Art de la guerre monétaire et économique

Géopolitique Friction du Jeudi 12 Février 2015 : Grèce, qui casse paie, l’addition doit être partagée Par Bruno Bertez

Géopolitique Friction du Jeudi 12 Février 2015  : Grèce, qui casse paie, l’addition doit être partagée Par Bruno Bertez

Comme on pouvait s’y attendre, la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce n’a donné aucun résultat. Elle a duré six heures et au terme de ces six heures, il n’a même pas été possible de parvenir à un communiqué commun.  La non-signature d’un communiqué commun est plus que le signe de la discorde, c’est le signe de l’incohérence. Schauble avait en effet annoncé la signature d’un tel communiqué ; Varoufakis, à l’inverse, a déclaré qu’il n’en avait jamais été question. Signe du peu de sérieux de toutes ces procédures, un projet de communiqué a été « fuité » et ce projet n’est reconnu par personne.

La position intransigeante de Schauble n’est un mystère pour personne. Et il suffit de lire la presse allemande pour le comprendre. L’opinion publique allemande manipulée par les journaux tire à boulets rouges sur la Grèce. Les articles sont sanglants, à la limite de la mauvaise foi. On développe l’idée selon laquelle les Grecs ont une haine viscérale pour les Allemands, ce qui bien entendu ne facilite pas les choses. Bild Zeitung, par exemple, interroge publiquement les Grecs et leur demande: Pourquoi nous haïssez-vous ?

En fait l’opposition allemande vient de loin. Elle date déjà de la crise de Chypre. A cette époque,  la Bundesbank  avait fait des pieds et des mains pour obtenir une solution radicale et « purger la pourriture ». Les conditions n’étaient pas favorables à l’époque et Chypre est restée. Cette fois, il semble bien que le camp du Grexit entend bien ne pas rater l’occasion de faire un exemple sanglant et de mettre au pas ses récalcitrants du sud et du centre qui n’acceptent pas la discipline. Donc la réunion de l’Eurogroupe n’a strictement rien donné, on n’a même pas cherché à sauver la face. Aucun accord, bien entendu, n’est intervenu. En fait, on n’a abordé que des questions de procédure.

Les ministres des Finances devraient se réunir à nouveau lundi.

Les besoins de la Grèce sur le court terme sont de l’ordre d’une dizaine de milliards. Ils s’accroissent  en raison de la rechute en cours de l’activité économique. On parle d’un nouveau gap fiscal de 5 milliards par rapport aux prévisions. Sur trois ans, si l’on en croit le Financial Times, on arrive à un besoin de 37,8 milliards. Rien que ces chiffres montrent l’énormité du problème. Ils rendent improbable tout accord. Les sommes en jeu sont à la fois hors de portée des Grecs, mais aussi hors de portée de tous les petits bricolages dont l’Europe a d’habitude le secret.

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Pour fixer les idées, nous vous rappelons que la Banque Lazard, qui est maintenant sur ce dossier,  évalue les besoins d’allègement de la dette de la Grèce à plus de 110 milliards. Cela nous paraît réaliste. Il faut rappeler que Lazard, à l’inverse des Goldman Sachs et autres, est tout à fait sérieux dans ces domaines et que l’établissement a une très longue expérience et réputation, à la fois au plan technique, mais aussi au plan politique. Goldman, de son côté, est surtout spécialisé dans les magouilles qui permettent de dissimuler les chiffres réels, il est beaucoup moins crédible lorsqu’il s’agit de réaliser des opérations vérité. 

Nous vous rappelons ce que nous avons écrit par ailleurs, à savoir que Varoufakis est quelqu’un d’absolument remarquable. C’est un économiste de très haute volée et de réputation mondiale. Ses positions sont non-orthodoxes et c’est l’un des rares, avec Steve Keen, l’Australien, à avoir compris le rôle de la création de crédit dans nos systèmes. Rôle que ni Bernanke ni le sinistre Krugman n’ont, à ce jour,  encore compris. La théorie classique est que la création de crédit et le rôle des banques sont neutres au plan économique.

Varoufakis est tout à fait fondé dans ses analyses théoriques. Son analyse de la crise est remarquable et ce n’est pas seulement parce qu’elle est semblable à la nôtre que nous le soulignons. Elle est remarquable, non seulement au plan des articulations économiques, mais également au plan des articulations politiques et sociales.

Dans un registre voisin, mais de nature différente, on a appris hier que le ministre des Affaires Etrangères chinois souhaitait se rapprocher de son homologue grec. Le ministre des Affaires Etrangères russe Lavrov, de son côté, a confirmé que la Russie était prête à venir en aide à la Grèce si cette dernière le demandait. Il a invité son homologue grec à le rencontrer.

Les informations sont rares sur ce qui se passe réellement en Grèce et en particulier sur le sentiment de la population. La presse européenne évite de faire son travail et de nous tenir informés, tout occupée qu’elle est de distiller la propagande des pouvoirs en place. Notons cependant qu’il se dit que Tsipras aura particulièrement à cœur d’éviter les erreurs de Samaras, il n’a pas envie de finir dans le déshonneur en trahissant ses promesses.

En fait, l’establishment censure tout ce qui vient de Grèce afin d’éviter les effets de contagion. Il ne faut pas donner de mauvaises idées aux peuples et aux victimes de l’austérité. Il est frappant que le leader de Podemos, Pablo Iglesias, soit obligé de donner une interview au Guardian. Dans une situation démocratique normale, de tels articles devraient être syndiqués et publiés dans tous les pays de l’Eurozone. Iglesias déclare : « le vent du changement qui est en train de souffler en Europe pourrait bien devenir une tempête et accélérer les changements géopolitiques, ceci avec des conséquences imprévisibles ».

Tout observateur qui a, un tant soit peu de hauteur de vue, ne peut qu’être frappé par la dislocation en cours de l’Europe, par l’éclatement des consensus à l’intérieur des différents pays et par la déstabilisation sociale qui en résulte. Jamais les divergences n’ont été aussi fortes, on peut à nouveau maintenant parler de haine entre les peuples. C’est le résultat d’un montage mal conçu au plan technique, illégitime en regard de la volonté des peuples et anti-démocratique dans son fonctionnement.

L’argument des propagandistes de la vision allemande est qu’un ensemble économique, cela se juge « de la même façon qu’un ménage ». Un ensemble économique doit fonctionner selon les mêmes règles et avec la même morale. La réalité est toute autre. Quand on passe de la micro-économie à la macro-économie, il y a une rupture, on se situe dans une logique nouvelle. Et même une logique paradoxale.  L’argument des cigales et des fourmis, des gens sérieux et des fainéants, ne joue plus. Si les Grecs ont pu s’endetter, c’est parce qu’il y a eu des gens qui ont eu intérêt à leur prêter de l’argent. Si la Grèce a eu un déficit de sa balance des paiements, c’est parce que les pays du nord ont eu un excédent. Un ensemble économique, nous le répétons, c’est un système. Un système dont les composantes sont inséparables, comme le côté pile et le côté face d’une pièce. La situation de la Grèce est symétrique de celle des pays du nord excédentaires, avec un signe moins devant. Et l’un n’aurait pu exister sans l’autre. C’est une erreur de rejeter les fautes et les responsabilités sur la Grèce. C’est une erreur de croire qu’elle seule doit supporter le poids de l’ajustement. 

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Mais il y a plus. Lorsque la crise grecque a commencé, on pouvait la résoudre avec 35 à 40 milliards d’euros. Nous sommes maintenant en présence d’une ardoise qui se monte à 320 milliards d’euros. Un écart colossal qui n’atteste que d’une chose : la solution de l’austérité qui a été imposée par les Allemands avec l’aide des Français était une Kolossale erreur. C’est l’austérité qui, en mettant en panne la machine économique, a précipité les finances grecques dans un gouffre. Et à ce titre, ceux qui ont commis l’erreur, c’est-à-dire les Allemands et les Français doivent contribuer et payer. 

Un mot sur notre titre qui en choquera plus d’un. La réalité, dans toute sa nudité et tout son cynisme, est qu’aucune de toutes ces dettes de mauvaise qualité ne sera jamais payée, pas plus celle de la Grèce que celle de beaucoup d’autres pays ou institutions, elle ne figure à l’actif du système que parce que l’on accepte des comptabilités fictives. Par ailleurs, la liquidité, qui permet de noyer et masquer le tout, est créée d’un coup de clavier. On peut sans trop se tromper prétendre qu’elle aussi est fictive. Nous sommes dans le « extend and pretend »  généralisé. Et le véritable enjeu est là. Les pouvoirs en place ne veulent surtout pas que l’on en sorte.

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BRUNO BERTEZ Le Jeudi 12 Février 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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29 réponses »

  1. Merci. Comme d’habitude une remarquable analyse qui parle le langage du réel. Varoufakis est dans le réel, il participe et accélère la réconcilitation qui doit inéluctablement venir.

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  2. Sur le plan geo politique, je suis assez convaincu que la Russie a tout à y gagner en aidant la Grèce. Cela favoriserai le Grexit et donc une instabilité sur le continent européen sur le plan économique et politique lui permettant de souffler un gros coup après ces derniers mois assez sulfureux près de ses frontières.
    Bref, le temps dira…
    Ca favorisera le dollar en tout cas, une fois de plus, vous voyez juste sur ce point…

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    • Pour préciser mon commentaire de la nuit dernière, une question à M.Bertez.
      Lorsque vous dites: »la France doit payer (avec l’Allemagne) », de qui parlez-vous exactement?
      De toute la Nation? Ça ne va pas marcher, sauf par réquisition et spoliation des particuliers.
      Comme vous accusez, à juste titre, les politiciens professionnels, d’être aux ordres des
      banques et des très riches, qui les payent, possèdent la majorité des médias, vous ne
      pouvez donc approuver ces réquisitions/spoliations éventuelles.
      Les hausses de prélèvements obligatoires, le blocage des salaires et des retraites ne suffisant plus à éponger la seule dette de l’Etat, quelle sera l’étape suivante?
      Soit les moutons se laisseront tondre, voire écorcher, soit il y aura une réaction « à la grecque »
      dans la rue et dans les urnes, ce sera la fin de l’Euro, au moins comme monnaie unique.
      Le minimum serait d’ effacer d’abord le gonflement des intérêts des ces dettes diaboliquement
      accumulées indûment.
      Prochaine étape politique réelle : les élections espagnoles. Si Podemos l’emporte, la donne
      peut changer, pourvu que les grecs tiennent le coup jusque là.
      La proposition russe d’aide à la Grèce met du piment dans cette affaire, c’est peut-être une carte
      pour Varoufakis, et franchement les blaireaux de Paris/Berlin l’auront bien cherché.

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      • @Marco

        Vous avez failli m’irriter.
        Mais finalement, je suis patient, plus que je ne le pensais.

        Lupus n’est pas un produit. Ce n’est pas un produit et ce n’est pas un service que l’on consomme. Lupus est un investissement de notre part et surtout de votre part, lecteur fidèle ou infidèle.

        Il est gratuit, mais en apparence seulement, car vous devez payer pour y entrer; payer c’est à dire travailler, faire un effort pour renter dans les textes, pour les assimiler, pour les mettre en perspectives et finalement les faire votre ou les rejeter.

        Un produit de consommation, c’est comme l’amour du poète révolté, « l’amour ça se prend et puis cela se jette ».

        Lupus n’est pas biodégradable, comme une savonnette, « on se lave les mains et on la jette ».

        Nous n’avons rien à voir avec L’Oréal ou TF1. on ne consomme pas Lupus, on investit dedans ou on reste à l’écart.

        Pourquoi?

        Parce que nous sommes rigoureux, chaque texte est la suite d ‘un autre. Chaque idée en tire ou correspond à une autre. Lupus est un feuilleton qui traite de l’actualité dominante et essaie de lui donner un sens. Et surtout, une cohérence. La cohérence d’un seul et même cadre analytique, pas de pirouette, pas de rupture dans les raisonnements. Cohérence vous dis-je. C’est à dire rigueur et honnêteté intellectuelle. On n’est pas chez BHL ici.

        Donc le texte de ce jour suit d’autres textes qui portent en eux mêmes la clef de la compréhension de celui du jour. En particulier j’ai expliqué dans un texte sur la même page de garde « Qui va payer? » Et j’ai expliqué qu’il ne fallait pas se poser la question en termes de nation ou de nationalité mais en termes de groupes sociaux pertinents, opérationnels sur la question qu’il s’agit de résoudre, celle de la dette.

        Qui va payer? Autre façon de voir la question: l’avenir ne se devine pas , il se construit. Il l faut se battre. Mes textes dénoncent la financiarisation, le fait que les classes moyennes paient pour les banques, pour les classes ploutos, pour les profiteurs etc. Ils font partie de ce combat dont je parle, pour que, les idées circulant, eh bien … vous ne payiez que le moins possible.

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        • Cher Monsieur,

          Si j’ai failli vous irriter, j’en suis navré.
          Toutefois j’ai du mal à saisir en quoi mes quelques lignes laisseraient penser que je
          confondrais Lupus avec une savonnette jetable, avec TF1, avec Loréal…(?)
          L’allusion que vous faites à BHL, au motif de la « rigueur et de l’honnêteté intellectuelle »,(sic)
          dont je manquerais gravement, si je vous suis (et ce que vous vous abstenez de démontrer),
          frise l’insulte gratuite.
          La discussion n’y gagne rien. Si ma vision est mauvaise, corrigez-la, comme vous l’avez fait
          lorsqu’un intervenant croyait voir dans nos malheurs la main du seul libéralisme.
          Cet échange a montré qu’en réalité c’était plutôt celle du dirigisme, et même, ajoutez-vous,
          d’un mode de pensée « constructiviste ».
          Absolument. D’ailleurs durant des décennies on n’a cessé de nous gaver avec la « construction
          européenne » tous les matins au petit déjeuner. Les média sont devenus muets là dessus depuis que ça va mal! On nous parlerait plutôt d’opérations de sauvetage d’un idéal qui resterait
          inébranlable.
          Là il faut revenir aux origines. La notion d’union européenne a une triple racine:
          -Le rejet des guerres mondiales particulièrement destructrices.
          -La résistance à l’Union Soviétique.
          -L’héritage culturel occidental qui se voyait renvoyé à lui même avec la fin des occupations
          coloniales.
          Adossée au plan Marshall qui servait aussi bien les intérêts américains qu’européens,
          l’Europe des soit-disant trente glorieuses était ensuite travaillée par deux forces différentes,
          l’explosion du marché mondial qui laminait toutes les anciennes valeurs, mais aussi les
          traditions dirigistes étatiques, tant françaises que prussiennes ou autres, coupées des nouvelles réalités autant que des nouvelles urgences, souvent divisées entre elles, et qui servaient
          surtout à entretenir des classes politiques pléthoriques, clientélistes et sans vision.
          Pendant ce temps et sur ce champs de confusions entretenues à dessein, la seule force
          idéologiquement cohérente dans son intrinsèque pauvreté se déployait sans opposition sérieuse:
          la monétisation du monde, son appauvrissement fondamental sous l’accumulation
          grotesque des marchandises et des bénéfices financiers, à quoi devait finalement se
          soumettre le vaste ensemble stalinien. Tout cela n’a plus aucune base réelle, le monde a
          disparu derrière une comptabilité auto-alimentée, avec ses prêtres, aussi longtemps qu’on
          voudra bien les nourrir. L’abstraction de toute réalité aboutit à l’idéalisme absolu, où il
          n’y a plus aucun problème, seulement des solutions dont les implications concrètes sont
          considérées quantités négligeables. Comme disait l’autre: « il y a de la révolte à s’imaginer
          qu’on puisse se révolter » (vous avez reconnu la position « allemande »).
          A ce niveau de gravité (soupesons ce mot), la dette grecque doit être remise en perspective comme un symptôme parmi d’autres nettement plus inquiétants, notamment environnementaux, et au meilleur sens du mot, politiques.
          La question est bien sûr de savoir jusqu’à quel degré de pourrissement il faudra descendre,
          supporter nos fossoyeurs pour les uns, nos tyrans pour les autres, avant que la nécessité
          ne refasse loi.

          Laissons pour terminer la parole à Anaximandre:
          « D’où les choses ont leur naissance, vers là aussi elles doivent sombrer en perdition
          selon la nécessité, car elles doivent être jugées pour leur injustice, selon l’ordre du temps. »

          Cordialement,
          Marco

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          • @Marco
            j’ai eu plaisir à lire votre réponse et le developpement qui a suivi.

            Je ne pense pas vous avoir offensé en rappelant que Lupus avait abordé la question que vous posiez dans un article précedent en affirmant cette idée originale qu’il fallait raisonner en termes de groupes sociaux et non en termes de nations.

            Je vous ai offensé en vous laissant croire que je vous comparais à BHL.. Croyez moi, ce n’était pas vous que je comparais à BHL. Je ne me permettrais pas pareille insulte gravissisme.

            Vous m’avez offert le prétexte de rappeler l »originalité de notre conception de Lupus: Lupus est gratuit en apparence , mais il faut payer pour y entrer.

            Cdlt

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  3. Je crains que la Grèce risque d’aller vers une position de confrontation qu’un certain W. Schäuble devra alors assumer.
    La Russie risque d’aider la Grèce…avec naturellement une contre-partie.
    …puis en Espagne,Italie un feux pourrait commencer à chauffer.

    Amicalement
    Viggo

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  4. Tout cela est juste vu d’en haut, mais sur le terrain la France n’est pas en état de payer, puisqu’elle est elle-même en quasi faillite.
    Comment faire accepter à la population cette charge supplémentaire, alors qu’impôts, taxes
    et assurances ne cessent de grimper, pour tenter de régler une dette dont elle ne se sent,
    à juste titre, aucunement responsable?
    La finance prospère, assise sur la certitude qu’en cas de banqueroute l’Etat « fera recette
    sur les patrimoines » comme dit si bien madame Lagarde.
    Au demeurant boucher simplement le trou grec, sans autre mesure, ne fera que reporter
    le problème. Sans changement de commandement le bateau finira par couler quand même, soit
    par ses défauts de construction et de maintenance, soit sur tout autre obstacle, et il n’en manque pas…
    Il faudrait tirer les leçons de la magistrale erreur de la monnaie unique, pour au moins limiter les dégâts. Au lieu de quoi l’Allemagne, qui jusque là s’y opposait, vient d’accepter le tirage de
    mille milliards de fausse monnaie. C’est donc bien parti pour continuer.

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  5. Allons-nous assister à un renversement d’alliance ?

    Allons-nous assister à la création d’un nouveau bloc chrétien-orthodoxe à l’est de l’Europe ?

    Mercredi 11 février 2015 :

    « La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux », a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

    « En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd’hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux », a indiqué le ministre russe lors d’une conférence de presse avec M. Kotzias.

    « Si le gouvernement grec s’adresse à nous, cet appel sera bien examiné par la Russie », a assuré M. Lavrov.

    Le chef de la diplomatie russe a aussi salué la ligne constructive du gouvernement grec qui se prononce pour le développement de notre partenariat stratégique sans tenter de le politiser, de le teinter d’idéologie ou de sacrifier les ambitions géopolitiques d’Etats tiers, en une référence à l’Ukraine, que la Russie accuse d’être pilotée par les Occidentaux.

    « Nous apprécions la position du gouvernement grec, qui comprend qu’il est absolument contre-productif de tenter de parler dans la langue des sanctions avec la Russie », a souligné M. Lavrov.

    Le ministre russe a aussi discuté avec son collègue grec les excellentes perspectives d’un partenariat gréco-russe dans le secteur de l’énergie, compte tenu de l’intérêt d’Athènes pour le gazoduc que la Russie compte construire via la Turquie jusqu’à la frontière grecque pour livrer du gaz aux Européens.

    Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l’UE depuis 1981.

    http://www.romandie.com/news/La-Russie-prete-a-examiner-une-demande-daide-financiere-de-la-Grece/564738.rom

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    • J’espère que les lecteurs vont réfléchir sur votre remarque et votre post car vous touchez en plein dans le mille avec le concept de « bloc chrétien orthodoxe », en particulier contre les illuminés conduits par les polonais va-t-en-guerre. Vous rejoignez l’une des thèses developpées ces derniers jours par les services de renseignements américains et leurs think tanks.

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  6. l`enjeu est de taille,
    grecs et russes sont chretiens orthodoxes et tres attaches a cela
    et il me semble que la grece comme pays, a le droit de veto au conseil de securite de l`onu …

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  7. Bonjour Monsieur Bertez,

    Quelques éléments de réflexion.

    « la solution de l’austérité qui a été imposée par les Allemands avec l’aide des Français était une Kolossale erreur.  »

    Une kolossale erreur peut-être, mais dans le cadre de l’Europe et de l’euro, les pays du Nord et l’Allemagne en particulier, ne pouvaient tolérer qu’un pays en l’occurrence la Grèce, vive aux crochets des autres.

    La solution aurait été en 2011, le grexit. Mais, l’austérité aurait eu lieu également en Grèce et dans le reste de l’Europe. Avec une dévaluation de 50% de la Drachme, le peuple Grec, n’aurait pu acheter les matières premières et le défaut Grec se serait propagé dans le reste de l’Europe, avec aussi une récession à la clef.

    La seule erreur a été, « la fuite en avant », et de refuser le défaut en 2011 pour l’accepter de force en 2015 (ou 2016) avec une facture beaucoup plus lourde.

    Cette kolossale erreur est plutôt le révélateur de l’échec du libéralisme.
    Car, pour l’Allemagne accepter de continuer à financer les déficits grecs, revient à exploiter son peuple dans le sens : travaillez dur pour que les autres (grecs et europe du sud) puissent se la « couler douce ».
    La position de l’Allemagne ne peut être autre que celle de la fermeté et de l’intransigeance.

    Le libéralisme et la liberté du commerce inscrit donc dans son essence la crise de solvabilité, par le processus :
    1. liberté des échanges,
    2. Structuration des marchés au sens de Ricardo (création de l’avantage comparatif).
    3. Provocation de déséquilibres liés aux différences de cultures, de géographie, de mode de vie.
    4. Exacerbation des déséquilibres des balances commerciales et des balances des paiements (pays excédentaire contre déficitaire).
    5. Crise de solvabilité et défaut du pays déficitaire.
    6. Austérité du pays déficitaire
    7. Austérité du pays excédentaire (avec ou sans défaut)

    Il faudra bien, un jour penser à une alternative au libéralisme qui ne soit non plus son corollaire le socialisme ou le Marxisme. En quelque sorte, la troisième voie chère à de Gaulle est encore à inventer ou à retrouver.

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    • Le libéralisme n’a rien à voir là dedans puisque toute la construction européenne et le système financier sont dirigistes et même constructivistes.

      L’instrument de ce constructivisme étant la monnaie imposée, qui ne reflete pas les valeurs et les productivités locales, mais celles des pays dominants. Le libéralisme et une véritable économie de marché auraient détruits depuis longtemps toutes ces constructions et toutes les fausses valeurs qui en découlent.

      Le libéralisme a pour fonction de permettre la découverte des prix, c’est à dire des valeurs sociales efficaces nécessaires pour guider l’action des agents économiques.

      Depuis sa construction, l’Europe est arqueboutée pour s’opposer aux vrais prix de marché et à l’allocation efficace des ressources.

      Vous réflechissez à l’aide des outils forgés par les anti-libéraux. On dirait du Médiapart!

      Aucun système libéral n’aurait financé les déficits des pays du sud. C’est parce qu’il y avait la promesse implicite de la stabilité dirigiste et étatiste de l’euro que ces pays ont été financés.

      En 2010 , un système libéral aurait précipité la faillite correctrice des pays du sud et ainsi ils auraient pu se reconstruire, avec des pertes et des dettes bien moindres. C’est le dirigisme qui a refusé la sanction de la destruction des dettes irrecouvrables et ainsi les a capitalisées et accumulées.

      Le dirigisme s’oppose aux vrais prix et donc entretient jusqu’au drame les fausses valeurs.

      Avez vous entendu parler de « la destruction créatrice »?

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      • J’entendais derrière le mot « libéralisme », le « laisser faire », ou plutôt le « laisser aller » encouragé par les états.

        Le libéralisme avec la « liberté d’entreprendre », la libre circulation des biens et des personnes ne e peut se concevoir qu’au sein d’une nation avec des frontières clairement établies.

        En ce qui concerne les échanges entre les états ou les nations, il doivent être clairement régulés. Le système d’étalon Or permet cette régulation automatique. Sans régulation ou sans limite, c’est-à-dire en laissant libre les échanges entre nation, les déséquilibres se forment et à la fin il y a une rupture sous forme de faillite.

        La Grèce est un pays pauvre par nature, pays montagneux avec peu de ressources, elle ne peut rivaliser avec l’Allemagne, quoiqu’elle fasse comme effort. La part de valeur ajouté sur l’huile d’olive ou la Feta n’atteindra jamais celle dégagée par la production de Mercedes ou berlines haut de gamme.

        Pour éviter toute confusion de l’esprit sur le terme de libéralisme, il faudrait le définir plus rigoureusement.

        Pour ma part, le libéralisme sans intervention de l’Etat, c’est-à-dire sans Etatisme n’existe pas et n’a jamais existé, hormis peut-être la période du Moyen-Age. (Le système de crédit n’était pas encore inventé).
        Au XVIIIe siècle en GB puis au XIXe dans le reste de l’Europe, ce sont bien les Etats qui ont promu le libéralisme et ils avaient intérêt à cette promotion.

        En espérant avoir fait progresser la réflexion.

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        • L’analyse critique du libéralisme et l’analyse critique de ce que les socio démocrates appellent le libéralisme sont deux choses différentes.

          Les socio démocrates ont construit une fausse vision du libéralisme qui leur convient c’est cette vision tronquée qu’ils critiquent.

          Tant et si bien que les gens même de bonne foi reprennent leurs citiques sans se rendre compte que le libéralisme, ce n’est pas cela.

          J’ai entrepris l’analyse critique du système kleptocratique, système du capitalisme financier, pour bien montrer que nous ne vivions pas en système libéral et démystifier les critiques des socio démocrates.

          Le système du capitalisme financier est le successeur du système des années 70 du capitalisme monopoliste d’état.

          Dans le système du CME , l’action de l’état vise à faciliter la réalisation du profit par l’intervention étatique et la collusion politiciens/grands managers/fonctionnaires/elites cooptées.

          Dans le capitalisme financier on franchit une nouvelle étape et on facilite l’optimisation du profit et la reproduction du capital par la monnaie et l’action de la Banque Centrale. Un nouveau complice est venu rejoindre la clique du CME ce complice , c’est le personnage du Banquier Central.

          Si vous ne comprenez pas cela, vous ne pouvez pas avoir d’analyse politique efficace et vous ne pouvez pas proposer de solution à la crise.

          Pour dépasser ses contradictions le système a, dans les années 60/70 accompli une mutation, il s’est financiarisé,

          Il a créé du crédit pour suppléer l’insuffisance du pouvoir d’achat des salaires. Il lui a fallu repousser les limites de la création de dettes et produire un nouveau système social, le système social démocrate alterné, tantot de droite, tantot de gauche en rejetant les extrêmes. Ce système a pour ciment la consommation, mais non plus la consommation liée au besoin, mais à l’économie du désir.

          La crise de 2008 est une nouvelle contradiction du système, elle marque la limite du système de la financiarisation. On ne peut continuer à accumuler les dettes, il faut trouver un moyen pour en détruire, soit par la croissance nominale c’est à dire l’inflation, soit par la violence destructrice, c’est à dire l’impérialisme belliqueux.

          Tout cela n’a rien, mais rien à voir avec le libéralisme.

          Le libéralisme dont on parle en France n’est pas un libéralisme, c’est un épouvantail construit de toutes pièces, de bric et de broc:

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  8. On peut voir ce qui se passe en Grèce selon un regard démocratique, économique, europeiste ou non européiste, financière, et politique.Aussi philosophique.
    Tout cela fait partie du grand champ des jeux géo-politiques qui sont en train de changer dans le monde avec l’Europe juste au centre.
    Le plan Varoufakis de changer la dette grèque contre des bond indexé au Pil est une révolution d’ésprit qui bouleverse la conception ancienne de la Troika: de quoi faire rêver plain de Pays au monde!
    Le changement a bien commencé, profitez de quelques périodes pour gagner avec le dollar en forme de T-bond, en attendant le QE4 et le vent de l’est.

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  9. Juppé et la segmentation de marché.

    Il est évident que l’ENA ne prédispose pas au commerce. Ce n’est pas HEC.

    Pourtant, compte tenu de l’évolution de la politique vers la Communication et l’importance des enquêtes d’opinion, on aurait pu penser que Juppé finirait par apprendre le BaBa du marketing.

    Peut-être devrait-il aller faire un tour chez monsieur Brochand , chez L’Oreal ou Danone, là on lui apprendrait l’intérêt de la segmentation des marchés et l’impact positif que cela peut avoir sur les ventes.

    Les techniciens de la vente savent que multiplier, décliner l’offre d’un produit en de multiples variantes est un moyen de progresser. C’est normal, évident et de bon sens.

    En effet en multipliant les produits on colle mieux aux différents besoins, désirs de la clientèle.
    Tout se passe comme si on draguait avec un filet aux mailles plus fines, on a moins de déperdition. Toutes les grandes firmes réputées pour leur marketing savent cela. Il faut décliner au maximum toutes les nuances de l’offre afin de couvrir le marché.

    Quand vous retirez un produit qui avait sa clientèle de votre vitrine et que vous ne le remplacez pas, il est évident que ceci est un appauvrissement, il y a des gens qui ne se retrouvent pas dans l’assortiment restant. Même si c’est un peu bidon, il faut multiplier, décliner le même produit avec des noms, des packages, des images différentes.

    Et bien l’ami Juppé, lui pense que rétrécir l’offre politique et faire en sorte que l’on ne perçoive plus les différences entre l’UMP et le PS est la solution de la reconquête.

    Il appelle au grand rassemblement jusqu’à la gauche, puis il appelle dans le Doubs à voter PS.

    Bref il confirme, alors que c’est déjà le reproche que l’on fait à l’UMPS que c’est bien bonnet-blanc et blanc-bonnet. Sa technique de marketing politique, c’est la confusion, la perte d’identité, la dépolarisation. Bref il claironne : eux et moi c’est la même chose … donc votez pour moi!

    Nous doutons de l’efficacité d’un tel message et nous pensons que Juppé aura beaucoup de mal à trouver un publicitaire, pour le mettre en musique.

    La règle de base, c’est de promettre le changement que l’on soit de droite, de gauche, conservateur ou progressiste. C’est ainsi, c’est la règle politique de la modernité. Celui qui ne se démarque pas n’a aucune chance, à fortiori si l’adversaire est honni, rejeté comme l’était par exemple Sarkozy. Si on analyse bien, le seul message de Hollande était le changement c’est maintenant. Juppé aura du mal.

    Il admet nous dit la bonne presse que « l’UMP » n’arrive pas à endiguer le FN! Et pour cause, l’UMP repousse les gens qui seraient tentés par un vote de droite conservateur, humaniste et raisonnable vers le FN puis qu’il dit que l’UMP et le PS c’est la même chose! Or les gens ne veulent plus du PS, donc ils ne veulent pas, par simple glissement de l’UMP.

    Pour faire baisser le FN ce qui est semble-t-il l’idée- absurde- de Juppé, il faut offrir quelque chose qui se démarque clairement du PS et qui présente un attrait supérieur au FN; Que présente Juppé? Rien un succédané de PS à l’eau de rose ou à l’eau tiède.

    L’idée de faire baisser le FN comme stratégie politique est une imbécilité suicidaire pour la pseudo-droite. Les gens qui votent FN sont les fers de lance de l’opposition, ce sont les plus décidés, les plus motivés à rejeter le socialisme mystificateur du Rocardo-Hollando-Vallsisme. Ce sont les spoliés, les laissés pour compte de la politique de Sarkozy d’abord et de Hollande ensuite.

    Se priver de ces gens c’est comme monter à l’assaut sans combattants, uniquement avec des planqués, des fonctionnaires; des administratifs. Il faut des forces vives pour mener un combat.
    Dans notre expérience politique, nous n’avons jamais vu de militant du Centre, jamais. Des militants de la modération, cela n’existe pas. Tous les militants, tous ceux qui sont motivés et ont envie d’en découdre sont des gens de l’extrême. C’est comme cela, pour cela que l’on s’intéresse à la politique. A droite comme à gauche et c’est normal. Les militants n’ont que faire des robinets d’eau tiède. Et il faut des militants, des entraineurs, des leaders pour bouger la foule du marais.

    La réalité est que Juppé n’est pas stupide, il a une idée derrière la tête qui est celle de la recomposition au centre des deux familles de la social-démocratie. Il se dit que les gens de Mélenchon et les écolos ne reviendront pas, que le FN restera hors-jeu et que l’avenir, l’avenir politicien, le sien donc, c’est de jouer la recomposition, l’Union des « forces » sociale démocrates. D’où le credo de L’Union Nationale, la sinistre troisième voie qui a montré le bout de son nez, masquée bien sûr, le 11 Janvier.

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  10. « l’addition doit être partagée »

    Cette semaine, deux faits majeurs, avec des soluces mineures.

    Ukraine, la situation ne peut que dégénérée et la Russie s’impose comme la serrure blindée et inviolable sans confrontations.

    Grèce, gagner du temps est contre-productif, mais il n’y a pas d’autre choix que de tourner le couteau dans la plaie, jusqu’à mort s’en suive.

    Ce qui résume la pensée suivante.

    L’Europe, sa cohésion sa construction devient le point central.

    L’Euro et son impossible fonctionnement, impose de nouveaux sacrifices.

    La réponse du système est de forcer la marche, coûte que coûte.

    Pourquoi cet acharnement ? parque les nations sont démantelées, inopérantes, sclérosées, impuissantes, effacées, pour être plus clair rayées de la carte.

    Et si vous pensez que la France ou l’Allemagne existe comme identité, c’est que vous n’avez pas suivi l’évolution culturelle depuis plus de 20 ans.

    Car l’identité culturelle est le signe le plus flagrant de notre dissolution. Le néant. Le vide. la remise à zéro de notre histoire qui se lit plus qu’au passé et dans une autre langue !!

    Vous avez aimé l’exception culturelle ? Normal, nous baignons dans l’inexistence culturelle.

    Ceci est tellement flagrant, qu’il n’est même plus abordé. Rayés de la carte, nous n’avons plus rien à revendiquer. Nous n’existons plus en tant que nation, tous simplement.

    Voilà pourquoi la Russie dérange, elle a gardé son âme ! La France l’a perdu, et elle ne le sait m^me pas ou elle fait semblant de ne pas le voir, ce qui ne change rien au fond.

    Il est enfin temps de crever l’abcès ! Non ? Alors Stop ou Encore plus d’Europe ?

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    • Votre insistance sur l’aspect culturel est opportune, déjà Raymond Aron écrivait que l’idée d’une Europe unie était une belle idée… mais irréaliste en raison des identités et des cultures des différents peuples.

      J’ai écrit beaucoup sur ce sujet , mais on ne peut radoter trop…. juste un peu.

      Mais il n’ y a pas que la culture, il y a l’histoire et la géographie et là il faut lire des gens comme Pierre Hillard ou même Chauprade.

      Parlant de synthèse entre histoire et géographie, je conseille par exemple l’extraordinaire travail de Pierre Hillard paru sous le titre :

      Minorités et Régionalisme dans l’Europe fédérale des Régions.

      Fantastique de culture et d’analyse.

      Un mot d’ajout. Ce que vous présentez comme réalisé, acquis ne l’est pas. La situation présente se définit comme un combat, les dès sont lancés, mais ils ne sont pas retombés. Le meilleur et seul allié des opposants comme moi ou comme nous si vous en êtes est le Réel. il s’obstine à les empêcher de gagner en rond.

      Ces gens vivent dans l’imaginaire, comme la monnaie par exemple, mais le Réel se réintroduit toujours et nous serons à ses cotés. Un peu comme au judo ou la pesanteur, bien utilisée vient au secours de celui qui en comprend les règles.

      Autre exemple de réintroduction , violente du réel. Ils, le grand « ILS » ne veulent pas reconnaitre que nous sommes en guerre. Ils croient comme dans Orwell que changer les mots et appeler une guerre, « une intervention militaire » , change quelque chose au Réel. Les naifs! La guerre est là.

      Nous la portons ailleurs et nos ennemis la portent chez nous. Pas à nos portes, mais chez nous! Nous sommes en guerre , même si on ne désigne pas les conflits en cours sous ce nom. Et la guerre niée au niveau du vocabulaire revient comme un boomerang, sous le nom de la guerre chez nous, c’est à dire sous la forme de ce que l’on appelle : le terrorisme.

      Le terrorisme, c’est la guerre moderne, dissymétrique de ceux qui n’ont pas les moyens techniques de la modernité, mais ont la cruauté et la barbarie de l’archaisme.

      Chacun a ses armes et sa façon de combattre , selon son degré de developpement. Dans ce cas, malgré l’imaginaire qui s’efforce de jouer sur les mots et de ne pas appeler un chat un chat, et d’empêcher les raisonnements, le réel de la guerre se réintroduit douloureusement. Et ce réel de la guerre, c’est sur, démasquera les menteurs. Car au bout d’un certain temps et d’un certain stade d’insécurité, on va enfin reconnaitre que l’on est en guerre et le débat se déplacera. On se posera des questions Les guerre actuelles prolifèrent, entre autres, parce qu’elles ne sont pas nommées, elles ne sont pas désignées comme guerres.

      En l’absence de prise de conscience les gouvernements font ce qu’ils veulent. Comme si on était dans des choix techniques et non pas des choix politiques.

      Le terrorisme, les terrorismes vont agir comme un révélateur, une prise de conscience du fait que nous sommes en guerres, au pluriel.

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  11. Un article excellent de plus. Aussi excellent que Varoufakis ? De mon point de vue, il tape dans la fourmilière, et il a raison. J’espère qu’il ne finira pas assassiné ou impliqué dans un scandale pédophile venu de « nulle part ».

    Contrairement à vous, je pense qu’il n’est pas inopportun de parler de morale et de micro-économie. La dette grecque est un actif. Le gouvernement grec de l’époque à échangé des titres de dettes (gagés sur des promesses) contre du cash. Ceux qui ont acheté de la dette grecque ont donc acheté des promesses d’hommes politiques grecs. Ils seraient temps qu’ils découvrent, eux aussi, la valeur de promesses d’un politicien.

    Dans ce sens, le défaut est légitime. Parfaitement légitime, et ce d’autant plus que Syriza a précisément été élu pour rompre avec la politique de ces prédécesseurs. Pourquoi le gouvernement de Tsipras ne pourrait-il faire défaut sur une dette qui a été contractée pour financer un programme politique qu’il rejette ?

    Il reste quelques problèmes :
    * Les acheteurs de la dette grecque, c’est nous. Parce que les politiciens français ont jugés approprié de faire acheter de la dette grecque aux entités publiques, au lieu de laisser le marché acheter cette dette à sa juste valeur. Evidemment, leur demander de rembourser sur leurs deniers personnels le cout pour les finances publiques de cette félonie n’est pas proposé
    * Ceux qui achètent de le dette junk au prix de l’investment grade doivent faire les frais de leurs conneries. Tant mieux pour des grecs malins
    * Ayant discuté récemment avec un homme d’affaire grec, il semblait convaincu que la solution était que le niveau de vie grec soit financé par des transferts « solidaires » de fonds depuis l’Allemagne. La réponse allemande à cette demande est NEIN . La Grèce peut faire défaut et se débarrasser de sa dette, mais elle ne pourra pas se faire entretenir par un pays tiers sans contrepartie. En ce sens, une certaine austérité n’était pas forcément inappropriée, même si elle a malheureusement surtout frappé les classes productives du pays.
    * Un défaut grec retentissant lèverait un voile sur un sujet que l’on souhaite occulter. Un état peut parfaitement ne pas rembourser sa dette, la situation actuelle où des gens prêtent à 2% à 30Y à l’état français est parfaitement délirante. La dette des social démocraties est un asset qui fera défaut tôt ou tard. Pour la social démocratie grecque, ce sera plutôt tôt.
    * La dette actuelle des social-démocraties est une bombe à retardement. Une dette saine sert à financer des investissements (qui servent à repayer la dette) ou à la rigueur un décalage de trésorerie. Pas à augmenter son train de vie artificiellement. Le dette actuelle n’est pas remboursée, elle est rollée (en émet de la nouvelle dette pour rembourser la précédente). Et puisqu’on émet plus de nouvelle dette, on est dans la cavalerie. La cavalerie, ça finit toujours très mal.
    * Les taux actuels, très bas, sont le résultat d’un interventionnisme débridé pour conserver la solvabilité des états occidentaux. Le jour où le loyer de l’argent retrouvera un prix de marché, SHTF

    Le scenario le plus optimiste que j’imagine est le suivant.
    * La Grèce fait défaut, idéalement à 90%
    * Les créanciers prennent une cuisante leçon, méritée
    * La Grèce reste arrimé à l’euro, idéalement via un processus de dollarisation tel que celui pratiqué avec succès par l’Equateur. La dollarisation, ça consisterait à continuer à utiliser l’euro comme monnaie légale, mais sans la possibilité d’accéder à la Banque centrale.
    * Utilisant une monnaie raisonnablement saine et peu de dette (puisque personne ne voudra lui prêter), elle rétablit son économie
    * En parallèle, le marché réalise que les dettes étatiques sont révocables, et ajuste leur valeur, pour le plus grand coût des créanciers
    * De façon générale, je préfèrerais que la dette soit apurée par des haircuts (défauts partiels, qui spolient les créanciers et les fonds de pension) plutôt que par l’inflation (qui spolie les classes moyennes et les résidents grecs en général plutôt que les créditeurs étranger), la saignée (solution préconisée par l’Allemagne, chaque grec vend un rein pour rembourser la dette rubis sur l’ongle), ou le « extend and pretend » (qui ne résout rien et mine la confiance et les perspectives grecques).

    D’une certaine façon, on retrouve le même problème que pour les subprimes : des dettes de qualité médiocre sont achetées comme « actifs peu risqué » à un prix trop élevé par des acheteurs mal informés et trompés par des tiers.

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    • Trois chiffres qui viennent des Think Tanks européens crédibles.

      -80% de la dette grecque est portée par des institutions publiques européennes ou le FMI; il n’y a pour ainsi plus de porteur privé, ces derniers ont déjà dégagé sur nos institutions. La valeur comptable de cette dette dans les livres des institutions publiques est bidon. Nous sommes dans le pretend;

      -82% des opérations de bail-out ont servi à dégager les positions du secteur bancaire et à le décoller de ses investissements catastrophiques.

      -10% des bail-out ont réellement aidé la Grèce;

      Une remarque sur votre paragraphe final.

      Si , dans un système, vous maintenez artificiellement les taux très bas comme l’a fait Greenspan en son temps et comme on le fait maintenant, vous suscitez une « search for yield », une recherche impérative de rendement et il est logique, automatique que voir proliférer des offres de produits a rendement apparent plus élevé, mais fondamentalement pourris. Ceci est d’ailleurs modélisé par la Fed de NY, c’est mathématique.

      les dettes de qualité médiocres ne sont pas achetées comme « actifs peu risqués », non ils sont achetés comme actifs risqués mais avec une double assurance:

      -l’assurance que le système des taux zéro et même des taux négatifs est là pour durer
      -l’assurance fictive des dérivés

      Discutez avec les acheteurs, les gros, fondamentalement ils savent que c’est pourri mais ils comptent sur le fait que cela va durer et qu’ils seront plus intelligents que les autres. Ils sauteront en marche comme James Dean.

      Le marché mondial des actifs financiers n’est pas une bulle.

      Si c’etait une bulle, les gens seraient optimistes, enthousiastes, euphoriques comme vis a vis des Telcos de 2000 ou les Tulipes ou la Cie du Mississipi. Non il n’y a aucun enthousiasme, on sait au fond de soi que c’est une manip.. Et c’est le contraire, socialement et psychologiquement d’une bulle. La fête boursière actuelle est une fête triste. La hausse est ce que j’appelle une hausse cynique. Elle est cynique parce que c’est en toute connaissance de cause que l’on achète de la pourriture.

      Et c’est pour cela que, quand on cessera de prendre la petite pilule comme dans Matrix et que l’on reviendra dans le monde Réel, alors la chute sera vertigineuse. Le cynisme fait qu’il n’y aura pas de contrepartie, ce sera le Trou. Car on sait que cela ne vaut rien.

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      • J’aime beaucoup votre image de fête triste, qui correspond bien à mon sentiment.

        Sur le « search for yield » il y a un troisième effet déterminant : les assets managers sont benchmarkés, en permanence, les uns contres les autres. Entre firmes, entre services et mêmes entre « collègues » au sein d’un desk. Cela inclut une pression formidable au court termisme, une pression irrésistible qui force à suivre la vague pour ne pas à avoir à justifier un YoY de -3% quand le marché monte de 10%. Ne pas avoir à le justifier, que ce soit à son boss où à ses clients.

        Les informaticiens disent « personne n’a jamais été renvoyé pour avoir acheté IBM ». Pour une personne travaillant dans l’asset management, c’est un peu pareil, les perspectives sont moins mauvaises en suivant le troupeau qu’en ayant raison trop seul et surtout trop tôt.

        Sur le fait que le marché soit bullaire, le point est débattable. Mon appréciation est que les actions sont un « parc à liquidités parmi d’autres », certes surcotées mais adossées à un actif tangible (les entreprises) et qu’elles se prendront un haircut moins violent que les obligations lors de la grande correction inévitable (et souhaitable, parce que la seule alternative au krach boursier c’est la guerre, par exemple contre la Russie). Par contre, l’actif en bulle est pour moi la (quasi-totalité de la ) dette souveraine de long terme. Celle ci sera soit haircutté via des défauts partiels, soit inflatée dans des proportions similaires. La dette japonaise ou celle de la plupart des pays de la zone euro n’est pas repayable (mais elle est encore rollable). Aujourd’hui ce qui force la bulle n’est pas l’enthousiasme (peu de gens sont dupes), mais comme pendant le ssubprimes la régulation, et notamment les normes criminelles de Bâle 3 qui crée une désirabilité artificielle des govies, quasi-seul collatéral utilisable en « face value » comme collatéral ou comme réserve portée au bilan d’une banque.

        Si je devais suggérer un asset fixed income, je préconiserais la dette suisse (libellée dans la monnaie solide d’un pays solide, quitte à assumer un taux négatif) ou la dette britannique (la Grande Bretagne paye toujours ses dettes, si l’on se base sur les 300 dernières années d’historique).

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  12. Absent un moment je découvre ces échanges passionnants et de haut niveau…. Qu’y rajouter en évitant de parler pour ne rien dire? Deux remarques d’ordre secondaire: 1- Le passage de la micro à la macro n’implique pas forcément un changement de paradigme économique, 1+1 feront toujours deux et la fable de la cigale et de la fourmi sera toujours d’actualité, même s’il est vrai que nous sommes aujourd’hui dans la pure virtualité économique, avec des règles virtuelles! Et puis ne stigmatisons pas trop les Allemands….il faut se mettre aussi à leur place! 2- Je ne comprends toujours pas comment les « sociales démocraties qui ne rembourseront jamais leurs dettes » trouvent encore des créanciers à pas cher; je sais qu’il faut éviter de tuer son débiteur…. mais quand même!? Une réponse peut-être: les créanciers du moins les décideurs, appartiennent au système klépto et prêtent l’argent des autres?

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