A Chaud!!!!!

Politique Friction du Mercredi 13 Mars 2013: Le problème de Hollande, ce n’est pas sa gestion, c’est son élection par Bruno Bertez

Politique Friction du Mercredi 13 Mars 2013: Le problème de Hollande, ce n’est pas sa gestion, c’est son élection par Bruno Bertez 

La presse fait les  gorges chaudes de l’effondrement sans précédent de la cote de popularité du Président Hollande. On est dans des étiages jamais vus avec une approbation de 31% seulement -sondage IPSOS/Le Point (-5 points). 28% des personnes interrogées émettent un jugement plutôt favorable et 3% seulement un jugement très favorable. En revanche , 64% (+5 points) ont un avis défavorable avec 35% plutôt défavorable et 29% très défavorable. 

Hollande Person of non-interest DéLiRiUs

   Comme le fait remarquer IPSOS, on se situe au niveau record d’impopularité observé depuis la mise en place de l’enquête en janvier 1996. L’institut fait remarquer que ce qui est étrange, c’est une chute de popularité aussi prononcée à quelques mois de l’arrivée au pouvoir. D’ordinaire, les records d’impopularité des Présidents ne sont enregistrés que quelques années après l’élection présidentielle. L’institut fait encore remarquer l’effondrement du soutien des sympathisants socialistes « signe que la confiance dans le Chef de l’Etat se dégrade de façon marquée dans son propre camp. » Petite friandise, nous ne résistons pas au plaisir de souligner le fait que la personnalité la plus appréciée du gouvernement reste Manuel Valls, ministre de l’Intérieur… un comble-.

La Moutarde Dijon Hollande DéLiRiUs

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La dégradation a été forte, rapide, et elle a porté la cote du Président à des niveaux historiquement sans précédent. Il n’y a pas que la cote, évidemment, pour mesurer l’adhésion à l’action du Président, il y a aussi les commentaires de la presse, les  déclarations des alliés du Front de Gauche et de EELV, il y a aussi les petites phrases de la Première Gauche. En revanche, si l’amertume et le désenchantement sont palpables chez les citoyens, la colère, elle, n’est pas encore là. On le voit dans la fréquentation des manifestations organisées, par exemple, par Mélenchon et les syndicats. Implicitement, tout se passe comme si le peuple comprenait quelque chose que les organisations soi-disant représentatives  ne comprenaient pas.

 Le peuple reste anesthésié, il vit dans une sorte de grève larvée ou une sorte d’exil intérieur. Plus vraiment de motivation, plus véritablement d’espoir. On ne saurait mieux qualifier l’état du sentiment populaire que par le mot « résignation ». 

Quand on voit des mobilisations sociales, et il y en a, même si on en parle peu, en raison du black-out des médias complices, lorsqu’il y a des mobilisations sociales, elles sont très violentes, jusqu’au-boutistes. (Voir l’article d’Hubert Landier dans Atlantico sous le titre: « La radicalité est-elle entre train de devenir le seul mode d’action syndicale »). Le leadership est pris bien souvent par l’extrême-extrême Gauche, la vraie Gauche, celle qui n’a pas participé au rassemblement suicidaire unitaire de Mélenchon. Jusqu’à présent, les diversions mélenchonnistes, l’édredon de la Première Gauche à la soupe, la complaisance des médias, tout cela a fait qu’il n’y a pas de phénomène de tache d’huile. Il y a beau y avoir des opportunités, des occasions, la mayonnaise sociale ne prend pas. 

Mise à part notre analyse fondamentale qui consiste à avancer l’idée que la Gauche conduit le peuple dans une impasse tout à fait volontairement, notre conviction est que tout cela est lié aux conditions paradoxales dans lesquelles François Hollande a été élu. Notre proposition d’analyse est que la chute de popularité de Hollande n’est pas reliée à sa gestion, mais qu’elle est liée à la déception et aux mensonges qui ont entaché son élection. 

  • François Hollande a été élu:

1)     Sur une négation de la crise. La crise, pour lui, dans son discours, c’était Sarkozy.

2)     Il a été élu sur un refus d’austérité et un refus d’alignement sur les Allemands. Il est maintenant attaché à la laisse allemande et la France marche derrière Merkel comme un bon petit toutou. Elle jappe, même, et bouge la queue pour applaudir quand les eurocrates se permettent de critiquer les peuples qui refusent l’austérité. Hollande reste allié de Bersani l’Italien, tout comme Mélenchon, il faut le souligner. De Bersani l’austère.

3)     Il a été élu sur une promesse de croissance et une réduction du chômage. En réalité, la croissance s’est ralentie au point que l’on est, maintenant,  en récession, tandis que la mise au chômage des travailleurs français s’est accélérée.

En réalité, des promesses électorales dures, c’est à dire celles qui concernent la masse des citoyens,  rien n’a été tenu. Pire, tout a été mené à l’opposé, à 180 degrés. 

  • François Hollande a essayé de masquer son retournement et par l’accumulation du sociétale et de l’incantation à la lutte des classes:

1)     Hausse confiscatoire des impôts, haro sur les riches.

2)     Soutien aux marginaux, aux déviants et aux minorités.

3)     Attaques contre les fondements de la société au-delà de ce que souhaitait la société civile.

 Il s’est rallié le noyau dur des marginaux, généralement non-productifs. Il s’est aliéné beaucoup de Français moyens, plutôt conservateurs dans les mœurs et en matière familiale. Il s’est mis à dos le petit patronat, toute cette multitude de gens qui, sans être vraiment patron n’est pas vraiment non plus salarié.

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Les très petites entreprises vont mal. Fiducial estime qu’elles sont au bord du ravin, après les résultats de l’enquête trimestrielle commandée à l’Ifop, qui dresse un tableau très sombre où plusieurs indicateurs sont à des niveaux alarmants rarement ou jamais atteints. Les petits entrepreneurs ont totalement perdu confiance dans le gouvernement Ayrault, dont le pourcentage de bonnes opinions plonge à 17%, contre 20% lors de l’enquête de novembre et 32% pour celle de juillet dernier. L’enquête montre aussi que 88% des patrons de TPE déplorent l’absence d’une direction déterminée s’agissant des entreprises et de l’industrie, tandis qu’ils regrettent aussi largement le manque de lisibilité de la vision gouvernementale pour sortir la France de la crise. Pour Fiducial, l’exécutif et le parlement doivent impérativement reconsidérer leur vision de l’entreprise. 

L’optimisme général du climat des affaires n’est guère encourageant, puisqu’il s’établit à 18%, contre 25% en juillet, au plus bas depuis la création du baromètre en 2000. L’indicateur de situation financière par rapport aux trois derniers mois se dégrade fortement, à -25, tandis que l’évolution des créations nettes d’emplois est lui aussi en territoire négatif (-4). Et pour 2013, les espoirs d’améliorations sont faibles, avec une prévision moyenne de croissance du chiffre d’affaires limitée à 0,5%, inflation comprise. De surcroît, seules 2% des entreprises croient à un redémarrage de la croissance française en 2013, et elles sont 71% à juger une reprise peu probable avant 2015.

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 Ce que nous voulons souligner, c’est le fait que sur le fond, la gestion de Hollande n’a pas été catastrophique. Finalement, quand on y regarde de plus près, il n’a fait que chausser les patins de Sarkozy, accepter la politique du chien crevé au fil de l’eau à la remorque de l’Allemagne. Et pour les Français, ce n’était pas une nouveauté, c’était la continuité. Hollande n’a aggravé la situation par rapport à Sarkozy que sous l’aspect découragement de l’investissement et l’accroissement de la frilosité.  Ce qui, à notre avis, a beaucoup plus joué, c’est la destruction d’un rêve, d’une illusion. En fait, il a, à sa manière, accrédité, validé, les thèses de la pseudo-droite. Il a accompli la mission de la sociale-démocratie, dissimulée par un rideau de fumée et une logorrhée de lutte des classes et d’innovations sociétales. C’est autour de pareilles constatations que l’on comprend l’apathie, l’absence de révolte et finalement la non-participation des Français à l’ex-expérience qui finalement n’a même pas été tentée.

BRUNO BERTEZ Le Mercredi 13 Mars 2013

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7 réponses »

  1. Hollande est indéfendable mais il faut reconnaître qu’il hérite d’une situation délétère à très forte inertie. Il aurait été anormal que Sarkozy sorte indemne de cette analyse c’est pourquoi j’adore l’affiche avec les 2 visages… fausse droite, fausse gauche, vrai gâchis.

    Le plus déprimant c’est qu’on ne voit pas l’homme ( ou la femme) de la situation dans le champ électoral. Peut-être émergera-t-il d’une crise aiguë, d’une situation insurrectionnelle dont l’histoire à le secret.

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  2. la crise c’est la faute au libéralisme , vous n’écoutez pas laTV? ne soyez pas défaitiste le modèle Français va s’imposer et tout le monde acceptera d’augmenter les impôts à notre niveau ;il ne faut pas désespérer la fonction publique

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    • La gauche a eu des penseurs de génie. Des penseurs de génie pas pour gérer et produire des richesses, mais pour gagner les esprits et …. les élections. La gauche c’est une machine à séduire et collecter des votes tronqués.

      La droite… il n’y en a pas ou plus. De toute façon, il n’y a pas de penseur de droite, être de droite c’est un mode de vie, des principes, une morale etc… , c’est à dire tout sauf des idées .

      Il est évident que la gauche a gagné haut la main le combat culturel, même ceux qui sociologiquement devraient avoir une culture de droite, sont pollués de l’intérieur: ils pensent à gauche. Un peu plus, un peu moins.

      Personne ne défend la liberté, la responsabilité, l’effort , le gout du risque, l’héroisme, personne à droite ne se livre à une analyse critique de l’égalitarisme, de la pseudo justice sociale, de la répartition.

      Ce qui ramène la gauche périodiquement à la raison , ce n’est pas le combat politique mené par l’opposition- paix a son ame- non, ce qui la ramène périodiquement à la raison c’est l’echec. Le mur du réel.

      Les hommes politiques, les médias, les profs, les instits, tous ces gens croient dur comme fer détenir la Vérité, le Modèle, donc il n’est pas étonnant qu’ils s’en fassent les propagandistes. Leur propagande s’inscrit dans le creux d’une loi fondamentale de la nature humaine, « le principe du moindre effort » ».

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  3. Hollande continue ,la France c’est le bon élève (cf la Tribune) attendons l afin de l’année pour constater les effets de la courbe de Laffer qui parait n’existe pas..
    comme vous le constatez il n’ y a pas d libéraux au sein du personnel politique français juste des interventionnistes pratiquant le culte Etatique…. pas prêt à renoncer à leurs avantages acquis par clientélisme payé de nos deniers
    Quand nous arriverons dans le mur avec nos taux d’intérêts en hausse ;la situation à la Grecque sera en place et la guerre civile prête à éclater attentionDictature à l horizon

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  4. « Leur propagande s’inscrit dans le creux d’une loi fondamentale de la nature humaine, « le principe du moindre effort  »
    C’est le problème Français, glorifié par le PS et ses alliés, aller prendre ce qui vous manque dans la poche de ceux qui ont bossé, qui ont pris des risques et qui ont surmonté ces risques.
    Combien ont pris des risques et se sont écroulés, que ce soit en créant une boîte ou en investissant, on ne vise que ceux qui ont réussi et à ces salauds il faut tout leur prendre, et celà mené de main de maître par ces voleurs légaux qui rackettent, stigmatisent par une soit-disant légalité, justice, remplacer le mot « riche » par juif ou arabe, et dites-moi quelle est la définition de cette stigmatisation !!!!!
    Quand il n’y aura plus de vrais patrons, de gens capables de s’investir dans une création de boîte, qui va employer les chômeurs qui ne vont qu’augmenter à la vitesse grand V, l’état ??, j’en doute, l’expérience soviet devrait faire réfléchir.

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  5. Le problème de l’élection en démocratie, c’est d’emporter la majorité, puisque, pour avoir la main, il faut d’abord plaire au plus grand nombre…

    Les thématiques que vous rattachez à la droite de l’échiquier politique comprennent, il me semble, deux niveaux : l’héroïsme, le goût du risque et, en fin de compte, la liberté, sont des problématiques de vainqueurs, qui semblent s’opposer à la responsabilité, à l’effort et, au final, à une sorte de fatalisme que l’on peut considérer comme un lot plus ingrat… qui concernerait toutefois le plus grand nombre. Il y a les vainqueurs et il y a les autres…

    Au niveau économique, il est évident qu’un tel programme ne peut à lui seul suffire pour soulever les foules. Pour faire avancer une machine de guerre (une entreprise étant conquérante par définition – par nécessité), on n’aura toujours besoin de plus de jambes aux turbines que de mains sur le volant. Alors on donne quelques chansonnettes pour occuper les esprits : des couplets sur la peur/la sécurité, des refrains sur les valeurs traditionnelles/le délitement de la société feront l’affaire.

    A gauche, le problème se pose actuellement à un autre niveau. Il n’y a pas de réponse(s) économique(s) de gauche, mais beaucoup de démagogie, du fait de l’entretien d’un « savant mélange » entre égalitarisme et justice sociale. En fait, on n’accepte mal l’inégalité naturelle, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des vainqueurs, au moins au sens « économique ». L’idée de rendre les succès possibles aux classes défavorisées est évidemment inattaquable, mais elle a été dévoyée par les excès de langage et on en vient aujourd’hui à croire à gauche que l’aisance serait un dû, comme on croit à droite que toute évolution sociétale porte les germes de la décadence…

    Finalement, il est assez drôle de remarquer que la droite chrétienne cherche à justifier les lois de l’évolution darwinienne dans la société tandis que la gauche (et la fausse droite) ne cesse d’appliquer une version bâtarde de l’idéal de Jésus Christ…

    Oui, il y a de quoi rire jaune.

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