cette maxime. […] L’austérité, en principe, devrait être obligatoire pour tout le monde, mais il suffit d’analyser les moyens dont on veut se servir pour comprendre qu’elle est surtout à l’usage des classes laborieuses. Nous n’avons pas entendu jusqu’ici les économistes officiels prôner l’introduction des taxes de luxe massives grevant le prix des articles dont la consommation demeure l’apanage des couches privilégiées. Une augmentation du prix de l’essence frappera bien plus durement les consommateurs à revenu relativement modeste que les couches riches. Il en sera de même pour l’ensemble des impôts indirects…

    Pour conclure : Le gouvernement socialiste accomplit une besogne qu’un gouvernement bourgeois n’aurait jamais osé entreprendre.

    Source : http://www.cvce.eu/search/-/search?searchQuery=jean+duret&search-type=All&submit-search=Search

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    • Selon moi, le constat est plus simple… depuis 1981 (sûr), tous les partis (qui en fait n’en sont qu’un) en France, on « VOLONTAIREMENT » mis à mal l’économie française.. Ils ont détournés au profit de la finance anglo-saxonne, notre « pot commun » (sécu, retraite etc)… ils sacrifient à des fonds de pensions, l’ensemble des activités qui constituait nos PME/TPE..

      Tous les jours, je vois des petites sociétés se faire avaler par des grands groupes transatlantiques..

      Bruno, l’année dernière vous aviez soulevé un « lièvre » : le délit d’initié probable de Ségolène Royal sur EDF… comment en trois mots elle avait fait dégringoler l’action et spolier les petits épargnants..

      Moi, entre temps, je constate que Desmarais/Albert (Carlyle) entre au capital de Suez EDF GDF… (sic)
      Le bon plan, pour Carlyle…. d’autant qu’après ça, Hollande qui s’émeut des difficultés de Suez, annonce qu’il va verser des milliards pour les aider, et qu’il valide un futur plan social de l’ordre de 4000 salariés…

      et là, ce jour, j’entends que des discours de Hollande sur le nucléaire font flamber le prix de l’action ex EDF (???? )…

      On doit en penser quoi au juste ??? ça rince qui cette histoire ?

      Mieux encore, vous voyez le groupe ACCOR (Carlyle) qui construit des villages de vacances partout partout partout… notamment dans toutes les stations de skis… Plus encore, vous avez l’élite qui refuse aux petits propriétaires de remontées mécaniques le renouvellement des concessions… (loi montagne de 85) Ils sont purement et simplement expropriés. Le non renouvellement des concessions implique pour eux l’interdiction d’exploiter leur outil de travail qu’ils ont mis une vie à construire, et ce sur leurs propres terres.. Les droits d’exploitation sont remis sur la table et soumis à une décision des communes par appel d’offre « publique »… et là, étrangement, c’est LABELLEMONTAGNE qui remporte systématiquement le gros lot… LABELLEMONTAGNE qui est une filiale du Groupe Rémy Loisir.. du Groupe Carlyle… marrant non ????

      Manigod (Station des Aravis) doit payer pour ses combines…

      http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2016/03/25/la-commune-condamnee-a-payer-3-millions-d-euros

      Comment peut prospérer une activité de tourisme, alors que dans le même temps, l’état d’urgence décrété en France et la paranoïa entretenue dans le pays, est entrain de faire s’effondrer le tourisme… les hôteliers ferment boutiques… leur chiffre d’affaire en pleine déconfiture…

      J’aurais un tas d’autres exemples pour démontrer que nos PME/TPE sont détruites volontairement au profit des mêmes merdes… et les vœux pieux de Hollande et de sa courbe du chômage, ça n’est que de l’enfumage… il s’en branle totalement de ce qui faisait le tissu économique de notre pays..

      Cette pourriture mérite d’être pendu en place public… et ne vous fiez pas à ses airs benêts, il adore passer pour un con…

      Qui a dit : « Rien n’est plus voluptueux pour un pas-con, que d’être pris pour un con, par des cons… »

      Il est responsable comme les autres de tout ça… la casse du pays, ce n’est pas une erreur de stratégie, c’est la stratégie.

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    • Je ne connais pas bien Maurice Allais… mais si vous me dites que c’est un libéral et que dans le même temps c’est quelqu’un qui prône la « régulation »… pardon, mais ça m’interpelle parce que justement le libéralisme c’est « la main invisible » qui régit le marché… Pour moi, la main de l’état, c’est ce qu’on voit partout et en tout… et je doute de l’altruisme et de la probité de ces chacals.

      Ils ont voulu réguler les loyers par exemple… l’élite ferme des logements pour réguler.. et résultat, les loyers flambent partout…

      Je ne crois pas dans les dieux de l’état… je préfère traiter sans eux comme intermédiaire.

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