Behaviorisme et Finance Comportementale

L’économie ne pardonne pas les erreurs du dogmatisme politique

L’économie ne pardonne pas les erreurs du dogmatisme politique

L’Histoire révèle toujours les erreurs commises, en voici l’illustration: cinq amis de pays tous différents – un Suisse, un Allemand, un Américain, un Français et un Anglais – se réunissent, le 10 novembre 1970, et décident d’alimenter leur tirelire individuelle d’un même montant. La règle est unique et simple à respecter, chacun le fait dans sa monnaie nationale. Les cagnottes sont donc respectivement par pays les suivantes: Suisse (230 francs), Allemagne (200 DM), Etats-Unis (55 dollars), France (304 FF), Royaume Uni (23 livres sterling). Aux taux de change de l’époque, les valeurs des tirelires sont rigoureusement égales.

Le 1er janvier 2002, pour honorer l’euro, ils décident de changer leur épargne dans la monnaie nouvelle et, à la surprise générale, nos citoyens découvrent leurs avoirs: Suisse (160 euros), Allemagne (100 euros), Etats-Unis (63 euros), France (46 euros), Royaume-Uni (38 euros).

Si l’Allemagne est la référence, l’épargnant suisse surperforme, l’épargnant français a perdu plus de 54% de ses avoirs, l’américain 37% et l’anglais 62%. Les dettes publiques des pays et le chômage ont des évolutions très comparables à celles des monnaies. Talleyrand disait: «Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l’Etat les fait mal!»

Le général de Gaulle est décédé le 9 novembre 1970, et c’est une façon de lui rendre hommage. Il a été le modèle d’une gestion vertueuse des finances. Le 27 décembre 1958, le Général fait adopter le plan Pinay-Rueff, malgré les réserves politiques fortes de la SFIO (socialistes), et des MRP. Onze ans plus tard, la parité du franc français vis-à-vis du franc suisse est sensiblement celle du 1er jour.

En août 1972, le président Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or et, depuis, les désordres monétaires n’ont fait que croître et embellir, alors que le monde connaît un développement extraordinaire du commerce international, quel paradoxe!

Jacques Rueff, très opposé au laxisme financier, avait observé que, pendant presque deux siècles, la convertibilité du dollar en or aux Etats-Unis, également en Angleterre, avait évité l’inflation. Il constate qu’en moyenne, à la fin de la période de convertibilité, les prix étaient sensiblement ceux du début…

PLUS DE RUEFF EN SUIVANT :

La doctrine de Rueff connaît actuellement une résonance aux Etats-Unis, grâce aux travaux de l’Institut Lehrman. Lewis E. Lehrman et John D. Mueller tracent le chemin d’une réforme monétaire: dans «How We Get from Here to There», ils plaident pour un retour à la vraie convertibilité or: The True Gold Standard 1.

John D. Mueller écrit: «Jacques Rueff n’était pas l’économiste le plus célèbre ni le plus influent de son époque, John Maynard Keynes possède ces deux récompenses. Mais les idées de Rueff sur la politique économique feront facilement la transition vers le XXIe siècle, alors que celles de Keynes ne le feront pas.» Jacques Rueff fut élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur par le général de Gaulle.

En France, les hommes politiques se comportent en apôtres de Keynes, surtout à gauche mais aussi à droite. Jacques Rueff avait prévenu: «Toutes les turpitudes de notre régime, j’en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l’Etat. Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l’action généreuse, alors qu’ils organisent la misère et la ruine.»

De 1981 à 2002, les socialistes ont gouverné pendant trois législatures complètes, ils ont pris des mesures emblématiques, «aux apparences de l’action généreuse…». L’augmentation du SMIC, la retraite à 60 ans, la 5e semaine de congés payés sont très vite sanctionnées par quatre dévaluations du franc. «… La dévaluation reprend d’une main ce qui a été donné de l’autre.» Les 35 heures, l’emblématique mesure socialiste de la fin du siècle, coûtent cher en productivité chaque année au pays. Un signe qui ne trompe pas, la mesure ne sera reprise par aucun de nos voisins. Parler d’acquis social est une faute alors que l’économie se détériore.

En 2012, les économistes estiment que l’euro est surévalué de 18 à 20% pour la France, en regard de la compétitivité allemande. Les écarts se creusent! La France pourrait-elle abandonner l’euro?

Au-delà du discours vertueux sur la réduction de la dette publique, les premières actions prises par le président de la République engendrent des antagonismes destructeurs.

L’annulation des mesures prises par le gouvernement précédent bien que celles-ci aient été négociées avec la représentation syndicale, l’augmentation du SMIC, la réduction de l’âge de la retraite, une réduction des contributions individuelles aux frais médicaux… Ces dispositions sont contraires à l’effort nécessaire. Une fiscalité, voulue discriminante et abusivement lourde, fait de la France le pays le plus taxé, pas le plus performant, mais le moins attractif. C’est par la légalité, mais avec la légitimité de l’action publique, que l’on redresse une économie nationale.

Personne ne met en cause la légalité de l’exécutif issue du suffrage universel, mais le pouvoir exécutif, par son comportement, n’a pas acquis la légitimité de son action.

La perversité des promesses électorales est évidente: sans conséquence si on n’est pas élu, elles deviennent, après une élection gagnée, la manière de remercier son électorat avec de l’argent public. Il est hautement regrettable, qu’une fois en poste le président critique à plusieurs reprises son prédécesseur, lui-même issu du suffrage universel, laissant entendre ainsi que l’action de ce dernier n’était que contestable! Les insultes de ministres lancées à des industriels français et étrangers sont stupéfiantes. Les couacs de ministres affectent l’autorité de l’Etat. Hier ils s’opposaient sur tout, sauf sur un point, faire obstacle au président-candidat et l’empêcher de poursuivre son action. Alors où trouve-t-on la légitimité?

Le général de Gaulle ne faisait jamais de promesses, ne critiquait jamais ses prédécesseurs, n’insultait jamais la France. Même si l’action publique, dont les hommes politiques sont responsables, marqua parfois les pages sombres de notre Histoire.

1. http://www.thegoldstandardnow.org

Par Arnaud Pineau-Valencienne-  Executive Search Advisor/Le Temps

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/41105658-43bf-11e2-ac7c-f1e9d2f47a83/Léconomie_ne_pardonne_pas_les_erreurs_du_dogmatisme_politique

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s