Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito : Nous sommes passés près de la catastrophe, le monde global aussi par Bruno Bertez

L’Edito : Nous sommes passés près de la catastrophe, le monde global aussi par Bruno Bertez

 Ouf! Nos sommes passés bien près de la catastrophe.

 

   La semaine au 19 août aurait pu être une semaine noire; finalement, elle s’est avérée n’être qu’une semaine grise. Nous avons frôlé la catastrophe ou, plus exactement, nous avons failli nous rapprocher trop vite de la catastrophe, la grande, la belle, la finale.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

 Dans cette semaine, notre indice-phare, le S&P500 a chuté de 4,7%. On a enfoncé les soutiens techniques intermédiaires et maintenant il faut compter sur le soutien majeur de la zone 1030/1040. Nous sommes à 1120. Il y a de la marge. 


 Ce sont évidemment les banques qui ont donné le « la », mais les cycliques et tout ce qui est épinglé « risk-on » a été maltraité. 

source Bespoke

 L’Europe a conduit la baisse globale des marchés sous le leadership allemand: le Dax a été amputé de 8,6%.
 
 
 
source Bespoke

Comme on pouvait s’y attendre, l’escarpolette financière a bénéficié au complexe du « risk-off ». Les taux longs ont chuté. Le 10 ans américain est revenu à 2,07%; le bund allemand à 2,1%.

*

Les taux des bonds-subprimes européens ont fortement monté. Un exemple: le Grec à 2 ans est à 36,5% soit une hausse de 3,5 points de base! La menace de chaos boursier et la menace de chaos systémique ont profité à l’or: on gagne plus de 100$ l’once.

La machine financière a failli se gripper tant pour de vraies raisons que pour de fausses rumeurs. La liquidité s’est fortement restreinte. Le marché de gros du refinancement pour les banques européennes est plus que frileux; dans certains pays, les dépôts de détail fuient.

source Financial Times

Nous sommes passés, le monde global est passé, près de la catastrophe, disons-nous. Cette affirmation est à prendre pour ce qu’elle est, c’est-à-dire pour un paradoxe. La chute des bourses, le gel partiel des refinancements de gros, l’élargissement des spreads de risques ne constituent nullement la catastrophe que nous visons.

Quand nous disons que nous avons frôlé la catastrophe, nous voulons signifier que la chute des marchés a bien failli avoir raison des nerfs, de la lucidité, de la détermination des leaders européens.  Ils ont bien failli ne pas avoir le courage de prendre le risque de s’opposer aux marchés. Ils ont bien failli prendre le risque de l’aventure suprême.

Malgré la pression, malgré le forcing des marchés, c’est-à-dire en fait, malgré les manipulations des grandes banques, Merkel n’a pas cédé. Elle a dit non aux Eurobonds. Elle a dit non à l’accélération de l’allure du convoi européen sur la route du chaos. Ouf, l’Allemagne a tenu bon. C’est positif pour l’Europe. C’est positif pour le monde global. 

La pression des marchés, les coups de boutoir ont été tellement puissants que l’on peut se demander s’ils étaient spontanés, naturels, innocents. Tout s’est passé comme si…

La panique on a frôlé, mais l’emballement ne s’est pas produit. Lors de la conférence de presse avec Sarkozy, Merkel a écarté les Eurobonds, mais de façon nuancée, peu convaincante.  Visiblement, il y avait de la diplomatie dans l’atmosphère. Dès le lendemain, et encore les jours suivants, elle a tranché, pilonné: il n’y aura pas d’Eurobonds. Toute ambiguïté a été levée.

Les jours d’après, le Secrétaire Général de la CDU Hermann Gröhe. le ministre des Finances, le prestigieux Otmar Issing, Jürgen Starck de la BCE, sont venus enfoncer le clou: l’Allemagne refuse et refusera les Eurobonds.

  • La mutualisation des dettes de la zone euro coûterait au pays plus de 20 milliards d’euros en dix ans. Un prix jugé excessif qui justifie selon le gouvernement allemand le rejet de cette mesure avant l’instauration d’une politique budgétaire et fiscale commune. 

Les euro-obligations coûtent trop chères. C’est ce que cherchent à démontrer les calculs du ministère allemand des Finances, repris par l’hebdomadaire Der Spiegel ce dimanche. Ce mécanisme, qui consiste à mutualiser les dettes des 17 pays de la zone euro, quel que soit leur état de santé, coûterait la première année 2,5 milliards d’euros d’intérêts en plus pour le budget allemand du ministre des Finances. Ce coût serait deux fois plus élevé la deuxième année pour atteindre un total de 20 à 25 milliards d’euros au bout de dix ans.

Sur cette base, la chancelière allemande Angela Merkel a de nouveau fermement rejeté l’instauration de ce système, bien que de nombreux professionnels des marchés estiment qu’il s’agit de la solution à la crise de la dette souveraine européenne. «Les euro-obligations sont tout à fait la mauvaise réponse à la crise du moment. Elles nous amèneraient à une union de la dette et non à une union de la stabilité», affirme-t-elle dans un entretien à la chaîne ZDF.

Ses propos font écho à ceux tenus par le ministre de l’Économie Philip Rösler au journal Bild am Sonntag : «Les euro-obligations sont un mauvais signal adressé aux économies nationales défaillantes. Couvrir les risques des autres pays avec les euro-obligations aurait pour effet immédiat de faire grimper les taux d’intérêts allemands. Cela aurait des effets dramatiques sur la croissance dans notre pays», explique-t-il.

 La croissance a beau ralentir, les marchés ont beau menacer, les commentateurs ont beau gloser, rien n’y fait, l’Allemagne tient bon.

Quelques commentaires en provenance des gens de marchés s’imposent, ils permettent d’éclairer la position de la communauté financière: « ils sont incompétents et créent une crise qui n’est pas nécessaire », « l’Europe n’a aucun leadership politique », « ils sont timides et irrésolus ». Ces commentaires acerbes montrent à quel point les marchés ont choisi leur camp.

Premièrement, ils sont inflationnistes, ils adorent l’inflation et la facilité.

Deuxièmement, la position allemande est une position-clé et elle ferme la route aux solutions de court-terme euphorisantes. L’Allemagne reste fidèle à sa doctrine: on ne soigne pas le trou de la dette en creusant un trou plus profond; on ne donne pas les moyens d’émettre plus de dettes en Europe en donnant la garantie allemande.  Faire l’Eurobond, c’était ouvrir la porte à un accroissement considérable de la masse de dettes dans le système, c’était repousser les limites de la solvabilité. C’était comme donner la caution des parents à un jeune ménage pour qu’il s’endette et se sur-endette.

Nous avons eu peur quand, dans la conférence de presse, nous avons entendu Merkel affirmer « nous voulons obtenir la confiance des marchés ». Nous avons craint que la position allemande soit moins ferme. Heureusement, la confiance dont il s’agissait n’était pas celle des marchés au jour le jour, ce n’était pas la confiance de la communauté spéculative mondiale, il s’agissait de la vraie confiance, de celle dont jouissent les parents lorsqu’ils savent dire non à un enfant capricieux. Les marchés ont été gâtés, ils ont pris l’habitude d’obtenir tout ce qu’ils voulaient de la part des politiciens et des apprentis sorciers banquiers-centraux. Ils ont perdu l’habitude qu’on leur résiste et qu’on leur dise non.

  Nous saluons comme il le faut cette fermeté allemande. Nous saluons le refus de reflater l’Europe par un nouveau round de dettes, de dettes souscrites par un système bancaire sur-endetté et déjà trop exposé aux risques souverains. Nous apprécions que l’on sache dire non aux banques, lesquelles volontairement enchainent leur destin à celui des souverains afin de continuer à être « to big to fail ».

Les Allemands disent non et c’est très bien, n’en déplaise à tous les socialistes, gens de gauche et faux-démocrates, qui rêvent de gérer la crise de sur-endettement par des pseudo-remèdes sans douleur qui rêvent du free-lunch généralisé, mais qui pratiquent le mensonge, l’omission et la manipulation institutionnalisées. Le drame des politiques de gauche, tout comme celui des droites laxistes, c’est que tout en étant sourds à tous les arguments de bon sens, ils ne sont malheureusement pas muets. L’inflation verbale ne leur suffit pas. Il leur faut en plus l’inflation monétaire. Après avoir dévalué les paroles publiques, ils rêvent de dévaluer le fondement, la pierre angulaire de toute société, la monnaie.

Les députés socialistes français et allemands pour des Euro-obligations : 

Le président des députés PS, Jean-Marc Ayrault, et son homologue du Bundestag allemand, Franz-Walter Steinmeier, invitent lundi dans une déclaration commune leurs gouvernements respectifs à « ne pas refuser de discuter de l’introduction des eurobonds ». 

« Nous invitons les gouvernements allemands et français à ne pas refuser de discuter de l’introduction des eurobonds qui doivent être liés à des dispositions strictes concernant la politique budgétaire et financière des Etats de l’Union européenne », font savoir M. Ayrault et le président du groupe SPD M. Steinmeier. 

« Les Eurobonds peuvent être un moyen important pour résoudre la crise de refinancement des Etats endettés », ajoutent-ils, alors que l’Union européenne « traverse la crise économique et financière la plus grave de son histoire ». 

« C’est avec inquiétude que nous observons que les chefs d’Etat et de gouvernement manquent de courage pour affronter résolument la crise », observent-ils encore, jugeant que les dispositions « adoptées par la Chancelière Merkel et le président Sarkozy restent très en deçà de ce qu’il conviendrait de faire ». 

Lors de leur rencontre la semaine dernière à Paris, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont déclaré que les euro-obligations ne répondaient pas aujourd’hui à la crise de la dette de la zone euro.

Le lien entre la dette souveraine et la santé de la monnaie est évident . C’est parce que les Etats ont trop de dettes et que les banques ont souscrit à ces dettes qu’il faut ou qu’il faudrait créer de la monnaie pour les sauver. Les politiciens partisans de l’eurobond se gardent bien de tracer ce lien.

(cliquez sur le graphique pour aggrandir)

Source Der Spiegel

La réalité est que la bulle de la dette souveraine et la fragilité des banques sont les deux faces d’une même médaille. Les banques sont vulnérables parce qu’elles se sont inconsidérément surchargées de bonds souverains. Crise des souverains et crise des banques sont les deux aspects soigneusement dissimulés d’un même problème: le problème de la monétisation indirecte des dettes gouvernementales. Les banques et les souverains sont complices face à la BCE et face au public qu’elles entendent prendre en otages.

source Wall Street Journal

Faire l’Eurobond, ce serait continuer le tourniquet, le Ponzi infernal de la monétisation de la dette des gouvernements; ce serait pousser les taux européens à la hausse; permettre de creuser les déficits; permettre de repousser les ajustements. Bref, ce serait préparer l’accélération de l’inflation et la hausse future des impôts.

Nous résumons ci-dessous les principaux aspects de la position allemande afin de la faire toucher du doigt et afin de faire percevoir clairement ce à quoi nous avons échappé.

1)      refus de favoriser un nouveau round d’endettement européen en donnant la garantie allemande

2)      refus de céder aux marchés qui réclamaient l’inflationnisme à tout crin et sans limite

3)      refus d’augmenter le risque dans le système, refus d’augmenter sa fragilité en mettant en jeu la solvabilité de l’assureur ultime, l’Allemagne

4)      refus d’alimenter la grande dérive globale souhaitée par les Anglo-Saxons

5)      refus d’exposer les dernières lignes de défense, c’est-à-dire d’exposer l’euro et de sacrifier son statut particulier de monnaie spécifique gérée en fonction des enseignements douloureux des passés et non pas en fonction des théories fumeuses et abracadabrantes qui règnent dans le présent.

Grâce à la position allemande:

1)      la France va devoir mettre les bouchées doubles pour conserver son triple A et conserver sa place au sein du core européen

2)      l’Europe reste le point d’ancrage de stabilité dans un monde qui glisse à vau l’eau

3)      la fuite en avant va certes continuer, mais elle sera ralentie par la corde de rappel qui est ancrée au pilier allemand.

La position allemande est réaliste, mais tout dépend du point de vue duquel on se place et tout dépend des priorités que l’on se donne. Si l’on considère que le malheur suprême est la destruction de la monnaie, si l’on donne la primauté à la conservation d’une monnaie saine, alors la position allemande est réaliste.

En revanche, si l’on fait basculer les valeurs et si l’on se donne comme principal objectif la survie de l’euro, cette position allemande est certainement beaucoup moins réaliste. Mais, finalement, qu’importe car l’opposition n’est qu’apparente. À quoi servirait de sauver l’euro comme monnaie commune si l’on devait en faire une monnaie condamnée, viciée, pourrie par une pratique destructrice?

Bruno Bertez le 22 Aout 2011

EDITO PRECEDENT :

L’Edito : Inflation ou déflation? Risk-on ou risk-off ? Les faux débats! par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

9 réponses »

  1. Le Titanic « ZONE EURO » est en train de faire naufrage … et les membres d’équipage sont en train de se battre !

    Dans le poste d’équipage du Titanic « ZONE EURO », une bagarre générale vient d’éclater !

    La commandante Merkel veut que tout le monde reste à son poste pendant le naufrage, mais ses lieutenants finlandais, autrichiens, néerlandais, slovaques et slovènes ne pensent qu’à sauver leur argent !

    Quant à ses lieutenants portugais, irlandais, italiens, grecs et espagnols, ils sont carrément tombés à la mer et ils sont en train de se noyer : ils demandent aux autres de leur lancer des bouées, mais les autres ne veulent pas parce qu’il n’y a plus de bouées !

    C’est ça, la tragédie du Titanic « ZONE EURO » : le bateau coule, mais il n’y a plus de bouées !

    Et en plus, les membres d’équipage sont en train de se battre !

    Dernières nouvelles du Titanic :

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=737485d7a6feb1664b9ce1d1f1b1a18c

  2. « À quoi servirait de sauver l’euro comme monnaie commune si l’on devait en faire une monnaie condamnée, viciée, pourrie par une pratique destructrice? »
    « Grâce à la position allemande: 2) l’Europe reste le point d’ancrage de stabilité dans un monde qui glisse à vau l’eau »

    Le hic, c’est que l’euro est -fondamentalement- vicié, de par ses défauts de conception létaux: il enchaîne artificiellement, et pour le pire, des nations aux politiques économiques diamétralement opposées.

    L’euro ne mérite pas d’être ‘sauvé’: son taux de change ne peut servir qu’une fraction des nations utilisant cette devise à la fois, et nuit très gravement à la santé économique des autres pays (perte de compétitivité=> croissance zéro, voire négative).
    Présentement, à son taux actuel, l’euro sert quasi exclusivement les intérêts économiques de l’Allemagne, au détriment de la majorité (des autres européens).
    Les PIGS, France comprise, font carburer leur économie au Deutsche Mark allemand, à sa valorisation allemande, pilotée par la BundesBank.(ou pricé tel que par les marchés). Problème: les moteurs Fiat ou Peugeot se détériorent quand on les alimente au kérosène.

    L’euro était avant tout un outil politique, visant à favoriser la construction politique européenne.
    Il s’est vu attribuer, par récupération politique, toutes les vertus, telles que stabilité des prix, croissance économique miraculeuse, ou ligne Maginot implacable contre les crises (dont celle des supprime… américains).

    Aujourd’hui il ne reste plus grand monde pour croire au mythe, les innombrables caricatures de la situation européenne autorisent les enfants de 10 ans à se construire leur propre opinion.

    Mais tandis que monsieur le Marché tente de rappeler à l’affreux euro-canard les lois immuables du darwinisme, les politiciens prolongent son agonie en reportant ses souffrances sur celle de leurs populations.
    Imposer par diktat une déflation à des gouvernements virtuellement ruinés, représentant plus de 200 millions d’européens, est une solution discutable, pour qui souhaite par dessus tout éviter de rééditer les conséquences historiques de l’hyperinflation de Weimar sur un peuples désespéré.

    Avant l’euro, l’inflation provoquée par les gouvernements était également nommée dévaluation compétitive.

    • Je partage votre analyse. L’EURO est fondamentalement vicié. Vicié car il repose sur une erreur théorique a savoir que l’on pourrait par une monnaie commune forcer a la convergence économique et à l’intégration politique: il repose sur l’erreur qui consiste à croire que l’on peut mettre la charrue abstraite avant les bœufs concrets.

      L’EURO marche sur la tète en quelque sorte il est le produit d’une idéologie politique idiote qui croit que les signes, les abstractions gouvernent et produisent le réel. Une monnaie n’est rien d’autre qu’un signe même si ce signe est important.

      On veut refaire le même mauvais coup avec l’eurobond,quasi-monnaie européenne, que celui fait avec l’euro, monnaie européenne.
      L’abstraction est suffisamment complexe pour que les citoyens ne comprennent pas.
      A partir de l’eurobond on veut , sans le dire bien sur comme toujours, faire évoluer le système européen vers les systèmes Anglo-Saxons dans lesquels la banque centrale peut indirectement monétiser la dette des gouvernements grâce au tourniquet des banques qui souscrivent aux valeurs du Trésor puis les revendent a la banque centrale contre du cash ou des réserves.

      Selon les nouveaux théoriciens de la MMT (Modern Monetary Theory) et le Chartalisme l’endettement des gouvernements des pays qui disposent du pouvoir d’émission monétaire ne connait aucune limite. On connait l’antienne, la propagande, selon laquelle les Etats-Unis ne peuvent faire défaut puisqu’ils sont débiteurs en dollars et qu’ils peuvent créer à partir de rien autant de dollars qu’ils le veulent pour payer leurs dettes .On voudrait faire évoluer le système européen dans cette direction et il est évident, bien que dissimulé, que la création d’eurobonds est un premier pas.

      Tout comme le ballon d’essai lancé par Trichet de la création d’un Trésor européen constitue le complément de l’eurobond et fait évoluer vers l’intégration politique.

      Les analystes qui critiquent l’eurobond ne sont pas convaincants parce qu’ils se placent dans une vision statique: ils pèsent les avantages et les inconvénients, les couts etc en simulation , en instantané. Ce faisant ils tombent dans le piège qui leur est tendu.

      La stratégie des tenants des Pouvoirs doit être appréciée en dynamique. Pour nous faire comprendre nous prendrons un exemple qui montre qu’une décision en appelle une autre.
      Quand la BCE a pris lors de la crise des mesures non conventionnelles pour injecter des liquidités elle a mis le doigt dans un engrenage qui conduit maintenant a acheter des obligations souveraines junks, pourries parce que si on le fait pas, les refinancements deviennent impossibles et le système bancaire européen saute et la BCE saute aussi .

      Le fait que la BCE ait chargé son bilan de junks rend obligatoires les séquences suivantes et fait que l’on nous dit il n’y a pas d’autre alternative. La manipulation est la, il s’agit mine de rien de rendre inéluctables les étapes suivantes.

      Dans le cas des eurobonds il est clair que l’on n’en comprend la portée qu’en replaçant tout cela dans une stratégie, or cette stratégie est soigneusement cachée.

      Ce ne sont pas les malheureux partis de gauche, syndicats et autres qui vont se charger de décortiquer les dispositifs, ils sont inflationnistes dans l’âme et plus il y a de possibilités de laxisme plus ils sont satisfaits. Quant a la droite elle est toujours contente de délocaliser la souveraineté française pensant que cela met le pays a l’abri de dérives sociales difficilement contrôlables autrement.

      Derrière l’économie, la finance et la monnaie il y a toujours de la politique.

      Dans notre analyse dynamique nous partons de l’idée suivante.

      L’eurobond est un artifice , un faux nez et des moustaches pour faire en sorte que les pays qui n’ont plus accès au marché du refinancement ,faute de solvabilité réelle, retrouvent la possibilité d’accéder a ce marché.
      Le taux d’intérêt de l’eurobond est censé être plus bas que le taux auquel ces pays pourraient s’endetter en son absence. Ils retrouveraient de nouvelles possibilités de continuer a accumuler de la dette. Les signaux, les feux rouges, les limites à l’excès seraient supprimés. C’est un free lunch, avec l’eurobond on rase gratis. On nous dit qu’un nouvel aréopage européen remplacerait les marchés et surveillerait, contrôlerait, bref mettrait des freins aux déficits et aux émissions. Qui croit cela ? N’a t on pas l’expérience historique de l’incapacité des organes européens à contrôler et faire respecter les critères de Maastricht? N’a ton pas l’exemple de l’incurie de Eurostat? N’a ton pas l’exemple des tricheries et mensonges des PIIGS? N’a ton pas conscience du fait que dans certains pays la gouvernance est déplorable, que les provinces de certains soit disant souverains sont incontrôlables?
      Mais le plus important n’est pas la. Si a la faveur de l’eurobond certains pays réussissent à se financer et refinancer, qu’en sera t il de leurs banques sur l’interbancaire. Est ce que les marches vont tomber dans le leurre de l’apparente solvabilité du pays, solvabilité factice? Bien sur que non , on retrouvera le problème de la solvabilité des couples maudits banques/pays souverains au niveau des banques c’est évident. Ce sont elles qui souscrivent et sur souscrivent aux émissions de leurs souverains. Ces banques au moindre coup de vent conjoncturel, social ou autre se retrouveront sans accès au marché interbancaire et qui devra intervenir, qui devra prendre le relais: La BCE voyons!
      En dynamique la question de la solvabilité réelle des souverains se retrouvera au niveau de leur système bancaire et il est évident que la BCE ne pourra pas dire non , elle n’aura aucun argument pour ne pas intervenir, ainsi sera boucle le Ponzi de la monétisation indirecte institutionnalisé.

      Chassez le naturel il revient au galop disait Aristote, chassez l’insolvabilité, elle revient en boomerang affirmons nous.
      Et elle revient ailleurs, en plus vicieux, plus pernicieux, comme une taupe dans le système. Tout cela parce que les conditions d’une solvabilité réelle ne sont pas réunies, parce que une fois de plus on veut mettre la charrue avant les bœufs, parce que l’on n’a pas séparé le couple maudit pays souverains/système bancaire.

      Le mensonge ne paie pas, ou plutôt ne paie plus quand le système est au bout du rouleau.
      Le smart money connait la situation mieux que les politiques et quelquefois mieux que les banquiers centraux, et pour cause il bénéficie d’informations privilégiées, dissymétriques.
      Les triple A de l^hypothécaire américain ont vole en éclats , les fausses garanties des assureurs de dettes également, le rating des souverains européens surendettés s’est effondré la crise est décapante. Il est fini le temps ou l’on pouvait durablement faire croire que les vessies étaient des lanternes; dire que l’eau des égouts est aussi claire que l’eau de source n’a qu’un temps et la solvabilité artificielle accordée aux souverains surendettés et mal gérés par l’eurobond ne sera qu’éphémère. Le temps du premier coup de vent , le temps du premier problème bancaire.

  3. Mardi 23 août 2011 :

    La croissance du secteur privé allemand à un plus bas de 25 mois.

    Principaux résultats préliminaires publiés mardi 23 août des enquêtes mensuelles PMI réalisées par Markit auprès des directeurs d’achats des secteurs de l’industrie manufacturière et des services en Europe.

    ALLEMAGNE – L’INDUSTRIE STAGNE, LES SERVICES RALENTISSENT.

    L’activité manufacturière est restée stable au mois d’août en Allemagne, restant à son plus bas de 25 mois, sous l’effet d’une chute des nouvelles commandes, montre l’enquête PMI menée auprès des directeurs d’achat des entreprises.

    S’il ressort meilleur que prévu – le consensus n’anticipait que 50,8, après 52,0 en juillet – il ne parvient pas à s’éloigner de la barre des 50 qui sépare contraction de croissance et reste à son plus bas depuis juillet 2009.

    L’indice PMI des services est ressorti plus bas qu’attendu à 50,4 pour août, contre un consensus de 52,0, et après 52,9.

    L’indice PMI composite est lui aussi inférieur aux attentes, à 51,3, contre 52,2 attendu.

    « Le principal moteur de croissance de la zone euro est en train de caler. C’est un tournant spectaculaire pour l’Allemagne », s’est alarmé Chris Williamson, économiste chez Markit.

    FRANCE – CONTRACTION DANS l’INDUSTRIE, CROISSANCE DES SERVICES.

    L’activité manufacturière s’est contractée en France en août et, malgré la bonne tenue des services, la croissance du troisième trimestre s’annonce molle, montrent les résultats publiés par Markit-CDAF.

    L’indice PMI composite est remonté à 53,6 en version « flash » contre 53,2 en juillet.

    Dans les services, l’indice des directeurs d’achats, qui reculait lui aussi depuis mai, est reparti à la hausse à 56,1 après 54,2 le mois dernier.

    Mais ce rebond occulte le net recul de l’indice de l’industrie manufacturière, qui chute à 49,3 et repasse pour la première fois depuis juillet 2009 sous le seuil de 50 séparant contraction et expansion de l’activité.

    L’enquête montre aussi que les nouveaux contrats signés par les entreprises françaises (industrie et services confondus) ont enregistré en août leur plus faible croissance depuis deux ans.

    Dans les services, la composante des anticipations des chefs d’entreprises accuse une baisse de plus de cinq points d’un mois sur l’autre.

    Sur cette base, Markit anticipe une croissance du PIB français limitée à 0,1 % ou 0,2 % au troisième trimestre.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE77L0RG20110823

  4. Pour moi c’est évident. La fausse gôche a très bien compris que si elle voulait sauver ses clientèles de rentiers, elle ne pourrait le faire qu’en détruisant la monnaie. C’est à dire dévaluer d’autant les rentes des goinfres que les revenus des méritants, histoire de garder la même pyramide sociale, avec ses clientèles en haut de la rente. C’est le seul moyen pour elle de ne pas s’attaquer ouvertement aux rentes de ses protégés : dévaluer d’autant tout le monde…

    En tous cas, on comprend que les français fassent plus confiance à Merkel qu’à Sarkozy pour sortir de la crise…

    Pour l’instant, on n’a vu aucune attaque ouverte contre la rente en France… Parce que ne vous leurrez pas, quand ils vous parlent de perte de compétitivité, ils vous parlent en fait de hausse de la rente… Combien de temps vont-ils encore réussir à tenir ?

  5. Mercredi 24 août 2011 :

    Taux – Plus haut record pour les rendements grecs à 2 ans : 42 %.

    Les rendements des obligations d’Etat grecques à deux ans ont atteint mercredi leur plus haut niveau depuis la création de l’euro en 1999, la question des collatéraux demandés en échange des prêts consentis à la Grèce étant perçue comme un risque pour le déblocage de la prochaine tranche d’aide.

    La demande finlandaise a provoqué de vifs remous dans la zone euro, en particulier à Berlin où la chancelière Angela Merkel a rejeté mardi soir tout traitement de faveur pour la Finlande dans le cadre du plan d’aide à la Grèce.

    Dans le sillage d’Helsinki, l’Autriche, les Pays-Bas ou la Slovaquie ont notamment réclamé de pouvoir également bénéficier du même traitement.

    La Finlande a menacé de se retirer du plan d’aide à la Grèce si son exigence d’obtenir des collatéraux en échange de ses prêts n’était pas satisfaite.

    Dans ce contexte, le rendement du deux ans grec a grimpé d’environ deux points mercredi à 42 %, tandis que le CDS grec à 5 ans a bondi de 106 points de base à 2.200 pdb.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE77N0CY20110824

  6. Lundi 29 août 2011 :

    Comment interpréter les chiffres des taux des obligations d’Etat grecques ?

    Quelle interprétation pouvons-nous faire de ces chiffres tsunamiens ?

    Que signifient ces chiffres razdemaréesques ?

    Mon interprétation : les investisseurs internationaux pensent que la Grèce va se déclarer en défaut de paiement avant un an.

    La Grèce est insauvable.

    La Grèce est insolvable.

    Grèce : taux des obligations à un an : 60,843 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 45,624 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 18,103 %.

    • A mon avis, la Grece va se declarer en cessation de paiement dans 1 mois plutot !!!

  7. Mardi 30 août 2011 :

    Banques européennes : l’Autorité bancaire européenne est inquiète.

    L’Autorité bancaire européenne (EBA) s’inquiète de la sous-capitalisation de certaines banques européennes, au diapason de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, selon le Financial Times Deutschland paru mardi 30 août.

    Face à ce constat, le patron de l’EBA Andrea Enria a écrit au conseil Ecofin à Bruxelles pour lui demander que le Fonds d’aide européen (FESF), créé pour prêter aux Etats de la zone euro en difficulté, donne de l’argent directement aux banques dans une situation critique pour accélérer leur recapitalisation, affirme le quotidien germanophone.

    Vendredi 26 août, Mme Lagarde avait estimé « urgent » de recapitaliser les banques européennes pour qu’elles soient « suffisamment solides pour faire face aux risques que représentent les dettes publiques et la faiblesse de la croissance ».

    (Dépêche AFP)

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