1984

Article du Jour : Maffesoli : Macron ventriloque de la farce masquée / Du bal masqué à la danse macabre

Le poème quelque peu apocalyptique de Lord Byron : Darkness, peut nous aider à comprendre un monde où le chaos tend à prévaloir. En effet, l’empire des ténèbres se répand un peu partout. Et les protagonistes essentiels en sont ceux qui se réclament de la philosophie des Lumières. Ceux qui font la loi. Ceux qui d’une manière hypocrite ne veulent pas reconnaître les conditions troubles de la loi qu’ils imposent en promouvant les défilés de masques, qui outre le caractère ridicule de ces accoutrements, sont l’expression par excellence d’une mise en scène on ne peut plus fallacieuse.

Mascarade et empire des ténèbres

Oui, la mascarade généralisée est bien la cause et l’effet d’un empire des ténèbres se généralisant. Mais l’apocalypse n’a pas seulement le sens péjoratif que lui donnent généralement les collapsologues de tous poils. C’est, ne l’oublions pas, stricto sensu, une révélation de ce qui est en train de s’achever et du coup, de ce qui également, émerge. Ce qui est en train de cesser, c’est l’organisation rationnelle d’une société progressiste. Et ce qui émerge, c’est sa caricature : « la société du spectacle » (Guy Debord).

Il est une phrase bien connue du vieux K. Marx qui garde une étonnante pertinence : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ».

C’est bien cette farce qui prospère et qui s’exprime dans les lieux communs de l’époque agonisante. Lieux communs répétés, ad nauseam, par les sophistes du moment. Mais lieux communs répétés maladroitement et sur un ton emphatique et n’arrivant plus à cacher l’aspect simpliste et sans profondeur des propos officiels. Ce sont des poncifs hypocrites, de ceux n’ayant aucune assise et n’étant amarrés à rien.

Stratégie de la peur et gouvernement de la terreur

Poncif d’une élite en perdition qui, pour perdurer met en scène une stratégie de la peur réclamant l’obéissance en faisant trembler. En la matière en agitant le fantasme d’une « pandémie » dont de nombreux scientifiques soulignent l’inanité, mais qui justifient un gouvernement de la terreur. Ce qui d’antique mémoire est le plus sûr moyen d’infantiliser puis de soumettre le peuple. Ce que résume bien Machiavel en rappelant que « celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes ».

La mascarade généralisée est bien le moyen contemporain de contrôler la peur et, par là, sinon d’empêcher du moins de minimiser la résistance qui semble de plus en plus prête à s’exprimer. Mais revenons à cette dialogie entre le tragique et la farce.

Souvenons-nous ici du « larvatus prodeo » de Descartes. Il avance masqué par prudence. Pour éviter de donner prise aux tenants du pouvoir contrôlant la pensée et donc l’âme collective, c’est en étant masqué qu’il put élaborer ces écrits qui servirent de fondement à la Modernité qui s’amorçait. Le « doute » et la raison souveraine seront d’utiles et on ne peut plus efficaces instruments pour lutter contre les dogmatismes dominants et ce dans la vie politique comme dans le domaine intellectuel.

Mais progressivement ce masque ne favorise plus la résistance. Bien au contraire il sert de protection à une bureaucratie voulant à tout prix maintenir son pouvoir et qui, gauche et droite confondues, se sent perdue quand elle ne trouve pas à portée de main ses charentaises et les lieux communs de la bienpensance qui l’accompagnent. Le masque étant pour elle le moyen d’assurer et d’assumer ce que Pascal nomme, judicieusement, le divertissement. La facinatio nugacitalis, cette fascination du frivole ou enchantement de la bagatelle.

Théâtrocratie et tartufferie

L’époque s’achevant, il est dans la logique des choses que le tragique devienne farce : la société du spectacle à son apogée. Platon en parlant de « théâtrocratie » souligne bien que ceux qu’il nomme « les montreurs de marionnettes », n’ayant pas un véritable savoir, mais sophistes utilisant une rhétorique abstraite pour manipuler le tout venant.

Le spectacle politique a maintenant atteint son apogée. Un président de la République, structurellement « théâtreux », exemple achevé d’une tartufferie dont tous les mots d’ordre sont ventriloques. Mais il a fait école. Et tel ministre passe sans coup férir d’une émission à la vulgarité affichée au ministère de la Culture. Malraux doit se retourner dans sa tombe !

Le cinéaste Cl. Lelouch, quant à lui souligne qu’avec Dupont-Moretti il perd un « acteur formidable ». C’est tout dire. La loi sur la mascarade est entre de bonnes mains. La Justice devient une clownerie dont on n’a pas fini de voir les désastreuses conséquences.

Intéressant également de noter dans la presse, les radios et même à l’université que c’est la parodie qui tient le haut du pavé. Les billets d’humeur (d’humour ?), la comédie sont les garants du succès et par exemple chaque radio paye à prix d’or le clown qui va, dans la matinale, assurer son audience.

Depuis ce qui se nomme la « nouvelle philosophie », c’est une pensée du « show-biz » qui donne ses lettres de noblesse à une société du spectacle lisse et complètement aseptisée. Dans les domaines de la politique, de la presse, de la connaissance, le « people » a remplacé le peuple. Confusion révélatrice d’une indéniable décadence en appelant à une renaissance insurrectionnelle.

Vers une société du spectacle et de la surveillance généralisée

Guy Debord avait bien, prophétiquement, analysé un tel processus. « Un financier va chanter, un avocat va se faire indicateur de police, un boulanger va exposer ses préférences littéraires, un acteur va gouverner » (Commentaires sur la société du spectacle). C’est bien cela qui conduit à se laisser emporter par les engouements du jour en oubliant la riche complexité de la vie quotidienne. La mascarade généralisée n’est que la suite logique d’un monde où le « divertissement » tel que l’a bien analysé Pascal fait florès !

Dans son livre La bureaucratie céleste, l’historien de la Chine antique, Etienne Balazs, souligne la prédominance des eunuques dans l’organisation de l’Empire. Ne pouvant procréer ils élaborent une conception du monde dans laquelle un ordre abstrait et totalement désincarné prédomine. L’élément essentiel étant la surveillance généralisée. En utilisant, d’une manière métaphorique cet exemple historique, on peut souligner que la mascarade en cours est promue par la « bureaucratie céleste » contemporaine dont l’ambition est stricto sensu d’engendrer une société aseptisée dans laquelle tout serait, censément, sous contrôle. Et en reprenant la robuste expression de Joseph de Maistre, c’est toute « la canaille mondaine » qui sans coup férir s’emploie non pas à faire des enfants, mais à infantiliser la société : il faut en effet noter que pas un parti politique n’a osé s’élever contre le port du masque généralisé.

Ce qui montre bien, endogamie oblige, que c’est la classe politique en son ensemble, aidée par des médias aux ordres et soutenue par des « experts » soumis, qui est génératrice d’un spectacle lisse et sans aspérités. Mais l’hystérie hygiéniste, le terrorisme sanitaire, ne sont pas sans danger. Car c’est lorsqu’on ne sait pas affronter le mal que celui-ci se venge en devenant en son sens strict pervers : per via, il prend les voies détournées s’offrant à lui.

Inévitable réaction bestiale de la société

C’est en niant notre animalité que l’on voit resurgir une bestialité immaîtrisée. J’avais en son temps rappelé cela en soulignant, avant que ce terme ne soit employé d’une manière lancinante et non pensée, que c’est l’aseptie qui aboutit à un « ensauvagement du monde »[1] dont on observe quotidiennement des exemples à foison. Et ce sont les gardiens de l’hygiénisme en cours qui doivent être tenus pour responsables des débordements plus ou moins violents appelés à se généraliser.

Ce qui est certain, c’est que contre un totalitarisme, plus ou moins « doux », en train de se généraliser, on peut s’attendre à l’émergence d’une multiplicité de révoltes. Alors je « j’avance masqué » de Descartes retrouvera sa fonction originelle : favoriser la résistance contre des élites dont la faillite est maintenant reconnue par tous. Ainsi le masque prévu pour la soumission par la bureaucratie, en une curieuse hétérotélie, c’est à dire avec un but autre que celui qui était prévu, va devenir un moyen de subvertir l’hypocrisie poisseuse de cette bureaucratie. On peut dès lors se demander si le masque prenant le contre-pied de l’infantilisation voulue ne permettra pas l’émergence d’une nouvelle « ère des soulèvements ».

Soulèvements contre l’économicisme, contre la Foi Progressiste, et contre l’adoration servile de l’argent et de la valeur travail. Paradoxe amusant, faisant du masque une arme efficace pour imposer le retour d’un étalon spirituel comme impérieux moyen de restaurer l’échange, le partage et la solidarité, comme éthique (ethos) de base de tout être-ensemble authentique.

[1] Michel Maffesoli, Sarkologie, pourquoi tant de haine(s) ? , Albin Michel, 2011, p. 147

“Du bal masqué à la danse macabre”Michel Maffesoli:

Covid-19

Et si la gestion répressive de la crise sanitaire n’avait eu pour but que d’assurer la mainmise des gouvernants sur les masses, afin de broyer dans l’œuf les révoltes populaires en voie de gestation, comme dans une danse macabre ? Telle est la thèse de Michel Maffesoli.


Un monde entièrement stérilisé, promouvoir une vie sans microbe, ce qui, bien entendu, induit la nécessité de se laver les mains le plus souvent possible, de développer les gestes barrière et la distanciation sociale, le tout selon l’injonction connue : « pour votre protection » voilà bien l’objectif de l’oligarchie au pouvoir et de sa macabre fantasmagorie !

Répétées sur un ton macabre et ad nauseam, de telles recommandations et autres impératifs catégoriques de la même eau, soulignent bien ce qu’est, en vérité, la société de contrôle qui risque de s’imposer à tous et à tout un chacun. Qui risque, car à l’encontre de ce que croient les esprits chagrins, le pire n’est pas certain.

La domination médiatique.

Le danger cependant est bien réel. Les protagonistes de la domination médiatique s’emploient, de par le pouvoir qu’ils détiennent, à convaincre que les règles, préparant une telle aseptie de l’existence, généralisée, soient acceptées, voire intériorisées, ce qui rend bien difficile la rébellion contre le totalitarisme en train d’émerger.

Ces tenants du pouvoir médiatique, perroquets de l’oligarchie politique, déversent, sans aucune vergogne un Niagara de vérités approximatives et divers lieux communs afin de justifier le port du masque, le confinement et autres préconisations vaines, qui, semblables aux agents pathogènes d’une authentique pandémie, tendent à contaminer, de proche en proche, une multiplicité de gogos trouvant dans la mascarade généralisée une manière de donner du sens à une vie en étant de plus en plus dépourvue.

Songeons à cet égard à ce que Max Scheler (Nature et formes de la sympathie) nommait, fort simplement, les processus de la « contamination affective ». Plus proche de nous, Jean Baudrillard a longuement développé les puissants et inéluctables mécanismes de la « viralité ».

La dictature de l’argent.

Ces contaminations, cette viralité sont utilisées pour maintenir voire consolider la dictature de l’argent, réduisant l’homme « animal politique » à l’animal économique. C’est cela que le système s’emploie à générer. Et ce pour durer encore un moment. Pour survivre. Et cela le pousse à mettre en place une réglementation de plus en plus minutieuse, de plus en plus stricte. Au nom toujours de la protection des populations. Big Brother, le Grand Frère, veille sur la santé de tous !

Le déterminisme économique de l’oligarchie au pouvoir la conduisant, paradoxalement, à susciter une crise économique de grande ampleur. Mais le paradoxe n’est qu’apparent, car l’objectif d’une telle crise, est, en réalité, de susciter une domestication stricte des masses. On en donnera pour exemple le sort cruel et peu médiatisé réservé à tous les métiers de « l’anormalité » : prostitution, travail au noir, échange de services voire mendicité. Ceux-là ne mourront peut-être pas du virus, mais de faim et de misère.

L’objectif d’une telle crise, est, en réalité, de susciter une domestication stricte des masses.

Car aucune des mesures prises par un État soudain très généreux ne leur est destinée. Seuls les participants au « contrat social » bénéficient de la protection sociale, fondée sur les réflexes de peur et de repli.

Cette stratégie de la peur est on ne peut plus perverse. Perverse, car en son sens étymologique, per via (par voie détournée) : par la crainte du chômage, de l’appauvrissement, des traites en cours à payer, le système poursuit inexorablement son objectif essentiel : mettre au pas un peuple toujours prompt à se rebeller. Assujettissement urgent, car on voit, un peu partout de par le monde, la « révolte des masses » (Ortega y Gasset) revenir à l’ordre du jour.

La mascarade généralisée.

La voix de l’instinct populaire devient de plus en plus tonitruante quand l’on pressent, plus ou moins confusément, que le fondement de toute démocratie authentique, à savoir la puissance du peuple, puissance instituante, n’est plus prise en compte par le pouvoir institué, c’est-à-dire par le pouvoir d’une élite en perdition.

C’est pour contrer une telle rébellion instinctuelle que l’oligarchie utilise les habituels outils de la politique : tactique et stratégie. Tactique à court terme : mascarade généralisée, mise à distance de l’autre, imposition des précautions de divers ordres, interdiction des rassemblements et manifestations de rue. Stratégie sur le long terme : isolement de chaque individu, uniformisation galopante, infantilisation de plus en plus importante. Et ce, afin de conforter un pouvoir on ne peut plus abstrait. C’est toujours ainsi que celui-ci a procédé : diviser pour mieux régner.

Comment peut-on vivre une telle « réalité » en avançant masqué, en maintenant une barrière entre l’autre et moi, en refusant les câlins propres à cet « Ordo amoris » qu’est toute vie sociale ?

Abstraction du pouvoir, car ainsi que le savent les plus lucides observateurs sociaux, c’est le primum relationis, la relation essentielle qui constitue le vrai réel de l’humaine nature. Ainsi que l’indique Hannah Arendt, « c’est la présence des autres, voyant ce que nous voyons, entendant ce que nous entendons, qui nous assure de la réalité du monde », qui conforte notre propre réalité.

Comment peut-on vivre une telle « réalité » en avançant masqué, en maintenant une barrière entre l’autre et moi, en refusant les câlins propres à cet « Ordo amoris » qu’est toute vie sociale ? Mais cette tactique et cette stratégie du pouvoir oligarchique s’emploient dans un monde apparemment non totalitaire à préparer à une réelle domination totalitaire. Et c’est bien un tel totalitarisme qui est l’objectif ultime et intime d’un État de plus en plus obèse.

Le « spectaculaire intégré » de Guy Debord.

Puis-je rappeler ici la lucide analyse de Guy Debord dans ses Commentaires sur la société du spectacle. Il montrait que les deux formes du spectaculaire : concentrée (nazisme, stalinisme) et diffuse (libéralisme) aboutissaient immanquablement à un « spectaculaire intégré ». Celui du pouvoir médiatique, celui de la technocratie et des divers experts leur servant la soupe. Le tout, bien sûr, s’appuyant sur une Science tout à fait désincarnée, science n’étant plus qu’une industrie soit-disant scientifique. Ce qui donne une nouvelle Caste, celle des scientistes qui sont avant tout ce que l’on peut appeler « des savants de commerce » ou représentants de commerce, légitimant l’oligarchie en lui fournissant , en bons commerciaux,  les arguments, les éléments de langage et divers poncifs servant à endormir le bon peuple au moyen de leurs solennelles futilités .

C’est bien cela l’essence du totalitarisme en train de s’élaborer. Non seulement maintenir la distance entre l’élite et le peuple, mais également imposer une distanciation entre les membres de ce dernier.

Politiques, journalistes, experts, toujours entre-soi et constituant, pour reprendre une prémonitoire remarque de Guy de Maupassant, « une société délicate, une société d’élite, une société fine et maniérée qui, d’ordinaire, a des nausées devant le peuple qui peine et sent la fatigue » (La Vie errante). Nausée devant un peuple sentant mauvais et qu’il faut donc, de ce fait, tenir à distance. C’est bien cela l’essence du totalitarisme en train de s’élaborer. Non seulement maintenir la distance entre l’élite et le peuple, mais également imposer une distanciation entre les membres de ce dernier.

La reconnaissance de l’autre.

Distanciation sociale, gestes barrière aidant, ayant pour seul objectif d’assurer la mainmise sur un peuple toujours potentiellement dangereux. Il y a en effet, une étroite relation entre la violence totalitaire, celle de la technocratie et l’idéologie du service public, la bureaucratie. Celle-ci ne sert nullement le peuple, mais met le peuple à son service. Analysant le rapport tétanique existant entre technocratie et bureaucratie j’avais en son temps parlé d’un « totalitarisme doux » (La Violence totalitaire, 1979). J’aurais pu également dire « totalitarisme intégré ».

Intégré par tous ces « imbéciles » hantant tels des zombies masqués les rues de nos villes. Imbéciles, stricto sensu, ceux qui marchent sans bâton (bacillus), ces bâtons que sont le discernement et le bon sens. Comment, étant masqué peut-on connaître ou reconnaître l’autre, c’est-à-dire, en son sens fort, naître avec (cum nascere) ou connaître (cum nocere) avec cet autre, ce qui est le b.a.-ba de tout être ensemble.

La mascarade généralisée, la distanciation clamée à temps et à contretemps, voilà les armes principales du Big Brother étatiste.

La mascarade généralisée, la distanciation clamée à temps et à contretemps, voilà les armes principales du Big Brother étatiste, qui en aseptisant à outrance suscite un climat irrespirable, où à court terme, il ne sera plus possible de vivre. De vivre, tout simplement en syntonie avec la parentèle, les amis, les voisins, les proches et les lointains déterminant l’habitus, ces principes pratiques, qui selon St Thomas d’Aquin fondent toute vie sociale.

Le totalitarisme si doux soit-il, au travers des injonctions dont il vient d’être question a la prétention (l’ambition ?) de dénier le mal, le dysfonctionnement ou même le transhumanisme aidant l’idée de finitude et de mort.

Apprendre à mourir.

Les principes pratiques de l’habitus, bien au contraire s’emploient à dénier la mort, mais à s’ajuster, à s’accommoder, tant bien que mal avec elle. Et pourquoi cela ? Tout simplement parce que cette accommodation, qui est une aptitude à s’adapter à ce qui est, est le fondement même de l’expérience ordinaire et du savoir incorporé qui en est issu. En bref la sagesse populaire, que les élites arrogantes nomment populisme, sait que la tâche de l’espèce humaine est d’apprendre à mourir. Tâche qui concerne tout à la fois l’être individuel et l’être collectif. Tâche qui fait la grandeur de l’humaine nature et qui, sur la longue durée, a été au fondement de toute création digne de ce nom.

En écho à cette sagesse populaire, il convient de se souvenir que selon le philosophe, natalité et mortalité sont bien les conditions ultimes caractérisant l’existence humaine. Et c’est en déniant cette dernière que l’on atrophie singulièrement, « l’élan vital » qu’induit la première. Les grands moments culturels, ceux où la vie était célébrée intensément, se sont toujours élaborés « sub specie mortis ».

C’est en sachant regarder en face cette mort inévitable qu’on est capable de vivre avec intensité la vie commune.

C’est en sachant regarder en face cette mort inévitable qu’on est capable de vivre avec intensité la vie commune. Car, on ne le redira jamais assez, l’essence du Zoon politicon est la communicabilité.

C’est bien ce caractère relationnel que s’emploient à nier, à dénier les divers gestes barrières que l’oligarchie tente d’imposer. Ces injonctions de la bienpensance sont de véritables machines de guerre contre le peuple. Très précisément parce qu’elles induisent des manières de penser et d’agir totalement aseptisées conduisant immanquablement au délitement du lien social miné par l’hystérie et les fantasmes cause et effet d’une supposée pandémie.

J’ai dit l’imbécillité de ceux qui avancent masqués. En se pliant à la mascarade généralisée, ceux qui trouvent leur place dans ce bal masqué ne font que rejouer la danse macabre d’antique mémoire. Dansez musette !

Michel Maffesoli

https://linactuelle.fr/index.php/2020/06/11/macabre-danse-michel-maffesoli/

EN BANDE SON :

4 réponses »

  1. https://leblogalupus.com/2020/09/02/__trashed-35/

    Maffesoli : Macron ventriloque de la farce masquée / Du bal masqué à la danse macabre

    mélange d’observations pertinentes avec le besoin de cracher sa haine.
    Le pertinent comme la société du spectacle, l’incohérence de l’élite, sa nulliité donc dans sa capacité à justifier sa conduite et puis la haine de toute pensée de progrès social comme la démocratie, la pensée de gauche universaliste, les droits de l’homme cette dinguerie pour incultes. Je ne cherche pas l’origine de cette haine c’est inutile par contre j’aimerais faire quelques remarques concernant le constat, ses causes ses effets.

    Pour le constat nous sommes d’accord, qui ne nle serait pas : non pas la fin d’une époque, une curieuse manière de dire la fin d’un régime. Nous constatons la fin du régime capitaliste comme moteur de production de richesses régulant les rapports sociaux. Le capitalisme a conquis la planète par la violence afin d’enrichir une élite. Il n’existe pas de régime qui n’implique pas l’enrichissement de l’élite. La différence du capitalisme est sa nécessité d’enrichissement sous peine de destruction. Ce qui est vrai pour une entreprise qui fait faillite est vrai pour le système capitaliste. L’incapacité à fabriquer plus de richesses le pousse à tout : les guerres, les dettes catastrophes, la fascisation et aujourd’hui le totalitarisme. Je précise pour éviter les malentendus et autres point G, le totalitarisme est la confusion, la réunion de tous les pouvoirs. Le capitalisme a pris le pouvoir aux États-Unis d’Amérique mais tout autant dans l’UE. Nos pays sont dominés par les lois du capitalisme et ne sont en rien ni démocratiques ni sociales. Certes il existe des lois sociales nées de circonstances exceptionnelles (la catastrophe et ses suites du capitalisme de 29) mais elles sont systématiquement détruites à bas bruit par l’élite capitaliste. Et depuis en gros Sarko, cette élite n’a plus besoin de s’en cacher grâce à la propagande massive de tous les médias aux ordres.

    Le capitalisme totalitaire s’effondre actuellement par manque de rentabilité de l’argent par finitude des moyens à soumettre (ressources naturelles et peuples à soumettre comme main d’œuvre corvéable et consommateurs lobotomisés).

    Le constat de la situation fait, il reste le comportement de l’élite de ses valets et autres marionnettes.
    Ces gens ne sont qu’aux ordres, ils font là où on leur dit de faire et son payé en proportion de leurs talents à entraîner la masse des c..s. Quand l’un vient à faillir, il est écarté remplacé oublié pour que rien ne change.
    Qu’allez-vous chercher dans la droite ou la gauche, les Lumières et autres choses ?
    Nos marionnettes ne pensent pas elles « opportunisent ». Elles font le spectacle avec tout et n’importe-quoi. La seule cohérence, plaire par l’attraction des vaux à ne pas penser, à papoter de tout et de rien, d’éloigner les citoyens de la seule chose qui compte : le pouvoir. Quand advient un mouvement mettant en danger le pouvoir, on voit le matraquage médiatique, on voit les moyens de l’État totalitaire (confusion des pouvoirs exécutif législatif et judiciaire) s’attaquer de conserve à ces « terroristes ». Les médias inventant toutes sortes de mensonges afin de faire prendre cette mascarade aux lobotomisés. Et il faut le reconnaître humblement ça marche.
    La succession sarko Hollande macron en est la démonstration. Je me contente de raconter ce que je connais, c’est à dire la France mais sans trop d’effort on saura démontrer la chose ailleurs. Le capitalisme est par nécessité de pillage économique mondialisé.

    Nous sommes je pense toujours d’accord sauf pour ce qui est des raisons du comportement. Je n’ai pas eu besoin de l’hypothèse des Lumières ou de la gauche droite centre … ou d’idée quelconque (au sens ensemble cohérent d’idées pour un régime social à savoir d’une idéologie). Je ne me sert que de la nécessité qu’a l’élite à se maintenir au pouvoir pour perdurer malgré les dévastations de son moteur économique qui lui échappe.

    De ce constat assez simple il vient : ce moteur capitaliste ne fonctionnant plus (le libéralisme – via la propriété du capital – comme régulateur économique et social) l’élite actuelle se cherche une échappatoire : Que faire comme disait Vladimir. Le pouvoir totalitaire coûte assez cher en agents de surveillance, même avec de l’IA. Il faut entretenir une Police conséquente.
    La solution est la destruction de la plus grande partie des populations. Nous avons la preuve qu’avec une fraction de sa population, l’humanité peut atteindre à un excellent niveau de vie. La mécanisation (machines au sens robots, capacités computationnelles, énergie de flux, .. ) permet de produire et maintenir un haut niveau de vie sans dévaster comme aujourd’hui la planète.
    La solution est donc triple : fin du capitalisme de masse qui n’est plus supportable, fin des dévastations de masse car peu de gens à nourrir, fin des prélèvements sur les ressources non renouvelables.
    La solution, leur solution, est donc un Armageddon.

    Inutile de chercher ailleurs l’inaction des élites. Le Système va s’effondrant, cela va dans le bon sens. Les « parasites » (les salauds de pauvres) seront détruits, ils sont les plus fragiles les plus nombreux, c’est la solution fatale.

    Toutes autres considérations idéologiques me paraissent farfelues, pire elles servent à masquer ce dessein indicible mais trivial.
    La fuite en avant des dettes capitalistes jamais remboursables, la multiplication des incidents diplomatiques et provocations violentes, la déstabilisation-destruction des États et des personnes qui pourraient démontrer une alternative viable au capitalisme, la fabrication de zones de survie pour milliardaires, la destruction d’africains sur les terres les plus riches du monde, l’agit’prop, le spectacle permanent pour les gens qui votent encore, etc bref tout ceci me prouve que l’élite attend voire active, en s’y préparant, le cataclysme pour (espérant) vivre dans un monde redevenu vivable (malgré qqs dégâts), population réduite à raisonnable, avec des ressources suffisantes pour les survivants, … Une fois de plus, du point de vue de l’élite, une ‘bonne’ guerre, avec ses pandémies, ses morts par milliards est donc bienvenue, solution fatale.

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