Brèves de Trottoirs

Brèves de Trottoirs du Mercredi 9 Octobre 2013: L’Europe dans tous ses états…

Brèves de Trottoirs du Mercredi 9 Octobre 2013: L’Europe dans tous ses états…  

Il est parfois bon de s’arrèter sur les bas cotés…

Eurozone : « l’union monétaire est un échec »

Nous répétons régulièrement que les gens qui ne sont plus en poste sont intéressants à écouter. Bien souvent, ils sont aigris et ils ne se sentent plus tenus à la solidarité. Ainsi, le commissaire européen néerlandais Bolkestein déclare dans De Volkskrant : « l’union monétaire est un échec ». Il suggère que les pays de l’Eurozone qui bénéficient encore d’un triple A introduisent une monnaie parallèle nouvelle en concurrence avec l’euro.

C’est une idée que nous avons déjà développée. A l’origine il s’agissait d’une vieille idée britannique. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre d’alors considérait qu’il était possible d’imaginer un système dans lequel deux monnaies européennes coexisteraient.

Un économiste allemand très réputé a réuni des chercheurs sur cette question. Nous sommes persuadés non seulement que les travaux existent mais qu’ils ont été poussés assez loin pour que le projet puisse être un jour mené à bien, si les circonstances venaient à l’imposer.

Vous remarquerez que plus personne ne parle de convergence. On ne parle que d’une chose en Europe, l’arrêt de la dégradation des conjonctures économiques. Il est évident que la mise au placard et/ou  le ralentissement des programmes d’austérité produisent une apparente embellie. Cependant, rien dans les évolutions n’indiquent que cette embellie pourrait être suffisante pour stopper l’inexorable progression des ratios de dettes. Nous sommes dans une sorte de période intermédiaire au cours de laquelle la dégradation marque une pause. Cela fait l’objet d’une large propagande mais il est évident que ceci n’est que transitoire. Les problèmes restent entiers et les choix restent à faire.

Comme pour nous donner raison, le gouverneur de la Banque Nationale d’Espagne Luis Maria Linde vient de déclarer qu’il y avait des risques que l’Espagne ne puisse pas atteindre ses objectifs de déficits fixés à 6,5% du GDP pour 2013. Nous vous rappelons que la dette espagnole est prévue pour atteindre 99,8% du GDP fin 2014.

Le Trésor espagnol prévoit que la dette publique du pays représentera 99,8 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2014 avec un projet de budget élaboré par le gouvernement de Mariano Rajoy qui est fondé sur l’hypothèse d’une croissance de 0,7 % du PIB ainsi qu’un taux de chômage en baisse qui atteindrait 25,9 %, sans oublier une réduction du déficit budgétaire qui serait ramené à 5,8 % du PIB, contre 6,5 % prévu cette année…

Un petit mot sur la Grèce. Dans le Handelsblatt, le directeur du l’ESM, le Fonds de Sauvetage Européen, a déclaré qu’il était évident que la Grèce ne pourrait pas se financer sur les marchés et qu’elle aurait besoin d’une nouvelle assistance financière.

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Petites nouvelles d’Allemagne

Nous ne vous avons pas parlé de l’Allemagne depuis quelques jours car la situation n’a pas beaucoup évolué depuis les élections. Les conversations entre les différentes formations se poursuivent. Pour l’instant, on semble loin du but.

La coalition la plus probable, celle qui réunirait la CDU-CSU et le SPD,  semble avancer quelque peu. Par déclarations de presse interposées, les leaders tentent de peser sur la négociation.

Ainsi, le président du SPD, Gabriel, a fait un geste en déclarant que sa formation n’adoptait pas une position jusqu’au-boutiste en matière de hausse d’impôts. Pour Sigmar Gabriel, les hausses d’impôts ne sont pas une fin en elles-mêmes. En clair, cela veut dire que sa formation accepterait un compromis sur cette question.

En revanche, le même Gabriel a souligné que le SPD  restait très attaché à l’instauration d’un salaire minimum. Pour que son parti participe à une coalition, il faudrait que la CDU-CSU abandonne son opposition à l’instauration d’un salaire minimum, qu’elle accepte des réformes importantes du marché du travail et des investissements beaucoup plus conséquents en matière d’éducation.

Un porte-parole de l’aile droite du SPD a déclaré au journal Die Welt que le SPD réclamait le poste de ministre des Finances.

De son côté, la CDU-CSU poursuit ses contacts avec les écologistes. Du côté des Verts, on ne repousse pas à 100% l’idée d’une coalition. On considère que cela reste de l’ordre des choses concevables. Un leader de la CDU a déclaré la semaine dernière à la FAZ qu’une alliance avec les Verts pouvait être considérée comme « une sérieuse alternative ».

Les négociations entre le SPD et la CSU devraient reprendre le 14 octobre.

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Europe : le taux de fécondité s’effondre

Aux Etats-Unis, en 2007 le taux de fécondité était de 2,12 enfants par femme. Il s’effondre à 1,89 en 2011. En 2011, le taux de fécondité (le nombre attendu d’enfants par femme) a diminué dans 11 des 15 pays de l’UE.

Les plus fortes baisses ont été enregistrées dans les pays qui ont été les plus durement touchés économiquement:Au Portugal, seules 90.000 naissances ont été déclarées en 2012, soit le chiffre le plus bas des soixante dernières années. En Espagne, le taux de fécondité était d’1,46 enfants par femme en 2008 et passe à 1,36 en 2011,  la Lettonie de 1,44 à 1,20

Au Royaume-Uni, 47% des familles ne comptent qu’un enfant. En Italie, 25% des femmes ne seront jamais mères. Une situation que l’on rencontre également en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie et en Grèce.

 Le taux minimum de remplacement des générations est de 2,1 enfants par femme.

Les pays où le taux de fécondité étaient relativement élevés auparavant, tels que les pays scandinaves, ont connu la même évolution: la fécondité de la Norvège est tombée de 1,95 à 1,88, celle du Danemark, de 1,88 à 1,76. Le renouvellement a cessé depuis 2008 et à depuis 2010, il est même presque totalement anéanti.

C’est pourquoi la population des pays européens est de plus en plus vieillissante. En 2060, 12% de la population européenne aura plus de … 80 ans. Et 60% des Italiens n’auront ni frère, ni sœur, ni cousin ni oncle ou tante en 2050.

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Bye bye le bail out, bienvenu au Bail in 

Pologne : Reuters rapporte que le gouvernement polonais a annoncé qu’il allait transférer à l’Etat plusieurs actifs détenus par des fonds de pension privés pour réduire la dette nationale. L’association des fonds de pension polonais a jugé que cette décision était inconstitutionnelle parce que le gouvernement s’est emparé de certains de leurs actifs privés sans leur proposer la moindre compensation.

 Islande. Ce pays a été salué pour sa gestion de la crise financière. Cependant, le ministère des Finances vient de proposer de limiter la garantie des dépôts bancaires à 100.000 euros. Cette mesure ne manque pas de rappeler que l’Europe a érigé la solution adoptée à Chypre (c’est-à-dire la mise à contribution forcée des déposants détenant plus de 100.000 euros en compte) en « modèle » , d’autant qu’en parallèle, des contrôles de capitaux ont été mis en place, qui ont permis de limiter les sorties de capitaux à 6 milliards d’euros.

 Europe. Les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé un plan qui promeut la méthode du «bail-in» comme la méthode type pour porter secours aux banques « too big to fail » à l’avenir. Ce plan prévoit que les clients titulaires de dépôts supérieurs à 100.000 euros seront les premiers à subir des pertes en cas de tombée en faillite de la banque. Les contribuables ne seront plus mis à contribution qu’en dernier ressort.

Italie. Un « bail-in » est actuellement organisé pour la banque Monte dei Paschi, la plus ancienne banque italienne. En clair, la banque ne paiera plus d’intérêt sur ​481 millions d’obligations hybrides. Ces titres ont été choisis en particulier, parce qu’ils n’offrent aucune protection ni aucun recours à leur détenteur. Les clauses de leur règlement prévoient que l’absence de paiement des intérêts de l’emprunter ne sera pas considérée comme un défaut de paiement. Il ne semble pas que ce sauvetage devrait concerner d’autres titulaires de comptes privés, mais cela montre que les officiels européens sont déterminés à appliquer la solution du bail-in en cas de chute d’une banque

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Portugal: dette souveraine insoutenable de 120% (dette / PIB )

Selon Bloomberg, la viabilité de la dette souveraine du Portugal reste discutable, même après que  la CE, BCE et FMI aient publié une vision optimiste de la situation  la semaine dernière après la huitième et la neuvième mission d’évaluation de la Troika dans le pays.

La troïka a relevé ses prévisions de croissance du PIB pour l’économie portugaise. La croissance serait de nouveau au rendez-vous au troisième trimestre. Toutefois, elle sera en recul sur l’ensemble de l’année, mais seulement de 1,8%, contre –2,3% escomptés jusqu’ici. Pour 2014, Lisbonne prévoit une croissance de 0,8%, contre 0,6% prévu lors de la dernière estimation.

Le Portugal occupe la deuxième  place en matière de  rendement obligataire sur dix ans dans l’UE après la Grèce. Il était vendredi au-dessous de 6,5% pour les titres à dix ans, son niveau le plus bas depuis six semaines. Cet été, la démission de l’ancien ministre des Finances, l’instabilité gouvernementale et les perspectives d’élections générales anticipées ainsi que le rejet de quatre mesures d’économies par la Cour constitutionnelle avaient semé le doute et fait grimper le taux des titres à dix ans à près de 7,5%.

portsov

Sur le plan du chômage, la troïka prévoit un taux de 17,7%, contre 18,5 prévus auparavant. C’est dans ce contexte qu’un deuxième plan de sauvetage avait été évoqué en août.

 Mais le Portugal a une dette insoutenable rapport à son PIB de 120%.

Si nous ajoutons à cela le passif non capitalisé (par James Hamilton), on obtient une dette / passif PIB de 880% !

portugaldebt

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L’autorité bancaire européenne (EBA), le régulateur central du secteur, envisagerait, selon le Financial Times, de mesurer la dépendance au mécanisme de refinancement à long terme (LTRO) de la BCE. Et de rendre publique cette dépendance. Ce mouvement reviendrait très clairement à montrer les banques les plus fragiles qui ont conservé les fonds levés dans le cadre du LTRO organisé à la fin de 2011 et au début de 2012 par la BCE. D’après les chiffres de la banque centrale, 1.100 milliards d’euros ont ainsi été versés dans le cadre de ces opérations. Sur cette somme, 352,9 milliards d’euros ont déjà été remboursés à la BCE. Il reste donc pas moins de 665,7 milliards d’euros de crédits à long terme de la BCE dans les bilans des banques de la zone euro.

Quelles sont les banques les plus dépendantes des prêts de la Banque centrale européenne à travers la procédure non conventionnelle des LTRO ? Un des graphiques présentés ici désigne clairement les banques italiennes, espagnoles et… françaises. Mais celles-ci ont beaucoup plus remboursé que les autres.

Voir l'image sur Twitter

A Noté que le président de la Buba (Bundesbank) est venu déclarer (à Reuters) qu’il ne juge pas nécessaire le lancement d’un nouveau LTRO (Long Term Refinancing Operation). Mr Weidmann ajoute même qu’aucune autre mesure n’est nécessaire pour répondre aux taux du marché –

Le président de la Buba déclare aussi que certaines banques vont avoir besoin de renforcer leurs capitaux une fois que les stress test et l’audit des bilans aura été conduit par la BCE à partir de la mi-octobre. Il se peut qu’à partir de la mi-octobre nous découvrions des banques zombie dans la Zone Euro qui ont survécu jusque-là grâce aux premiers LTRO

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Italie. La fin du berlusconisme ne va pas résoudre les problèmes de fond de l’Italie. Dans cette analyse de la London School of Economics , le cas italien est présenté comme un scénario catastrophe. Des revenus fiscaux qui se contractent, une dette publique qui représente 130 % du PIB, la destruction par la crise de 15 % de l’industrie, avec la disparition de 32.000 entreprises et enfin un niveau record de « fuite des cerveaux ».

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Bien qu’elle ne soit pas encore revenue à son niveau d’avant la crise économique, l’émigration vers les pays développés est à nouveau en hausse. L’immigration dans les pays de l’OCDE se rapproche des 4 millions, celle des travailleurs temporaires ou saisonniers stagnant un peu au-dessous de 2 millions, et le chiffre des étudiants internationaux dépasse maintenant les 2,6 millions pour la zone (rappelons que la Banque Mondiale estime que les 230 millions d’émigrés dans le monde versent en retour à leurs pays d’origine près de 400 milliards de dollars de fonds sous diverses formes). Le nombre des demandeurs d’asile passe la barre des 400.000 pour la première fois depuis 2003. Leurs principales destinations sont les Etats-Unis, la France et l’Allemagne. L’Italie arrive en quatrième place essentiellement du fait des afflux de demandeurs d’asile venant des pays du « printemps arabe » (pour en savoir plus sur les mouvements migratoires entre l’Europe et le reste du monde, se reporter à cette remarquable infographie ).

Toutes ces données portent sur l’année 2011 et figurent dans le rapport 2013 de l’office des migrations de l’OCDE. Les trois premiers pays d’émigration sont désormais la Chine, la Pologne et la Roumanie, en deuxième position, avec 310.000 émigrés (contre 529.000 Chinois) mais en première position pour la progression. Ce qui ne manquera pas d’alimenter le débat sur l’ouverture de l’espace Schengen à ce pays qui s’est développé en France après les polémiques sur les roms. Les flux migratoires venus des pays européens du sud les plus frappés par la crise de l’euro ont brusquement bondi de 45% entre 2009 et 2011.

La vie d’immigrant est de plus en plus dure dans des pays d’accueil eux aussi frappés par la crise : leur taux moyen de chômage a ainsi progressé de 5% de 2008 à 2012 (de 8,1% à 12,9%). Plus grave peut-être, la proportion des immigrants dans les chômeurs de plus d’un an, a grimpé de 31 à 44%. La fameuse question du coût de ces immigrants, , n’en est pas une pour l’OCDE : l’impact contributif ou négatif pour les finances publiques ne dépasse pas en général 0,5% du PIB. Sur la dernière décennie, l’immigration a compté pour 40% de l’accroissement de la population dans la zone OCDE. La France a ouvert ses frontières à 211.300 immigrés en 2011, ce qui la place en huitième position derrière l’Australie, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne et les Etats-Unis. Le « Guardian » s’est intéressé, dans une riche infographie au cas limite du Qatar, où les immigrants, principalement des Indiens et des Pakistanais, représentent 70% de la force de travail.

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Après la Suisse, l’Union européenne s’inquiète de manipulations sur le marché des changes

L’Union européenne pourrait à son tour ouvrir une enquête sur le fonctionnement du marché des devises. Lundi, le commissaire Joaquin Almunia, chargé de la Concurrence, a déclaré à Bloomberg que ses services étudiaient de possibles manipulations de taux de change. Ses déclarations surviennent alors que vendredi la Finma et la Comco, les gendarmes suisses de la finance et de la concurrence, respectivement, ont annoncé l’ouverture d’une enquête préalable, le 30 septembre, sur des ententes possibles entre différentes banques. Joaquin Almunia a appris ces derniers jours que des activités «pourraient signifier que les lois de la concurrence ont été violées en regard d’une possible manipulation des taux de change». Le commissaire ne souhaite cependant pas en dire davantage, car «nous sommes à une étape très, très préliminaire», avant l’ouverture formelle d’une enquête.

En juin, Bloomberg avait écrit que des banques échangeaient des informations pour faire bouger le cours des devises.

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La crise de l’énergie européenne a désormais supplanté l’endettement comme problème N°1 de l’Europe, affirme Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph. « Comparé à ses concurrents américains, l’industrie européenne paye 2 fois plus pour son électricité, et 4 fois plus pour le gaz.

Ce nouveau contexte risque d’impacter le nouveau projet de loi européen sur l’exploitation des gaz de schiste est attendu pour octobre. La Pologne, la Hongrie, le Royaume-Uni, et l’Espagne, approuvent l’idée d’une étude de cette exploitation, mais le nouveau projet de loi pourrait les contrarier.

EN BANDE SON:

1 réponse »

  1. Ne va t’on pas vers un nouveau communisme plus de 20 ans après sa chute?Parce que à ce rythme la entre la chypriotisation de l’épargne,les nouvelles lois qui permettent de confisquer sans jugement toute propriété,la fin de la vie privée et la possible limitation du droit d’émigrer librement…Je passe sur la nationalisation de l’économie à grande échelle en cours et la montée de l’autoritarisme…

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