Europe

Quand la grosse Bertha gère les Banques…

Elle est jolie ma Banque « nationale » ou la version édulcorée de l’Angela banquise des Anges…. 

Mieux gérée parait il et moins enclin à la cupidité, au vice et à la fortune ??? Angela voudrait laver plus blanc, moraliser et réformer le capitalisme international mais son linge sale elle préfèrerait le laver en famille, c’est tellement plus « cosy »….Parce que touchées de plein fouet par la crise financière et paralysées par une montagne d’actifs toxiques, les banques publiques régionales allemandes, les «Landesbanken», n’assurent plus leur rôle traditionnel de pompe à finance des petites et moyennes entreprises (PME) en Allemagne….Les vertus d’une nationalisation « réussie » ou peut ètre les restes de ce que l’on appellait en des temps anciens le capitalisme « familial » de type rhénan…. 🙂

Question Moralité de l’histoire : qui veut faire l’Ange fait souvent la Bète….

REPAS DE FAMILLE PAR LE MENU :

Les banques allemandes totalisent 816 mrds EUR d’actifs à risque (presse)BERLIN (Allemagne), 25 avr 2009 (AFP)

Le secteur bancaire allemand a accumulé 816 milliards d’euros d’actifs à risques, révèle samedi la presse allemande en citant un rapport confidentiel du Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier.

Sur cette somme, correspondant à des actifs dits « toxiques » ainsi qu’à des titres invendables (dits « illiquides » en raison du climat de méfiance générale), 355 milliards sont détenus par le réseau des banques publiques régionales, les « Landesbanken », selon ce document révélé par le quotidien Süddeutsche Zeitung et l’édition en ligne du magazine Der Spiegel.

La banque Hypo Real Estate (HRE), dont les difficultés ont été à l’origine de la crise financière en Allemagne, et que le gouvernement d’Angela Merkel veut nationaliser pour la sauver, détient quant à elle 268 milliards de fonds risqués.

Les banques privées sont relativement moins concernées: elles totalisent 139 milliards d’actifs à risque, dont 101 milliards pour l’ensemble Commerzbank/Dresdner Bank, qui a bénéficié jusqu’à présent de 18,2 milliards d’euros d’aide publique.

Cette « fuite », qui a provoqué la colère du Bafin – le gendarme de la Bourse a annoncé qu’il portait plainte et a mis en garde contre toute « interprétation erronée » de ces informations – survient alors que la coalition gouvernementale a promis cette semaine de trouver une solution avant les élections de fin septembre pour soulager les banques de leurs actifs dégradés.

Un projet de loi en ce sens, qui pourrait passer par la création de « bad banks », doit être présenté à la mi-mai.

Ce dossier est d’autant plus délicat pour le gouvernement que la charge réelle qui pèsera à terme sur le contribuable est jusqu’à présent la grande inconnue.

Le chiffre révélé samedi par la presse correspond à la – très large – estimation évoquée cette semaine par le député conservateur Otto Bernhardt, porte-parole d’un groupe parlementaire sur les questions financières: cet élu avait avancé un montant total de 500 à 1.000 milliards d’euros d’actifs dégradés.

Plusieurs acteurs du secteur ont toutefois mis en garde contre toute interprétation hâtive après la « fuite » du document du Bafin.

Le président de la Bundesbank, Axel Weber, a déclaré que ces informations « ne reflétaient pas la complexité du problème ». Quant au secrétaire d’Etat aux Finances Jörg Asmussen, il a souligné que « derrière cette liste peuvent se cacher des actifs de types très différents ».

L’autorité financière elle-même a souligné que les sommes évoquées ne correspondent pas toutes à des valeurs « toxiques », mais qu’elles incluent incluent aussi « des actifs qui, d’après les banques, ne correspondent plus à leur stratégie commerciale actuelle et qui doivent donc être externalisés ».

Les banques concernées ont elles aussi fait part de leurs réserves. Plusieurs d’entre elles ont indiqué au Süddeutsche Zeitung qu’elles n’avaient pas connaissance de ces chiffres. « Nous ne savons pas qui les a compilés, nous ne comprenons pas », a dit au journal un porte-parole de la Commerzbank. La HRE, elle, s’est refusée à tout commentaire.

Par ailleurs, d’après la dernière édition du Spiegel, le dossier du sauvetage des « Landesbanken », dont certaines sont menacées de faillite à court terme, fera l’objet d’une nouvelle réunion de crise lundi autour du ministre des Finances Peer Steinbrück. Selon l’hebdomadaire, les Etats régionaux allemands étudieraient la création d’une holding commune aux établissements

ET SUR UN SUJET COMPLEMENTAIRE LES BILLETS DE L’INDISPENSABLE ET EMERITE JP CHEVALLIER :

http://www.jpchevallier.com/article-30666375.html

http://www.jpchevallier.com/article-30685833.html

QUELQUES LECTURES INDISPENSABLES ET EDIFIANTES  :

La paume « kolossal » des banques allemandes

 26 Avril 2009 par Philippe Ries Mediapart

C’est officiel: les actifs à risque des banques allemandes, avant tout des banques à capitaux publics, sont supérieurs à 800 milliards d’euros, mais le contribuable allemand, qui porte le risque en dernier ressort, n’a pas droit à cette information. 

Le document très, très confidentiel de Bafin, l’autorité fédérale de supervision bancaire, fuité à la veille du week-end par le quotidien SüdDeutsche Zeitung et l’hebdomadaire Der Spiegel, évalue, toutes catégories confondues, à quelque 816 milliards d’euros les crédits non performants et autres actifs douteux qui plombent le système bancaire allemand.  

Dans un même mouvement, Bafin a cherché à minimiser ces montants colossaux, sans toutefois les démentir, et a demandé des poursuites contre l’auteur non identifié de la fuite. Très cohérent.  

Hélas pour ceux qui croient que la nationalisation est la solution miracle aux crises bancaires endémiques, ce sont les banques à capitaux publics, notamment les Landesbanken contrôlées par les Etats fédérés allemands, qui s’illustrent tout particulièrement dans la contre-performance. Collectivement, elles détiendraient 355 milliards d’euros d’actifs à risque, dont 180 milliards de produits toxiques et 175 milliards d’actifs illiquides (c’est-à-dire invendables quel que soit le prix). Ce n’est guère surprenant compte tenu de la domination perverse des Landesbanken sur le marché bancaire allemand et d’une rentabilité structurelle affligeante qui les a pousées à se dévergonder dans la «haute finance» à l’Américaine. HSH Landesbank, le plus boiteux des canards de ce groupe, marche en tête avec 100 milliards. 

Le champion toutes catégories est toutefois Hypo Real Estate, le géant hypothécaire de Munich, qui détiendrait quelque 268 milliards d’euros d’actifs problématiques. Le gouvernement fédéral, qui va en prendre le contrôle après lui avoir accordé 100 milliards d’euros en capital et garanties, n’est pas au bout de ses peines. Ceci dans un pays qui n’a pas connu de bulle spéculative immobilière. Un véritable exploit !  

Comparativement, les banques privées, Deutsche et Commerz, s’en tirent plutôt moins mal. Un total de 139 milliards d’actifs à risque, dont 53 milliards (seulement) de produits toxiques, portés pour l’essentiel par Commerz (qui a repris le lourd passif de Dresdner). Deutsche Bank, première banque privée allemande, la plus «globalisée» et la plus engagée dans la finance «moderne», ne détiendrait même aucun produit toxique. Décidemment, rien n’est simple.

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HARALD HAU

Une crise des banques, pas des marchés

[ 15/04/09  ] LES ECHOS

Les premières divergences au sujet de la réforme du système financier international se sont manifestées lors du G20 à Londres. Côté allemand et français, la crise est interprétée, en grande partie, comme une crise des marchés financiers bien qu’il s’agisse d’une crise bancaire classique. Par cette différenciation, il ne s’agit pas de couper les cheveux en quatre, mais de localiser avec précision les origines de la crise.

Le système financier moderne peut être séparé en deux composantes principales : le secteur bancaire et les marchés de titres. Les banques sont les intermédiaires entre les investisseurs et les entreprises ayant besoin de financement. En parallèle et en concurrence avec le modèle bancaire, le marché des titres (ou marché boursier) contourne les banques et permet aux investisseurs d’investir directement dans une entreprise. La déréglementation des marchés de valeurs mobilières a renforcé leur position en tant que concurrents des banques, bien que le modèle bancaire continue (malheureusement) de dominer, par exemple lorsqu’il s’agit de financer les crédits des entreprises.

Clairement, la crise que nous vivons aujourd’hui n’est pas une crise des marchés financiers mais une crise bancaire. Les marchés de titres, comme le marché des actions ou le marché obligataire, n’en sont pas à l’origine. Les acteurs du marché boursier, comme les fonds spéculatifs (« hedge funds »), n’ont rien à voir avec elle. On peut tout au plus leur reprocher une timidité spéculative. Si davantage de fonds spéculatifs avaient révélé les opérations bancaires fatales plus tôt, en vendant massivement à découvert les actions des banques, la crise aurait été probablement moins grave. Une spéculation financière accrue grâce à des fonds spéculatifs bien informés est tout à fait souhaitable.

Malheureusement, la spéculation ne s’est pas produite à la Bourse mais dans les banques. Et là, la spéculation est extrêmement dangereuse en raison de la faiblesse de leurs capitaux propres. C’est la raison pour laquelle presque toutes les grandes crises financières des 200 dernières années sont des crises bancaires. Cette instabilité du modèle bancaire est facile à comprendre : une banque fait de gros investissements avec peu de capitaux propres et énormément d’argent emprunté. Voilà pourquoi un contrôle efficace des banques est si important. Mais il a malheureusement largement échoué.

Outre l’échec de l’Etat à réguler le secteur bancaire, il existe une deuxième origine à la crise bancaire. Il s’agit de l’absence de contrôle des dirigeants des banques par les actionnaires. Bien que ces dirigeants soient responsables, au plan purement juridique, vis-à-vis des propriétaires, c’est-à-dire des actionnaires, ils ne sont pratiquement jamais contrôlés. C’est encore plus grave lorsque l’Etat est propriétaire des banques comme pour les « Landesbanken » sous contrôle des Länder allemands. Les membres des conseils de surveillance sont alors des politiques et des hauts fonctionnaires qui n’ont aucune compétence en matière de marché financier. Dans ces conditions, les dirigeants des banques ne sont pas contrôlés. Le fait que les banques publiques en Allemagne soient particulièrement touchées par la crise financière n’est donc pas dû au hasard. Une amélioration durable du contrôle des dirigeants des banques dans le secteur privé exige un renforcement des droits des actionnaires et de leur capacité de coordination de leurs intérêts.

De loin, le contrôle le plus efficace des administrateurs est effectué par les « private equity funds », souvent décriés. Un tel modèle de contrôle des dirigeants de banque constituerait un vrai progrès vers une meilleure gestion des banques. Malheureusement, une telle réforme de la place financière n’a pratiquement aucune chance d’aboutir en raison des intérêts politiques en place – et aussi de la puissance des banques. Sur ce point malheureusement, force est de constater que certains hommes politiques pestent contre la prétendue puissance des actionnaires bien que ces derniers représentent le contrepoids naturel de la suprématie des dirigeants des banques. Les gesticulations des politiciens face aux rémunérations exorbitantes de certains cadres bancaires d’un côté et le traitement démagogique des fonds d’investissement cherchant un meilleur contrôle de dirigeants manquent de toute logique.

En Europe, certains interprètent la crise bancaire comme une crise générale du capitalisme financier, ce qui équivaut à un mythe politique. En réalité, les marchés financiers ont entamé une marche triomphale depuis le siècle dernier. La crise bancaire devrait renforcer encore cette évolution parce qu’elle fortifie les marchés face à l’instabilité du modèle bancaire. Cette situation est mieux comprise en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis qu’en Allemagne et en France. Cela explique les divergences de vues lors du sommet de Londres.

Harald Hau est professeur associé de finance à l’Insead.

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