Behaviorisme et Finance Comportementale

Humeur de Loup du Mardi 6 Novembre 2012 : Rapport Gallois/ Quand Nanette Vitamine réinvente l’eau tiède! Ou bienvenu dans le camp des pestiférés! Par Bruno Bertez

Humeur de Loup du Mardi 6 Novembre 2012 : Rapport Gallois/ Quand Nanette Vitamine réinvente l’eau tiède! Ou bienvenu dans le camp des pestiférés! Par Bruno Bertez

Nous le répétons, nous aimons bien Louis Gallois. Et puis au moins, il sait ce que c’est qu’une entreprise… lui.

Ce  que nous savons de son travail est parcellaire, mais la logique de l’information, si elle est respectée, conduit à mettre en avant ce qui est le plus important. Donc, ce que l’on sait à ce jour suffit à nos critiques.

 Le Pacte Gallois DéLiRiUS

  Une dévaluation,  cela consiste à réduire le pouvoir d’achat des nationaux, et, en revanche à augmenter le pouvoir d’achat de l’étranger, le pouvoir  d’achat de l’étranger. En clair, par la baisse du change, on baisse les prix exprimés en devise étrangère et donc on augmente le pouvoir d’achat des étrangers. Encore formulé autrement, on augmente le pouvoir de prélèvement de l’étranger sur les richesses produites par les Français. On réduit la part de la France dans la richesse mondiale. 

Baisser les charges sociales sur la production française, c’est tenter de réduire les prix français afin qu’ils soient plus bas, entendez par là, c’est le but du travail de Gallois, qu’ils soient plus compétitifs.

De combien, on ne sait pas, car, comme à l’accoutumée, les usines à gaz qui vont être construites empêchent tout chiffrage, pour ne pas dire toute efficacité. 

Donc, baisser les charges sociales équivaut à mettre en place une branche de ce que l’on appelle une dévaluation du change. 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Passons à l’autre branche, le financement de cette baisse de 6% des charges et de x%; nous disons bien x% de baisse des prix.

Il aurait été antisocialiste de baisser les charges et de réduire les dépenses en contrepartie, redistribution sacrée oblige ; donc, la contrepartie, on en parle déjà, sera une fiscalisation de cette mesure, entendez par là une hausse des impôts. 

Qu’est-ce qu’une hausse des impôts? C’est une baisse du pouvoir d’achat  réel disponible des Français. On leur retire du pouvoir d’achat en augmentant les impôts, peu importe à ce stade la forme de l’augmentation de la taxation et son habillage. 

L’important est que le pouvoir d’achat intérieur du système français baisse. Le pouvoir de prélèvement des Français sur la richesse et la production mondiale baisse. Nous le répétons. On appauvrit la France, le contraire de la prospérité et de ce que l’on appelle le cercle vertueux à l’Allemagne.

 Quelle est la seconde branche de toute dévaluation, de toute amputation du change? 

Ben voyons, vous avez deviné, si la valeur extérieure de la monnaie baisse, cela représente une baisse de pouvoir d’achat des nationaux. D’ailleurs, n’est-ce pas, Monsieur Mitterrand, on l’accompagne souvent en plus d’un plan d’austérité pour faire bonne mesure. 

Exactement ce qui se passe dans le tour de passe-passe que l’on s’apprête à faire gober aux Français.  On augmente le pouvoir d’achat de l’étranger que l’on fait semblant de stigmatiser par ailleurs, et on resserre d’un cran la ceinture des nationaux. On secrète, comme on dit en langage codé, un excédent exportable. Dieu, que cela est bien dit. 

On fait une dévaluation masquée, plus ou moins équivalente  aux dévaluations internes imposées aux pestiférés grecs, espagnols, italiens. On fait du FMI par anticipation, ou plutôt on tente de rattraper par une dévaluation subreptice une partie de la baisse de compétitivité que l’on a déjà générée en six mois de gestion. 

Mitterrand avait tenu plus longtemps avant de se résoudre à la dévaluation/ Canossa! 

Mais il est vrai qu’ici, on a l’épée dans les reins de la crise européenne, on ne croit pas à la prolongation du sursis dont bénéficie la France, on rêve de solutions miracles pour le chômage. 

On ne se rend pas compte que l’on ne peut à la fois décourager les gens d’embaucher et, en même temps, leur demander d’augmenter leurs effectifs! On ne veut pas admettre qu’il est impossible de stigmatiser la recherche de l’efficacité, de la productivité et du profit et, en même temps, améliorer la compétitivité du système français. On n’arrive pas à intégrer le fait que le mythe de la social-démocratie -une chose et son contraire- est imbécile. On ne peut faire cent fois la même chose et, en même temps,  espérer des résultats différents. C’était peu ou prou ce que disait Einstein. 

Le constructivisme, illusion des élites auto proclamées de savoir mieux que tout le monde dans tous les domaines, est la cause de la sous-compétitivité française. 

Nous n’avons jamais vu un capitaliste, un chef d’entreprise, un artisan, un travailleur indépendant, se priver de la possibilité de gagner plus d’argent, de s’enrichir en se développant, et pourtant, c’est le cas en France. 

Si être chef d’entreprise permettait, comme le pensent les socialistes et la fausse droite, de s’enrichir et de vivre mieux en exploitant plus de gens, en en mettant plus au travail, croyez-moi, les chefs  d’entreprises le feraient. Alors, s’ils ne le font pas, il doit bien y avoir une raison et c’est cette raison, ces raisons fondamentales, qu’il faut retrouver. 

  • Si la vie est plus agréable en étant fonctionnaire, on cherche à devenir fonctionnaire. 
  • Si la vie est douce en étant assisté, alors on baigne dans les délices de l’assistanat. 
  • Si la vie est plus riche en étant chef d’entreprise, on cherche à devenir chef d’entreprise. 
  • Si c’est encore plus agréable, plus gratifiant, alors, on cherche à grossir, à prospérer, à investir, à être le meilleur, à être compétitif, à embaucher ; voilà, c’est tout simplement le bon sens.

 La première règle que devrait se donner un gouvernement est d’une simplicité enfantine, facile à formuler, facile à mettre en œuvre: ne pas faire de dégâts, ne pas faire de tort, ne pas nuire… 

BRUNO BERTEZ LeMardi 6 Novembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON  :

EN LIEN : Politique Friction du Lundi 5 Novembre 2012 : Sur la question de la compétitivité; le poisson pourrit par la tête par Bruno Bertez

6 réponses »

  1. Terrible lapsus.

    Vous vous souvenez du lapsus de Rachida qui, encore toute pleine de sa rencontre avec Desseigne confondait inflation et fellation. Et bien Ayrault, qui venait certainement d’avoir un entretien avec un klepto- conseil vient de commettre un lapsus aussi révélateur, mais moins amusant.

    Rachida nous a fait rire et a un mis un peu de légèreté dans ce monde oppressant de la politique, Ayrault, lui, nous a plongé dans le noir.

    Lundi voici ce qu’il a dit : « Nous voulons favoriser la montée en gamme de nos entreprises, Cela signifie favoriser l’innovation et LA SPECULATION »

    Comment le premier ministre a t il su que nous allions stigmatiser le cœur de son plan comme une dévaluation déguisée , favorable aux spéculateurs et défavorable aux français, alors que nous n’avions pas encore rédigé notre texte?

    Pour que les choses soient claires, le Ministre s’est repris, et a corrigé, non pas
    SPECULATION, mais SPECIALISATION du coup sa phrase qui était riche de sens est devenu une platitude.

    Le lapsus est quelque chose de merveilleux, il fait entrer ce qui est caché, le non-dit dans le grand jour: Il révèle ce que l’on veut à tout prix cacher, mais qui fait boomerang tant il est vrai que, au fond de chaque sujet, il y a un désir de vrai, un désir d’échec dans le mensonge. Un lapsus c’est une sorte de rêve éveillé ou la vérité du sujet sort malgré lui, dans la défaillance de son contrôle.

    Ce qui importe, dans la parole politique, ce n’est pas ce qu’ils disent mais ce qui leur échappe, ce qu’ils font ou ne font pas. D’ou l’importance d’un décodage non conventionnel qui ne se laisse pas prendre au piège des intentions apparentes….

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    • Bonjour,

      C’est vraiment excellent. « Pour Freud les lapsus ne sont donc pas une simple contamination sonore mais trouvent leur origine dans « une source en dehors du discours » et que « [c]et élément perturbateur est constitué soit par une idée unique, restée inconsciente, mais qui se manifeste par le lapsus et ne peut, le plus souvent, être amenée à la conscience qu’à la suite d’une analyse approfondie, soit par un mobile psychique plus général qui s’oppose à tout l’ensemble du discours. » » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapsus). Le Grand Vizir n’est donc pas celui qu’il prétend être?

      Bonne journée

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  2. Une lecture décapante
    .
    Puisque l’on parle de compétitivité, de travail, nous ressortons de notre mémoire un vieil ouvrage de Victor Scherrer intitulé : la France paresseuse
    .
    Il est paru en 1987, déjà, aux éditions du Seuil . Vous ne le trouverez pas, à notre avis dans les « Maisons de la Culture », mais cherchez bien, il est encore accessible.

    Scherrer a fait un travail de titan, pas 35heures, non, des centaines et des centaines d’heures de recherche et mise en forme.

    Ce n’est pas un livre idéologiques, rédigé à partir d’une idée, du top down c’est du bottom up. . On étudie le réel et on en tire des conclusions.

    Des pans entiers de la société sont passés en revue, des secteurs, des professions, et on en arrive à la conclusion que la durée réelle du travail en France est l’une des plus faibles du monde. Et cela n’a pas du s’améliorer depuis avec les pauses cigarettes et facebook !

    Les Français travaillent effectivement beaucoup, beaucoup moins que les Japonais, Américains, Allemands. La France est lanterne rouge en matière de temps de travail. Secteur par secteur, un bilan, Quasi tout est tiré des statistiques fournies par les organismes officiels.

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  3. Bonjour,

    « Dieu, que cela est bien dit. » Je vous retourne le compliment, votre prose est décidément fort bien tournée et éclaire bien des aspects de la politique à la gribouille conduite par Normal 1er et ses affidés. Quand je dis « à la gribouille », ce que je pense à aux conséquences de cette politique et que je tiens à rester poli. Du point de vue de Normal 1er (et de ses affidés), tout cela est très logique. Seul le pouvoir les intéresse (voir, à cet égard, le non à l’exploitation du gaz de schiste alors que cette exploitation pourrait donner enfin à ce pays une indépendance énergétique salutaire). De toute manière, ce qui est lâché d’une main est immédiatement repris de l’autre à l’aide d’une usine à gaz dont notre technocratie raffole, usine à gaz au rendement inversement proportionnel à sa sophistication.
    Même si on peut considérer que M. Gallois a rendu une copie de bonne tenue vu son parcours industriel, le résultat de toutes les opérations conduites par ce gouvernement au plan économique va être un terrible flop. Les handicaps accumulés depuis des décennies (« Le problème de compétitivité française est très profond, même pendant les Trente Glorieuses. Le Franc a dévalué plusieurs fois, le Franc a été divisé par quatre face au Mark. Autrement dit, les Français ont l’habitude de recevoir des faux droits qui sont ensuite repris par la dévaluation. L’Allemagne, elle, a l’habitude d’une monnaie forte et de faire de vrais efforts de compétitivité. »in http://fboizard.blogspot.fr/2012/11/marc-de-scitivaux-sur-les-trente.html) sont désormais trop importants pour qu’un coup de baguette magique suffise à résolver ce problème. Je n’aborde même pas le problème de cette monnaie unique qui s’avère être un piège diabolique au service d’intérêts qui nous dépasse et dont vous vous faite régulièrement l’écho. J’ai peur, bien que les techniques de manipulation collective soient plutôt bien maîtrisées par le pouvoir (cf « Neuro esclaves » de Marco Della Luna et Paolo Cioni chez Macro-editions (http://www.dgdiffusion.com/prd_fiche-lg1.php?produitFamille=2&identifiant=31104). Plus de 800 pages très documentées et passionnantes. Extrait: « Le clivage entre la base et le sommet de la pyramide sociale s’accentue, les dernières avancées technologiques offrant un bel éventail de moyens pour un contrôle de l’opinion publique. »), que l’explosion qui arrivera quand la société découvrira que l’empereur est nu et bien nu soit, elle, proportionnelle aux frustrations et déceptions emmagasinées.

    Bonne soirée

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  4. Mercredi 7 novembre 2012 :

    Espagne : la production replonge.

    La production industrielle espagnole replonge en septembre et affiche un repli de 7% sur un an.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/11/07/97002-20121107FILWWW00375-espagne-la-production-replonge.php

    Espagne : le chômage atteint 25,02 %.

    L’Espagne a enregistré en octobre 128.242 chômeurs (+2,73%) de plus qu’en septembre, tandis que sur un an la hausse est plus prononcée, avec 472.595 demandeurs d’emploi supplémentaires (+10,84%), pour arriver à 4.833.521 chômeurs.

    Selon l’Institut national de la statistique (Ine), qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage a franchi au troisième trimestre la barre historique des 25%, avec 25,02% (plus de 52% chez les 16-24 ans), le niveau plus élevé, après la Grèce, dans l’ensemble du monde industrialisé.

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