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Emergents : emergency ?

Emergents : emergency ? 

Nous vous en avions alerté il y a peu : rien ne va plus chez les Pays émergents….Comme en 2008 c’est la fable du découplage entre Pays immergés et Pays émergents qui à fait fureur sur les Marchés ces derniers temps…Mais le vernis se craquelle et la réalité toute nue apparaît pour ce qu’elle est : le découplage est peut être pour demain mais certainement pas pour aujourd’hui…  

Marchés émergents en baisse depuis décembre…Les disparités entre pays sont importantes….. les retraits de capitaux sont liés à la crainte de l’inflation….

PLUS/MOINS DEMERGENTS EN SUIVANT :

Après une tendance haussière sur les six derniers mois de 2010, les marchés émergents sont en baisse depuis le début de l’année. L’indice MSCI EM retrouve son niveau de mi-octobre 2010.

Cette tendance précède les évènements de Tunisie et d’Egypte et n’en est pas une conséquence bien que les phénomènes aient des causes communes. La propension est encore plus marquée pour l’indice MSCI BRIC qui est retombé à son niveau de fin septembre.Depuis le début de l’année, l’indice MSCI qui suit la performance boursière de ces régions affiche une perte de 1,8%, alors que celui des pays développés a engrangé 3,3%.

Le retrait constaté dans certains pays – Chine (-9.2%), Inde (-13,91%), Brésil (-6%) – est lié à la crainte de l’inflation résultant largement de l’augmentation du prix des denrées alimentaires. En raison des intempéries, l’indice mondial de la nourriture s’est relevé de 30% sur les 6 derniers mois. Dans ces pays, son inflation contribue pour 40%, en moyenne, à l’inflation totale (32,8% en Chine par exemple).

Au-delà de cette cause générale, l’inflation dans chaque pays a des origines spécifiques.

EN LIEN : WSJ/  TABLEAU DES PRESSIONS INFLATIONISTES PAR PAYS AU NIVEAU MONDIAL

Quelques exemples : En Chine, les salaires ont augmenté de 20% en 2010. La hausse du pouvoir d’achat y renforce la poussée inflationniste de la cherté des denrées. Par ailleurs, le volume des flux commerciaux entre certains pays crée un effet multiplicateur de déséquilibre. Toute perturbation en Chine affecte fortement le Brésil qui y dirige 12% des ses exportations.

Pour ce qui est de l’Inde, la crainte est aggravée par une série de scandales de corruption dont celui impliquant le ministre des Télécommunications depuis novembre dernier. L’indice indien a baissé de 13,91% depuis le début de l’année alors que la croissance économique y est de 6,5%.

On attend des banques centrales de ces pays qu’elles augmentent les taux pour juguler l’inflation ce que certaines restent réticentes à faire. Plus elles attendent, plus les mesures qui devront être prises seront sévères et susceptibles de créer des chocs déstabilisateurs.

Les indices d’un certain nombre d’autres pays sont, par contre, positifs: Russie (+8,43%), Argentine (+2,3%), Pologne (+8,25%). Globalement, les bénéfices des sociétés des pays émergents attendus pour 2011 sont en moyenne de 19% avec un P/E Ratio de 11,5. Le rendement des actions émergentes attendu pour 2011 est de 20% en moyenne, très supérieur au rendement obligataire de 8% (en dollars comme en monnaies locales).

Selon Agnès Arlandis Responsable des marchés émergents chez HSBC Private Bank., la Russie devrait être très positive en 2011 avec une performance de 24% et un P/E Ratio de 6,5. La Corée et le Mexique seront également très porteurs. Elle favorise surtout les producteurs de matières premières, en particulier la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweït et l’Afrique en général. Elle recommande également les obligations libellées en euro ou en dollar dans la mesure où le risque de défaut est nul dans la plupart des pays.

Xavier Hovasse de Carmignac Gestion, de son côté, fait remarquer des sorties très importantes de capitaux des marchés émergents, avec fin janvier, 7 milliards de dollars de sortie en une semaine (dont 2 milliards des fonds Asie et 360 millions des fonds latino-américains). Il s’agit de la plus grosse sortie hebdomadaire depuis 2002 et de la quatrième plus importante de l’histoire.

Il confirme que l’inflation, due à la vulnérabilité des pays émergents vis-à-vis du prix des denrées mais aussi de celui du pétrole, est la raison déterminante de la crainte des investisseurs. La Turquie est particulièrement sensible à la hausse du pétrole qui explique pour moitié le déficit de sa balance commerciale. L’Inde, autre gros importateur d’énergie, est également très affectée. Dépensant 70% de son PIB en consommation, le Brésil est fragilisé par l’insuffisance de ses infrastructures et ne peut envisager maintenir son niveau de croissance (près de 8% en 2010).

Les banques centrales sont en plein dilemme:

les fondamentaux sont solides, ce qui attire les spéculateurs et provoque une appréciation des devises. Répondre à cette poussée d’inflation par un tour de vis monétaire ne fera qu’accroître la tendance, alors que ces pays veulent justement garder une monnaie faible pour stimuler les exportations», explique Agnès Arlandis

 Malgré ce casse-tête, de nombreux pays ont déjà dû se résoudre à procéder à des hausses de taux ou à prendre des mesures pour contrer l’emballement des prix.

Le Brésil a porté son à taux de 10,75 à 11,25%, au risque de miner sa compétitivité. L’Indonésie vient de monter son taux directeur, de 25 points de base, à 6,75% tandis que le Pérou l’a relevé, pour la 6e fois en huit mois, le portant à 3.25%. La banque centrale chinoise a dû relever son taux directeur et, il y a peu, augmenter à nouveau le taux de réserves obligatoire des banques en réaction à une inflation qui a atteint 4,6% à la fin de l’année. En Inde, la banque centrale a déjà relevé ses taux sept fois – l’attitude la plus agressive parmi les autorités monétaires asiatiques – pour atteindre 6,5%, tandis que le gouvernement serait en train de réfléchir à la suppression d’une taxe à l’importation. Malgré cela, le pays, dont le renchérissement dépasse les 8%, «n’en fait pas assez», juge Agnès Arlandis

Dangers de la flambée des prix de l’alimentation

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La flambée de l’inflation dans les pays émergents s’explique en grande partie par les prix de l’alimentaire. Ces cours ont, en moyenne, bondi de 30% en six mois. Une hausse d’autant plus pénible que la composante nourriture est beaucoup plus importante dans ces régions. En Chine, elle pèse 32,8% de l’indice des prix à la consommation. En Inde, où l’inflation est calculée à partir des prix de gros, la part de la nourriture s’élève à 23%. Dans certains pays, cette proportion est considérable – elle atteint 44% en Egypte – et tranche avec les pays développés. En Suisse, la pondération des différentes composantes de l’indice des prix à la consommation de l’Office fédéral de la statistique laisse une part à peine supérieure à 11% aux produits alimentaires

Car, partout où le pouvoir d’achat est attaqué par la hausse des prix, plane le «danger de voir l’agitation sociale grandir, comme on l’a déjà vu en Tunisie et en Egypte. En plus de cette instabilité, le resserrement monétaire risque de faire déraper les bourses. C’est la raison pour laquelle de nombreux stratèges sont tentés de freiner – provisoirement – l’investissement dans ces régions et de favoriser les pays développés. Roger Keller, responsable du conseil en placement de BNP Paribas (Suisse) à Genève, souligne les fondamentaux incomparablement plus solides dans le monde émergent. En raison des effets potentiellement nocifs à court terme des hausses de taux nécessaires, il préfère cependant favoriser les actions américaines, pour le moment. C’est le même raisonnement qui a conduit Goldman Sachs à recommander les bourses des pays développés.

Contrôles de capitaux

La possibilité que d’autres mesures de contrôles des capitaux soit introduites pour lutter contre l’appréciation des devises n’est pas à négliger. Elles ont déjà pu décourager des investisseurs, notamment au Brésil où une taxe de 6% a été introduite sur les investissements financiers. Mais, Thomas Stucki, responsable des investissements chez Hyposwiss, rappelle que «ces pays ont besoin des flux de fonds étrangers et ces mesures risquent de les freiner».

S’il devait conseiller un investisseur qui souhaite rester dans les marchés émergents, la première recommandation de Jonathan Garner, responsable de la stratégie sur les marchés boursiers asiatiques et émergents chez Morgan Stanley, est de se réfugier sur les entreprises versant des dividendes solides. «Dans une telle situation on cherche à accroître la certitude des rendements, plutôt que de tenter de parier sur la bonne réaction des autorités du pays», justifie le stratège. Le prix du pétrole paraissant promis à une forte hausse, ce dernier recherche, logiquement, les actions du secteur de l’énergie. «Les secteurs les plus en aval – les communications, les fabricants de produits durables ou électroniques – peinent en période d’inflation dans ces pays», relate le stratège de Morgan Stanley. Leurs habitants, sous pression, se limitent en effet aux achats de biens de première nécessité

 Jonathan Garner estime que la situation actuelle est plus fragile qu’il n’y paraît. Il «suffit de réduire d’un seul cran les différentes variables des modèles prévisionnels», pour se retrouver soudain face à un avenir beaucoup moins euphorique et «une stagnation des bénéfices des entreprises» cotées sur ces marchés.

Fin des énormes surplus

Cela vaut en particulier pour ce qu’il appelle «l’inflation industrielle» – la hausse des coûts des matières premières et des salaires – à laquelle font face les usines de ces régions. «Entre l’été 2009 et l’été 2010 cette inflation était nulle, depuis cela a drastiquement basculé», pointe ce banquier installé à Hongkong. Selon lui, les entreprises asiatiques sont d’autant plus vulnérables «qu’elles sont forcées d’accepter les prix qui leur sont imposés sur le pétrole ou l’alimentation importés».

Autre élément d’inquiétude, il y a cinq ans, tous les pays émergents bénéficiaient d’un énorme surplus de leurs comptes courants. «Aujourd’hui leur consommation intérieure – dopée par une politique monétaire trop expansive – croit plus vite que leur activité économique, il y a un risque de surchauffe», prévient Jonathan Garner. Un chiffre? La demande intérieure chinoise est supérieure de 50% à celle observée début 2007

Source Nicolette de Joncaire/ Mathilde Farine et Pierre-Alexandre Sallier agefi/le temps fev11 

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