Art de la guerre monétaire et économique

Venezuela: les restrictions sur les changes menacent l’économie

Venezuela: les restrictions sur les changes menacent l’économie

  On ne joue pas ainsi avec la monnaie…Ainsi est pris qui croyait tout prendre.. En matière d’abruitissement populiste Chavez fait désormais office de cas d’école

TOUJOURS PLUS DE BOLIVARS EN SUIVANT :

Les restrictions imposées par le gouvernement vénézuélien sur le marché parallèle des changes, jusqu’ici toléré, risquent d’asphyxier l’économie locale, selon les experts.

Au Venezuela, depuis 2003, le gouvernement fixe le taux de change et contrôle la distribution de dollars. Or avec la chute du prix du pétrole, la principale ressource du pays, le gouvernement a vu fondre ses réserves.

Du coup, ceux qui n’obtiennent pas de devises aux cours officiels se tournent vers un marché parallèle, non officiel mais légal, pour obtenir des dollars en échange de bons en bolivars, dont la valeur fluctue en fonction de l’offre et la demande.

Grâce à ces devises, les entreprises peuvent importer des produits dont le Venezuela est très dépendant.

Ces derniers mois, les cours sur le marché parallèle ont flambé par rapport aux taux officiels de 2,60 bolivars pour un dollar pour les secteurs prioritaires, et de 4,30 pour les autres transactions, atteignant des valeurs « fictives » selon le gouvernement.

Les économistes estiment que 40 à 45% des importations dépendent de ce marché, ce qui alimente une inflation déjà galopante de plus de 30% sur les douze derniers mois.

Pour juguler l’inflation, à quatre mois d’élections législatives cruciales, le gouvernement a fait passer la semaine dernière une loi qui a donné à la Banque centrale (BCV) le contrôle exclusif des opérations du marché parallèle, mettant hors-jeu les maisons de change.

Désormais, c’est elle qui fixe les valeurs avec un système de bandes limites et sert d’intermédiaire dans les échanges.

Cette semaine, 12 maisons de changes ont été perquisitionnées et cinq personnes ont été arrêtées, selon le procureur général Luisa Ortega Diaz. Et les opérations d’achat et de vente de titres en monnaie étrangère ont été suspendues pour deux semaines.

Le président socialiste Hugo Chavez a justifié jeudi ces mesures en affirmant qu’elle sont une réaction à « un coup d’Etat des changes. Ils voulaient un infarctus économique (…) nous avons dû prendre les rênes de tout cela », a-t-il déclaré.

« Nous avons (empêché) un véritable désastre et mis un frein à une mafia qui a armé la bourgeoisie », a ajouté le chef de file de la gauche antilibérale en Amérique latine.

Mais l’économie pourrait bien en subir le contre-coup. Elle « sera sévèrement touchée et sa contraction va être aggravée par le manque de devises. Le gouvernement s’attaque aux conséquences et non aux causes du problème », a dit à l’AFP l’économiste José Guerra. En 2009, le PIB du Venezuela a reculé de 3,3%.

Selon lui, « il se produira de facto une dévaluation » parce que la valeur fixée par la Banque centrale risque de dépasser les 4,3 bolivars par dollar du cours officiel.

« Il existe un grand climat d’incertitude » en ce moment en raison de la paralysie des opérations de changes, a avoué pour sa part Carlos Larrazabal, le président de la Fédération patronale de l’industrie (Conindustria).

Les stocks sont au plus bas et il pourrait y avoir pénurie de certains articles, d’autant que les industriels n’osent pas recourir à un marché totalement illégal des changes et risquer des amendes ou des peines de prison, comme le prévoit la nouvelle loi.

« Si les chefs d’entreprise n’obtiennent pas les dollars nécessaires, ils n’auront pas d’autre choix que d’importer moins et cela va entraîner des ruptures de stocks », a dit vendredi à une radio Pedro Palma, de l’Académie des Sciences économiques.

Mais pour Chavez c’est clair: « ils disent déjà qu’il n’y a plus de produits (…) qu’ils continuent! Moi je poursuivrai mon plan. Personne ne va m’arrêter ».

source afp mai10

EN COMPLEMENT : Venezuela / arrestation des chefs d’une des principales maisons de change 

Les autorités vénézuéliennes ont arrêté les directeurs de l’une des principales maisons de change du pays, Econoinvest, dans le cadre de leur offensive pour faire le ménage sur le marché parallèle de vente de dollars, jusqu’ici toléré mais accusé d’alimenter l’inflation. 

« Des fonctionnaires du Corps d’investigations scientifiques, pénales et criminalistiques (CICPC), ont perquisitionné lundi Econoinvest », sur mandat du ministère public, rapporte mardi le CICPC dans un communiqué. 

Le directeur de l’entreprise, le sous-directeur, l’administrateur et le directeur des vents ont été arrêtés lors de l’opération. 

Depuis le début de cette offensive, les autorités ont perquisitionné 20 maisons de changes et arrêté 15 personnes, selon le CICPC. 

Au Venezuela, depuis 2003, le gouvernement socialiste fixe le taux de change et contrôle la distribution de dollars. Or avec la chute du prix du pétrole, la principale ressource du pays, l’exécutif a vu fondre ses réserves. 

Du coup, ceux qui n’obtiennent pas de dollars officiels se tournent vers un marché parallèle, non officiel mais légal, pour obtenir la monnaie américaine en échange de bons en bolivars, dont la valeur fluctue en fonction de l’offre et la demande. 

Grâce à ces devises, les entreprises peuvent importer des produits dont le Venezuela est très dépendant. 

Ce système alimente l’inflation, déjà galopante, et impopulaire à quatre mois d’élections législatives cruciales. En avril, les prix ont augmenté de 5,2% contre 1,8% au même mois de 2009, selon la Banque centrale. 

Devant l’envolée des cours sur ce marché parallèle, le Parlement a adopté jeudi une loi qui fait passer le dollar « parallèle » sous contrôle de la Banque centrale, mettant hors jeu les maisons de change taxées de spéculatrices par le gouvernement.

CARACAS, 25 mai 2010 (AFP)

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Venezuela: Chute de 5,8% du PIB au premier trimestre, la récession persiste

Le Produit intérieur brut (PIB) du Venezuela a chuté de 5,8% au premier trimestre 2010, soit le quatrième trimestre consécutif de contraction pour la troisième économie et premier exportateur de pétrole d’Amérique du Sud, a annoncé la Banque centrale.

La Banque met en cause la « restriction temporaire de l’accès aux devises pour les importations », la baisse de la consommation et de l’investissement, ainsi que le « plan d’économie » d’électricité décrété pour lutter contre une forte sécheresse, dans un communiqué publié mardi soir.

Dans ce pays où les exportations de brut représentent 90% des entrées de devises, l’activité pétrolière a chuté de 5%. Mais les secteurs des transports (-15,9), du commerce (-11,6%) et de l’industrie manufacturière (-9,9%) sont les plus touchés.

Les importations ont chuté de 43% dans le secteur privé, et de 22% dans le public, en raison de restrictions sur les changes, selon les analystes.

Le gouvernement socialiste du Venezuela fixe le taux de change depuis 2003 et contrôle la distribution des dollars aux particuliers et aux entreprises.

Avec la chute du prix du pétrole, principale ressource du pays, le gouvernement a vu fondre ses réserves de dollars en fin d’année dernière et a restreint la quantité de devises sur le marché, compliquant l’acquisition des produits importés en dollars, dont le Venezuela est très dépendant.

Pour lutter contre la « spéculation » sur ce second marché de devises, à quatre mois d’élections législatives cruciales pour le pouvoir, le Parlement a adopté jeudi une loi faisant passer le dollar « parallèle » sous contrôle de la Banque centrale. C’est elle qui doit désormais autoriser les opérations de change et fixer des valeurs plafonds.

« Malheureusement, les chiffres (du PIB) sont publiés dans un contexte de récession que nous pensons susceptible de s’accroître. Et avec les nouvelles mesures sur les changes, ce contexte de contraction empire », a dit à l’AFP l’économiste Asdrubal Oliveros, de l’institut Ecoanalitica.

Le PIB a chuté de 3,3% en 2009, mais le gouvernement a dit tabler sur une légère croissance de 0,5% cette année.

En outre, la crise énergétique a poussé le gouvernement à décréter des coupures de courant programmées et à demander aux entreprises et aux particuliers de réduire leur consommation, quitte à diminuer la production.

Le gouvernement attribue cette crise à une sécheresse historique, alors que trois-quarts de l’électricité est d’origine hydro-électrique, mais l’opposition et certains experts dénoncent un manque d’investissement.

Par ailleurs, la réduction de l’allocation de dollars a poussé les importateurs à recourir massivement à un marché parallèle où la devise américaine est vendue beaucoup plus cher qu’au cours officiel, ce qui a dopé l’inflation. Elle a atteint 25,1% l’an dernier, un record en Amérique latine.

Cette année, la hausse des prix est déjà de 11,3%.

« Quand il y a rationnement de devises la production est évidemment désarticulée et il y a pénurie, cela conduit à l’augmentation des prix », a expliqué l’économiste Angel Garcia.

« De plus, l’investissement réel a chuté. Les gens préfèrent sortir leur argent (du pays) plutôt que de l’investir ici », selon Oliveros.

CARACAS, 26 mai 2010 (AFP)

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EN RAPPEL : Réduction de 85% des allocations de devises pour les Vénézuéliens en voyage

Les Vénézuéliens voyageant à l’étranger ont reçu près de sept fois moins de devises au premier trimestre 2010, par rapport à la même période de 2009, a rapporté vendredi l’organisme contrôlant la vente de monnaie étrangère depuis l’instauration du contrôle des changes en 2003.

De janvier à mars, la Commission d’administration de devises du Venezuela (Cadivi) a affecté 207,9 millions de dollars (153 millions d’euros) pour les dépenses par carte de crédit des Vénézuéliens à l’étranger.

Cela représente une baisse de 85% au premier trimestre 2009, puisque l’organisme avait alors accordé 1,371 milliard de dollars.

Depuis l’instauration du contrôle des changes en 2003 par le président Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, les citoyens doivent faire une demande à l’avance à la Cadivi, en présentant leur billet d’avion, pour obtenir des devises.

Jusqu’en 2009, chaque voyageur avait le droit à 5.000 dollars par an, mais cette somme a été divisée par deux l’an dernier, en raison de la chute des cours du pétrole, qui fournit 90% des devises du pays, principal exportateur de brut latino-américain.

Avec l’instauration d’un double taux de change – 2,6 bolivars pour un dollar pour les secteurs prioritaires, 4,3 pour le reste – après la dévaluation de janvier, l’acquisition des devises est devenue encore plus compliquée.

La presse locale dénonce d’ailleurs régulièrement ce problème qui oblige les citoyens à recourir au marché noir pour acheter des dollars et des euros à des prix bien plus élevés

CARACAS, 16 avr 2010 (AFP)

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE :  Commentaire : Le populiste Chavez /aussi doué à manipuler les foules que les taux de change… (cliquez sur le lien)

5 réponses »

  1. la paille, la poutre etc…
    tous les pays trichent avec leur monnaie, et de plus en plus.
    faut-il acheter de la vraie monnaie, du 999,9 ?

    J'aime

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