Behaviorisme et Finance Comportementale

Les vœux de bonheur passent par la concurrence fiscale! Moins de charge fiscale c’est davantage de prospérité !!!!

Les vœux souhaités à Nouvel An sont généralement triples: bonheur, santé et prospérité. Ce sont des valeurs propres à entrer dans la liste des «autres indicateurs de richesse» de la commission Stiglitz mise sur pied par Nicolas Sarkozy. Ce comité met en avant les critères d’inégalités, d’environnement et de qualité de vie plutôt que la performance économique et le PIB. Le magazine Science vient précisément de mentionner une nouvelle étude économique qui classe les Etats américains en fonction du bonheur perçu par les citoyens. Malheureusement pour le président français, elle ne va pas du tout dans le sens espéré par nos voisins. Car le niveau de fiscalité passe largement devant les autres critères.

MOINS D IMPOT EN SUIVANT :

Trois des cinq Etats où les gens sont le plus malheureux ont le taux d’imposition le plus élevé1. A l’inverse quatre des cinq Etats les plus «heureux» figurent au nombre de ceux qui imposent le moins leurs citoyens. Le taux d’imposition est plus important que la sécurité, le climat ou la qualité de l’enseignement. L’étude intègre à la fois les critères de qualité de vie (mesure objective) et le niveau de satisfaction perçu par les résidents (mesure subjective). La mesure dite objective évalue le niveau de revenu qu’il faut obtenir pour compenser le salarié de certains inconvénients (impôts, climat, environnement, sécurité). Il en ressort que les New-Yorkais sont les plus malheureux et les habitants de Louisiane les plus heureux. Huit des dix Etats les plus «malheureux» votent démocrate et 8 des dix plus «heureux» républicains.

C’est la première fois qu’un modèle a été développé qui parvienne à démontrer que la qualité de vie influence le degré de satisfaction (happiness).

L’approche égalitaire des socialistes consisterait à recommander que tous les Etats aient le même taux d’imposition. Comme son application se ferait à partir des taux les plus élevés, tout le monde serait également malheureux. La possibilité est toutefois offerte de «voter avec les pieds» et de changer d’air. D’ailleurs les gens des Etats les plus malheureux ont le plus fort taux d’émigration. A New York les émigrants sont 13% plus nombreux que les immigrants.

En ce début 2010, la Suisse reste attractive notamment pour la main-d’œuvre hautement qualifiée. Ce n’est pas le fruit du hasard.

Pour reprendre Tom Robbins, les citoyens ne naissent pas avec un chromosome doré supplémentaire attaché à leur double hélice d’ADN. Le haut niveau de revenu et de richesse tient à un ensemble de facteurs institutionnels, dont la démocratie directe, le fédéralisme et la concurrence fiscale. Trois économistes alémaniques2 renforcent ce jugement. Ils évaluent la concurrence fiscale entre les communes du seul canton de Zurich. Cette approche permet une évaluation de l’impact des différences d’impôts au sein d’une communauté culturellement et économiquement homogène. Elle permet aussi d’éliminer des critères de sélection difficiles à mesurer tels que la mentalité, l’attachement familial ou les différences de système scolaire.

Selon la théorie économique, les différences en termes de revenus et de préférence des services publics conduisent les individus à un processus d’autosélection qui se traduit par un regroupement des ménages selon le revenu (income sorting).

L’étude porte sur 171 communes entre 1991 et 2003 et montre qu’effectivement les hauts revenus choisissent un lieu de résidence à faible impôt sur le revenu.Les ménages avec un haut revenu élisent domicile dans les communes à faible imposition. L’écart entre le multiplicateur fiscal le plus haut en 2008 (137%) est presque 1,75 fois plus élevé que le plus bas (79%). Les taux d’imposition les plus lourds se trouvent dans la région de Winterthour et les plus bas dans certaines communes proches du lac. Le gain fiscal réalisé par les hauts revenus est supérieur à l’impact négatif du prix élevé de l’immobilier. Malgré les différentes politiques de redistribution et de péréquation financière, la migration fiscale est réelle dans le canton.

Sur certains points, l’étude contredit la recherche économique. La littérature a montré que les riches accordent moins d’importance aux biens publics que les pauvres. Les économistes alémaniques démontrent au contraire que les hauts revenus apprécient davantage les transports en commun que les bas revenus. L’explication la plus probable proviendrait de leur plus forte proportion de pendulaires, alors que les bas revenus ont un emploi de proximité. Ni les transferts sociaux, ni l’immigration, l’idéologie, l’endettement ou la proportion d’enfants n’ont un impact sur leur choix. Par contre, le bruit de l’aéroport fait fuir les hauts revenus.

La globalisation mène forcément à un écart croissant des revenus entre travail très qualifié et faiblement qualifié, ainsi qu’à une imposition plus forte du salaire, donc du facteur de production le moins mobile. Il en résulte une concurrence fiscale de plus en plus forte pour attirer les meilleurs contribuables. La réponse avancée par certains milieux, l’harmonisation, les fait fuir. Elle est complètement dépassée car elle n’est valable que dans un pays ou un canton fermé aux lois de l’économie de marché et à la liberté individuelle, donc à une époque où le mur de Berlin n’était pas tombé. Or la globalisation peut se ralentir, mais elle n’est pas près de s’arrêter.

Le bonheur n’est donc pas dans un nirvana bruxellois imaginé par certaines élites, mais plutôt dans le non-centralisme, la concurrence et l’ouverture.

1. WSJ, 29.12.09
2. Christoph Schaltegger, Jan-Egbert Sturm, Frank Somogyi; Tax competition and income sorting: Evidence from the Zurich Metropolitan Area, CESifo Working Paper 2824, oct. 2009

Par Emmanuel Garessus LE temps janv10

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : SARKOphage (le fossoyeur de la France) : RAILLÉ SUR SON PIB SOCIAL (cliquez sur lien)

6 réponses »

  1. Vivre bien c’est vivre bon marché avec un Etat modeste et citoyen. Vivre mal c’est vivre cher avec un Etat obèse et narcissique.

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