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Les Entreprises s’endettent pour racheter à tour de bras leurs actions

Les entreprises  s’endettent pour racheter à tour de bras leurs actions

Une bonne nouvelle pour les actionnaires, mais pas pour les autorités monétaires qui ne voient toujours la consommation et les investissements redémarrer.

Les entreprises n’ont-elles vraiment rien de mieux à faire que de « thésauriser » leurs abondantes liquidités et de s’endetter pour financer des programmes de rachats d’actions et de distribution de dividendes?

Leurs prévisions économiques sont-elles à ce point moroses qu’elles préfèrent choyer leurs actionnaires plutôt que d’investir dans des projets de croissance?

La question est particulièrement brûlante aux Etats-Unis où les rachats d’actions et les distributions dividendaires atteignent des niveaux historiques.

Bourse : Les faux effets des rachats d’actions

PLUS DE RACHATS DACTIONS EN SUIVANT :

Jamais, depuis au moins l’an 2000, les entreprises US n’ont autant racheté leurs propres actions qu’au cours des neuf premiers mois de l’année (258 milliards de USD, soit cinq fois plus que l’année passée à périmètre constant). Dans le même temps, les actionnaires des sociétés du S & P 500 ont vu leurs dividendes grimper de 7% à 50,44 milliards de USD entre le troisième trimestre 2009 et le deuxième trimestre 2010. Plus étonnant encore, ces opérations ont été essentiellement financées par émissions de dettes. Outre-Atlantique, l’encours des dettes des entreprises non financières a, selon la Réserve fédérale américaine (Fed), atteint le record de 7.260 milliards de USD.

3 facteurs clef

Comme le constate David Kelly, stratégiste en chef pour la gestion de fonds chez JPMorgan, « tout pousse les entreprises à agir de la sorte. Leurs bilans étant plus sains et le loyer de l’argent étant très bon marché, elles prennent conscience qu’elles peuvent, à moindre coût, financer leurs rachats d’actions (et distributions de dividendes) afin de booster leurs cours de Bourse. »

-Racheter ses actions et distribuer des dividendes, c’est une manière de renforcer les bénéfices par action en réduisant les actions en circulation. Ont généralement recours à ce procédé les entreprises qui considèrent que leurs actions sont sous-évaluées. Il est vrai que le ratio cours/bénéfices attendu pour le S&P 500 n’est que de 12,3, alors que son multiple historique (depuis 56 ans) moyen se monte à 16,4.

Pourquoi, dès lors, ne pas récompenser l’actionnaire? A fortiori si on peut le faire à moindre frais. Le rendement moyen des obligations émises par les entreprises n’est plus, selon Bank of America Merrill Lynch, que de 3,6%, en moyenne, contre un pic de 7,8% en 2008. Mieux vaut donc se financer sur le marché obligataire que sur le marché boursier. C’est ce qui explique que les sociétés US n’ont émis cette année que 83,4 milliards de USD de nouvelles actions, le plus faible montant depuis 2005.

Enfin, les stratégies de rachats d’actions et de distribution des dividendes sont souvent bénéfiques aux actionnaires. Comme les taux d’intérêt se dégonflent, le return relatif des actions à hauts dividendes s’accroît. En août, la majorité des actions du S&P 500 ont offert un rendement des dividendes supérieur aux taux moyen des obligations corporate. Du jamais vu depuis au moins 15 ans! Depuis le début de l’année, les actions des sociétés du S&P 500 à hauts dividendes ou ayant racheté au moins 5% de leurs actions sur les douze derniers mois surperforment de respectivement 6,5% et 1,88% le S&P 500.

Voilà qui explique pourquoi des groupes comme Pepsico ou HP envisagent de racheter cette année entre 6 et 16% de leur capitalisation boursière.

Fed impuissante

Reste, cependant, à savoir, si le comportement « défensif » des sociétés traduit leur crainte d’une rechute en récession ou, au mieux, d’une stagnation économique? Au vu de l’importance de leurs liquidités, on est tenté de le penser. Le cash flow disponible par action (bénéfices – dépenses d’investissement) des sociétés du S&P 500 a atteint ce trimestre sont plus haut niveau (102,01 USD) depuis l’an 2000. Si l’on exclut le secteur financier, les « blue chips » du S&P 500 disposaient à fin juin de 682,2 milliards de USD sous forme de liquidités et placements à court terme.

Voilà un obstacle auquel la Fed n’avait pas pensé. En maintenant ses taux directeurs à virtuellement 0%, son objectif est de relancer, par le crédit à bon compte, la consommation et les investissements. Or, pour l’heure, c’est plutôt l’épargne et les rachats d’actions qui dominent. Bref, pas de quoi redonner du souffle à une reprise en perte de vitesse…

source  L’Echo sep10

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