Behaviorisme et Finance Comportementale

WSJ : Pourquoi les investisseurs et leurs conseillers se comportent-ils trop souvent comme un banc de poissons ?

WSJ : Pourquoi les investisseurs et leurs conseillers se comportent-ils trop souvent comme un banc de poissons ?

C’est la question que se pose cette semaine Jason Sweig, chroniqueur au Wall Street Journal (WSJ).

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Dans un texte intitulé « So That’s Why Investors Can’t Think for Themselves »,(cliquez sur le lien) le journaliste fait appel aux scientifiques pour expliquer le comportement des investisseurs.

« L’Homme est un animal social » disait Aristote. Il semble qu’en matière de choix d’investissement, cette maxime s’applique pleinement.

Selon la publication scientifique Current Biology, la valeur que vous donnez à quelque chose va monter à vos yeux si quelqu’un vous dit qu’elle est élevée. À l’inverse, elle va baisser si on vous affirme qu’elle est moins attrayante.

Ça ne s’arrête pas là. Si votre évaluation est conforme à celle des autres, la partie responsable du traitement des récompenses dans votre cerveau passera en mode haute vitesse et vous procurera une sensation de bien-être. C’est pourquoi les investisseurs qui se conforment à l’effet de foule se sentent vraiment bien dans leur peau après avoir fait leur choix.

En suivant le troupeau, les investisseurs ils se sentent non seulement en sécurité, mais ont également beaucoup de plaisir.

C’est ainsi que le WSJ explique les changements rapides observés dans les marchés par les temps qui courent. De plus, on comprend mieux pourquoi il est si difficile de dénicher de véritables investisseurs de type contrarian. L’investisseur moyen est naturellement porté à consulter « le consensus qui prévaut sur Wall Street » ou chez les analystes avant de faire ses choix.

Le journal fait état de cette expérience menée par l’University College de Londres. On a demandé à 28 personnes de choisir une liste de chansons qu’elles voulaient acheter en ligne. De cette liste, elles devaient en faire une sélection. Avant de faire leur choix, ils devaient lire les recommandations de ces chansons par des « experts » de la musique. Une fois qu’ils avaient lu l’opinion de ces experts, ils devaient faire leur choix final.Pendant toutes ces étapes, les chercheurs regardaient ce qui se passait dans leur cerveau grâce à un scanneur à résonance magnétique.

Les scans ont démontré que, dès que les sujets découvraient qu’ils avaient choisi une chanson « validée » par un expert, les cellules du stratium ventral se mettaient en mode hyperactif. Le stratium ventral est une section du cerveau qui agit comme centre de récompense. Il est saturé de neurones inondés de dopamine qui réagissent lorsqu’une personne est exposée à des plaisirs comme le sucre ou le sexe.

Les chercheurs considèrent que lorsque vous apprenez que quelqu’un est d’accord avec vous, vous en retirez immédiatement du plaisir. C’est ainsi dans toutes les sphères de la vie et, surtout, lorsqu’on parle d’argent.

Ce genre d’influence (l’opinion des autres) a un effet quasi immédiat sur votre cerveau. C’est une question de secondes. Les scientifiques croient que ce mécanisme du cerveau est à l’origine du phénomène de dissémination rapide d’une opinion au sein d’une grande population d’investisseurs.

D’autre part, les chercheurs ont découvert que lorsque les sujets apprenaient que les experts s’entendaient entre eux, peu importe s’ils étaient d’accord avec leurs opinions, cela stimulait de l’activité dans l’insula, une région du cortex cérébral associée notamment à la douleur et à la conscience accrue de son corps. Ce qui suggère, selon les scientifiques, que lorsque l’on est en accord avec les autres, cela attire immédiatement notre attention. Impossible, dans ces conditions, d’ignorer un consensus entre experts, si vous êtes un investisseur.

Benjamin avait raison

Le WSJ corrobore ainsi les propos de Benjamin Graham, investisseur légendaire et idole de Warren Buffett et ceux d’autres investisseurs contrarian. Graham affirmait que le marché ne soupèse pas chaque titre pour sa valeur intrinsèque. Au contraire, le marché est une « machine à voter », où des hordes d’individus enregistrent leurs choix en partie basés sur la raison, en partie sur l’émotion. Le journal considère que Graham avait instinctivement compris que « l’effet de troupeau » chez l’investisseur fait donc partie de la condition humaine.

Le chroniqueur suggère que lorsque le troupeau s’en va dans une direction, l’investisseur (ou son conseiller) devrait considérer d’aller dans le sens inverse. La liste des nouveaux titres à la baisse depuis 52 semaines est un excellent guide de ces sociétés injustement battues par le marché. Puis, il faut faire ses devoirs : lire les bilans financiers, trouver les informations se rapportant aux produits et aux compétiteurs, pour déterminer la valeur de l’entreprise. Tout en ignorant le cours actuel de son action.

Le WSJ suggère également de tenir un registre permanent de ce qui motive les choix de placement. De cette façon, vos arguments seront « écrits dans la pierre » s’il vous prenait un doute ou, pire, l’envie de céder au fameux « effet de troupeau ».

source wall street journal juin10

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