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Bourse : huit indicateurs pour prendre le pouls des marchés

Bourse : huit indicateurs pour prendre le pouls des marchés

 Les données économiques vous inquiètent ? Vous voulez prendre le pouls des marchés financiers après les vacances estivales ? Pour vous aider, nous vous présentons huit indicateurs-clés que 14 stratèges, économistes et gestionnaires de portefeuille surveillent attentivement afin de déterminer la trajectoire de la Bourse cet automne.

Par exemple, le marché de l’emploi, l’activité manufacturière et les bénéfices des entreprises sont autant de repères que vous pouvez suivre pour peaufiner votre stratégie de placement et investir comme un pro.

PLUS DINDICATEURS EN SUIVANT :

L’EMPLOI

L’indicateur-clé de la reprise actuelle

Après avoir rebondi de façon spectaculaire, la Bourse est anémique depuis avril dernier. Pour qu’elle redémarre solidement, les investisseurs doivent croire à une reprise économique viable et durable.

Tous les yeux sont donc rivés sur la création d’emplois aux États-Unis, puisque c’est le maillon faible de la reprise économique, 16 mois après la fin de la crise financière, dit Jean-René Adam, vice-président d’Hexavest.

Sans l’espérance d’une embellie du marché du travail, les consommateurs dépenseront peu, ce qui incitera les entreprises à freiner une fois de plus leur production, leurs projets d’expansion et leurs embauches; un cercle vicieux sera ainsi constitué.

Il faudrait qu’au moins 125 000 nouveaux emplois soient créés chaque mois pour éviter une nouvelle hausse du taux de chômage et pour compenser le retour des chômeurs au sein de la population active, dit Jack Ablin, chef des investissements chez Banque privée Harris.

Le faible niveau de création d’emplois suscite trop de nervosité au sein des marchés, juge Ed Yardeni, économiste et président de Yardeni Research. Pourtant, depuis le début de l’année, 763 000 emplois ont été créés aux États-Unis, chiffre qui s’apparente aux 679 000 emplois créés lors de la reprise de 1992 et aux 982 000 créés lors de celle de 2003, dit-il.

Par ailleurs, deux indicateurs qui devancent généralement la création d’emplois, le nombre d’heures travaillées et le salaire horaire, augmentent légèrement depuis plusieurs mois, soulignent les stratèges Stéphane Marion et Vincent Delisle, respectivement de la Banque Nationale Financière et de Scotia Capitaux.

Où trouver l’information ?

Bureau of Labor Statistics

LA BOURSE CHINOISE

Un marché précurseur

L’évolution de la Bourse chinoise s’est avérée un bon indice précurseur au cours des dernières années.  » C’est logique, puisque le secteur manufacturier chinois agit au début de la chaîne de production mondiale « , dit Norman Raschkowan, responsable en chef des placements à la Corporation Financière Mackenzie.

En 2007, la Bourse chinoise a commencé à chuter 10 mois avant les marchés nord-américains. Et elle a rebondi en octobre 2008, cinq mois avant les Bourses nord-américaines.

L’indice Shanghai Composé est en baisse de 18,3 % depuis le début de 2010, mais il a regagné 13 % depuis le 5 juillet, deux fois plus que l’indice S&P 500 de la Bourse de New York.

Cette remontée reflète l’amélioration de l’indice manufacturier chinois, de 47,9 en juillet à 52,7 en août, dit Michael Deng, analyste chez Canaccord Genuity. Les composantes-clés de cet indice – la production, les commandes et les exportations – ont toutes augmenté.  » Les données économiques montrent que l’économie chinoise ralentit son rythme, comme le gouvernement le souhaitait, mais que la croissance reste solide « , explique M. Deng.

Où trouver l’information ?

L’indice Shanghai Composé est représenté par le symbole SSEC.

LES PRÉVISIONS DE BÉNÉFICES

Un carburant boursier

Malgré les craintes suscitées par la publication de données économiques décevantes en août, les bénéfices prévus dans 12 mois pour les entreprises du S&P 500 augmentent toujours. C’est de bon augure, puisque les prévisions de bénéfices influent grandement sur l’évolution de la Bourse.

 » C’est un repère utile, car il donne le pouls chaque semaine, avant la publication de nombreuses données mensuelles avec lequelles il est corrélé « , dit M. Yardeni.

La hausse des prévisions indique que les entreprises ont fourni aux analystes des perspectives suffisamment rassurantes pour que ces derniers restent optimistes, en dépit du brouillard économique.

Le 3 septembre, les analystes prévoyaient que les entreprises inscrites au S&P 500 augmenteront leurs bénéfices de 20 %, à 91,88 $ US par action, dans 12 mois. C’est le bénéfice prévu le plus élevé depuis octobre 2008.

Les analystes prévoient une croissance des bénéfices d’encore 13 % en 2011 et en 2012. Cette progression est le double de la croissance moyenne de 6,9 % depuis 1960, mais de telles attentes sont réalistes après une récession, précise Pierre Lapointe, stratège mondial chez Brockhouse Cooper. Les bénéfices des entreprises américaines ont connu une trajectoire similaire entre 1994 et 1997, ainsi qu’entre 2003 et 2007, rappelle-t-il.

Où trouver l’information ?

En consultant les sites américains d’information financière, comme Bloomberg.

L’INDICATEUR ÉCONOMIQUE RETARDATAIRE

Un détecteur de la solidité de la reprise

Si on veut être optimiste, pourquoi ne pas regarder en arrière ? C’est ce que propose Martin Roberge, stratège quantitatif chez Patrimoine Dundee, qui se fie à l’indicateur économique retardataire du Conference Board américain (Lagging Economic Indicator).

 » Les indicateurs avancés sont utiles pour détecter une reprise. Quand l’économie s’essouffle après son premier élan, les données sur l’emploi, l’inflation, les prêts aux entreprises et le crédit à la consommation sont de bons repères pour confirmer que la reprise sera durable « , explique-t-il.

Toutes ces données sont prises en compte par le Lagging Economic Indicator, qui est publié chaque mois, en même temps que l’indicateur avancé (Leading Economic Indicator).

Le Lagging Economic Indicator a augmenté de 0,4 % de mai à juin, son gain le plus élevé en 20 mois. Cet indicateur doit poursuivre sa remontée en seconde moitié d’année pour que la Bourse connaisse une nouvelle période de gains, dit M. Roberge.

Où trouver l’information ?

Conference Board

LE PRIX DES DENRÉES

Un repère instantané de la croissance mondiale

L’indice des prix de 13 denrées industrielles du Commodity Research Bureau (CRB) est un bon baromètre en temps réel de la santé de l’économie mondiale, dit M. Yardeni. Cela explique pourquoi l’indice S&P 500 et l’indice CRB évoluent au même diapason depuis 2009.

 » Je préfère cet indice, car il exclut le pétrole, le gaz naturel et le bois, dont l’offre et la demande varient davantage en fonction de facteurs locaux « , explique M. Yardeni.

L’indice CRB de 13 denrées industrielles est 58 % supérieur à son niveau plancher de décembre 2008 et 3 % inférieur au record de mai 2007, ce qui montre que l’économie n’est pas en train de s’enliser, dit M. Yardeni. L’indice a bondi de 9,4 % depuis le 7 juin.

« L’évolution du dollar australien est aussi un bon indicateur en temps réel de la demande de denrées en Asie, dit Marc Dalpé, portefeuilliste au Groupe Dalpé-Milette, chez Valeurs mobilières Desjardins.

 » L’Australie approvisionne la Chine en ressources naturelles, mais sa proximité rend sa monnaie encore plus sensible à la vitalité économique de ce pays.  » Le dollar australien se maintient à un niveau élevé depuis avril dernier.

Où trouver l’information ?

Commodity Research Bureau

L’INDICE MANUFACTURIER

Un repère qui a fait ses preuves

L’indice manufacturier américain, mieux connu sous son acronyme ISM, est un repère populaire, car il prend le pouls des affaires auprès de 300 gérants d’usines une fois par mois à l’aide d’un sondage simple, dit André Chabot, président de Triasima.

L’indice montre une amélioration depuis 13 mois; il est passé de 55,5 à 56,3 entre juillet et août. Historiquement, lorsque cet indice s’établit entre 55 et 60, le secteur manufacturier américain croît et le S&P 500 s’apprécie de 3 à 4 % au cours des six mois suivants, explique Pierre Lapointe.

La composante de l’emploi de cet indice a atteint 60,4 en août, soit son niveau le plus élevé depuis 1983. Chaque fois que ce seuil a été atteint – 10 fois depuis 1950 – en moyenne, 251 000 emplois ont été créés chaque mois au cours des trois mois suivants, dit M. Lapointe.

La composante de la production de cet indice a grimpé à 59,9 en août, ce qui présage une hausse de l’utilisation de la capacité de production des entreprises et une création d’emplois plus soutenue au cours des prochains mois, explique Vincent Delisle, stratège chez Scotia Capitaux.

L’indice ISM est particulièrement suivi depuis la récession, puisque les prévisionnistes cherchent à déceler la tendance de la production des entreprises, après la baisse des stocks de 2008 et le restockage de 2009.

Où trouver l’information ?

Institute for Supply Management

LES CONTENEURS DE LONG BEACH

Un indicateur de la consommation américaine

Si le déficit commercial américain augmente, c’est signe que les consommateurs américains dépensent.  » Les achats américains stimulent les économies des pays émergents « , dit François Bourdon, vice-président, chef adjoint des placements, chez Fiera Sceptre.

Toutefois, la donnée sur le déficit commercial est publiée chaque mois, donc avec un certain retard sur la réalité.

Pour prendre le pouls du commerce en temps réel, M. Bourdon consulte les volumes mensuels de conteneurs qui arrivent au gigantesque port de Long Beach, en Californie, surtout en provenance de l’Asie. Ces données évoluent dans la même direction que le déficit commercial 80 % du temps.

Le volume de conteneurs augmente depuis le début de 2010, et la croissance s’est accélérée au cours de l’été.

Le port présente les volumes en une unité de mesure maritime appelée  » équivalent vingt pieds « , ou EVP (en anglais, twenty-foot equivalent unit ou TEU). Un conteneur d’un équivalent vingt pieds équivaut à 30 mètres cubes, et peut contenir l’ameublement d’une petite maison.

Où trouver l’information ?

Port de Long Beach

LES ÉCARTS DE CRÉDIT

Un baromètre de confiance

L’écart entre le rendement des obligations gouvernementales, qui ne sont pas risquées, et celui des obligations de sociétés, est un bon repère de la confiance des investisseurs. Il montre à quel point le marché croit que les entreprises seront en mesure de rembourser leurs emprunts.

La valeur marchande des obligations de sociétés reflète rapidement toute variation de la perception de risque chez les investisseurs.  » Quand des investisseurs prêtent des millions de dollars à une entreprise pour trois à cinq ans, le moindre doute sur ses futurs bénéfices ou flux de trésorerie a un effet immédiat sur la valeur de l’obligation, ce qui fait grimper son rendement à l’échéance « , dit Christian Godin, portefeuilliste chez Montrusco Bolton.

 » Actuellement, l’écart diminue. Cela montre que les investisseurs ne craignent pas que les entreprises auront des difficultés à verser leurs intérêts sur leurs titres de dettes. Cela me fait croire que les marchés resteront solides « , dit M. Godin.

Actuellement, la valeur des obligations de sociétés augmente, parce que les investisseurs les préfèrent aux obligations des gouvernements, qui procurent des rendements médiocres.

Où trouver l’information ?

Réserve fédérale de St.Louis

source : Dominique Beauchamps, Les Affaires sep10

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