Douce France

Douce France : Aujourd’hui Dimanche c’est Jour d’ Election…On devrait en faire plus souvent ! Par Bruno Bertez

C’est jour d’élection. Un jour scélérat qui fait dépendre les orientations d’un pays, d’un « coup », d’un coup comme on dit d’un coup de Bourse. Le Français se demande: ai-je misé sur le bon cheval?

Le résultat n’est pas si important qu’il y parait.

La France va changer de régime politique. Si on tient compte des abstentions le futur Président n’aura que 16 à 18% de soutien dans la population. Il n’aura été le choix positif, le choix d’adhésion que de moins d’un Français sur cinq. Et encore car on vu la persistance  de la volatilité/fluidité  tout au long de la campagne.

La défiance domine.

Dans le baromètre CEVIPOF, 88% des Français « estiment que les politiques ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux ».

Le bien commun de ceux qui votent, la classe politique s’en fiche, elle a un agenda.  Et surtout sa légitimité ou mieux, les moyens de sa légitimité, elle les tire d’ailleurs, on l’ a vu très clairement aussi bien avec Fillon qu’avec  Macron. Ils dissimulent à peine  leurs sponsors.

Autant dire que le lien qui va unir le vainqueur aux Français, celui qui est à la base principielle de la construction de la Cinquième république, n’existera pas, dès le premier jour.

Il n’existera pas quantitativement vu la faiblesse des scores et il n’existera pas qualitativement.

Les citoyens n’adhèrent pas, voila ce que l’on ne répète pas assez; donc si ils n’adhèrent pas ils ne transmettent pas les impulsions, ils ne s’articulent pas avec le pouvoir en  place, celui ci tourne à vide, même avec la force/propagande  dont il fait pourtant grand usage. Le pouvoir pousse sur une corde comme l’on dit en langage de l’économie.

A force de désarticuler le langage, les causes et les effets, le pouvoir tourne à vide.  C’est ce qui me semble le plus important. Le président dit: « ils ne sont pas contents? Et alors? » et les Français répondent comme en écho « il voudrait que l’on fasse cela ? Oui et après? » .

Le processus politique et les joutes électorales procèdent de la « disjonction »  comme pour les valeurs boursières: cela vaut ce dit le marché et non ce que pointe la référence à la réalité. Mélenchon a commencé à progresser quand il s’est affranchi du poids du réel et qu’il a accepté d’entrer dans l’utopie. Là, alors, on l’a trouvé bon!

  • Comment faire passer les prédations fiscales pour autre chose que ce qu’elles sont, des prédations démagogiques, si les dirigeants eux même trichent?
  • Comment  rallier à la solidarité si celle ci est perçue comme un pillage, comme  un tonneau des danaïdes a géométrie variable en fonction des élections, des ingérences de Merkel,  de Bruxelles et de l’ONU?
  • Comment faire croire aux gens qu’ils ont un lien avec leur pays une dette et  même temps s’acharner à détruire ce lien par la négation des valeurs, du passé, de l’héritage, du capital accumulé au fil des siècles.

Au fond de lui même le citoyen sait , sans que qui que ce soit ose le formuler que les hommes politiques sont impuissants.

Ce sont des impuissants qui jouent , qui mettent en scène la comédie de la puissance;  ce qui explique d’ailleurs souvent leurs rapports aux femmes.  Ils se rassurent et en  donnent le spectacle. Comme si…

L’exercice du pouvoir est un exercice tragique , il se situe dans la Nécessité, c’est une lutte contre le destin et ils nous offrent le drame pour midinettes sur des scooters et les tailleurs en tiers payants.

Le monde est devenu trop complexe pour eux. Les contraintes bien souvent mises en place par ceux-la même qui en sont victimes, les contraintes sont devenues trop nombreuses, trop fortes et surtout trop contradictoires. Notre époque est gouvernée par les prix à payer et leur négation, le repas gratuit, le free lunch.

Les pouvoirs sont pris dans un maillage. L’incapacité à voir clair, à agir, à réussir, conduit à se préoccuper de tout,  comme la couleur des cages d’ascenseur de Rocard et surtout à tout miser sur la Com, la logorrhée, la chiasse verbale, les bons mots, les petites phrases médailles.

Quand il a été interrogé lors du dernier débat sur l’attentat, Macron n’a rien eu à dire, il a bredouillé des phrases creuses, dont a émergé, comme autant de cheveux sur la soupe le mot-refrain: protéger.

La fuite dans la Com et la création d’images est la manifestation de l’impuissance, ne l’oubliez jamais.

Comment former une majorité parlementaire dans pareilles circonstances? Comment former une majorité quand on s’est acharné à briser tout ce qui unit?

L’alternance est impossible faute de repères. Il faut un totem pour croire, pour être ensemble. Tout s’est écroulé, à force de détruire, de brouiller, tout est éclaté, disloqué. La déliquescence a été voulue comme un choix d’apprentis sorciers qui ont pu croire prospérer ou sauver leur peau politique sur cet émiettement de l’espace politique. La tactique du chaos a été voulue, érigée en guide d’action.

L’éxécutif sera faible, il aura les épaules à terre dès le premier jour.

L’éxécutif appartiendra au monde la séduction, pas au monde de la production, au monde du « dire », pas au monde du « faire ». Ce sera une sorte d’enfant-roi à l’image de tous ces bobos dont on nous donne le spectacle comme si ils étaient des modèles! Le bobo n’existe que parce d’autres se coltinent le poids de la réalité.

  • Comment résister aux puissances d’argent?
  • Comment résister aux ingérences de Bruxelles?
  • Comment arbitrer entre le présent et l’avenir?
  • Comment arbitrer entre des besoins et des impératifs tous pressants?
  • Comment faire autre chose que de la cosmétique sécuritaire dans ces conditions?

On , le « On » suprême a dynamité les boussoles politiques, sociales, sociétales et surtout morales. Hélas on ne construit rien sur le cynisme.

Pas de parti politique dominant, pas de courant positif autour duquel se grouper, pas de figure prestigieuse autour de laquelle se rassembler.

Les élections sont,   seront celles du désancrage.

Des élections « bonneteau », sorties d’un chapeau , sous produits d’une activité de casino médiatique comme le disait Keynes de l’économie et qu’il faut maintenant appliquer à la politique. Car Cheminade que l’on ri a raison: ce qui fait le jeu de la carte, dans la partie qui s’engage, c’est le mort, l’argent mort, pas le productif, comme au bridge. Ce qui fait la logique du jeu de la carte, c’est ce que l’on ne voit pas.

On ne fait pas une majorité avec des ralliés et encore moins avec des « amis qui vous veulent du mal ». Quel que soit le cas de figure , la majorité qui sortira des urnes des législatives sera de circonstance, de bric et de broc, elle éclatera à la première épreuve sérieuse. Elle traduira l’émiettement du consensus national, la destruction du ciment qui devrait nous unir sur l’essentiel. .

Gardez ceci présent à l’esprit car certes, les situations de fait diffèrent selon les époques, mais les problèmes humains, politiques, sociaux, moraux sont éternels. Les formes sont un éternel recommencement alors même que les contenus diffèrent.

C’est sur ces bases que je prétends être ce que l’on appelle un « conservateur ».

Je prétends être un conservateur en ce sens que je soutiens que c’est la société civile qui doit produire le progrès, la marche en avant et non une poignée de Nomenklaturiste qui tire sa fausse légitimité de son habileté à séduire et tromper. Qui tire sa légitimité de sa capacité à imposer par un argent tombé du ciel un slogan creux.

Le mouvement de la société dès lors qu’il vient d’en bas produit son propre consensus car il s’élabore par la confrontation pacifique, concrète, quotidienne entre les hommes, les femmes, de tous ages et de toute confession; c’est un optimum qui, ainsi s’élabore.

Ce qui vient d’en haut ne peut être qu’imposé, ce qui vient d’en haut suppose l’existence d’un maître et donc par glissement suppose l’usage de la violence sociale.

Ce qui vient d’en haut suppose des sujets censés « savoir », des sujets qui, ayant l’illusion de détenir le savoir en tirent la conclusion qu’ils peuvent l’imposer.

Il n’y a que des faux prophètes, sachez le!

  • Qui a été prophète dans la construction de cette Europe disloquée, qui monte les peuples et les classes sociales les uns contre les autres?
  • Qui a été prophète dans cette construction abracadabrantesque d’une monnaie, d’un euro mort né pour lequel les peuples doivent se suicider?
  • Qui a été prophète de cette inversion historique qui fait que les hommes soient maintenant sacrifiés aux institutions au lieu que les institutions soient au service des hommes?
  • Qui a été prophète de cette constitution d’une colossale bureaucratie irresponsable, plus exploiteuse que le Capital avec qui elle a fait alliance , profiteuse, cancéreuse, qui produit les métastases de 32 000 lobbyistes corrupteurs?

La catégorie du politique est belle, noble, mais elle est dévoyée.

Personne ne s’étonne du discrédit jeté sur la classe politique. Personne ne proteste quand elle est décriée, tant l’évidence de son caractère méprisable s’impose à tous.

Cette classe dans sa forme la plus pervertie, prétend détenir la vérité, mais elle est obligée de mentir, de dissimuler les raisons de ses actions. Elle est obligée d’enfumer. Et quand elle n’y parvient pas, elle bannit, elle excommunie, elle rejette hors du champ démocratique.

Qui ne voit que la discussion et la confrontation des idées a été remplacée par le bannissement et le goulag social. Les médias ont glissé, ce sont des camps virtuels de rééducation des déviants en attendant les camps de concentration de la rébellion. Déjà ceux qui refusent ont des étiquettes politiques sur lesquelles on peut lire « hors jeu ».

La vérité. Personne ne détient cette vérité; elle existe mais elle est toujours à découvrir, à mettre en question, à dépasser.

Le modernisme est une idéologie. Elle a remplacé les idéologies politiques plus « hard », plus dures, plus faciles à démasquer. Mais prétendre sans examen que tout ce qui est moderne est par évidence mieux que ce qui est ancien, sans accepter la discussion et surtout en faisant taire les critiques, c’est une forme de totalitarisme.

Le totalitarisme « soft », est plus grave que le totalitarisme classique, dur, « hard » car il traverse le sujet, il le constitue, il le rend étranger à lui même, en un mot il prend possession de son esprit.

BRUNO BERTEZ 

EN BANDE SON :  

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