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Stress test European banksters : Réactions de quelques analystes aux résultats des tests de résistance ligne Maginot

Stress test European banksters :  Réactions  de quelques analystes aux résultats des tests de résistance ligne Maginot

Voici de premières réactions d’analystes et de spécialistes des marchés aux résultats des tests de résistance publiés vendredi par le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) et montrant que (seulement ?) sept banques européennes sur 91 ont échoué aux tests.

PLUS DE BANKSTERS EN SUIVANT :

 Selon Bloomberg qui cite un document confidentiel intitulé « EU Stress Test Exercise : Key Messages on Methodological Issues », la résistance de banques ne sera testée que sur les pertes enregistrées sur le portefeuille de trading des obligations et non sur les obligations détenues jusqu’à maturité.

Cela fait dire à un bloggeur spécialisé (Zéro Hedge) que lors du dernier mois, les établissements de crédit ont certainement transféré des centaines de milliards d’exposition aux dettes souveraines du poste « trading » au poste « détenu jusqu’à maturité ».
Selon ce document, les tests prennent en compte des « haircuts » (pertes de valeur) de 23,1% sur la dette grecque, de 14% pour les obligations du Portugal, de 12,3% pour la dette espagnole et de 4,7% pour les bunds allemands. Pour les obligations britanniques l’haircut est de 10% et pour les françaises il est de 5,9%.

source echo juil10

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STEPHEN POPE, SPECIALISTE ACTIONS, CANTOR FITZERGERALD, LONDRES 

« Je ne vois rien de stressant dans ces tests. C’est comme envoyer les banques pour un week-end en RTT. Si les banques espagnoles et portugaises montent lundi en Bourse, je ferai en sorte de les vendre. 

PHILIPPE GIJSELS, RESPONSABLE DE L’ANALYSE CHEZ BNP PARIBAS FORTIS GLOBAL MARKETS, BRUXELLES 

« Il n’est pas surprenant que la plupart d’entre elles aient réussi. Les résultats sont conformes aux attentes. Le marché va trouver qu’il y a des bonnes et des mauvaise nouvelles dans tout cela. La réaction du marché lundi et mardi sera très importante pour le reste du mois. Il continuera à être volatile. 

FRANKLIN PICHARD, BARCLAYS BOURSE 

« Avec 92% comme réussite, c’est factuellement un succès. Mais c’est vrai que derrière, ça nous laisse un goût de travail non accompli, puisque effectivement peut-être on a créé les conditions d’un succès. » 

FRANÇOIS SAVARY, RESPONSABLE DES INVESTISSEMENTS, REYL: 

« Ces tests ne sont pas vraiment significatifs. Ils ne semblent pas prendre en compte le risque d’un défaut souverain, ce qui réduit un peu la qualité de ces tests. » 

KIM CAUGHEY, ANALYSTE ACTIONS, FORT PITT CAPIAL GROUP, PITTSBURG 

« Cela n’a pas créé de grosse surprise. Je pense que le marché a été initialment satisfait mais maintenant que la nouvelle est sortie, il se concentre à nouveau sur du solide. Je ne pense que cela ait un quelconque impact sur les valeurs financières ici car la plupart des banques américaines ont réussi les stress tests ici et il n’y a aucune banque qui aurait des engagements si excessifs en Europe qu’elle pourrait être affectée. » 

CARY LEAHEY, ECONOMISTE, DECISION ECONOMICS, NEW YORK: 

« Le marché s’attendait à ce qu’il y ait une dizaine de recalés, deux en Allemagne, un en Grèce et six en Espagne et un manque en fonds propres totalisant au moins 100 milliards d’euros. 

Des résultats définitifs avec moins de six échecs auraient été pires pour le marché que 12 échecs parce que six échecs, cela aurait manqué de crédiblité. 

Il est mieux d’avoir des gens qui pensent que les tests ont été trop durs plutôt que trop faciles. Le marché obligataire a commencé à réagir quand il est apparu que les tests ne se feraient que sur les comptes de trading des banques (portefeuilles d’actifs financiers) et pas sur leurs comptes totaux et qu’ils ne prenaient pas en compte la possiblité d’un défaut sur la dette souveraine. » 

CHRIS RUPKEY, ECONOMISTE, BANK OF TOKYO/MITSUBISHI UFJ, NEW YORK 

« Les autorités monétaires ont besoin de rassurer des investisseurs internationaux sceptiques et leur montrer que les banques européennes sont saines d’un point de vue financier. Malgré les questions sur la transparence et sur le fait que les stress tests ne vont pas jusqu’aux stress tests américains de l’an dernier, je pense que ces tests vont commencer à mettre les inquiétudes concernant la zone euro derrière nous. 

Il pourrait y avoir une déception initiale débouchant sur quelques ventes lundi à la réouverture des marchés, mais le marché va rapidement passer par dessus. 

Le marché demandait trop d’emblée. A un certain stade, on pensait que les banques américaines buvaient la tasse en termes de fonds propres parce qu’il y avait d’importantes dépréciations de leurs actifs dans les crédits immobiliers. Ce n’était pas vrai et, de même il n’est pas « juste » que le marché veuille voir une baisse sur la valeur de la dette souveraine de la zone euro dans les comptes des banques. 

JAMES HUGHES, ANALYSTE DE MARCHE CMC CAPITAL, LONDRES 

« C’était trop indulgent. Nous anticipions l’échec de 10 banques mais 7 seulement ont échoué. Aucun établissement coté n’a échoué. Cela n’a dissipé aucune des craintes qui existaient jusqu’à présent et toutes les questions qui étaient posées avant (les stress tests) continueront d’être posées. » 

IAN STANNARD, STRATEGISTE CHANGES, BNP PARIBAS : 

« La réaction initiale jusqu’à présent suggère que les tests n’ont pas été aussi sévères qu’ils auraient pu l’être et le marché reste assez prudent. Nous verrons la véritable réaction la semaine prochaine quand les résultats auront pu être complétement digérés et que le paysage sera plus clair. 

C’est plus une question de méthodologie et d’hypothèses retenues pour ces tests qui n’ont pas été les plus sévères possible et cela soulève des questions, ce qui explique que l’euro ait chuté. » 

THOMAS NAGEL, TRADER, EQUINET, FRANCFORT: 

« Les résultats sont conformes aux attentes. Toutefois, je ne serais pas surpris s’il y avait quelques voix sur le marché dans quelques minutes pour s’interroger sur le manque de crédibilité des tests. » 

VASSILI SEREBRIAKOV, SPECIALISTE DEVISES, WELL FARGO, NEW YORK 

« Il n’y a pas de surprise majeure pour l’instant dans les résultats des tests. On s’attendait à l’échec de la plupart des établissements qui ont échoué. Il faut maintenant examiner en détail les résultats des tests. Il reste à savoir si les tests étaient trop indulgents pour les banques euroépennes. Cela, il est trop tôt pour le dire. 

Dans ces résultats, il n’y a rien qui soit véritableemnt positif pour l’euro. »

LONDRES, 23 juillet (Reuters) –

EN RAPPELMéthodologie des « stress tests » des banques européennes

Les régulateurs européens ont passé au crible 91 des principales banques de l’Union européenne pour s’assurer que leurs niveaux de fonds propres soient suffisants pour leur permettre de faire face à des chocs plus sévères encore que la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, qui avait déclenché un quasi-effondrement des marchés financiers mondiaux. 

Le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS), composé des régulateurs des 27 pays membres de l’UE, ont procédé à des tests utilisant trois scénarios, dont un de base et deux intégrant une crise économique aiguë. 

Les banques incapables de maintenir un ratio de fonds propres Tier 1 d’au moins 6% d’ici fin 2011 dans le plus dur des ces scénarios seront considérées comme ayant échoué aux tests. 

Voici les principaux paramètres utilisés pour les tests, les deuxièmes du genre mensés par le CEBS en deux ans, et les principaux critères employés pour les trois scénarios: 

PARAMETRES PRINCIPAUX 

Les 91 banques sous revue représentent 65% du total des actifs bancaires de l’UE et au moins la moitié des actifs bancaires dans chacun des 27 pays membres. Les banques sont testées sur une base consolidée, qui inclut donc aussi toutes leurs filiales. 

La base de test est la situation des banques à la fin 2009. Tous les établissements ont dû passer des tests similaires, portant sur les risques sur les « trading books » (portefeuilles d’actifs financiers) et les « banking books » (portefeuilles bancaires), l’exposition au crédit immobilier, d’entreprises et aux prêts interbancaires ainsi qu’à la volatilité des taux d’intérêt et aux risques de crédit. 

Les tests n’ont pas examiné les niveaux de liquidités en raison des travaux distincts du CEBS et du Comité de Bâle sur les nouvelles règles en la matière. 

Il a été demandé aux banques de calculer leurs pertes sur les portefeuilles de crédit notamment selon plusieurs scénarios, chiffres mis ensuite en rapport avec les bénéfices attendus en 2010 et 2011. Le résultat a été déduit des fonds propres Tier 1. 

Les banques auront échoué aux tests si elles ne parviennent pas à maintenir un ratio Tier 1 d’au moins 6%. Les règles actuelles exigent des banques que ce ratio soit d’au moins 4%, mais nombre de grandes affichent un taux bien supérieur. 

Fin 2009, le ratio moyen est monté à 9,9%, contre 8,3% fin 2008. Les « stress tests » ont été réalisés après la recapitalisation des banques européennes. Aux Etats-Unis, des tests similaires ont été conduits avant la recapitalisation. 

SCENARIO DE BASE 

Il ne s’agit pas d’un test de résistance mais d’une base de comparaison pour les deux autres scénarios « stressés ». Il correspond aux prévisions actuelles de croissance économique jusque fin 2011 publiées par la Commission européenne. 

Ce scénario est également bâti sur l’hypothèse d’une baisse des marchés boursiers de 10% en 2010 et 2011, soit -19% en données cumulées sur les deux années. 

SCENARIO DUR 

Celui-ci est basé sur une reprise en « W » en Europe. 

Ce scénario se fonde sur une rechute de l’Europe en récession avec un différentiel de trois points de pourcentage sur 2010-2011 par rapport au scénario de base. 

Les portefeuilles des actifs disponibles à la vente ont été « stressés » de façon à simuler une chute de 20% des marchés boursiers en 2010 et en 2011, soit un plongeon cumulé de 36%. 

Dans ce scénario, la note des avoirs en produits titrisés a été abaissée de quatre crans. 

Le CEBS fait aussi comme si le taux des emprunts interbancaires augmentait de 125 points de base, un scénario comparable à ce qui s’était passé après la faillite de la banque Lehman Brothers. Dans ces deux mêmes années, les taux à long terme sont considérés en hausse de 75 points de base. 

Le CEBS précise que la partie du test sur les bilans bancaires « stressés » à la fois le numérateur et le dénominateur des ratios Cooke, c’est-à-dire que les capitaux propres détenus sont réduits et les actifs pondérés en fonction des risques augmentés. 

SCENARIO DUR DOUBLÉ D’UN CHOC SUR LA DETTE SOUVERAINE 

En mai, les responsables européens ont ajouté un troisième scénario face aux craintes du marché concernant l’exposition des banques à la dette souveraine de pays en difficultés économiques, comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal. 

Dans ce scénario, les taux d’intérêt à long terme augmentent de 30 points de abse supplémentaires dans la zone euro. 

Celui-ci n’intègre pas en revanche l’hypothèse d’un défaut sur des emprunts d’État car celle-ci est jugée « hautement improbable. » Les décotes s’appliquent seulement aux obligations détenues dans les trading books, alors que le stress souverain a bien un impact aussi sur les pertes sur créances du banking book

LONDRES, 23 juillet (Reuters) –

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