Art de la guerre monétaire et économique

Inflation : ce qui se voit et ce qui ne se voit pas par Thorsten Polleit

 Inflation : ce qui se voit et ce qui ne se voit pas par Thorsten Polleit

 De nombreux observateurs du marché se posent la question suivante : une augmentation massive de la base monétaire va-t-elle véritablement se traduire par une augmentation du stock de monnaie des ménages privés et des firmes, ce qui ensuite produirait les effets visibles d’une augmentation du stock monétaire ?

PLUS DINFLATION EN SUIVANT :

Les multiplicateurs – qui étudient les relations entre le crédit et les réserves monétaires des banques commerciales par rapport aux réserves monétaires des banques en termes de monnaie de base- se sont effondrés à la fin de l’été 2008. La volonté et la capacité des banques à produire du crédit et de la monnaie ont sévèrement décliné.

Les banques commerciales sont en train de gommer les « effets de levier» et les risques financiers de leurs bilans. Les propriétaires privés des banques ne sont plus prêts à risquer leur capital dans le commerce du crédit aux niveaux actuels de retours sur investissement.

Cela dit, on peut affirmer que les marchés se sont embarqués dans un  processus de correction des effets de certaines politiques économiques mal ficelées, effets causés par une expansion incessante du crédit en circulation et de la monnaie à cours forcée, c’est-à-dire une monnaie créée à partir de rien d’autre que d’une volonté politique, et encouragée par la baisse artificielle du taux d’intérêt de la part des banques centrales.

Les marchés sont en train d’imposer une contraction du crédit et de l’offre monétaire. Si les banques ne sont plus prêtes à prolonger des crédits supplémentaires et réclament le remboursement des crédits arrivés à échéance, le crédit et l’offre de monnaie se verront décliner et cela nous conduira droit à la récession et à la déflation.

Un tel développement serait hautement indésirable en particulier du point de vue des gouvernements et de leurs bénéficiaires. De fait, cela menacerait leur existence même. Et c’est de là que provient le danger réel d’une inflation encore plus forte.

Pourquoi l’inflation va empirer et non s’atténuer ?

La politique d’augmentation du stock de monnaie est l’outil le plus performant d’expansion du gouvernement. Il permet de financer les revenus de l’Etat et les élections mais aussi d’exproprier et de corrompre les membres de la société de la manière la plus subtile. Comme Ludwig von Mises le notait :

« Un gouvernement se trouve toujours obligé de recourir aux mesures inflationnistes quand il ne peut pas négocier de crédits et n’ose pas lever de nouveaux impôts parce qu’il craint avec raison de ne pas obtenir de soutien de la politique qu’il mène s’il révèle trop vite les conséquences financières et  économiques de cette dernière. Ainsi l’inflation devient la ressource psychologique la plus importante de toute politique économique dont les conséquences doivent être masquées et, dans cet esprit, elle peut être considérée comme un instrument impopulaire, c’est-à-dire anti-démocratique, politique puisqu’elle induit en erreur l’opinion publique puisqu’elle permet l’existence ininterrompue d’un système de gouvernement qui n’obtiendrait jamais l’assentiment du peuple si les circonstances lui étaient clairement exposées. Voilà la fonction politique de l’inflation. Cela explique pourquoi l’inflation a toujours été une ressource importante parmi les mesures politiques en temps de guerre et de révolution et pourquoi nous la retrouvons au service du socialisme. Quand les gouvernements ne croient pas qu’il est nécessaire d’adapter leurs dépenses à leurs revenus et s’arrogent le droit de creuser le déficit budgétaire en imprimant des billets, leur idéologie relève d’un absolutisme déguisé ».

Ceux qui espèrent que l’inflation arrive maintenant à son terme -étant donné que le marché est en train d’amorcer une contraction de l’expansion du crédit en circulation et de l’offre monétaire- expriment implicitement un certain optimisme sur le fait que le gouvernement Léviathan batte en retraite. Malheureusement, les derniers développements, en particulier l’augmentation de la base monétaire et l’augmentation des déficits budgétaires toujours plus importants ne corroborent pas une telle perspective.

Même les banques réduisent leur activité de crédit et on ne devrait pas oublier qu’aujourd’hui, sous les régimes de monnaies à cours forcé contrôlés par les gouvernements, le stock de monnaie peut être augmenté à volonté et à tout moment jugé politiquement propice. De manière tragique, la déflation –la baisse du stock de monnaie -qui est si redoutée actuellement- peut également être évitée si cela est politiquement désirable.

L’inflation peut être produite par les banques centrales ou les banques commerciales ou bien encore tout simplement en prêtant ou en achetant des actifs ne provenant pas des banques mais en les payant avec de la monnaie nouvellement émise. Au vu de la situation actuelle, la monétisation de la dette publique par les banques centrales est probablement la manière la plus simple de produire de l’inflation, ce qui est et doit être défini comme une augmentation des réserves monétaires.

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  [1] Dans des circonstances normales, les banques garderaient leurs réserves excédentaires proches de zéro et elles ne conserveraient que le minimum de réserves dont elles auraient besoin. Détenir de la monnaie de base ne procure aucun revenu d’intérêts. Ainsi, si le profil « revenu-risque » d’une opportunité d’investissement devient attractif, les banques peuvent s’attendre à utiliser leurs réserves excédentaires, cela signifie qu’elles vont soit commencer à prêter ou à acheter des actifs (actions, obligations etc.).

Par Thorsten Polleit./Ludwig von Mises Institute 30/6/2009

Thorsten Polleit est professeur honoraire à l’Ecole de Finance et de Management de Francfort

Traduction source et remerciements : 24hgold jan11

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-inflation–ce-qui-se-voit-et-ce-qui-ne-se-voit-pas.aspx?article=2169001224G10020&redirect=false&contributor=Thorsten+Polleit.

EN RAPPEL : Nous allons droit à l’(hyper)inflation par Thorsten Polleit.

 L’échec des régimes de monnaie fiduciaires partout dans le monde est devenu flagrant. Ces systèmes monétaires ne peuvent être maintenus en vie que grâce aux banques centrales qui créent des quantités de monnaie croissantes et aux gouvernements qui signent des reconnaissances de dettes aux grandes banques commerciales.

 La réserve fédérale américaine par exemple, a augmenté la quantité de sa base monétaire – ce qui inclut la demande des dépôts des banques à la Fed, et les pièces et billets en circulation – de 870,9 milliards de dollars en août 2008 à 1735,3 milliards de dollars en janvier 2009.

Figure 1

 Les « réserves excédentaires » des banques –c’est-à-dire les fonds de monnaie de base détenus par les banques moins les réserves obligatoires – ont augmenté de 1,9 milliards de dollars à 798,2 milliards. Ces réserves supplémentaires permettent au secteur bancaire, qui opère sous un système de réserves fractionnaires, d’augmenter le crédit et l’offre de monnaie dans une grande proportion.

 La base monétaire augmente quand la banque centrale prend en main les actifs préoccupants des banques commerciales afin que celle-ci puisse octroyer de nouveaux crédits à ces banques. Ce processus gagne en ampleur : le 18 mars 2009, le Comité Fédéral du Marché Ouvert (FOMC- Federal Open Market Committee) annonçait qu’il allait augmenter la base monétaire en achetant 1 150 milliards de dollars d’obligations supplémentaires. Il considérait également d’élargir la base monétaire en augmentant les crédits aux foyers privés et aux petites entreprises.

 Va générer de l’inflation

Ce que fait la Fed, c’est produire de l’inflation – et ceci est une vérité qui contraste vivement avec ce que les économistes des principales écoles nous expliquent, c’est-à-dire que l’augmentation de la base monétaire ne conduit qu’à une augmentation de la liquidité sur le marché interbancaire et ne va pas affecter les quantités de monnaie détenues par les consommateurs, les entreprises et le gouvernement, qui – ils l’admettent – pourraient ensuite faire augmenter les prix à la consommation et donc produire de l’inflation.

 A la fin de l’hyperinflation hongroise de l’après guerre, les billets de banque avaient si peu de valeur qu’ils étaient jetés comme des ordures.

(Hongrie, 1946)

 Par opposition, les économistes de l’école autrichienne soulignent que l’inflation est le résultat d’une augmentation de la quantité de monnaie. Ce point de vue repose sur des principes sains d’économie, fermement ancrés dans la notion qu’avant toute chose, la valeur est un concept subjectif. La monnaie est un bien comme les autres et donc, elle est sujette à la loi de l’utilité marginale décroissante.

 Une augmentation de la quantité de monnaie réduit nécessairement l’utilité marginale d’une unité monétaire- et donc sa valeur- du point de vue de l’individu ; de la même manière, l’utilité marginale d’une unité monétaire –et donc, sa valeur augmenterait si le stock de monnaie déclinait.

 Les changements dans la valeur que les individus assignent à une unité monétaire sont reflétés dans les prix des articles à vendre. Par exemple, si la quantité de monnaie entre les mains d’un individu augmente, il se peut qu’il veuille détenir davantage d’autres sortes de biens. Tandis qu’il échange sa monnaie contre des biens en vente, leurs demandes respectives augmentent et donc leurs prix aussi.

 En ce sens, la variation de la quantité de monnaie est ce qui doit être appelé inflation, alors que les variations des prix pour les biens et les services ne sont que les symptômes de cette cause sous-jacente, qui est la variation de la quantité de monnaie.

 L’augmentation de la base monétaire a, jusqu’à présent, uniquement permis d’éviter le déclin des valeurs-titres détenues par les banques au niveau des prix du marché. En d’autres termes, l’injection de monnaie aide à maintenir les prix des actifs à un niveau artificiellement élevé, empêchant ainsi les marchés financiers, et les marchés des crédits en particulier, de s’ajuster.

 La voie vers une inflation sans cesse accrue

 Le régime, – contrôlé par le gouvernement -, de monnaie à cours forcé est hautement inflationniste, parce qu’il permet une augmentation du stock de monnaie grâce au crédit bancaire au-delà de l’épargne réelle (crédit en circulation). Le stock de monnaie croissant pousse les prix vers le haut –que ce soient les prix à la consommation ou les prix des actifs (tels que les actions, l’immobilier etc.).

Figure 2

  Faire croître la quantité de monnaie par le crédit en circulation déclenche un boom illusoire conduisant à des « mauvais investissements ». Cependant, ces derniers ne remontent pas à la surface tant que le crédit et l’offre de monnaie continuent de croître.

 Si la croissance de l’offre de monnaie ralentit tout d’un coup, les attentes des investisseurs sont déçues et les projets d’investissement qui étaient –dans un monde ayant toujours plus de monnaie à disposition et des prix croissants – considérés comme économiquement viables, deviennent non-profitables.

Le ralentissement de la croissance de la monnaie révèle que la structure de production n’est pas en phase avec la demande réelle et démasque alors la dilapidation de ressources rares. Et ainsi, le boom artificiel induit par les injections de monnaie se transforme en crise.

 Une politique qui maintiendrait un boom artificiel exigerait des augmentations toujours plus grandes de la quantité de monnaie. Ludwig von Mises réalisa que cela conduirait à un désastre.

 « Il n’y a pas de moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom créé par une expansion du crédit. L’alternative se limite à savoir si la crise devrait avoir lieu un peu plus tôt en raison d’un abandon volontaire d’une expansion accrue du crédit ou plus tardivement en tant que catastrophe finale et totale impliquant le système monétaire concerné ». [1]

 Les Méthodes pour produire de l’inflation

 Dans une tentative d’éviter à l’offre et au crédit et de monnaie de se ralentir et ainsi aux économies de se diriger vers une récession, les politiques monétaires mondiales sont en train de pousser les taux d’intérêts vers zéro et d’augmenter la quantité de monnaie de base, et donc les surplus de réserves des banques, de manière très conséquente.

Figure 3

  On peut s’attendre à ce que les banques commerciales fassent usage de leurs surplus de réserves parce que les soldes de monnaie de base ne rapportent aucun intérêt : les banques doivent engendrer des revenus pour être dans la position de payer les intérêts sur leurs propres dettes (demande, dépôts à terme et comptes d’épargne et obligations).

 Elargir les prêts constitue une option possible. Cependant, dans un environnement d’emprunteurs financièrement « sur-tendus », les banques pourraient être hésitantes à augmenter leurs prêts auprès des firmes et des foyers. De fait, il se peut qu’il soit de plus en plus difficile pour les banques de le faire, étant donné que le capital est devenu de plus en plus rare et coûteux.

 Et donc, les banques commerciales pourraient souhaiter monétiser la dette gouvernementale, étant donné que cette dernière ne demande pas à mettre de capital en usage. Le gouvernement dépense alors la quantité de monnaie additionnelle créée sur des projets politiques opportuns (allocations chômage, infrastructure, défense etc.) et la quantité de monnaie entre les mains des firmes et des foyers augmente.

 Si, par contre, les banques commerciales décident de restreindre leurs prêts, et rappellent leurs crédits dus, le gouvernement peut décider –une autre mesure drastique mais logiquement conséquente à l’interventionnisme – de nationaliser l’industrie bancaire (ou au moins, une grande partie de celle-ci). Ce faisant, il peut obliger les banques à augmenter leurs crédits et leur offre de monnaie.

 La banque centrale pourrait aussi imprimer davantage de monnaie et la distribuer aux entreprises et foyers comme un transfert de paiement[2]. Dans un régime de monnaie à cours forcé, ceci peut être fait sans aucune limite et à n’importe quel moment, comme l’a dit clairement le Président de la Réserve Fédérale Ben S. Bernanke dans un discours notoire prononcé en 2002 :

 [Le] gouvernement américain possède une technologie, appelée planche à billets (ou aujourd’hui son équivalent électronique), qui lui permet de produire autant de dollars US qu’il le souhaite à un coût pratiquement nul. En augmentant le nombre de dollars US en circulation, ou bien en menaçant de manière crédible de le faire, le gouvernement américain, peut également réduire la valeur des dollars en termes de biens et de services, ce qui est équivalent à augmenter les prix en dollars de ces biens et services. Nous pouvons en conclure, que dans un système de monnaie-papier, un gouvernement déterminé peut toujours engendrer des dépenses plus grandes et donc une inflation positive.[3]

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  Le Chemin vers l’hyperinflation

La monnaie à cours forcé contrôlée par le gouvernement est une monnaie frauduleuse. C’est de la monnaie qui a été créée à partir de vide, en violation des droits de propriétés : la monnaie à cours forcé ne requiert aucune des activités productrices de richesses typiques d’un marché libre, elle est, par construction, une monnaie frauduleuse.

 De plus, la monnaie à cours forcé, créée par les banques grâce à l’expansion du crédit cause nécessairement des cycles de croissance et de récession (phénomène de bulle, en anglais : « boom-and-bust »), qui conduisent les gouvernements à faire reculer les forces du marché libre pour soutenir l’économie et maintenir à flots  ce régime de monnaie à cours forcé; en fait, la monnaie à cours forcé va miner de manière croissante l’ordre du marché libre.

 Mises était bien conscient des conséquences ultimes d’un régime monétaire qui repose sur des augmentations de la quantité de monnaie produites par les banques qui augmentent leurs crédits en circulation. A un moment ou un autre, des faillites à grande échelle résulteraient en une contraction du crédit et de l’offre de monnaie (déflation).

 Ou bien, cela se terminerait en hyperinflation:

 Mais une fois que l’opinion publique est convaincue que l’augmentation de la quantité de monnaie va continuer et ne jamais finir, et qu’en conséquence, les prix de tous les biens et services ne vont jamais arrêter de croître, tout le monde veut acheter autant que possible et réduire au minimum ses liquidités. Car dans ces circonstances, les coûts normaux afférant à l’encaisse sont accrus par les pertes causées par la diminution progressive du pouvoir d’achat de la monnaie. Les avantages des encaisses de liquide doivent être payés par des sacrifices qui sont jugés excessivement lourds. Ce phénomène fut appelé pendant la période de grande inflation des années 20, la fuite dans les biens réels (Flucht in die Sachwerte) ou « boom de catastrophes» (Katastrophenhausse).

 Mises connaissait très bien ce à quoi il faisait référence. Il avait vécu cette période de grande inflation qui avait commencé en Europe en 1914 avec la grande guerre. Celle-ci mena finalement à l’hyperinflation et à une destruction complète du Reichsmark allemand en 1923. D’un point de vue technique, l’hyperinflation allemande était le résultat de la monétisation par la Reichsbank allemande de la dette budgétaire du gouvernement, émise pour financer les avantages sociaux, les subventions et les payements de réparation.

Dans son livre “L’ère de l’inflation” (1979), Hans F. Sennholz analysant l’hyperinflation allemande d’un point de vue politico-économique, se demande “qui serait l’auteur d’un tel mal infligé à une grande nation, qui aurait des ramifications politiques, économiques et sociales, non seulement en Allemagne mais  dans le monde entier ? » [5] Sa réponse, qui donne à réfléchir, fut que :

 Chaque mark était imprimé par les Allemands et émis par une banque centrale gouvernée par les Allemands sous un gouvernement qui était entièrement allemand. C’étaient les partis politiques allemands, tels que les socialistes, le parti centriste catholique et les démocrates, formant divers gouvernements de coalition qui étaient entièrement responsables des politiques qu’ils menaient. Mais bien sûr, on ne peut pas s’attendre à ce qu’aucun parti politique n’admette sa responsabilité pour aucune calamité. [6]

 Ceci dit, l’hyperinflation allemande était le résultat d’une politique qui considérait que le financement de la dette gouvernementale, par le biais d’une augmentation de la quantité de monnaie à un rythme accéléré, était politiquement la méthode la moins défavorable. Il semble que cette opinion ait toujours cours. Aujourd’hui, il existe un grand soutien de l’opinion publique concernant l’augmentation de la quantité de monnaie pour financer les banques en difficultés, les compagnies d’assurance et de façon plus importante, la dette gouvernementale.

 « Les doctrines et théories qui ont conduit à la destruction monétaire allemande depuis lors ont causé des destructions dans beaucoup d’autres pays. En fait, elles sont probablement partout à l’œuvre actuellement dans le monde occidental. » [7] L’économie autrichienne maintiendrait, à juste titre, que les politiques actuelles de monnaies à cours forcé sont devenues de plus en plus inflationnistes -et qu’elles ne devraient pas avoir de doutes dans le fait que les forces et instruments qui peuvent paver la route vers l’hyperinflation sont déjà en place et gagnent des forces chaque jour.

 La solution contre une destruction de la monnaie actuelle, c’est le retour à une monnaie saine – une monnaie de marché-libre – comme décrite par Mises et développée ensuite par Murray N. Rothbard.

 Elle résulterait probablement, du moins dans sa phase initiale, en une monnaie garantie par l’or avec un taux de réserves de 100%. La limitation du cours de l’or semble soutenir l’idée que les gens considèrent l’or comme un moyen ultime de paiement – un statut qui devient de plus en plus évident dès que les gens craignent que la valeur d’échange de la monnaie à cours forcé ne s’érode substantiellement.

Figure 3

 Thorsten Polleit  Ludwig Von Mises Institute 2/4/2009

 Thorsten Polleit est professeur honoraire à l’Ecole de Finance et de Management de Frankfort

Traduction source et remerciements : 24hgold jan11

 http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-nous-allons-droit-a-l-hyper-inflation.aspx?contributor=Thorsten+Polleit.&article=2130872070G10020&redirect=False

EN COMPLEMENT : L’affaire des assignats….et les subprimes par Bruno Colmant

Dans ces moments de détresse financière, nombreux sont ceux qui attribuent à l’État des vertus de morale financière. Or ce n’est pas toujours le cas. Les dévaluations monétaires et créations d’inflation sont épisodiquement des escroqueries régaliennes. L’impôt, lui aussi, peut s’avérer confiscatoire.

Parfois, les événements prennent une tournure économiquement délictueuse. Comparable au rognage des pièces d’or, l’affaire des assignats de la Révolution française en est un exemple édifiant. L’histoire mérite un détour car elle a donné naissance à l’expression de la « planche à billets ».

Au moment de la Révolution française, la France est au bord de la faillite, car la moitié du budget de l’État sert à éponger des dettes. En 1789, Talleyrand propose une nationalisation des biens de l’Église, dont le montant est évalué à 2 à 3 milliards de livres de l’époque. L’Assemblée nationale décide alors de mettre les biens du clergé à la disposition de la Nation.

Le problème est que la vente des biens ecclésiastiques prend du temps et interdit des recettes budgétaires rapides. Les autorités françaises décident alors de créer une « Caisse de l’Extraordinaire » destinée à émettre du papier-monnaie qui représente la valeur des biens cléricaux. Cette Caisse émet 400 millions de billets, divisés en coupures de 1.000 livres et portant intérêt à 5 % : les assignats. Ces derniers sont gagés sur la vente prévue de biens nationaux. Les assignats ne sont donc rien d’autre qu’une rétribution en monnaie métallique garanti par des biens immobiliers. Ils sont assimilés à des obligations hypothécaires, sous une forme plus élémentaire que les CLO, CDO et autres titres de subprimes.

Toute personne qui désire acheter des biens cléricaux doit le faire avec des assignats. Il faut donc que les particuliers les achètent préalablement, essentiellement avec de l’or.

La vente d’assignats assure une rentrée de fonds immédiate pour l’État, qui prévoit par ailleurs de détruire les assignats au fur et à mesure de leur retour dans les caisses du Trésor public.

Mais les assignats sont facilement falsifiables, et l’Angleterre en profite pour inonder la France de billets contrefaits.

Progressivement, les pièces métalliques ne circulent plus, car elles sont thésaurisées tandis que les assignats circulent de plus en plus vite. Rapidement, le système s’emballe : l’État doit émettre de plus en plus de billets pour faire face à ses besoins, exacerbés par les exigences d’une économie de guerre. En 1796, le montant des assignats atteint 45 milliards de livres, devenus sans valeur dans un contexte d’hyperinflation et de pénurie. C’est la ruine.

En réaction, les particuliers accentuent la thésaurisation des pièces d’or et d’argent. La dépression économique s’installe alors que toutes les mesures sont tentées pour éteindre la déliquescence de la monnaie : cours forcé de l’assignat, interdiction de l’exportation des métaux précieux, fermeture de la bourse, fin de la publication des cours de change, blocage des prix et salaires, etc.

En 1797, le Directoire annule les assignats et rétablit la monnaie métallique. Une seconde tentative d’émission monétaire est relancée mais échoue. Après sa prise de pouvoir, Napoléon crée la Banque de France en 1800, lui confie un monopole d’émission monétaire et crée le franc germinal (ou franc-or), à la stabilité incontestée jusqu’en 1928.

Bien que les circonstances fussent très différentes, les subprimes ne sont donc qu’une lointaine réplique des assignats. Mais l’inconnue des crises monétaires demeure, bien sûr, les modalités de sortie : impôts, nationalisations, guerres, etc. Parfois, les crises sont résolues par une monétisation infernale, c’est-à-dire l’hyperinflation. Keynes, lui-même, préconisait des flambées inflationnistes pour sortir des crises.

Alors, l’affaire des subprimes emporte-t-elle un sentiment de déjà-vu ? La « Caisse de l’Extraordinaire » n’est-elle pas l’ancêtre des « bad banks » ? Et les subprimes ne ressemblent-ils pas aux biens immobiliers cléricaux qui, à la Révolution française, représentaient un quart de tout l’immobilier français ?  Nous n’en jurerions pas le contraire.

Il n’y a jamais de raccourci vers la prospérité.

Bruno Colmant jan11

Source et remerciements :  Bruno Colmant jan11

 http://blogs.lecho.be/colmant/2011/01/laffaire-des-assignatset-les-subprimes.html#

1 réponse »

  1. Bref , un pays comme la France peut il rembourser ses 1800 milliards d’€ d’endettement, les USA ses 14000 milliards de $ sans restructurer sa dette ou faire défaut ( défault in british ) , ou la limiter par l’inflation ? suite aux prochains numéros und Herz obenau !!!

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