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Le Pacte en trompe-l’oeil pour l’immigration de l’UE / France : Qui osera dire que la charge des mineurs isolés étrangers devient insupportable ?

Le Pacte en trompe-l’oeil pour l’immigration de l’UE

De ce qui a été présenté par la Commission européenne du Pacte sur la migration et l’asile, il ressort très clairement qu’aucune remise en cause stratégique du phénomène migratoire vers l’Europe n’a eu lieu. La réponse est à première vue purement technique et hypothétique, comme promesse d’améliorer les procédures, plus de gardes-frontières européens. Principalement, il s’agit d’obliger les Etats à la solidarité, notamment à la prise en charge de l’immigration illégale arrivant par voie maritime, qui est de loin la plus importante. Le principe posé ces dernières années d’une Europe porte-ouverte n’est pas remis en cause. Il est même prévu de développer les voies légales de l’immigration. Bref, l’UE continue à miner les sociétés européennes de l’intérieur.

Le plan d’organisation de l’immigration en Europe a été présenté dans les grandes lignes par la Commission européenne, avec des formulations rappelant toujours plus les grandes heures de la Pravda. Ainsi, apprend-on, qu’il s’agit : 

« Une nouvelle approche en matière de migration : instaurer un climat de confiance et un nouvel équilibre en matière de responsabilité et de solidarité »

Autrement dit, il ne s’agit absolument pas d’une remise en cause du phénomène migratoire, d’une interrogation sur l’implication qu’il peut avoir sur l’évolution culturelle des sociétés, sur l’identité des populations qui habitent ces territoires, présentés sans histoire propre, sans culture propre, donc sans avenir propre. Ce Pacte n’est qu’un ensemble de mesures techniques visant à rendre plus efficace l’immigration en Europe, avec de fausses concessions faites aux pays résistant à l’immigration de masse, comme l’Autriche ou la Pologne.

Le premier but est annoncé, est un but politique propre à l’UE : elle doit reprendre la main sur cette question.

« La présidente de la Commission européenne Mme Ursula von der Leyen a déclaré à cette occasion: «Nous proposons aujourd’hui une solution européenne, afin de rétablir la confiance entre les États et de restaurer la confiance des citoyens dans notre capacité, en tant qu’Union, à gérer la migration. « 

Sans pour autant changer la ligne idéologique no border qui est la sienne :

« Mme Ylva Johansson, commissaire aux affaires intérieures, s’est exprimée en ces termes: «Les phénomènes migratoires ont fait et feront toujours partie de nos sociétés. Les propositions que nous faisons aujourd’hui permettront d’établir une politique migratoire à long terme, capable de traduire les valeurs européennes dans la gestion concrète. »

A cette fin, un volumineux Pacte sur la migration est l’asile (disponible uniquement en anglais ici) a été adopté. Le terme d’immigration est banni, sa charge négative est trop forte. Ceux de migrants, de migration font cette Novlangue cachant avec de plus en plus de difficultés une réalité peu attrayante. Certaines dispositions sont particulièrement intéressantes (voir aussi cet article). 

Sous couvert de « renforcement de l’effectivité des procédures », alors que paraît-il, les arrivants ne seront plus bloqués dans le pays d’arrivée, mais pourront être pris en charge par un pays où ils ont de la famille (donc nouvelle vague de regroupement familial en perspective), où ils ont fait leurs études (l’idée initiale était de former une élite francophone et francophile, qui sera présente dans les pays étrangers, idée désuète, mais le mécanisme reste), où ils ont travaillé ou obtenu un visa. Mais, en même temps, il est précisé que la demande d’asile devra être traitée par le premier pays d’arrivée … Donc, l’allègement de la charge sur les pays frontaliers touchés est assez minime. D’autant plus que des mesures totalement irréalistes, comme l’établissement de l’identité de chacun, sont prévues, quand l’on sait que la plupart des immigrés arrivant illégalement se défont de leurs papiers d’identité, notamment pour se faire passer pour de (très) grands mineurs. Cela, finalement, va faire peser des obligations renforcées sur les pays de première arrivée.

Mais pour les aider, non pas à refuser les nouveaux arrivants illégaux, mais à les accueillir pour une durée indéterminée, les procédures seront simplifiées, une procédure de premier filtrage établie et des gardes-frontières permanents européens seront placés en plus des gardes-frontières nationaux. Pour l’instant, l’on ne sait pas à quoi ressembleront ces procédures, mais déjà l’on sait qu’une structure non -étatique aura des garde-frontières, quand la frontière est l’attribut de l’Etat. 

La transformation de l’Etat en instrument de mise en oeuvre d’une décision politique prise ailleurs se renforce. D’autant plus que la surveillance exercée par l’UE sur la manière dont les Etats remplissent docilement leur rôle sera renforcée … dans l’intérêt des immigrés :

« Parallèlement, toutes les autres procédures seront améliorées et feront l’objet d’un suivi et d’un soutien opérationnel renforcés de la part des agences de l’UE. « 

Le miracle annoncé doit venir de l’apparition du Deus ex machina « numérique », qui va permettre de régler tous les problèmes – techniques. Car les Etats, eux, au nom de la « responsabilité et de la « solidarité », n’ont plus le choix. Ce choix a déjà été fait pour eux : 

« Les États membres seront tenus d’agir de manière responsable et solidaire les uns envers les autres. En période de tension, chaque État membre, sans exception, devra apporter sa contribution solidaire »

Il n’y a pas de choix pour les Etats quant à être ou non « solidaire ». En revanche, avec beaucoup de grandeur d’âme, l’UE permet aux Etats d’exprimer leur solidarité de plusieurs manières, de la prise en charge des immigrés après filtrage, du financement dans le pays de retour, etc. Si le bénévolat est soi-disant la règle, les Etats seront obligés en cas de « tension ». Et ces tensions étant très fréquentes … Notamment, l’obligation d’accueillir ces immigrés va couvrir les « sauvetages en mer ». Il est vrai que ces opérations sont organisées par de grandes ONG, très bien financées, il serait dommage de gâcher un argent si bien placé. 

Très concrètement, selon les statistiques officielles, sur les 141 700 personnes illégalement arrivées en Europe en 2019, seules 35 000 sont arrivées par voie terrestre, quand 106 200 ont été débarquées. Donc, imposer la prise en charge des personnes arrivées par mer et non pas le retour dans le pays d’origine est bien le signe d’une volonté de faciliter l’arrivée en Europe.

D’autant plus que toujours selon les statistiques, seulement 38% des demandeurs d’asiles obtiennent satisfaction. Mais uniquement 30% des déboutés sont effectivement renvoyés dans leur pays d’origine. Ainsi, en 2019, 491 000 personnes ont reçu ordre de quitter le territoire. 70% sont restés. Sur les 29% expulsés, il s’agissait principalement d’Ukrainiens, de Marocains et d’Albanais. Le taux le plus faible de retour concerne les pays d’Afrique. Rappelons aussi les pays d’origine :

L’UE promet de rendre plus efficace les procédures de renvoie à la frontière, ce qui semble assez irréaliste au regard de la jurisprudence, extrêmement protectrice des immigrés, développée par la CEDH, qui nie pratiquement la différence entre immigration légale et illégale. 
En revanche, ce qui semble être la véritable ligne de ce Pacte en trompe-l’oeil, est le développement des voies d’immigration légale. Elles s’inscriront dans l’établissement de partenariats avec les pays tiers.
Rappelons, qu’en France, formellement, l’on compte en 2019, 6,7 millions d’immigrés, dont la plupart viennent d’Afrique. Que chaque année, 100 000 à 160 000 personnes acquièrent d’une manière ou d’une autre la nationalité française et sortent donc des statistiques, ainsi que leurs enfants. Et si l’INSEE note une stabilisation des sorties, les entrées augmentent. En 2018, l’on compte 278 000 personnes. Légalement.
La confirmation par l’UE de sa politique favorable à l’immigration ne promet pas de renverser la tendance, ni même d’être capable d’intégrer les populations étrangères. Avec l’effet de masse, visible au quotidien, c’est le visage du pays, son mode de vie et sa culture qui sont en cause.

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