Commentaire de Marché

Commentaire du Wolf : Mais alors quels sont les options pour les pays surendettés ?

 Mais alors quels sont les options pour les pays surendettés ?

  Présentée comme inévitable par certains, la restructuration de la dette grecque (échéances différées, encours renégociés) a certainement été envisagée par les autorités européennes – allemandes en particulier – et le FMI. Elle constituerait une option réaliste si la Grèce était perçue par les investisseurs comme un problème isolé, n’impliquant pas de risque de contagion.

PLUS DE DETTES EN SUIVANT :

Tel n’est pas le cas, comme en témoignent les secousses sismiques actuelles

Les investisseurs ne sont aujourd’hui pas près d’accepter une restructuration des emprunts grecs et donc y laisser des plumes sans sanctionner durement les autres pays.

Les événements actuelles et de la semaine passée ont démontré le caractère systémique de la Grèce… petit domino dont la chute pourrait entraîner celle de beaucoup d’autres, même au-delà de la zone euro.

 Bien compris par les dirigeants, ce risque systémique a débouché sur le plan de soutien massif dévoilé ce week-end: des crédits à hauteur de 110 milliards d’euros échelonnés sur trois ans, en contrepartie d’un programme d’austérité encore plus douloureux que prévu.

 Malgré cela, les marchés financiers demeurent fébriles.

Les investisseurs restent sur la défensive en attendant la ratification du plan de soutien par les parlements concernés.

La stabilité politique de la Grèce – soit la capacité de son gouvernement à imposer le programme d’austérité – constitue une source d’incertitude non négligeable.

La fermeté de la dette allemande illustre le scepticisme des investisseurs.

 Mais alors quels sont les options pour les pays surendettés ?

Face à la lourde problématique de la dette grecque, on peut se demander quelles possibilités s’offrent à un pays qui ne serait pas à même d’honorer ses remboursements.

Compter sur ses « amis et la famille » en est une

Le rééchelonnement de la dette en est une autre

Le défaut de paiement en est une troisième

1 Compter sur ses amis

La saga grecque a dominé les marchés la semaine passée. Et chaque jour, un nouvel épisode est ajouté.

Le pays va-t-il bénéficier d’une aide ? A combien s’élèvera-t-elle ? Envisage-t-on un rééchelonnement de la dette ? La Grèce a cependant pour l’heure la chance d’appartenir à une communauté et d’avoir derrière elle des grands frères capables d’intervenir en cas de besoin.Pour combien de temps encore ?

Martin Feldstein : Pourquoi la Grèce fera défaut sur sa dette (cliquez sur le lien)

D’autres pays qui n’avaient pas cette chance ont bien dû se rendre à l’évidence : les deux seules options qui s’offraient à eux étaient le rééchelonnement de la dette ou le défaut de paiement.

2 Dubai et le Rééchelonnement

Beaucoup se souviennent encore de la crise survenue l’an passé dans l’émirat de Dubai, avec le holding Dubai World (actif notamment dans les activités portuaires, l’immobilier, les îles artificielles…). Fin 2009, l’émirat ne pouvait plus faire face à ses dettes et annonçait un retard de six mois pour une partie des remboursements.

Ces six mois sont presqu’écoulés et des négociations sont en cours pour rééchelonner la dette. Un tel rééchelonnement permet à un Etat en situation financière délicate de revoir les conditions des dettes en cours ou arrivées à échéance, de manière à ce qu’il puisse toujours respecter ses obligations, ne sombre pas dans le défaut de paiement et ne devienne pas un débiteur douteux. Le rééchelonnement va de pair avec d’âpres négociations avec les créditeurs, lesquels doivent mettre de l’eau dans leur vin et intervenir financièrement. Dans la plupart des cas, les(substantiels) coupons sont réduits et peuvent être étalés sur une plus longue période.

Le remboursement du capital peut aussi être reporté. Dubai a ainsi proposé en mars de rembourser le capital à 100% à une date plus éloignée que la date d’échéance prévue et de payer un coupon annuel de 1%, augmenté d’1% supplémentaire à la fin des restructurations.

Les créditeurs doivent encore donner leur aval.

3L’exemple argentin et le défaut de paiement

• Il semble clair qu’un rééchelonnement est préférable à un défaut de paiement (capital non remboursé). 

 Le cas de l’Argentine l’a clairement démontré. Début 2002, le pays n’a plus remboursé ses dettes. En conséquence, les capitaux étrangers ont fui le pays, et la devise nationale, le peso, s’est dépréciée en un temps record, entraînant l’inflation dans une ascension vertigineuse. Ensuite, des négociations ont été entamées pour qu’au moins une partie des capitaux soit récupérée. Elles furent longues. De la sorte, pendant quatre ans, le pays n’a plus eu accès au marché international du crédit. Finalement, 76% des obligations en cours ont été converties en des titres d’une valeur moins élevée (25 à 35% du montant initial), avec des coupons moins élevés et des délais de remboursement plus longs.

• Pour le cas de la Grèce, une situation de défaut de paiement  semble pour l’heure  impensable. Mais demain ?

Commentaire : La Grèce, mauvais élève de la classe (cliquez sur le lien)

Pour la zone euro et sa solvabilité, ce serait un coup dur sans  parler du danger de contamination à d’autres pays de la zone, comme le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande). Quant au rééchelonnement de la dette, c’est un scénario qui n’est plus exclu aujourd’hui mais non privilégié jusqu’à présent…

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