Commentaire de Marché

Jean Marc Daniel : G20 : « après la crise » où en est l’économie mondiale ?

Jean Marc Daniel : G20 : « après la crise » où en est l’économie mondiale ?

Commentaire :   Dans les pays de l’OCDE, il existe une région où l’économie inspire confiance : le Nord de la zone euro

Si on regarde les pays de l’OCDE, on voit presque partout de grands déséquilibres :

aux Etats-Unis, insuffisance d’épargne, désindustrialisation, déformation excessive du partage des revenus au détriment des salariés, divergence du taux d’endettement public, endettement excessif du secteur privé ;

 – au Japon, insolvabilité qui se manifesterait dès qu’il faudrait faire appel aux investisseurs étrangers pour financer la dette publique, excès d’épargne des entreprises ;

– au Royaume-Uni, dépendance excessive de l’économie vis-à-vis des services financiers, désindustrialisation, déficit public excessif, endettement excessif du secteur privé ;

– dans les pays du Sud de la zone euro, excès d’endettement privé et public, désindustrialisation et déficit extérieur, faible profitabilité des entreprises, faibles gains de productivité ;

mais, dans les pays du Nord de la zone euro, on observe au contraire le maintien d’une industrie exportatrice forte, l’absence de problème d’endettement et de bulle, une profitabilité élevée des entreprises, la capacité maintenant à accroître les salaires et à soutenir la demande des ménages. Les pays du Nord de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, Pays-Bas) sont donc certainement la partie de la zone euro la plus attrayante pour les investisseurs.

De plus il semble qu’il y a trois problèmes fondamentaux de l’économie mondiale :

l’excès de liquidité, qui génère des flux de capitaux de taille anormalement élevée, les anomalies dans la formation des taux de change, les hausses spéculatives des prix des matières premières ou d’autres actifs ;

l’existence de pays à taux d’épargne anormalement élevé, dont la croissance conduit à une hausse du taux d’épargne du monde et affaiblit donc la demande mondiale ; qui contribuent aussi à la persistance des déséquilibres extérieurs ;

l’existence de pays à croissance potentielle faible, ou trop faible vis-à-vis des désirs des gouvernements et des citoyens, qui ont utilisés l’endettement privé puis public pour doper leur croissance, d’où les crises d’excès d’endettement.

Il semble que la coopération internationale des politiques économiques impliquerait donc :

 – le passage à une politique monétaire plus restrictive, dans les pays qui génèrent la liquidité mondiale excessive : Etats-Unis, beaucoup de pays émergents, pays exportateurs de pétrole, seule manière de stabiliser les taux de change et d’éviter les bulles sur les prix des actifs ;

 – la mise en place de politiques de stimulation de la demande intérieures dans les pays à excès d’épargne et à excédents extérieurs structurels : pays de l’OPEP, Russie, Chine, pays émergents d’Asie, Allemagne, Japon… Il peut s’agir de politiques budgétaires plus expansionnistes, de politiques de partage des revenus plus favorables aux salariés ;

 – distinguer dans les pays à croissance potentielle faible ce que ces pays doivent modifier dans leurs politiques économiques (par exemple insuffisance de l’innovation, hausse trop rapide des coûts, déficits publics inutiles, stratégies de croissance dangereuses, basées sur l’endettement, la construction) et de ce qui résulte de leur spécialisation productive normale doit être compensée, s’il y a coopération internationale, par la solidarité, le fédéralisme. Ces politiques économiques coordonnées n’ont probablement aucune chance d’être mises en place, d’où le pessimisme concernant l’apport du G8 / G20.

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