Aristote contre Platon

Charles Gave : « Les peuples se révoltent enfin face à leurs élites corrompues » (Vidéo): Le grand retour des prix de marché

 « Les peuples se révoltent enfin face à leurs élites corrompues » (Vidéo) :  Le grand retour des prix de marché

institutdeslibertes.org Charles Gave 21 Novembre 2016

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Le lecteur attentif (et ancien) se souviendra que je peste depuis des années contre la suffisance des banquiers centraux qui se prennent à l’évidence pour les nouveaux «maitres du monde». L’idée centrale de nos nouveaux maitres a été d’empecher toute volatilité (si ce n’est à la hausse) dans les marchés financiers, en intervenant massivement sur les prix d’un nombre choisi d’actifs (obligations longues émises par des états, indices boursiers, monnaies etc..).

Ce qui veut dire que tous ces prix sont faux.

Et cela s’est fait bien sur sous les acclamations des hommes de Davos et autres oints du Seigneur qui toujours et partout préfèrent le capitalisme de connivence à une robuste concurrence.  Or, comme je ne cesse de l’écrire, la Liberté (avec un grand L)  à l’intérieur d’un pays ou d’une zone économique est une et indivisible.

Par là , je veux dire que si quelque part dans un système nous avons une majorité de prix qui cessent d’être libres, alors automatiquement ce système cessera d’être démocratique, et cela assez rapidement. Un système de prix libres et une démocratie sont l’envers et l’endroit d’une même pièce de monnaie. Pile vous avez la démocratie, face un système concurrentiel pour les biens et services.

Or, il se trouve que certains des pays que je suis depuis toujours ont de solides traditions démocratiques qui impliquent que ces peuples n’aiment guère ceux qui prétendent savoir mieux que les électeurs ce qui est bon pour eux,  et ces traditions démocratiques se sont exprimées fortement dans deux de ces pays tout récemment, la Grande Bretagne et les USA.En Grande -Bretagne, nous avons eu le Brexit, aux USA l’élection de monsieur Trump et ces deux élections veulent dire la même chose : les peuples se réveillent et la déroute des technocrates  ne fait que commencer.

Si cette analyse est la bonne, alors il me semble que je devrais commencer à voir apparaitre dans le système économique des signes que la période de glaciation mortifère que les hommes de Davos ont imposé au monde depuis prés de vingt ans est en train de se terminer.

En d’autres termes, je devrais commencer à voir toute une série de PRIX qui commencent à bouger, se découplant des faux prix tels qu’ils étaient fixés par les banquiers centraux pour revenir à des prix de marché, c’est-à-dire des prix fluctuants au gré de l’offre et de la demande. Pour faire simple, si politiquement nous sommes entrain de revenir à la démocratie, alors économiquement  nous ne pouvons pas ne pas retourner en même temps vers un système de prix libres. Et c’est ce que je vois partout.

Le dégel a commencé.

Le premier prix à se libérer a été la Livre Sterling et j’ai déjà écrit sur ce que cela voulait dire.

Depuis l’élection de monsieur Trump, les choses s’accélèrent…Ce cher Donald a fait campagne sur des thèmes protectionnistes et anti immigration « illégale ». Ces deux thèmes impactent gravement l’un des pays voisins des Etats-Unis, le Mexique. Et cela se voit très nettement dans le cours de change de la monnaie Mexicaine qui se retrouve à des niveaux de sous évaluation que je n’avais plus vu depuis la crise dite de la Tequila en 1995-1996…

Aujourd’hui, quiconque aurait le courage d’acheter une obligation mexicaine pourrait espérer gagner prés de 40 % en trois ans (en dollars) si le peso retournait vers sa parité des pouvoirs d’achat ; le calcul est simple : +45 % retour a la PPA, +5 % de différence sur les taux, -5 % parce que l’inflation au Mexique est plus forte qu’aux USA.

Le Peso Mexicain 45 % sous évalué, voila qui est un coup terrible pour l’Argentine, le Chili, le Brésil voir le Canada et bien sur les Etats-Unis et la zone Euro.Un autre prix est en train de se libérer et de monter de façon tout à fait remarquable : les taux longs aux USA sur les obligations gouvernementales et du secteur privé. Depuis la fin Juin, les taux longs sur le trente ans américain sont passés de 2.20% à 3.03 % au moment où j’écris ces lignes. Et du coup, les taux longs commencent aussi à monter en Europe… ce qui veut dire que la BCE va devoir enregistrer des pertes épouvantables, tout simplement parce qu’elle a acheté des tombereaux d’obligations à des prix n’ayant rien à voir avec la réalité.

Bien évidemment, cela veut dire que les pays qui ont été crucifiés par l’euro vont devoir payer plus cher pour leur dette, ce qui leur est quasiment impossible puisqu’en Italie, déjà, les taux d’intérêts sont au dessus du taux de croissance de l’économie. Ce qui veut dire que l’Italie est dans une trappe à dette, qui se caractérise par la dette croissant plus vite que la richesse créée, ce qui ne peut pas ne pas se terminer par une faillite.

Et donc, il me semble que les Italiens vont voter NON à leur prochain referendum et que monsieur Renzi va devoir s’en aller, en convoquant les électeurs aux urnes.  Ces élections devraient avoir lieu quelque part dans le premier semestre de 2017, à peu prés en même temps que les élections Françaises et un peu après les élections néerlandaises.

Et ces élections vont être de fait un peu partout un referendum sur l’Europe et nulle part le vote est plus incertain qu’en Italie.

Si le mouvement des cinq étoiles, acoquiné avec la ligue du Nord et ce qui reste du parti de monsieur Berlusconi (tous favorables à  la sortie de l’Italie), semblent avoir ne serait ce qu’une chance raisonnable de l’emporter, alors je peux assurer le lecteur que le marché obligataire Italien va devenir complètement incotable et que les taux longs vont passer ‘’ au travers du toit » bien avant que l’élection n’ait lieu, ce qui rendra le résultat complètement inéluctable.

Pour moi en tout cas (et je peux me tromper, ca m’est arrivé fréquemment), il me semble tout à fait évident que l’Italie va voter non au referendum et voter ensuite pour sortir de l’Euro et donc de l’Europe.

Si j’ai raison, cela veut dire que tous les actifs dont les prix ont été faussés par la BCE (et je songe ici aux obligations françaises, italiennes, espagnoles, Portugaises) vont voir leurs prix s’écrouler bien avant que les élections n’aient lieu, un peu comme le peso Mexicain a baissé bien avant que l’élection de monsieur Trump ne devienne une réalité.

Et cela va rendre la tache de monsieur Draghi impossible (ce qu’elle était déjà).

Comment un Italien pourrait t’il rester a la tète de la BCE si l’Italie quitte l’Europe… ?

Bref, la BCE d’ici quelque temps risque de n’être qu’une structure de défaisance où chacun des anciens participants au capital essaiera de limiter au maximum les pertes de son pays.

Voila qui va faite le jeu de l’AFD en Allemagne qui milite depuis le début pour le retour au DM, et qui aura eu raison sur toute la ligne.

Sans parler du boulevard que ces événements vont créer en France pour le FN et pour Marine…

Conclusion

En 2002, dans des Lions menés par des ânes, j’écrivais tristement que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais.

Voila qui est fait.

Il ne reste plus qu’à entériner le désastre pour repartir de zéro.

La grande question politique des années qui viennent va donc être : Comment sauver l’Europe après le désastre de l’euro?  Et avec qui ?

Je suis loin d’avoir la réponse.

Mais cela implique d’abord que tous les hommes politiques qui nous ont amené dans ce désastre soient virés.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai des doutes.

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EN BANDE SON : 

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