Europe

La BCE devrait stériliser ses rachats d’actifs via des dépôts à terme

Dans un entretien accordé au « Handelsblatt » vendredi, Jean-Claude Trichet a écarté l’idée que les achats de dettes d’Etat nourrissent l’inflation…

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 Alors que l’ampleur du plan de rachats de dettes d’Etat par les banques centrales de la zone euro reste inconnue, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, s’avance déjà sur la manière d’en neutraliser les effets. De fait, le dispositif fait craindre à certains un élargissement du bilan de l’Eurosystème, à caractère inflationniste. Mais le banquier a déclaré au Handelsblatt vendredi que la BCE retirera la liquidité injectée «principalement en offrant des dépôts à terme». 

Il a déjà évoqué un recours à ces outils lundi dernier à Bâle, les jugeant «faciles à gérer, immédiatement disponibles et efficaces». Dans son bulletin de mai, la BCE soutient que cette stérilisation, grâce à des opérations spécifiques visant à réabsorber la liquidité, n’exercera pas d’incidence sur les niveaux de liquidité en vigueur, les taux du marché monétaire et l’orientation de sa politique monétaire. 

D’après BNP Paribas, les dépôts à terme stériliseront les injections de liquidité au niveau du bilan des banques centrales nationales, permettant à celui de l’Eurosystème de ne pas croître. Selon les règles des opérations d’«open-market» de la BCE, l’Eurosystème peut inviter les contreparties à placer ces dépôts auprès de la banque centrale d’un Etat membre dans lequel elles sont établies. Et leur collecte est envisagée «seulement pour des raisons de pilotage fin dans le but d’absorber la liquidité sur le marché». 

Ces dépôts, qui n’exigent pas des banques centrales de collatéral, pourraient, selon JPMorgan, se faire par adjudication et à un taux supérieur aux 0,25% de la facilité de dépôt de la BCE. Les détails seront dévoilés cette semaine. Mais BNP Paribas ne la juge pas urgente et rappelle que l’expiration des allocations de fonds, notamment celle de 442,2 milliards d’euros début juillet, réduira la taille du bilan de l’Eurosystème. 

De plus, les rachats de dettes d’Etat auraient déjà ralenti. D’après l’EPDA, l’association des spécialistes en valeurs du Trésor européennes, les banques centrales achètent moins de dettes espagnoles et italiennes. Un signe que les marchés dans ces pays sont suffisamment stabilisés. Selon ING, les achats ont atteint 7 milliards d’euros lundi, 5 milliards mardi, 4 milliards mercredi et 1 à 2 milliards jeudi, avec une focalisation plus importante sur la Grèce et moins importante sur les autres pays périphériques.

Par Tân Le Quang – 17/05/2010 agefi

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