Aristote contre Platon

Nous sommes  dans un monde d’inversion ! Par Bruno Bertez

On part de l’imaginaire pour construire le Réel, on part de l’Idée pour produire le Monde. C’est le contraire d’une démarche qui serait scientifique. C’est une démarche quasi religieuse.

La connaissance n’est plus un  reflet adéquat de la réalité qu’il faut déchiffrer et transformer, non, la « connaissance » , impose son reflet au monde! Le monde devient une projection de l’esprit, une ombre portée de l’idéologie. Nous sommes revenu au bon vieux temps du spiritualisme, de l’idéalisme de l’ Evèque Berkeley et cela marche! Cela marche non pas pour transformer le monde, mais pour gérer les individus qui le composent.

Cela marche parce que tout est devenu compliqué, parce que l’homme de la rue n’y comprend plus rien, il a perdu le rapport au monde avec son aliénation dans les images, les discours, les narratives, les mondes virtuels et bien sûr les  propagandes qu’on lui sert à longueur de journée.

La disparition dans nos pays des productions concrètes, industrielles, manufacturières, prolétariennes, par les délocalisations a changé notre rapport au monde. Notre rapport premier est devenu un rapport de consommation/distraction  et non plus un rapport de production.

Nous vivons dans  et sur des  nuages. Nous avons séparé les ombres des corps, nous avons éliminé la pesanteur. Nous avons tous fait le Pacte Faustien. Sacrifié la référence  au vrai, à la morale, au principe de réalité  pour accéder à l’abondance matérielle.

Quand on a coupé/séparé la monnaie de sa contrepartie concrète, de  l’or, de la valeur travail et que l’on a délocalisé les productions  ailleurs, alors on a construit un autre monde un monde imaginaire. On est entré de plein pied dans la bouteille, dans la névrose. La névrose, ici, pointant un discours inadapté, inadéquat, biaisé sur le monde.

Nos élites nous imposent un imaginaire dans le piège duquel, ils tombent eux même. Finalement le monde moderne n’est qu’une illusion n’est ce pas et le monde matériel n’existe que dans notre esprit, comme dans un rêve. La conscience est un principe premier par rapport au monde extérieur, elle est irréductible, inexplicable, parfaite , surtout celle des élites bien sur. Le monde est un monde de perceptions et le pouvoir de ces élites qui gèrent l’imaginaire de la conscience est infaillible. Cela ne vous rappelle rien? Il y a ceux qui savent, les initiés;  et il y a ceux qui, ne sachant pas, doivent croire, sinon ce sont des barbares, des ringards, des populistes. Des moins que rien qui n’ont pas le droit à la parole.

Nommer c’est produire, c’est créer le monde n’est ce pas Macron?

Le monde du spiritualisme, de l’idéalisme ou tout est suspendu dans les  airs sans ancrage dans le réel est le monde de  l’authentique servitude des uns au service du pouvoir des autres.

C’est en fait le monde apologétique du système qui, en tant que discours organisé théologique, médiatique , ou littéraire consiste  à défendre de façon, en apparence cohérente une position, un ordre social, une action des dirigeants et autres dominants.

Dans ce monde, les signes prennent valeur, gagnent en force grâce aux grands prêtres qui les déchiffrent, au détriment de la réalité dont le poids est nié, dont l’existence même est forclose.

C’est le monde des pouvoirs, des banquiers centraux, des politiciens, des fonctionnaires,  des financiers, des médiacrates qui planent, qui lévitent  et qui causent pendant que les autres, gilets jaunes par exemple se coltinent le réel, en portent le poids.

C’est le monde ou l’argent s’auto-reproduit, s’auto-inflate , s’auto-engrosse, ou les fortunes explosent tandis que le peuple   s’appauvrit. C’est le monde ou pour sauver la planète on rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres.

Le monde des marchés est un monde magique ou la valeur n’existe pas en elle même dans les biens, dans les marchandises , dans les contrats, dans les actifs et les passifs, non c’est un monde ou tout se joue dans la tête, dans l’oeil. Dans le désir. Tout se joue dans les perceptions.

C’est un  monde de démiurges, d’apprentis sorciers. Quand on sépare le réel de ses représentations alors les représentations sont libérées, elles deviennent disponibles pour être manipulées par d’autres.

BRUNO BERTEZ

EN BANDE SON :

4 réponses »

  1. Merci pour cet article.
    Temps de Sade aussi (en adaptant l’analyse d’Annie Le Brun) où l’imaginaire est la force motrice et dévastatrice (l’auteur défendu par elle).
    « La disparition dans nos pays des productions concrètes, industrielles, manufacturières, prolétariennes, par les délocalisations a changé notre rapport au monde. »
    Ajoutant clairement la disparition du monde agraire, voire, en remontant plus encore dans le temps, du monde primitif (cueilleurs-chasseurs).
    Où le dit progrès creuse notre tombe ?

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  2. J’oubliais : tombe aujourd’hui creusée à coups de pelleteuse sous IA balbutiante, demain le fossoyeur sera soi-même auto-téléguidé bio-technologisé, et préparant bêêêlement (de plaisir) son auto-compost

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  3. En direct de la 4eme dimension une belle brochette d’hallucinés porte paroles vides de sens
    têtes a claque, paumés du petit matin grandes gueules de bois
    La macronie perdue dans l’espace intersidéral du néant

    enjoy:

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