Art de la guerre monétaire et économique

Le syndrôme Wall Mart par Roy Damary

Le syndrôme Wall Mart par Roy Damary

La baisse du chiffre d’affaires illustre l’essoufflement du consommateur américain . Ou tout du moins la faiblesse de ses moyens.

La semaine dernière, nous évoquions les trois risques conjugués qui assiègent les économies et les marchés financiers:

l la faiblesse du dollar et sa perte de crédibilité comme monnaie de réserve;

l l’inflation qui s’insinue directement par les intrants;

l l’inflation tirée par la demande à l’est (et le dégât collatéral sur les prix à l’ouest).

De fait, ces trois menaces se sont précisées ces jours derniers. Même si des données positives continuent d’émaner des États-Unis, rares sont les ripostes au problème de base qu’est le surendettement.

Selon le FT, les standards et la qualité de certaines émissions d’obligations se dégradent comme on peut le constater avec le retour de clauses tarabiscotées ou des montages qui n’offrent plus la même sécurité. La presse n’a pas cru bon de s’attarder sur la baisse des ventes dans les magasins Wal-Mart et le peu d’écho qu’elle lui a donné ne s’arrêtait qu’aux implications négatives (alors qu’elle pourrait être considérée comme un premier signe d’essoufflement du consommateur, ou tout du moins de la faiblesse de ses moyens). Il est vrai que Geithner a souligné que la situation économique était insoutenable et même exprimé son admiration pour l’austérité adoptée par le Royaume-Uni. Loin d’être un leader charismatique, il a au moins le courage de prendre publiquement le contrepied du discours dominant. D’autres, généralement des intellectuels, comme Roubini ou Kotlikoff au travers de son article» Quand l’illusion ne parvient plus à masquer la faillite «, parut sur Bloomberg contestent aussi la rhétorique politique.

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PLUS/MOINS DE BANKRUPT EN SUIVANT :

L’inflation se diffuse par les intrants. La Libye est à feu et à sang et les prix du brut sont à la hausse, tandis que la poussée des prix chinois contribue aux pressions inflationnistes par leurs exportations. En outre, la hausse des taux d’intérêt en Chine devrait ralentir sa croissance et donc, ses importations – mauvaise nouvelle pour les pays occidentaux qui comptent sur leurs exportations pour sortir de la récession.

Dans l’ensemble, les doutes que nous émettons depuis des mois sur la solidité de la reprise en occident s’avèrent justifiés et les marchés financiers transitent dorénavant de la quête de rendement à l’aversion du risque. Sans fausse modestie, rappelons que c’était là notre recommandation depuis plusieurs mois.

L’euro semble tenir bon malgré les incessantes querelles politiques. Il est à peine croyable que le président sortant de la Bundesbank puisse contredire la politique de la BCE et de son propre gouvernement. Nous sommes convaincus que l’euro survivra et prospérera, mais seulement au prix d’un transfert de souveraineté nationale au profit de Bruxelles ou Francfort. Notre raisonnement est que, malgré les commentaires d’Axel Weber, l’engagement politique et financier de l’Allemagne et des autres principaux pays de la zone euro est énorme. Les Allemands ont les moyens (et tout intérêt) à maintenir une zone euro unie et si cela doit passer par la fédéralisation de la dette, ils le feront.

Le G20 s’est montré aussi indécis sur la question des devises que la plupart d’entre nous le redoutions. Néanmoins, le problème des monnaies de réserve devra être résolu; il est simplement trop important pour être escamoté. L’écho aux provocations du secrétaire du Trésor John Connally en 1971: «C’est peut-être notre monnaie, mais c’est votre problème» résonne encore au fil des ans. Lorsque les États-Unis ont décroché le dollar de l’étalon-or, ils ont unilatéralement récrit les règles du commerce mondial en leur faveur. Le moment est venu de changer la donne.

Roy Damary/ Bridport Investor Services/www. bridport.ch

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