Art de la guerre monétaire et économique

Répression Financière – Dangers des monnaies papier : un avertissement sans (et avec) frais , l’Inde confisque en partie le cash, l’or et les bijoux de ses citoyens

Dangers des monnaies papier : un avertissement sans frais (sauf pour les Indiens)

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Indiens qui font la file pour retirer de l'argent

Nous l’avons répété à maintes reprises sur l’Or-Argent.eu : la valeur des monnaies papier repose sur la confiance envers le gouvernement qui l’émet, ainsi que sur sa solvabilité. Mais elle dépend également du bon vouloir de l’État qui peut, du jour au lendemain, décréter cet argent papier sans valeur. C’est exactement ce qui s’est passé en Inde. Petit rappel des faits.

Chronologie de la crise monétaire en Inde

Le mardi 8 novembre 2016, dans la soirée, Narendra Modi, premier ministre indien, fait irruption à la télévision indienne pour une allocution d’urgence. À l’occasion de celle-ci, il annonce que les billets de 500 et de 1000 roupies, les 2 plus grosses coupures de la monnaie nationale, n’ont plus cours légal à partir du 9 novembre à minuit, soit le lendemain. Quelques exceptions sont accordées jusqu’au 11 novembre : les hôpitaux, les stations-service, les aéroports, les crématoriums et les gares peuvent les accepter durant deux jours supplémentaires.

L’ancien billet de 500 roupies sera remplacé par une nouvelle coupure tandis qu’un nouveau billet de 2000 roupies remplacera celui de 1000. Les Indiens peuvent échanger leurs anciennes coupures à leur banque… si bien sûr ils montrent patte blanche à l’égard du fisc. Les banques ont néanmoins été fermées le 9 novembre afin de se préparer à l’afflux de leurs clients.

Ce nouvel acte de guerre contre l’argent liquide est justifié par Modi par les arguments usuels : il favorise la corruption, l’économie au noir, le terrorisme… Petite nouveauté en bonus : il est possible de le contrefaire…

Le 9 novembre, les marchands d’or ont été littéralement pris d’assaut par des Indiens désireux de se débarrasser de leur argent papier. Les primes explosent, si bien que le cours de l’or  a grimpé de 10 à 20% rien que durant cette journée. Devenu si rare, le métal jaune est vendu jusqu’à 2294$ l’once selon Jayant Bhandari, conseiller entre autres en investissements miniers, minéraux. La mesure choc de Modi génère une véritable pagaille monétaire en Inde qui ne fait que commencer.

Les lieux qui disposent d’une dérogation concernant l’acceptation des anciens billets deviennent de véritables bureaux de change officieux qui profitent allègrement de la situation : pour un ancien billet de 1000 roupies, on vous en donne 700 en monnaie ayant cours légal, toujours selon Jayant Bhandari. Et dire que la mesure était censée combattre la corruption ! D’autres recourent à des astuces, comme la réservation de billets de train à date ultérieure suivie d’une annulation avec remboursement à la clé, moins les frais d’annulation. Des complications qui coûtent du temps, mais qui permettent au moins de manger alors que les files monstres sont la règle dans les banques et devant les DAB.

Quelques jours plus tard, on se rend compte à quel point cette décision lourde de conséquences a été improvisée. Le gouvernement doit même recourir à des avions et à des hélicoptères afin d’acheminer les nouveaux billets de banque aux 4 coins d’un pays exsangue de devise.

Jayant Bhandari explique que le maximum convertible est de 4000 roupies, soit une cinquantaine d’euros. On assiste aux mêmes scènes dans toutes les banques : cohue, disputes et bagarres. Il explique que son grand-père a gardé des photos de la royauté britannique sur les murs de son bureau jusqu’à sa retraite, estimant avoir été mieux traité durant la colonisation qu’après l’indépendance.

Pour échanger ses anciennes coupures, il faut remplir un formulaire et fournir une copie de sa carte d’identité… dans un pays où 25% de la population ne disposent pas d’un tel document et où le taux d’alphabétisation chez les plus de 15 ans est d’environ 70% ! Ce sont donc bien les plus pauvres qui sont les premières victimes de cette mesure aussi contre-productive qu’insensée.

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L’économie tourne au ralenti : en Inde, 97% des transactions sont effectuées en liquide alors que Modi a banni 88% de la masse monétaire du jour au lendemain. Les petites entreprises n’ont pas de quoi payer leurs salariés, les plus défavorisés ne comprennent tout simplement pas ce qui arrive. Pillages de magasins, personnes âgées qui meurent dans des files, suicides… Des centaines d’histoires de ce genre remplissent les colonnes des journaux indiens.

Dans un premier temps, les classes moyennes qui possédaient la majorité de leur argent sur leur compte en banque se sont senties plus malignes que le reste de la population. Mais elles vont vite déchanter alors que les banques ont mis de facto des contrôles des capitaux en place. Elles vont bientôt comprendre qu’elles sont en train de se faire « chypriotiser » puissance 10…

Si l’économie tourne au ralenti, une nouvelle activité est née de ce chaos monétaire : l’échange de monnaie bannie en argent ayant cours légal. Le travail consiste à se charger des longues formalités à la banque pour convertir les anciens billets. Prix de la commission : 20%.

Le métal jaune continue de se vendre… À prix d’or. Jusqu’à 2800$ l’once maintenant, pour ceux qui ont la chance d’en trouver.

Un avertissement pour les citoyens de tous les pays

Chypre, Inde… qui sera le prochain pays sur la liste ? Nul ne le sait, mais le processus ne va aller qu’en s’accélérant. La valeur de l’argent papier est décrétée par l’État. Celui-ci dispose donc du pouvoir d’annuler sa valeur sans préavis.

Certains diront, en guise d’argument contre la conversion de l’argent papier en métal physique, que l’or peut être décrété illégal par les gouvernements. C’est vrai, Roosevelt l’a d’ailleurs fait en 1933. En revanche, le gouvernement n’a pas le pouvoir d’annuler la valeur de l’or. Comme l’a dit « Pater Tenebrarum », lorsque Nixon a annulé la convertibilité du dollar en or, de nombreux monétaristes, dont celui qui lui a recommandé cette décision, ainsi que des économistes furent convaincus que le cours de l’or, fixé à 35$, allait baisser jusqu’à environ 6$ l’once, soit sa valeur en tant que matière première industrielle.

Autrement dit, ils pensaient que l’acte officiel de démonétisation de l’or allait supprimer sa demande monétaire. Comme c’est souvent le cas avec les prédictions des économistes académiques, les faits ont montré qu’ils avaient tort sur toute la ligne.

Conclusion

Non seulement vos devises déposées à la banque sont en danger à cause de la fragilité du système bancaire, mais désormais la décision sans précédent de l’Inde rend le cash risqué. Si l’or peut être décrété illégal par un gouvernement, il conservera toujours de la valeur. Les Américains, qui ont refusé d’obtempérer à l’ordre de Roosevelt en 1933, traversaient la frontière pour vendre leur or au Canada en cas de besoin. L’analyse historique montre d’ailleurs qu’ils l’ont largement ignoré : l’économiste Milton Friedman avait découvert qu’un an après la publication de l’ordre exécutif, 78% de l’or américain se trouvait toujours dans les mains des particuliers (voir notre article sur la confiscation de l’or par Executive Order de Roosevelt pour plus d’infos).

Sources :

http://thediplomat.com/2016/11/modi-indias-rs-500-and-rs-1000-notes-no-longer-valid/

https://www.theguardian.com/world/2016/nov/10/rupee-note-cancellation-panic-in-india-banks-500-1000

https://www.bullionstar.com/blogs/bullionstar/guest-post-jayant-bhandari-gold-price-skyrockets-in-india-after-currency-ban/

http://www.acting-man.com/?p=47842&embed=true#?secret=VerGHAqCbt

http://www.zerohedge.com/news/2016-11-22/indias-currency-debacle-consider-it-warning

L’Inde dément vouloir limiter la possession d’or, mais reste silencieuse sur la possibilité d’interdire les importations d’or

Suite au choc du retrait brutal de la circulation des billets de 500 et 1000 roupies, l’Inde n’en finit pas de faire les gros titres de la presse financière. Après la rumeur de plus en plus insistante qui affirme que l’Inde pourrait interdire les importations d’or, un autre bruit encore plus fou s’est propagé : le gouvernement Modi s’apprêterait à limiter la possession d’or. Étant donné le niveau d’énervement passablement élevé parmi la population indienne, le gouvernement voudrait créer des émeutes qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est tellement sérieux qu’un haut responsable du ministère des Finances a déclaré à India Times qu’ »aucune proposition concernant la limitation de la possession d’or n’est sur la table du gouvernement« . De quoi calmer le jeu sur ce dossier, mais le fait qu’aucun démenti n’ait été apporté à l’interdiction des importations d’or signifie que la rumeur n’est malheureusement pas sans fondements.

Sources : http://www.zerohedge.com/news/2016-11-30/gold-slips-china-curbs-imports-slow-capital-flight et http://www.zerohedge.com/news/2016-11-26/indian-government-seeks-quell-panic-no-plan-restrict-gold-holdings

http://or-argent.eu/or-mauvaises-nouvelles-en-provenance-dinde-et-de-chine/

L’Inde confisque l’or et les bijoux de ses citoyens

By Mish, www.24hgold.com  7 Décembre 2016

La répression financière est à la hausse de par le monde, et notamment en Inde. Après avoir rendu ses plus grosses coupures illégales en novembre, le gouvernement indien s’en prend désormais à l’or.

Et pas seulement aux barres et pièces d’or. Lors de récents raids, il est allé jusqu’à confisquer des bijoux.

Pour en savoir plus, voyez mon article du 27 novembre intitulé Cash Chaos in India, 86% of Money in Circulation Withdrawn; Cash Still King in Japan.

Les plus grosses coupures indiennes, ce sont les billets de 500 (7,30 dollars) et de 1000 roupies (14,60 dollars), qui représentent plus de 85% des billets en circulation. Ils n’ont désormais plus cours légal.  

Le désordre qui a fait suite à la décision du gouvernement de les sortir de la circulation se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

L’Inde confisque l’or de ses citoyens

Voici un extrait de Message to Modi: Do No More Harm, par Mihir Sharma.

Le désordre né de la « démonétisation » ne s’estompe pas. Il y a de fortes chances que les bouleversements économiques actuels, notamment dans les régions rurales de l’Inde, affectent la croissance pendant encore quelques trimestres. Il est difficile de prédire quels en seront les effets, nous sommes désormais en territoire inconnu, et les estimations varient considérablement. De nombreux analystes tombent toutefois d’accord avec l’ancien Premier ministre, Manmohan Singh, qui s’attend à voir les récentes politiques faire perdre deux points de pourcentage au taux de croissance du PIB.

La démonétisation a d’abord été présentée comme une attaque de haute précision contre l’argent noir — les piles d’argent illicites qui ont été accumulées à l’abri du regard du percepteur. Il est désormais évident que cette attaque ait été tout sauf précise. Pire encore, des questions gênantes sont aujourd’hui posées quant à la possibilité pour les règles et exemptions qui ont accompagné cette démonétisation d’avoir permis à certains propriétaires d’argent noir de blanchir leurs réserves. C’est pourquoi Modi choisit maintenant de présenter la démonétisation comme un moyen d’encourager le développement d’une société sans espèces.

Et pourtant, l’idée d’une guerre contre le capital non-déclaré reste centrale à la démonétisation, ce qui signifie que Modi devra trouver d’autres manières de poursuivre son agenda. Le gouvernement a déjà commencé à faire des perquisitions chez des individus soupçonnés d’avoir dissimulé des actifs autres que des espèces, comme par exemple de l’or.  

Beaucoup s’inquiètent de voir les perquisitions redevenir chose fréquente, ce qui a poussé le gouvernement à tenter d’apaiser la situation en clarifiant, entre autres, que rien ne se passerait si « les réserves d’or des individus se limitent à 500 grammes d’or par femme mariée, 250 grammes par femme non-mariée et 100 grammes par homme ». Il a également ajouté que les bijoux ne feraient l’objet d’aucune limitation, si tant est qu’ils proviennent d’un héritage. L’agent en charge d’une perquisition a « la possibilité, à sa seule discrétion, de ne pas saisir une quantité plus importante encore de bijoux ».

Cela signifie, malheureusement, que les agents fiscaux de l’Inde ont gagné la loterie. Lors d’une perquisition, ils peuvent décider de confisquer, ou non, les réserves d’or d’une famille. Les Indiens possèdent de très importantes réserves d’or – estimées à 20.000 tonnes, dont une majeure partie a été héritée. Les lois qui s’appliquent aux mandats de perquisition simple sont différentes, mais très peu le savent. Plutôt que de faire le ménage en matière de gestion fiscale, le gouvernement a offert aux agents de perquisition plus de pouvoir qu’ils n’en ont eu depuis des décennies. Les riches paieront le nécessaire pour qu’on les laisse en paix, les autres souffriront

Les riches s’en sortent, les autres souffrent

La dernière phrase de l’article précédent en dit long sur ce qui se passe aujourd’hui : « Les riches paieront le nécessaire pour qu’on les laisse en paix, les autres souffriront ».

Les preuves dont nous disposons poussent à croire que ceux qui ont des contacts politiques, ainsi que leurs amis, ont été avertis de ces mesures. Tous les autres se sont retrouvés coincés.

Les perquisitions d’or renforcent la guerre que mène le gouvernement indien contre les espèces. Et ce genre d’actions finira ultimement par faire grimper la demande en or.

Qu’arrivera-t-il ensuite ?

Je ne cesse jamais de me demander ce qui arrivera ensuite. Certains prétendent le savoir. J’admets être dans le noir. Je suis sûr que nous avançons vers une crise des devises, mais suis incapable de déterminer quand elle se présentera. Et la liste des candidats potentiels ne cesse plus de se rallonger.

Je me suis principalement penché sur le Japon, la Chine et l’Union européenne. L’Inde m’a pris par surprise, mais s’intègre dans ma théorie générale selon laquelle une goutte inattendue viendra bientôt faire déborder le vase, ailleurs qu’aux Etats-Unis.

Les décisions des Etats-Unis pourraient déclencher une crise des devises, mais je suis d’avis qu’une crise frappera d’abord un autre pays. Si je ne me trompe pas, l’or représentera de nouveau une valeur refuge dans toutes les devises, et principalement dans celle qui se trouvera à l’épicentre de la crise.

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-l-inde-confisque-l-or-et-les-bijoux-de-ses-citoyens.aspx?article=9745608172H11690&redirect=false&contributor=Mish.

Précisions 

Les articles parlant de confiscation d’or en Inde relaient principalement le papier de Mike Shedlock qui, malheureusement, ne relate pas les faits tels qu’ils sont sur cette affaire. Voici, en bref, ce qu’il en est vraiment :

  • L’acquisition d’or avec de « l’argent sale », et de tout bien avec des moyens illicites, est illégale. À ce titre, les services du fisc indien ont le droit de saisir de l’or qui a été acquis de façon illicite… Comme ce serait le cas avec une voiture, une maison, etc. Cela est d’ailleurs valable dans tous les pays du monde.
  • Néanmoins, le gouvernement indien accepte de ne pas questionner la possession d’or jusqu’à une certaine quantité : 500 g d’or pour les femmes mariées, 250 g pour les femmes non mariées et 100 g pour les hommes. Un couple peut donc posséder 600 grammes sans avoir à se justifier. On serait heureux d’en posséder autant avec ma femme !
  • Les dispositions des points 1 et 2 sont en fait en vigueur depuis… le 11 mai 1994, et la circulaire CBTD 1916 (source + voir ci-dessous les dispositions).

The Economic Times of India rapporte que l’amendement, qui est actuellement proposé à cette loi, vise simplement à durcir les pénalités que devront payer les possesseurs d’or qui sont incapables de justifier la façon dont ils ont fait l’acquisition du métal (revenus, héritage, mariage, etc.). Il n’y a pas de plafond à la quantité d’or que l’on peut posséder pour autant que la provenance puisse être justifiée. Arun Jaitley, ministre des Finances indien, l’a confirmé sur Twitter :

Il est probable que les perquisitions se multiplient dans les semaines à venir afin de tenter de mettre la main sur les billets de 500 et de 1000 roupies qui ont été échangés, dans la panique, le dernier jour de leur validité, et au prix fort, contre de l’or (ou même de l’argent métal). Il est probable que l’arbitraire et les abus soient légion dans un pays où la corruption est un sport national. Mais ce genre d’opération a déjà eu lieu dans le passé. Dans ce cas, il s’agit bien de lutte contre la fraude, et pas de guerre spécifique contre l’or. Car dans un pays où la thésaurisation se fait majoritairement en métal jaune, il est somme toute logique de regarder de près les avoirs en or de tout individu lorsqu’on procède à son contrôle fiscal…

http://or-argent.eu/confiscation-de-lor-en-inde-une-tempete-dans-un-verre-deau/

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EN BANDE SON : 

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