Guerre de Religions, guerre de Civilisation

Islamisme, comment appeler un chat un chat/ Qui mettra fin aux guerres de religion?/Etat islamique: l’impossible riposte militaire/ Terrorisme islamique, guerre civile : scénarios catastrophe/ La France est en guerre (A Chauprade)

Islamisme, comment appeler un chat un chat

Permalien de l'image intégrée

On le sait, les mots lessivent le réel. Et «le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences» n’a pas sa place dans un monde où le terrorisme islamique – ou autre – fait le lit d’un nouveau vocabulaire: une sorte de novlangue de l’orthodoxie multiculturaliste occidentale. Se justifie-t-elle? Elle est en tout cas de plus en plus critiquée

Souvenez-vous de «Daech». Cet ovni linguistique. En fait, on l’a tous dit et répété: l’acronyme de«Dawlat islamiya fi’Irak wa sham» (Etat islamique en Irak et au Levant; EIIL). Il est apparu à la fin de l’été 2014 pour désigner l’organisation terroriste Etat islamique (EI) dans le vocabulaire des dirigeants occidentaux. Parce que l’EI n’est évidemment à leurs yeux ni «Etat» ni «islamique». Mot a priori obscur, donc, mais drôlement hypocrite, puisqu’il a l’avantage de ne pas afficher le caractère idéologique de l’ex-EIIL, tout en signifiant précisément la «chose» expansionniste abhorrée.

Sauf qu’il faut tempérer. Le choix de Daech n’est pas seulement un choix de mots, mais aussi un choix politique. L’expression «Daech», avait alors expliqué France 24, «considérée comme «péjorative» par l’organisation terroriste, n’existe pas en tant que telle dans la langue arabe. Mais d’autres mots, proches phonétiquement, existent. A l’instar de «daes» – celui qui écrase avec son pied – ou de «dahes» – celui qui sème la discorde ou la zizanie.»

On le voit, «Daech renvoie donc inévitablement à une image et à des concepts très négatifs pour l’EI. Son usage, qui se faisait souvent de manière anodine, prend tout son sens» en tant que mot pour désigner la cible. D’ailleurs, ce pauvre François Hollande, qui avait suivi «les recommandations du quai d’Orsay» pour nommer ainsi l’Etat islamique, avait confondu la prononciation de ce mot avec celle d’une célèbre marque de lessive, comme s’en étaient notamment moqués L’Express et une journaliste de Radio France sur Twitter:

https://twitter.com/claudeguibal/status/511421668980719616

Mais tout cela est moins anodin qu’en apparence, comme l’a bien repéré Courrier international, au-delà des morts et des atrocités commises au nom de l’EI. La guerre des mots est repartie avec Barack Obama, «qui a ouvert le 18 février à la Maison-Blanche un sommet consacré à la lutte contre l’extrémisme violent», une «Conference on Violent Extremism». Et depuis, le président est raillé par ses ennemis – qu’il a nombreux – pour son refus d’utiliser des termes comme «terrorisme musulman» ou «islamisme», comme le pointe le Wall Street Journal (WSJ) dans son éditorial du 19 février.

Le quotidien conservateur estime que «la moquerie est justifiée», parce que «la guerre ne peut être gagnée contre un ennemi que nous refusons de décrire autrement que par des généralités inconsistantes». La charge est très claire de la part de la droite. En contrepoint, un sociologue québécois écrit dans Le Figaro que «chaque fois que l’islamisme frappe, d’une manière ou d’une autre, la gauche multiculturelle s’inquiète d’abord de la montée de l’islamophobie. […] Les médias relaient cette formule mécaniquement, en mettant en garde tout à la fois contre le radicalisme et l’islamophobie.»

L’«islamo-fascisme» de Valls

«On met les deux concepts sur le même pied, et surtout, on proscrit à l’avance toute réflexion sérieuse sur l’islamisme ou la difficile intégration de l’islam en Occident en l’assimilant à une forme de racisme.» C’est à peu près ce qui se passe aussi lorsqu’après les attentats de Copenhague, Manuel Valls appelle pour la première à combattre «l’islamo-fascisme». «Une expression habituellement utilisée à droite», note BFMTV. Et immédiatement, le «vieux» Roland Dumas, jamais avare d’une pique ou d’une provocation, rebondit en parlant d’«un slogan pour faire de l’audimat». Pour l’ancien ministre socialiste, «le fascisme, ce n’était pas cela».

Par les mots qu’il choisit, poursuit le Canadien, «le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble». Ce qui pourrait compromettre le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences n’y a pas sa place. Lorsqu’il faut pourtant consentir à montrer une part désagréable du réel, on multipliera les mises en garde, on forgera un nouveau vocabulaire qui deviendra la novlangue des sociétés fonctionnant sous l’orthodoxie multiculturaliste. D’une société à l’autre, c’est le même logiciel du déni qui opère et qui pousse les peuples à la défiance politique.»

Le «discours vide»

Il y a aussi cependant «des commentateurs centristes, voire de centre gauche», comme le chroniqueur du New York Times Roger Cohen, qui parle de «discours vide» d’Obama et en profite au passage pour exécuter la première ministre danoise qui a évoqué, après les attentats de Copenhague, «une guerre autour des valeurs qui sont basées sur la liberté individuelle et celles qui sont basées sur une idéologie sombre».

Thomas Friedman, dans le même quotidien, à l’enseigne de «Say It Like It Is», vitupère contre cette administration américaine, «qui, par crainte d’être accusée d’islamophobie, refuse de faire tout lien avec l’islamisme radical» concernant les exactions de Boko Haram, les talibans pakistanais et les djihadistes qui ont agi à Paris, au Yémen ou en Irak. «Mais la Maison-Blanche défend son choix», celui de «la démocratie» pour laquelle elle s’est toujours battue, lit-on dans The Economist, qui tente de prendre un peu de recul historique sur toutes ces questions de fossé entre les civilisations.

Sémantique, idéologique…

«Pour le WSJ, au-delà de la question sémantique, le problème est que le gouvernement américain refuse de reconnaître la «guerre idéologique» que mènent les organisations djihadistes. «L’organisation Etat islamique (EI) ne parle peut-être que pour une minorité de musulmans, mais il n’y a rien dans ses croyances, ses méthodes et ses objectifs qui ne soit pas islamique», estime-t-il.» Un constat d’ailleurs «partagé par la grande enquête publiée par le magazine The Atlantic dans son numéro de mars sur l’idéologie véhiculée par l’EI».

Dans sa tribune «L’Islam, cet inconnu», tout récemment publiée dans L’Hebdo, Guy Sorman relève qu’une des sources de malentendus lexicaux «tient à l’émergence d’un nouvel islam transnational à l’usage des musulmans déracinés, qui se définissent contre l’Occident et contre les musulmans occidentalisés. […] Les djihadistes détournent un vocabulaire mystique pour récupérer la frustration des musulmans déracinés qui ne parviennent pas à s’intégrer au monde contemporain: citoyens de seconde zone en Occident ou victimes de la tyrannie dans leur pays d’origine.»

Pendant que les Occidentaux, eux, détournent le vocabulaire rationnel auquel ils tiennent tant, pour ne pas montrer la face sombre du réel.

PAR OLIVIER PERRIN/ Le Temps 20/2/15

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/baf9c2be-b8da-11e4-b703-7833333027ee/Islamisme_comment_appeler_un_chat_un_chat

Qui mettra fin aux guerres de religion?

PAR NAGINDER SEHMI/Le Temps 19/2/2015

Les meneurs – les meneuses n’existant pas dans la plupart des religions, surtout celles du Livre – continuent à proclamer à haute voix, comme ils le font depuis des siècles, que leur religion n’est que paix. C’est faux, écrit Naginder Sehmi

Les meneurs – les meneuses n’existant pas dans la plupart des religions, surtout celles du Livre – continuent à proclamer à haute voix, comme ils le font depuis des siècles, que leur religion n’est que paix. C’est faux.

Ce n’est pas ce qui est écrit dans les livres sacrés qui constitue la religion mais la manière dont les gens la pratiquent, selon les interprétations variées, imposées à eux par les leaders religieux. Deux interprétations diamétralement opposées de la pratique de l’islam, qu’on peut lire dans Le Temps du 27 janvier 2015, accentuent les feux rouges que nous continuons à ignorer.

Nous oublions que les religions du Livre ont leur origine dans les guerres entre petites tribus, suivies des massacres commis par les Romains, les conquêtes sanglantes par les Arabes nouvellement islamisés, les croisades, et la colonisation du monde entier, ou presque, par la ferveur aiguisée des chrétiens. Il faut retenir que pendant les deux siècles passés, il y a eu des accords après les guerres, l’Holocauste, les génocides, l’extermination et la domination, en vue d’une stabilité politique et commerciale; mais jamais, jamais, un accord n’a été rédigé pour régler les conflits religieux.

Les guerres religieuses persistent, tuant majoritairement des croyants. Combattre les extrémistes religieux de l’extérieur n’a jamais été une solution car ils suivent l’interprétation la plus rigoriste de l’enseignement du Livre. Les extrémistes, ainsi que la majorité des gens qui mènent leur vie honnêtement, sont les produits de la même communauté.

En conséquence, la solution du problème est inhérente à cette communauté. Toutes les autres mesures sont momentanées et malheureusement inefficaces, sauf pour sauver quelques vies. Dans ce sens, les arguments polémiques entendus dans l’émission de la RTS (Infrarouge 27.01.2015) n’ont rien apporté de nouveau et le débat était infructueux.

Heureusement, la majorité du monde chrétien s’est extrait de l’emprise des dogmes religieux. Grâce à l’éducation actuelle, les gens ont intégré les valeurs fondamentales de la religion dans les affaires d’Etat et dans la société, et même dans leur comportement personnel.

A ce titre, je ne serais pas trop loin de la vérité si je disais que la Suisse en a pris la tête. Le célèbre théologien et savant Hans Küng ne dit pas pour rien qu’on ne peut pas avoir la paix entre les nations avant qu’on ait la paix entre les religions. La Suisse recueille les rescapés des guerres monstrueuses de toutes les croyances, elle les héberge et les nourrit. C’est le geste le plus religieux et il n’a pas de nom. Est-ce qu’un jour viendra où les gens des autres pays feront la même chose et deviendront véritablement religieux?

Ceux qui continuent à dire que la situation humanitaire choquante au Moyen-Orient n’est pas liée à la religion sont des menteurs, parce qu’ils refusent d’accepter que c’est la communauté entière, composée d’extrémistes et de modérés, qui compose et représente la religion. Tout le reste n’est que théorie. Si la communauté ne veut pas ou ne peut pas mettre à jour ses livres sacrés, aujourd’hui désuets, en utilisant la connaissance que nous avons acquise en quantité extraordinaire, il est quasiment impossible d’arrêter la guerre entre les religions de la paix. Qui va suivre le conseil sage de Reinhard Schulze (lire Le Temps du 29.01.2015 )?

Les êtres humains n’ont pas de honte, il est dans leur nature d’aimer la boucherie. Une personne qui peut défaire ce nœud gordien et trouver une solution pour avoir la paix religieuse sera mon prophète, si je suis encore en vie. Autrement sauve qui peut, au moins pendant ce siècle!

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ae40f4ae-b793-11e4-b703-7833333027ee/Qui_mettra_fin_aux_guerres_de_religion

Etat islamique: l’impossible riposte militaire

PAR LUIS LEMA/ LeTemps 19/2/15

Les Etats-Unis ont beau jeu de prôner ces solutions «alternatives». En Irak et en Syrie, le foyer principal de l’Etat islamique, quelque 16 000 raids aériens ont été entrepris en six mois contre les positions du mouvement islamiste par la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Le résultat, aux yeux des experts militaires, n’est pas très encourageant: les combattants de l’EI auraient perdu grosso modo… 1% du territoire qu’ils contrôlaient dans ces deux pays. Certes, la prise de la petite ville de Kobané, à la frontière avec la Turquie, a été perçue comme une importante victoire. Transformée en champ de ruines, elle a cependant été arrachée avant tout par les peshmergas kurdes, qui se battent au sol contre les intégristes.

L’ambivalence de l’Irak, dans cette lutte contre l’ennemi commun, dit à elle seule l’impossibilité d’une victoire militaire. Perçus comme les défenseurs des seuls chiites, alliés à l’Iran, le gouvernement de Bagdad et les milices chiites qu’il soutient peuvent difficilement être vus comme les éventuels «libérateurs» de la population sunnite livrée aux agissements de l’Etat islamique.

Bien au contraire: toute avancée sur le terrain de «l’allié» irakien ne fait que jeter encore davantage des centaines de milliers de sunnites irakiens dans les bras du «califat» établi par Abou Bakr el-Baghdadi. Il y a peu encore, les bombardements indiscriminés de l’armée irakienne sur des régions sunnites provoquaient la panique, et souvent la fuite, de centaines de milliers d’Irakiens sunnites. Les témoignages abondent de sunnites modérés qui se disent prêts aujourd’hui à s’accommoder de la barbarie des fantassins de l’Etat islamique tant que ceux-ci leur assurent un semblant de sécurité et de protection.

Parallèlement à la réunion de Washington, les Etats-Unis ont dévoilé mardi leur intention de fournir davantage d’aide et d’entraînement militaire à l’opposition syrienne, non seulement en Jordanie, mais aussi en Turquie. Ce que Washington a refusé jusqu’ici à la rébellion dans son combat contre le régime de Bachar el-Assad est ainsi accordé au nom de la lutte contre l’Etat islamique, devenue la priorité numéro un. L’objectif est ainsi d’entraîner quelque 3000 combattants en Syrie d’ici à la fin de l’année, avec un espoir: qu’ils puissent représenter, en Syrie, l’équivalent des forces kurdes qui combattent les extrémistes en Irak.

Pour les Etats-Unis, le point d’équilibre est instable: que les opposants ainsi formés s’en prennent à l’armée syrienne, loyale à Bachar el-Assad, et c’est tout le château de cartes qui s’effondre. La Syrie d’Assad est en effet alliée à l’Iran et donc, ipso facto, à Bagdad. En ce qui concerne la lutte contre l’Etat islamique, tous ces acteurs sont du même côté…

«Eh oui! Le monde multipolaire est devenu particulièrement compliqué. Et, en formant des alliances, il faut dorénavant s’en tenir à certains aspects particuliers en écartant les autres», sourit une source diplomatique à Genève, qui suit de près ce spectacle mouvant.

Armer les rebelles syriens qui s’en prendront à l’Etat islamique, c’est courir le même risque qu’en Irak: provoquer un élan en faveur de Daech de la part des centaines de milliers de Syriens qui sont aujourd’hui prisonniers de ses griffes mais qui risquent désormais d’être pris pour cible par les combattants pro-américains.

Alors que l’exécution de 21 Egyptiens coptes par l’Etat islamique dans l’est libyen montre que le conflit risque rapidement de s’étendre à la Libye, un problème similaire se pose. Avant tout pour des questions de reconnaissance internationale, l’Egypte du maréchal Abdel Fattah al-Sissi fait des pieds et des mains pour être admise au sein de la coalition internationale qui combat les extrémistes de Daech. Une intervention militaire internationale semble pour l’instant exclue en Libye. Faut-il laisser l’Egypte prendre seule les devants?

«Nous devons être réalistes», la lutte contre l’Etat islamique «est un investissement à long terme», disait un responsable américain, selon l’AFP, en préambule à la réunion de Washington. A la condition que, sur le terrain, la guerre contre les intégristes ne ruine pas immédiatement cet effort au long cours.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e2affb58-b7b2-11e4-b703-7833333027ee/Etat_islamique_limpossible_riposte_militaire

Terrorisme islamique, guerre civile : scénarios catastrophe

imagePAR GUILLAUME FAYE

Après les attentats terroristes – ou plutôt les actes de guerre – perpétrés à Paris puis à Copenhague, et qui font suite à d’autres, notamment à Toulouse et à Bruxelles, tous commis par de jeunes arabo-musulmans contre des cibles semblables, on s’aperçoit que leur rythme s’accélère. Il faut donc s’attendre à une multiplication de ces actions et au final à l’éclatement sur le territoire français et celui de nos voisins européens d’un véritable ”djihad”. Examinons d’abord les causes de cette aggravation prévisible, les signes avant-coureurs de la guerre, avant de prévoir des scénarios possibles.

Causes d’une multiplication probable des opérations terroristes islamiques.

1°) L ‘augmentation constante de la population musulmane du fait de l’immigration incontrôlée s’ajoute à une radicalisation générale islamique. Les masses de manœuvre prêtes à passer à l’action (insurrections ou attentats) sont donc toujours plus nombreuses. De plus, on note, dans tous les attentats, que les jeunes assassins sont tous, même chez nos voisins européens, des délinquants repris de justice de droit commun. Ils ne sont pas du tout désocialisés ou exclus, mais habitués aux exactions violentes et fanatisés, pour beaucoup en prison.

2°) On observe, dans la jeune population arabo-musulmane ou afro-musulmane une radicalisation anti-française, anti-occidentale, anti-européenne et anti-juive. Une idéologie (très simpliste mais très efficace) est née, à la fois affirmative et vengeresse, qui trouve dans l’islam une bannière et un marqueur identitaire agressif. Le racisme anti-blanc et anti-juif, comme la francophobie et la haine de l’”Occident” et du christianisme se développent, dans la confusion mentale la plus complète selon certains ; en réalité selon une logique implacable même si elle est simpliste ; ils constituent le soubassement psychologique de ces comportements compulsifs mais par ailleurs dirigés et manipulés par les idéologues d’un djihad mondial.

3°) Une frustration est apparue non pas du fait de l’exclusion mais d’un complexe d’infériorité. Retournement : plus ils sont aidés, plus ils haïssent et se plaignent. À ce ressentiment se mêle un désir de conquête et de revanche. Cette fracture est ingérable. Il est trop tard pour envisager la moindre intégration ou la moindre assimilation. Toute cohabitation pacifique est devenue impossible. Le mythe pluriethnique du ”vivre ensemble” a été forgé par des élites urbaines (politiciennes et journalistiques) qui vivent entre elles.

4°) Une partie notable de la jeune population immigrée musulmane – on l’a vu en France et au Danemark – soutient implicitement ou explicitement les assassins djihadistes ”martyrs”. Même chez ceux qui paraissent parfaitement calmes et intégrés. Ce qui offre une sorte de base arrière, de logistique et un puissant encouragement. Le sentiment de participer à une guerre collective exaltante de revanche, de justice et de conquête est un puissant facteur de passage à l’acte.

5°) Le durcissement et l’extension de la propagande djihadiste mondiale, amplifiée par les médias et Internet, relayée par les prêches des mosquées, illustrée par les exemples fascinants des exactions barbares des djihadistes en Syrie, en Irak, au Mali, en Libye, au Nigéria, multiplient les vocations et surexcitent de jeunes cerveaux dont l’intelligence n’est pas la marque de fabrique.

6°) S’ajoutent à ces facteurs la présence en Syrie et en Irak, dans les rangs de l’EI de milliers de jeunes immigrés musulmans dont beaucoup vont revenir en Europe aguerris et fanatisés, barbarisés. Sans oublier le phénomène de compétition entre assassins djihadistes, chacun voulant concurrencer et dépasser le précédent attentat dans l’horreur.

7°) N’oublions pas non plus l’encouragement au djihad islamique provoqué par les réponses faiblardes et complexées des gouvernements européens, sans vraie riposte sérieuse : les manifestations monstres du 11 janvier (”Je suis Charlie”) avaient un côté ”bisounours” risible. L’agresseur, qui se présente par ruse comme la victime (un des fondamentaux de l’islam) est excité par la faiblesse de celui qu’il agresse.

8°) Le laxisme judiciaire de la Garde des Sceaux, Mme Taubira, protège autant les délinquants de droit commun que les terroristes djihadistes, sur lesquels elle manifeste un silence assourdissant. Le judiciaire est en France le maillon faible de la lutte antiterroriste. Est-ce parce qu’on est paralysé à l’idée d’aller mettre son nez dans les milieux musulmans et dans les ”cités”, citadelles de l’insurrection et des attentats ? C’est peut-être une réponse. En tout cas, le volet pénal antiterroriste est ridiculement faiblard. Les magistrats antiterroristes sont débordés et en sous-nombre, comme les officiers de police judiciaires affectés à cette tâche, 200 seulement, alors qu’il en faudrait le double ou le triple. Les moyens affectés aux enquêtes financières contre l’opposition de droite et la surveillance des délinquants sexuels sont incomparablement plus importants que ceux mis en œuvre contre les djihadistes potentiels ou avérés ! Les procédures d’enquêtes judiciaires antiterroristes, selon le procureur de la République de Paris, François Molin, sont dangereusement et scandaleusement entravées, notamment sur le plan des écoutes téléphoniques et du renseignement informatique.

Plus grave : les juges antiterroristes alertent sur les sorties de prison prématurées (moins de la moitié de leur temps d’emprisonnement !) d’individus dangereux, par ailleurs condamnés à des peines ridiculement faibles… Les ruptures de contrôle judiciaire ne sont pas sanctionnées. Les prisons passoires (téléphones portables présents dans les cellules) sont des centres de radicalisation. Les terroristes bénéficient d’un système d’exécution et de réduction des peines aligné sur le droit commun qui est déjà l’un des plus laxistes du monde. La Cour européenne des Droits de l’homme, qui est la meilleure amie des délinquants de droit commun est aussi la meilleure alliée des apprentis terroristes et des djihadistes. D’autre part, les services de renseignement sont dépassés et entravés dans leurs investigations. Tout cela signifie qu’un sentiment d’impunité se répand comme une trainée de poudre aussi rapidement que la radicalisation islamique. Autrement dit, tout cela encourage la préparation d’actes terroristes puisque d’une part les suspects sont mal surveillés et que d’autre part, les délinquants susceptibles de passer à l’acte ont été punis avec mollesse et mansuétude et sont mal suivis, comme on l’a vu avec les frères Kouachi et Coulibaly.

Les signes avant-coureurs d’un affrontement majeur

Très grave et très inquiétant : un nombre important d’adolescents exaltés, déboussolés, et prêts au djihadisme, a été repéré, dont un tiers, selon la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) sont des convertis ( !) ; ce qui en dit long sur l’état des valeurs de notre société et sur l’état de délabrement des notions de ”France” et de ”république”…Plusieurs sont partis combattre en Syrie pour l’EI (Daech). Selon Alain Dru, secrétaire général de la GCT-PJJ « le radicalisme est rarement un phénomène qui s’enkyste, il y a des passages à l’acte extrêmement rapides ». Ces adolescents, embrigadés et fanatisés par une propagande islamique et djihadique contre laquelle l’État français est complètement impuissant, sont appelés à devenir des éléments de choc. Certains sont prêts à mourir, persuadés d’entrer dans le ”paradis d’Allah”.

Il faut évoquer un contexte idéologique mondial islamique qui, indépendamment des innombrables luttes internes à l’islam, construit un véritable programme de guerre contre nous, sans faire dans le détail. Cette propagande est d’une redoutable efficacité. Par exemple, la bible des djihadistes est un livre islamique traduit en français en 2009, « Gestion de la barbarie ». Il prône une utilisation rationnelle de la barbarie terroriste pour créer un chaos, un état de sauvagerie qui « poussera les régions livrées à la terreur à faire appel aux djihadistes. Ils appliqueront alors la charia, étape finale vers le califat », écrit Frédéric Pons (Valeurs actuelles, 12-18/02/2015). Ce manuel, étudié à Harvard, est pris très au sérieux par le centre anti-terroriste de l’armée américaine à West Point qui note : « ces travaux djihadistes sont intelligents, (et diaboliquement intelligents), ce sont des manuels d’insurrection globale rédigés par des penseurs particulièrement doués. » Ils sont « la meilleure des sources pour comprendre la nature intrinsèque du mouvement djihadiste » Ce manuel, qui récuse la distinction entre ”islam” et ”islamisme” (cette distinction étant une des causes de l’aveuglement des démocraties européennes) ne cache pas que le but est la submersion de l’Occident, en tout premier lieu l’Europe ramollie, vieillissante et envahie par l’immigration. Joshua Mitchell, professeur de théorie politique à l’université Georgetown (Washington) explique : « ces mouvements ne laissent pas place au pluralisme, au doute, au compromis ; ils ne respecteront pas les lois de la France ni d’aucune autre nation. Ils submergent et détruisent et ne laissent rien d’indépendant d’eux ». (Le Figaro, 04/02.2015)

On constate depuis quelques années en France un inquiétant phénomène devant lequel l’État est impuissant : la radicalisation salafiste des mosquées. On dénombre aujourd’hui 89 mosquées salafistes et 40 autres seraient sur le point de basculer. C’est le signe d’un climat général de durcissement et de montée aux extrêmes chez les musulmans de France, surtout les jeunes, qui ne pourra déboucher que sur une explosion. De même, on estime à 5.000 les ”djihadistes potentiels” installés sur le territoire. Par rapport au nombre de musulmans, Philippe Huneman, chercheur au CNRS estime que « c’est statistiquement insignifiant » (revue Philosophie, mars 2015) pour étayer sa thèse selon laquelle l’islam n’est pas une menace. Raisonnement stupide. Au contraire, 5.000 fanatiques prêts à en découdre, c’est déjà énorme, et leur nombre ne fait que croître. 5.000 combattants, en outre soutenus ou aidés par des milliers de coreligionnaires, cela suffit à amorcer une sanglante guerre civile.

Né au Danemark, le tueur islamique de Copenhague, Omar el-Husseini, 22 ans, d’origine palestinienne, était un repris de justice qui s’était radicalisé en prison. À son enterrement le 20 février, après avoir été abattu par la police, on dénombrait dans le cimetière musulman de Brondby, 500 personnes venues lui rendre hommage ! Ce détail est assez effrayant et confirme que dans toute l’Europe (notamment, Grande-Bretagne, France, Bénélux, Danemark, Allemagne…) les djihadistes sont soutenus par une fraction de la population musulmane immigrée, entrée dores et déjà en sécession, prélude à l’insurrection.

Dans une mise en scène sanglante et symboliquement très forte, les djihadistes de Libye (qui se réclament de Daech qui les soutient) ont égorgé des dizaines de chrétiens coptes égyptiens sur une plage, les victimes agenouillées en direction de Rome, de l’autre côté de la Méditerranée, représentation de l’Occident chrétien. À cette menace symbolique, ils en ont associé une autre, très concrète : celle de laisser 500.000 migrants – musulmans à 95% – traverser la Méditerranée vers l’Italie et l’Europe. Comme quoi, dans leur esprit, dont le raisonnement est parfaitement cohérent, il s’agit bien de favoriser un processus d’invasion arabo-afro-musulman de l’Europe associé à un djihad, une guerre ethno-religieuse entamée sur notre sol. Ils savent que la réponse européenne (Droits de l’homme !) est de laisser entrer tout le monde, comme le démontre l’attitude de l’Italie, avec la bénédiction du Pape.

Ahuris, déboussolés, les politiciens qui dirigent l’Union européenne et ses pays membres ne veulent pas voir cette menace, se mentent à eux mêmes, se bouchent les yeux. Ils préfèrent se focaliser sur leurs fantasmes inconsistants : la diabolisation de Poutine et la russophobie. Beaucoup plus lucide est le général Al-Sissi, le nouveau raïs d’Égypte, certes un dictateur nationaliste (et après ?) qui a éliminé les Frères musulmans et qui protège les chrétiens. Il a fait bombarder des positions djihadistes en Libye après les assassinats des coptes égyptiens. Il a déclaré, en substance que « ce qui se passe en Libye va menacer l’Europe et en particulier la France » par le double risque d’un déversement migratoire et de l’exportation de terroristes djihadistes. (1) Le problème, c’est qu’au sein des pays musulmans (tout comme en France chez les immigrés) une partie des masses est gagnées par une fanatisation et une exaltation en faveur de l’islam radical, en dépit de l’épouvantable barbarie des djihadistes, au Moyen-Orient, en Libye, au Mali, au Nigéria…

Ce sont d’ailleurs souvent certains Arabo-musulmans qui sont les moins complexés et les plus lucides sur ce qui se passe. Par exemple, Waleed Al-Husseini, auteur de Blasphémateur ! Les prisons d’Allah (Grasset). Il a été torturé dans les geôles de l’Autorité palestinienne (dont on cache la véritable nature, qui est celle d’un État islamique totalitaire, pseudo laïque et théocratique) pour apostasie et athéisme revendiqué. Grâce à l’intervention de la France, il est libéré et obtient en 2012 un visa. Arrivé en banlieue parisienne, il est sidéré, effondré, et met en garde contre la progression de l’islam totalitaire dans un Occident désabusé et sans valeurs : « des milliers d’hommes et de femmes étouffent dans certains pays et dans certaines banlieues ou quartiers des villes européennes régis par l’islam ». Son livre décrit l’arriération de ce monde islamique, sa cruauté, sa naïveté mais aussi sa « duplicité ». En Seine Saint Denis « on se croirait dans un pays islamique ». Il note la rupture totale et volontaire des jeunes musulmans avec les lois françaises détestées, avec la culture démocratique ; il remarque le poids croissant des imams étrangers, qui émettent des fatwas et incitent à l’hostilité et à la subversion : « les immigrés sont appelés à se rebeller contre la loi républicaine. Ceux qui s’y soumettent le font parfois par opportunisme, la fameuse taqiya, ou l’art de la dissimulation ».

Les scénarios de la guérilla, des émeutes et du terrorisme

Nous allons vivre sous peu la conjonction de plusieurs facteurs, en France d’abord, mais dans toute l’Europe de l’Ouest. Passons en revue tous ces éléments qui peuvent déboucher sur une situation insurrectionnelle hors contrôle.

1°) Les attentats et les attaques de faible intensité (moins de 10 morts) contre des cibles diverses vont se multiplier, à l’image de ce qui s’est produit récemment. En plus des cibles juives, de la police, de l’armée, des cibles chrétiennes vont être visées. Soit par attaques ”artisanales” à l’arme blanche, à l’arme à feu ou par armes de destination (voitures-bélier jetées dans la foule, etc.), soit par explosifs plus élaborés. Les auteurs pourront être des ”loups solitaires” ou de petits groupes agissant dans l’amateurisme improvisé.

2°) Nous allons aussi voir apparaître, contre les cibles précitées, des attentats plus professionnels et préparés et nettement plus meurtriers (entre 10 et 100 morts). Il pourra s’agir de terrorisme à l’état pur, non ciblé, c’est-à-dire contre des zones à forte concentration de population. Sur Internet, circulent des instructions djihadistes, détaillées, pour des attentats contre la France, visant les sites touristiques, les grands magasins, les lieux symboliques. L’EI (Daech) diffuse une publication en ce sens, en français. Il faut donc s’attendre, comme en Irak aujourd’hui, à l’extension de ce sport : attentats à la bombe déposée, au kamikaze vêtu d’une ceinture d’explosifs ou à la voiture piégée. Une campagne d’attentats simultanés est possible pour créer des effets de panique et de sidération.

3°) L’hypothèse d’un attentat terroriste géant (plus de 1.000 morts) comme celui du 11 septembre 2001 contre un pays européen (la France étant le pays le plus à risque) est moins probable, du fait de difficultés logistiques, mais parfaitement envisageable. Il ne fait aucun doute que des groupes terroristes djihadistes réfléchissent à un nouveau ”11 septembre” et le préparent. En ce moment même. Les cibles sont très nombreuses.

4°) Ce qui nous pend aussi au nez, c’est l’éclatement d’émeutes et d’insurrections violentes simultanées sur divers points du territoire, sous un prétexte qui peut survenir à tout moment, accompagnées d’ assassinats, d’incendies, d’attentats, de pillages et d’actes de guérilla urbaine impliquant des armes de guerre, avec un encadrement déterminé de moudjahidines aguerris. Les forces de l’ordre seront submergées et il n’est pas évident que l’armée française d’aujourd’hui ait les moyens, les capacités et la préparation psychologique pour y faire face. Émeutes insurrectionnelles + attentats terroristes aveugles + assassinats ciblés. L’équation est simple. Elle peut aboutir à deux solutions.

Les deux hypothèses : soumission ou reconquête

La première, positive, provoquerait une révolte générale des Français et un changement de paradigme, c’est-à-dire une acceptation de la réalité de la guerre et de l’impératif de désigner l’ennemi – et de le traiter. Autrement dit la volonté de combattre et de mener une contre-offensive. Celle-ci supposerait évidemment un arrêt immédiat de toute immigration, un mouvement de ”démigration” et de règlement définitif du problème de l’islam en France. Autrement dit, des mesures révolutionnaires seraient alors possibles grâce au réveil qui résulterait d’une guérilla déclarée.

La seconde hypothèse serait celle de la catastrophe et de la soumission. C’est exactement ce que programment les forces actives et réfléchies qui veulent islamiser et conquérir la France, en misant sur la veulerie des élites et des autorités, sur le fameux ”syndrome de Stockholm”. Cette stratégie de la tension et de la guérilla aura pour but d’intimider et de faire céder les autorités, selon le chantage suivant : ” si vous voulez que ça cesse et que le calme revienne, si vous voulez la paix, associez-nous au pouvoir”. La liste des revendications est longue : communes islamisées avec application de la charia ; place grandissante accordée à l’islam dans la législation nationale, en attendant patiemment qu’il prenne petit à petit le monopole ; accélération de la construction de mosquées ; modification des fêtes religieuses ; facilités accrues à une immigration musulmane, etc.

Ce cauchemar repose sur le pari des djihadistes qu’il n’y aura pas une réaction de révolte mais de peur et de soumission. La stratégie de la tension vise à déstabiliser, à créer la peur, à faire céder, à pousser à négocier. Elle repose sur un binôme, tout à fait classique depuis de nombreux siècles dans la culture de l’islam, celui du double discours : d’un côté les djihadistes se livrent à des actes de guérilla, de harcèlement, de terreur, de barbarie ; de l’autre, de sages négociateurs ”modérés” font semblant de les désapprouver et de les condamner. Mais, pour faire cesser les exactions (et en les expliquant par l’ ”islamophobie”) ils exigent une place accrue accordée à l’islam, selon la tactique du grignotage. Jusqu’au but final : l’exclusivité totalitaire du pouvoir sur une population qui a vocation à devenir majoritairement islamisée. Déjà, on note des signes inquiétants de reculades, comme ce festival traditionnel annulé par une ville allemande parce que la municipalité avait décelé une menace d’attentats islamiques. Après l’immigration, première phase de l’invasion, le dhihadisme terroriste est la deuxième phase – qui commence sous nos yeux – afin de créer la sidération et la peur, puis, comme conséquence, la reddition. Cette capitulation, Houellebecq l’a décrite dans son dernier roman Soumission où il sous-estime d’ailleurs le facteur ”guerre civile”.

Pour conclure, deux points : tout d’abord, ce terrible scénario ne serait pas possible sans son facteur principal : l’immigration de colonisation en majorité musulmane qui continue dans l’indifférence ou avec la complicité de l’oligarchie et de l’idéologique dominante, immigration associée à un taux de natalité bien supérieur des populations immigrées. En second lieu, tous les ingrédients de la guerre civile ethnique sont prêts. Le tonneau de poudre est là, il suffit plus que d’allumer la mèche. Il est terrible de devoir dire et supputer que ce sera peut-être là la seule chance d’un réveil et d’une reconquête.

(1) Le nouveau raïs d’Égypte, le général Al-Sissi, renoue avec le nationalisme arabe traditionnel anti-islamiste. Il poursuit les Frères musulmans, dont il a liquidé le régime, installé après la ”révolution démocratique” qui avait renversé Moubarak. Pour défier les Etats-Unis, dont il mesure la catastrophique politique dans tout le Moyen-Orient qu’ils ont déstabilisé, il a passé commande d’avions Rafale français, avec une rapidité inouïe dans la signature du contrat. Tout le problème est de savoir s’il pourra tenir. Tout dépendra de ses résultats économiques sur le terrain.

Source : http://www.gfaye.com/terrorisme-islamique-guerre-civile-scenarios-catastrophe/

La France est en guerre (A Chauprade)

1 réponse »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s