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Hedge Funds : Soros et Paulson ne jurent que par l’or

Hedge Funds : Soros et Paulson ne jurent que par l’or

 Gold and Silver Bars

 Le métal jaune constitue l’actif le plus richement doté des deux gestionnaires. Et leur exemple fait des émules dans les rangs des particuliers qui jouent à fond les « trackers ». S’il faut se fier à l’allocation d’actifs de plusieurs grands pontes de la finance, vendre maintenant de l’or serait une erreur.

PLUS DE GOLD FINGER EN SUIVANT :

Le bond de 23% du prix de l’or cette année à un niveau record alimente l’enthousiasme de George Soros, John Paulson et Paul Touradji, dont les investissements dans le métal jaune indiquent que la plus longue séquence de gains en au moins neuf décennies va se poursuivre.

Selon des documents déposés auprès de la Commission des valeurs mobilières des États-Unis (SEC) ce mois-ci par Soros Fund Management, Paulson&Co., et Touradji Capital Management, les investissements de ces entreprises dans l’or sont les plus importants de leurs portefeuilles

Que ce soit pour George Soros ou John Paulson, le métal précieux reste donc un met de choix. 

On se souvient qu’au sommet de Davos de janvier George Soros avait estimé que s’il y avait une « bulle ultime » à redouter c’était bien celle en formation sur « le marché de l’or ».

Acheter un actif au début d’une bulle constitue un comportement rationnel, mais encore faut-il parvenir à se dégager à temps. Comme l’avoue lui-même Soros, « toute la question est de savoir où l’on se situe dans la bulle« . Et, comme l’indique son dernier exposé auprès du Conseil international du Canada, le 15 novembre dernier, l’or n’aurait pas encore atteint un pic, les conditions actuelles restant propices au métal fin: « le marché reste porté par des pressions déflationnistes et, dans le même temps, par la crainte d’une résurgence de l’inflation ». Une situation pour le moins paradoxale qui s’explique par le fait que le monde est confronté à un double phénomène.

Déflation…

D’une part, la plupart des pays industrialisés doivent recourir à une vigoureuse austérité budgétaire, pour rémédier à leurs gigantesques déficits et endettements. Ce qui, dans un contexte de chômage très élevé, ne plaide pas pour une croissance mondiale dynamique. D’autant que, dans le même temps, plusieurs pays émergents doivent relever leurs taux directeurs pour éviter que leurs économies ne connaissent une surchauffe.

… et inflation

D’autre part, les grandes banques centrales, la Fed en tête, orchestrent de massives injections de liquidités dans les circuits monétaires. Du cash qui se dirige principalement sur les actions, obligations et devises émergentes ainsi que sur les matières premières, créant du même coup de vives pressions inflationnistes.

Bref, un scénario de stagflation semble prendre corps.

Un scénario dont les cours de l’or, actif tangible par excellence, se nourissent avec avidité. Depuis septembre 2007, date à laquelle la Fed a commencé à baisser ses taux pour faire face à l’amorce de crise financière, le prix de l’or s’est apprécié de près de 90%, alors que la S&P 500 s’est tassé de 21%.

Comme le suggérait récemment le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, « l’or est devenu un précieux indicateur du manque de confiance dans les politiques expansionnistes (menées par de nombreux banquiers centraux) ».

La Réserve fédérale américaine peut faire tourner la planche à billet autant qu’elle le veut, mais elle ne peut « imprimer » de la confiance dans le dollar. La volatilité dont fait actuellement l’objet le marché des devises, et le billet vert en particulier, contraste avec la vigueur du métal jaune. En d’autres mots, l’or s’érige, en quelque sorte, comme la devise préférrée des investisseurs.

Bulle ou pas bulle?

« Le malheur c’est que, souligne Soros, nombreux sont les hedge funds à avoir pris conscience de cette situation et à être très fortement exposés sur le métal (sur le Comex, leurs positions longues flirtent toujours avec la barre historique des 250.000 contrats).

 La trajectoire de l’or (depuis le début de son rally, en 2001, son cours a été multiplié par 4,2) a tendance à devenir parabolique et habituellement c’est dans ce genre de configuration que les bulles tendent à exploser ». On se souviendra que le prix de l’or avait été multiplié par huit entre 1976 et 1980 pour atteindre un record de 850 USD/once, avant de corriger de 67%.

Aujourd’hui, les cours pointent à près de 1.370 USD (après un récent plus haut de 1.424,6 USD). Faut-il y voir un niveau exagéré?

chart of the day, stock to gold ratio, nov 2010

La question est complexe. Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est que les cours, en termes réels, ne sont pas encore revenus à leurs sommets de 1980 (850 USD de l’époque vaudraient aujourd’hui, selon le calculateur sur le site de la Fed de Minneapolis, 2.266 USD).

Ce n’est pas un hasard si, sur le marché des options US, l’option la plus traitée est celle qui donne le droit à leur détenteur d’acheter de l’or à 2.000 USD en novembre 2011.

« ETF » et « ETC » très prisés

John Paulson Made Another $420 Million Sous cet angle il y aurait donc encore de la marge… On comprend mieux pourquoi John Pauson, qui gère 33 milliards de USD d’actifs, est le plus grand investisseur dans le plus grand fonds indiciel (tracker) sur l’or (SPDR Gold Trust) et dans la plus grande mine d’or sud-africaine, AngloGold Ashanti.

 George Soros, qui gère, lui, près de 30 milliards de USD d’actifs, n’est pas en reste avec une grosse position dans les trackers SPDR Gold Trust et iShares Gold Trust. Parmi les 10 principales positions de son fonds, on retrouve aussi les mines d’or NovaGold Resources et Kinross Gold.

L’exemple de Paulson et Soros est suivi à la lettre par nombre d’investisseurs particuliers, comme en témoigne la détention d’or record des trackers et autres fonds indiciels assimilables comme les Exchange Traded Commodities. Selon BlackRock, ces fonds sont, en effet, alimentés à 50% par les capitaux des particuliers. Des ETF qui détiennent actuellement la bagatelle de 2.088 tonnes du précieux métal. Ce qui représente neuf années de prodution minière aux Etats-Unis. A titre de comparaison, seules les Banques centrales américaine, allemande, italienne et française déteinnent dans leurs coffres davantage de métal jaune.

Même si l’argent et le palladium semblent désormais offrir davantage de potentiel haussier que l’or, ce dernier devrait rester fermement arrimé à son trend haussier. Du moins tant que les taux réels resteront négatifs.

«Les personnes qui vendent leur or commettent une grosse erreur», lance Michael Pento, économiste principal de la société Euro Pacific Capital, à New York, qui a prédit correctement l’envolée du prix de l’or au cours des deux dernières années. «En ce qui concerne l’or, le marché haussier prendra fin lorsque les taux d’intérêt véritables deviendront positifs et nous sommes très loin de ça, ajoute-t-il. La Fed croit qu’elle devra imprimer plus d’argent pour empêcher les taux d’intérêt véritables de grimper et pour venir à la rescousse de l’économie.»

Le prix de l’or a fait un bond de 87% depuis septembre 2007 lorsque la Fed a commencé à abaisser son taux directeur et les marchés mondiaux du crédit ont entamé leur dégringolade. L’indice boursier Standard&Poor’s 500 a chuté de 21% depuis lors, même après avoir rebondi de 23% l’an dernier, un sommet depuis 2003.

Pour Ian Henderson (JPMorgan), la montée des prix de métaux est liée à l’aversion au risque. Ian Henderson n’est donc  pas étonné de la progression des cours de l’or depuis mars 2009. Ni de ceux de l’argent, de l’acier et du minerai de fer. « Dans un système financier en mauvaise santé, les gens perdent confiance et se tournent vers les actifs tangibles », a indiqué le gestionnaire du fonds Natural Resources de JPMorgan, lors d’une récente conférence

« Dans le passé, lorsque le dollar progressait, l’or prenait le chemin inverse, et vice-versa. Désormais, dollar et métal jaune évoluent dans la même direction, alors que plus personne ne croit à l’euro », constate Ian Henderson. Il souligne que l’or a revêtu un rôle monétaire qu’il n’aurait jamais soupçonné. Derrière la remontée du prix du métal précieux, le gestionnaire pointe également un renversement de l’offre et la demande. « Ce produit, inutile puisque l’on ne peut pas le manger, n’est pas populaire auprès des hommes politiques parce qu’ils ne peuvent pas l’imprimer comme la monnaie. Mais il est populaire auprès des investisseurs » ironise-t-il. Du côté de l’offre, le gestionnaire note que la production ne croît plus et que les grandes découvertes font désormais partie du passé. Il souligne également que l’or ne représente qu’une faible portion des réserves des banques centrales des pays émergents. « Les réserves de la Chine ne s’élèvent qu’à près de 1%, contre 15% pour celles des pays développés » indique-t-il. Et il s’attend à un rattrapage.

L’argent lui aussi devrait continuer à voir ses prix s’apprécier. Ian Henderson souligne que les cours de l’ »or du pauvre » et du métal jaune voguent de concert. « Utile dans l’industrie, l’argent bénéficie aussi de la gloire de l’or ».

En pratique, le gestionnaire privilégie des sociétés spécialisées dans la production d’or, comme CGA Mining, Kinross Gold et Newcrest Mining « qui vient de trouver une mine d’or ».

A court terme quelques Pressions Baissières 

Les gérants qui habillent leur bilan de gestion en fin d’année (Windows Dressing) tendent à prendre des profits sur le métal jaune, qui n’en est pas moins parti pour aligner fin décembre sa 10ème année consécutive de hausse en dollars. Depuis fin 2009, l’once gagne 21,5% en dollars et près de 29% en euros à ce jour, selon les fixings de Londres

Petite remarque mais d’importance  il est à noté que le relèvement des commissions du CME aux USA sur les produits dérivés sur l’argent suscite toujours la crainte que le marché à terme américain ne fasse de même avec l’or. Ce qui induit une pression baissière sur l’or actuellement

Pressions haussières des Mines Sud Africaines

Au-delà de la forte demande de protection portant le cours de l’or, notons qu’un cours élevé est également requis pour que les opérateurs à plus hauts coûts, les Sud-Africains, continuent d’être rentables. Les derniers résultats du groupe aurifère sud-africain Harmony ont d’ailleurs fait ressortir des coûts d’extraction de 974 $/once. L’or est cher non seulement par son brillant et sa qualité d’actif de diversification mais aussi en raison du coût élevé de production

Soutien de Poids : Chinois et Indiens ont un coeur d’or

Principaux acheteurs de métal jaune, l’Inde et la Chine constituent un puissant effet de levier sur les cours de l’or. Pour pouvoir acheter plus d’or sans déséquilibrer le marché, la Banque de Chine envisage même de libéraliser son marché domestique de l’or.

L’Inde et la Chine marquent de plus en plus de leur empreinte le marché de l’or. Les Indiens sont, ni plus ni moins, les plus grands « consommateurs » de métal fin, que ce soit ou non à des fins d’investissement.

 Selon le World Gold Council, leurs importations d’or (624 tonnes à fin septembre) sont déjà plus élevées que pour l’ensemble de l’année passée (559 tonnes). Malgré la cherté grandissante du métal, la demande indienne a progressé de pas moins de 28 % entre les troisièmes trimestres 2009 et 2010. Un appétit croissant qui, selon les prévisions, pourrait se solder cette année par des importations records de près de 800 tonnes.

Plus grand producteur d’or, la Chine est également très avide du métal précieux mais pas encore suffisamment pour détrôner l’Inde. Les prévisionnistes qui tablent sur une demande chinoise de 600 tonnes en 2011 ne voient pas la Chine devenir premier consommateur d’or avant trois ou quatre ans.

 À moins que la Banque de Chine (BoC) ne vienne troubler le jeu en décidant d’accroître son exposition sur le marché. Ce qui n’est pas du tout exclu car on sait que les autorités monétaires chinoises sont désireuses de réduire leur dépendance au billet vert. Près de 70 % de ses réserves de change sont en dollar!

Dérégulation chinoise?

Chart

Sachant que l’or ne représente que 1,6 % des réserves de la BoC (1.054 tonnes), alors que la Réserve fédérale américaine en détient 8.133 tonnes, la banque dispose d’une réelle marge de manœuvre. Les spéculations relatives à une hausse graduelle de la détention d’or par la BoC vont d’ailleurs bon train. Les dernières en date, qui émanaient hier du « 21st Century Business Herald », prennent toutefois une coloration différente par rapport aux précédentes dans la mesure où l’on a appris la semaine passée l’existence d’un plan selon lequel la Chine pourrait, en préambule à une dérégulation de ses marchés financiers, choisir le marché de l’or comme ballon d’essai.

La Chine, qui subit des pressions internationales très fortes pour, notamment, laisser sa devise flotter librement, pourrait décider de libéraliser son marché de l’or en guise de test grandeur nature. Jusqu’à présent la BoC s’est tenue à l’écart des marchés internationaux et s’est bornée à acheter de l’or sur son marché domestique. Mais cela devrait changer car, en août, la banque centrale a laissé entendre que les banques commerciales chinoises seraient bientôt autorisées à exporter et importer davantage d’or. Un tour de passe-passe qui ouvrira le marché local du métal jaune et permettra à la BoC d’y puiser plus sans risquer de perturber le marché international. La BoC est, en effet, un acteur beaucoup trop important: une sorte d’éléphant dans un magasin de porcelaine. Ses moindres faits et gestes sont épiés et peuvent rapidement avoir des effets disproportionnés sur le marché.

L’or ne risque donc pas de perdre son soutien chinois.

source L’Echo/la Presse/Bloomberg nov10

EN COMPLEMENT : Les prix du palladium, déjà au plus haut depuis neuf ans, sont appelés à continuer leur progression fin 2010 et début 2011, portés notamment par la solidité de la demande de l’industrie automobile, a indiqué mardi le leader mondial des platinoïdes, Johnson Matthey (JM).

«Le palladium devrait s’échanger en moyenne à 710$ l’once au cours des six prochains mois et devrait grimper durant cette période jusqu’à 850$», a averti le spécialiste des métaux du groupe platine dans un rapport présentant ses prévisions annuelles révisées pour 2010.

Avec pour principal débouché la fabrication des pots catalytiques dans le secteur automobile, palladium et platine ont vu leurs cours bondir depuis l’été – le palladium atteignant la semaine dernière 743$, son plus haut niveau depuis avril 2001.

Sur un marché que Johnson Matthey voit «proche de l’équilibre», la demande mondiale de palladium devrait enregistrer sur l’année en cours une hausse de 15%, à 8,94 millions d’onces (M oz).

Cette progression robuste est principalement due à une envolée de 27% (à 5,15 M oz) de la demande automobile, qui constitue près des deux tiers de la consommation mondiale, tandis que la demande industrielle (autres secteurs) est attendue en hausse de 8%, à 2,49 M oz.le palladium bénéficie de la volonté chinoise de limiter ses émissions de CO2. Ce métal intervient en effet dans la fabrication des catalyseurs automobiles. « Et le marché chinois de l’automobile ne cesse de croître….

De son côté, la demande de platine devrait avoir progressé en 2010, mais à un rythme bien moindre (+11% à 7,56 M oz), là aussi portée par le secteur automobile (+37% à 2,99 M oz) et un doublement de la demande industrielle (+51% à 1,72 M oz) grâce à la chimie et au secteur du verre.

Après la «solide reprise» économique de 2010, platine comme palladium devraient continuer à bénéficier l’année prochaine de la reprise du secteur automobile mondial et des ventes de voitures.

De son côté, la demande industrielle, même affectée par un possible ralentissement de la croissance aux États-Unis et en Europe, devrait rester «robuste» en Chine et dans les économies émergentes.

L’éventuel épuisement des stocks étatiques de palladium en Russie (premier fournisseur mondial), amassés pendant des décennies par l’Union soviétique, pourrait par ailleurs constituer un facteur «crucial» pour le marché en 2011, relève également Johnson Matthey

Luc Charlier/echo nov10

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Des minis lingots d’or désormais disponibles en France

CPoRDevises, établissement de crédit filiale du Crédit Agricole, commercialise à partir du 24 novembre des lingotins d’or. Plus accessibles que le lingot de 1kg, ils devraient connaître un grand succès.

CPoRDevises propose à partir du 24 novembre des lingots d’or fin (999,9 millièmes d’or fin) en petits lingots de 500g, 250g, 100g et 50g. Pour les acheter, il suffit de passer par votre banque habituelle qui les commandera à CPoRDevises, ce dernier ne les vendant pas directement au public.

Le premier avantage tient à la diversité du choix car jusqu’à présent en France, l’unité la plus faible est le lingot d’un kilo. Quant aux pièces en or, leur prix comporte une prime qui fluctue assez largement. Le 18 mai dernier, en pleine crise grecque, elle a atteint les 20% sur le Napoléon, alors que trois mois plus tôt, c’était une décote de 1,62% qui pesait sur son cours. Ce ne devrait pas être le cas pour les lingotins bien que sur la première séance de cotation, celui de 500g est vendu 16.960 euros, tandis que le lingot d’1kg cote 32.800 euros: deux lingotins de 500g coûtent donc 1.120 euros de plus que le lingot d’1 kg. Quant au lingotin de 50g, il cote 1.704 euros, d’où une surcote de 1.280 euros par kilo. Cet écart s’explique principalement par les frais de fonderie.

L’autre avantage du lingotin par rapport aux pièces en or, vient de son traitement fiscal. À l’instar des lingots de 1 kg et barres de 12 kgs, chaque lingotin comporte une identification numérique qui lui est propre. L’acheteur de lingotin peut donc justifier à l’administration fiscale son coût d’achat et opter pour le paiement de la taxe sur les plus-values réelles. Une décote de 10% étant appliquée chaque année, au-delà de la deuxième année de détention, au bout de douze ans, la vente peut être réalisée en franchise de taxe.

Source JDF | 24.11.2010

2 réponses »

  1. les lingotins étaient déjà accessibles auprès des fondeurs….
    Il s’agit juste d’un coût de pub du CA….
    la banque devrait conserver de l’or plutôt que d’en vendre…..

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