Art de la guerre monétaire et économique

Braquage à l’italienne : Mondialisme vs Pangermanisme ou la thérapie du chaos appliquée à l ‘Europe

Avec une Ligue du Nord sous controle Berlusconien et une Mouvement 5 étoiles trusté par Soros et ses avatars la coalition italienne de gouvernement a des allures d’embarcation mondialiste visant à couler le paquebot pangermanique sous pavillon de complaisance Bruxellois….L’Allemagne doit PAYER et elle paiera sous peine de voir s’évanouir les avantages liés à sa politique euro-mercantiliste d’hégémon européen…Un bras de fer est donc engagé mais dont l’issu nous semble inéluctable et qui signera à la fois la fin de l’Italie en tant que Nation souveraine mais aussi la fin d’un 4ème Reich drivé par une Prusse toute puissante ! Reste le grand cocu de l’affaire : le peuple italien qui  s’est laissé séduire par le charme discret et les fausses promesses de la bourgeoisie  populiste !

La réponse du nouveau gouvernement italien à Bruno Le Maire : « Les Italiens d’abord ! » 

Nicolas Gauthier Journaliste, écrivain Bld Voltaire

L’année dernière, Marine Le Pen en rêvait et c’est en Italie que l’alliance des populistes des deux rives s’est accomplie avec le gouvernement formé, ce lundi, par la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio avec, comme Premier ministre, Giuseppe Conte, brillant professeur de droit au profil assez lisse.

En démocrate vigilant, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, ne pouvait que se ridiculiser, lui (et la France, au passage), avec ces propos tenus ce dimanche dernier sur Europe 1 : « Les Italiens doivent comprendre que l’avenir de l’Italie est en Europe et nulle part ailleurs ! Il y a des règles à respecter… » Bref, c’est l’Europe punitive. Et le même de poursuivre, passant du registre de la menace à celui de l’apocalypse annoncée : « Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l’assainissement des banques, c’est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée. »

Ce qui inquiète Bruno Le Maire, grand sensible devant l’éternel ? Cette déclaration, peut-être : « Nous entendons revoir, avec les partenaires européens, le cadre de la gouvernance économique », ce qu’exigeaient, précisément, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle de 2017. La réponse de Matteo Salvini, qui n’a pas tardé, vaut son pesant de prosciutto :

« Je n’ai pas demandé les votes et la confiance pour continuer sur la route de la pauvreté, de la précarité et de l’immigration : les Italiens d’abord ! »

Voilà qui a, au moins, le mérite d’une indubitable clarté.

D’ailleurs, si Bruno Le Maire connaissait mieux l’Europe, il saurait que, pour jovial qu’il puisse souvent paraître, le Ritalien peut aussi se révéler susceptible, surtout lorsque chatouillé de trop près ; ce qui lui aurait sûrement évité cette autre réplique cinglante :

« Que les Français s’occupent de la France et ne se mettent pas à casser les pieds chez les autres. […] Il y a ce ministre français [Bruno Le Maire, donc, NDLR] qui dit que “le prochain gouvernement devra continuer à faire ce qu’ont fait tous les autres avant lui”. Qu’il se mette le cœur en paix : nous ferons l’exact contraire de ce qu’ont fait les gouvernements qui nous ont précédés. »

​‌Au fait, ce programme qui donne des sueurs froides à notre ministre, qu’a-t-il de si proprement scandaleux ? On y trouve des mesures sociales – de gauche ? – et des mesures sécuritaires – de droite ? – parmi lesquelles : abaissement de l’âge de la retraite, instauration d’un salaire minimum et d’un revenu de citoyenneté de 780 euros par mois. Mais aussi des baisses d’impôts significatives et des mesures musclées quant à l’immigration de masse et un islam de plus en plus envahissant. Soit un programme qu’on pourrait tenir pour être à la fois de « gauche » et de « droite » ; ce qui est une assez bonne définition du populisme. Il n’y a donc pas tromperie sur la marchandise.
On y trouve même des mesures sociétales assez intéressantes en matière de « moralisation de la vie politique », telle cette interdiction faite aux francs-maçons de devenir ministres. Mesure qui, dit-on, pourrait déclencher un peu plus l’ire des instances européennes, mais qui s’explique assez bien, étant donné le contexte local : le souvenir du scandale de la loge P2, avec ses implications au sein du Vatican, de la Mafia et de la CIA, est encore largement présent dans les mémoires.

Cette alliance des populismes, Marine Le Pen l’appelait de ses vœux l’année dernière. Jean-Luc Mélenchon n’a pas osé franchir le Rubicon, préférant céder devant ses ouailles immigrationnistes pratiquant un gauchisme d’un autre temps. Dommage. Car une alliance du peuple, celui du « non » au référendum sur la Constitution européenne, celui qui souffre de la mondialisation, celui des invisibles et de la France périphérique aurait eu un peu plus d’allure que cette fantasmatique union des droites dont un Laurent Wauquiez ne veut à aucun prix et que réclame en vain un Front national aujourd’hui passablement déboussolé.

http://www.bvoltaire.fr/reponse-nouveau-gouvernement-italien-a-bruno-maire-italiens-dabord/

Un programme commun. Ce dernier, intitulé « contrat de gouvernement », est un compromis sur trente points cruciaux qui intéressent le pays, qu’ils s’engagent à respecter. 

La substance du texte a de quoi « inquiéter » marchés financiers, technocrates et médias officiels. Car, sans être vraiment révolutionnaire – pas de sortie de l’euro, d’Italexit ou de renégociation de la dette –, elle est une remise en question totale de la politique italienne telle qu’elle a été menée ces dernières années sous les gouvernements technocrates ou de gauche.

C’est, avant tout, un refus de l’austérité : c’est par « l’augmentation du PIB à travers la relance de la demande interne » que le nouveau gouvernement entend réduire la dette publique.

Une réforme institutionnelle envisage une « réduction drastique du nombre de parlementaires », qui passent de 948 à 600, doublée d’une législation sévère contre la corruption. Les charges ministérielles sont interdites à quiconque est en procès ou a été condamné pour corruption, concussion ou mafia, aux francs-maçons et à toute personne qui se présente en conflit d’intérêts avec la matière de la charge.

Une réforme fiscale « révolutionnaire » prévoit deux barèmes d’impôts pour particuliers et entreprises abaissés à 15 et 20 %.

Un revenu de citoyenneté, cher au M5S, sera instauré (780 euros mensuels), mais n’en est pas vraiment un : il ressemble plus à une indemnité de chômage, puisque « le bénéficiaire devra accepter les offres de travail provenant des centres pour l’emploi ».

Le chapitre concernant les mesures d’une politique nataliste y est assez synthétique, mais présent ; le minimum des retraites augmenté à 780 euros mensuels et l’âge de la retraite est abaissé : il sera possible de cesser le travail quand la somme de l’âge et des années de cotisation atteint 100.

En matière d’immigration, « rapatriements et arrêt du business » sont les maîtres mots du programme. Il impose la renégociation du traité de Dublin sur la redistribution des migrants au sein de l’Union et prévoit toute une série de mesures visant à réduire les flux et la criminalité générée autour du phénomène, notamment celle des instituts privés qui s’en enrichissent ; une révision des normes concernant regroupement familial et allocation sociale. « Une partie des ressources affectées à l’accueil sera destinée au fonds pour les rapatriements. » Selon le texte, 500.000 migrants irréguliers seraient concernés.

Au niveau de la politique étrangère, l’appartenance à l’Alliance atlantique est confirmée, mais un rapprochement avec la Russie, « partenaire économique et commercial, interlocuteur stratégique », est préconisé, tout comme un arrêt des sanctions à son égard.

Une chose est sûre : pour avoir les moyens de mettre en œuvre une telle politique, une remise en question du pacte de stabilité imposé par Bruxelles est nécessaire, ce qui suppose de gros litiges à venir avec la structure supranationale.

Si le programme est qualifié de séditieux et d’irréalisable par les médias, il semble s’imposer comme tout à fait légitime dans l’esprit des citoyens.

http://www.bvoltaire.fr/italie-populistes-de-droite-de-gauche-saccordent-former-gouvernement/

C’est un article de notre cher Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph de Londres qui se fend d’un long papier sur la situation italienne, peu brillante à ses yeux, et qui nous mène vraisemblablement à la destruction de l’euro et la dissolution de l’Union européenne telle que nous la connaissons.

Il pense que la BCE pourrait être contrainte et forcée de couper les lignes de crédit à l’Italie si la coalition rebelle italienne décide de ne plus tenir compte des règles budgétaires européennes et ainsi remettre en question les fondations du traité qui a institué l’euro…

Ambiance donc !

Sanctions de la BCE envers l’Italie pour faire plier les insurgés italiens !

« Le professeur Clemens Fuest, patron de l’influent think tank allemand IFO Institute, a déclaré que les autorités européennes ne peuvent rester les bras croisés si le mouvement néo-anarchiste Cinq Étoiles et les nationalistes antieuropéens de la Ligue du Nord appliquent leurs politiques révolutionnaires qui risquent de mettre en danger la stabilité de l’union monétaire.

Le professeur Fuest a averti que la BCE devra couper les lignes de crédit Target 2 accordées à la banque d’Italie dans le cadre de son système de paiement interne, ce qui pourrait accentuer gravement la crise.
«Si l’Italie se met à violer les règles fiscales de la zone euro, la BCE devra agir, même si elle ne le souhaite pas. Ce sera comme la crise grecque. L’Italie devra mettre en place des contrôles des capitaux et sera forcée de quitter la zone euro», a-t-il déclaré.

«Ce serait un revers majeur mais je pense que l’euro pourrait survivre avec la France, l’Allemagne et l’Espagne. Ce serait cependant un euro différent», a-t-il déclaré. »

Les Allemands sont furieux !…

« L’establishment allemand a très mal réagi à une fuite faisant état d’un plan de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles ayant pour objectif de passer outre l’architecture de discipline du projet de l’euro. Pour les Allemands, un tel projet tue dans l’œuf toute possibilité d’accord sur la mutualisation des dettes ou la tentative d’une union fiscale. »
«En bref, il s’agit d’un ultimatum. Ils exigent des changements fondamentaux pour la zone euro, avec des transferts fiscaux vers l’Italie, ou ils quitteront l’euro», a-t-il déclaré au Daily Telegraph.

Le professeur Fuest a déclaré que le brouillon original préparé par les 2 partis radicaux a exposé leurs réflexes idéologiques. De ce fait, ils ont irrémédiablement cassé la confiance, même si le texte final est plus pragmatique.
«Il a confirmé les pires craintes que l’on pouvait avoir, il a eu un très mauvais impact en Allemagne. Comment pouvez-vous mutualiser les garanties bancaires avec un pays doté d’un gouvernement tel que celui de l’Italie ? C’est tout simplement impensable», a-t-il déclaré.

«Ils menacent de saper le pacte de stabilité ainsi que l’intégralité de la base institutionnelle de l’union monétaire.»
Les économistes allemands sont abasourdis par la radicalité des exigences italiennes, notamment la demande de l’annulation des 250 milliards d’euros d’obligations italiennes détenues par la BCE. La clause a été depuis supprimée du texte, mais le mal est déjà fait. »

…Et veulent se protéger du risque italien !

« «La politique italienne avance à visage découvert. Elle souhaite que les autres prennent en charge sa dette», a déclaré Lars Fed, l’un des « 5 sages » allemands du Conseil des experts économiques.
«Pourquoi devrait-on partager le risque dans l’union monétaire européenne si le nouveau gouvernement italien demande une annulation partielle de sa dette de 250 milliards d’euros ? Il est temps de prendre des mesures pour se protéger du risque italien», a-t-il déclaré sur Twitter. »

Italexit, la fin de l’euro ?

« La question de savoir si les retombées d’un Italexit pourraient vraiment être contenues reste une question ouverte. Beaucoup pensent que la contagion deviendrait incontrôlable.
De plus, l’intention non dissimulée des membres les plus durs de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles est de forcer l’Allemagne à quitter la zone euro en la rendant dysfonctionnelle.
Les Allemands devraient alors riposter en émettant une devise parallèle au sein de la zone euro. Cela ne ferait que davantage compliquer la situation.
La dette Target 2 de l’Italie au sein du système de compensation interne de la BCE (nous en avons déjà largement parlé dans ces colonnes) est devenue un sujet névralgique.
Le passif italien a atteint 426 milliards d’euros en avril, soit 26 % du PIB. Ce constat reflète les sorties chroniques de capitaux d’Italie. Certains craignent de voir ces montants atteindre des montants systémiques, ce qui déboucherait sur une crise. (…) »

Les Allemands se pensent déjà ruinés par l’Italie et veulent arrêter les frais !

« Selon Hans-Werner Sinn, un économiste très écouté de l’université de Munich, il n’existe aucun mécanisme qui permettra à l’Allemagne de récupérer les quantités astronomiques d’argent qu’elle possède disséminées dans la zone euro, notamment les 923 milliards de crédits Target 2 qui sont dus à la Bundesbank. «Nous ne reverrons jamais la couleur de cet argent. Il est déjà perdu», a-t-il déclaré… »

Voilà de quoi agacer fortement nos amis outre-Rhin !

« Selon le professeur Sinn, la structure actuelle est aussi inadaptée pour le Nord que pour le Sud, laissant les 2 parties frustrées. «Il n’y a pas de solution. La catastrophe est en train d’avoir lieu. Cela débouchera sur la destruction de l’Europe, pour le dire franchement. Cela portera également les populistes de l’Afd au pouvoir en Allemagne», a-t-il déclaré au Daily Telegraph. (…) »

Macron à contre-temps !

« Ces développements explosifs en Italie balayent les espoirs d’Emmanuel Macron à propos d’un grand accord pour la zone euro. Le président français avait spéculé sur le bon vouloir de l’Allemagne d’accepter de faire des pas allant dans le sens d’une union économique si la France parvenait à se réformer.

C’était déjà difficile à vendre.

Les pays du Nord, menés par les Pays-Bas, avaient averti qu’ils ne se laisseraient pas emporter dans des aventures « romantiques », en appelant à des règles budgétaires strictes.
Chaque pays est responsable de sa dette. Les desiderata italiens sont la goutte qui fait déborder le vase.
Olaf Scholz, ministre des Finances social-démocrate, a déjà averti que la majorité du plan de Macron ne verra jamais le jour. (…) «Macron n’obtiendra rien de l’Allemagne. Scholz est similaire en tout point à Schauble», a déclaré Heiner Flassbeck, ancien secrétaire d’État économique allemand.
«Les Allemands pensent qu’ils ont toujours raison et que la seule façon de conduire l’Union européenne consiste à ce que tous les pays se comportent comme eux», a-t-il déclaré. »

La fin annoncée de la zone euro !

« Ce Nein allemand retentissant signifie que la zone euro restera en l’état, non réformée, à la merci de la prochaine crise.
Presque rien n’a été fait pour éviter de tomber à nouveau dans un cercle vicieux. Les banques et les États, vulnérables, pourront à nouveau s’entraîner les uns les autres dans la crise.
La situation n’augure rien de bon. Près une décennie après la crise Lehman, les taux d’intérêt dans la zone euro sont toujours négatifs, les injections de liquidités ont atteint leurs limites techniques et politiques. La zone euro est toujours engluée dans un piège de basse inflation alors que la dette est plus élevée.
Désormais, les politiques au sein de l’union monétaire deviennent particulièrement toxiques.
Le projet européen va bientôt être confronté à l’épreuve du feu, au prochain retournement économique. »
C’était un article d’Ambrose Evans-Pritchard, publié le 17 mai 2018 sur le site du Telegraph à Londres…

https://insolentiae.com/les-insurges-italiens-sous-la-menace-dun-gel-de-la-bce-ledito-de-charles-sannat/

Victoires du nihiliste Di Maio (M5S) et de l’eurosceptique Salvini (Ligue) : les législatives en Italie, séisme pour l’euro

9 mars 2018 Reinfo TV

Le bouleversement politique issu des dernières élections législatives fait passer l’Italie d’une situation pré-insurrectionnelle à la révolte ouverte. L’effondrement du centre-gauche de Matteo Renzi, parti qu’incarne en France le pseudo-philosophe verbeux Emmanuel Macron, devrait être un signe inquiétant pour la finance. Certes les taux des emprunts à dix ans de l’Etat italien restent au même niveau une semaine après que les partis « antisystème » de droite (la Ligue eurosceptique de Matteo Salvini) et de gauche (le Movimento Cinq Stelle, M5S) ont balayé l’establishment issu de l’après-guerre. L’euro a complètement ignoré l’événement, gagnant même 2 % sur le dollar depuis ce séisme. « Une forme de délire », commente Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph de Londres.

Au M5S, Luigi Di Maio est inspiré par le néo-marxiste Thomas Piketty

Pourtant, le mois dernier, le syndicat patronal Cofindustria dépeignait encore le mouvement néo-anarchiste du M5S comme un ramassis de dangereux extrémistes, terrifié par son projet de revenir sur la réforme des retraites, sur la réforme du droit du travail (le Job Act), et de lancer un revenu universel qui ferait exploser le budget d’un Etat affichant déjà une dette publique équivalant à 132 % du PIB, le taux le plus élevé de l’UE après celui de la Grèce. Aujourd’hui, le même syndicat tente de limiter les dégâts, félicite l’élégant chef d’orchestre du M5S assis sur ses 33 % de voix : « Le Cinque Stelle ? On a connu pire. » Or Luigi Di Maio ne ressemble en rien à la marionnette Macron, plus proche du travailliste « rouge » Jeremy Corbyn et du néo-marxiste Thomas Piketty.

Ancien économiste en chef du Trésor Italien, Lorenzo Codogno décrit ainsi les cadres du M5S : « J’ai siégé avec eux au comité du Budget et je peux vous assurer qu’ils sont incompétents. Leur programme entasse les propositions de 40.000 militants envoyées par internet, totalement incohérentes. Ils ne possèdent aucune personnalité apte à la réflexion économique. S’ils annulent la réforme du marché du travail, les entreprises iront à l’étranger. »

M5S et Ligue projettent de changer les règles de l’euro depuis l’intérieur

Les marchés financiers semblent exclure une menace sur l’euro et un « italexit », mais ignorent que les programmes, du M5S (gauche) et de la Ligue (droite) sont incompatibles avec l’Union monétaire. Tous projettent de changer les règles de l’euro depuis l’intérieur, processus plus lent mais bien plus menaçant pour Berlin et Bruxelles.

Marco Tronchetti Provera, patron de Pirelli, parle de calme avant la tempête : « Les différentiels de taux vont exploser dans les minutes qui suivront l’entrée de ces partis au gouvernement, avec leurs projets de renversement des lois fiscales et d’interventionnisme utopique. » Il met en garde contre une procédure de défaut de paiement façon Grèce, avec son lot d’économies drastiques. Mais, objecte Ambrose Evans-Pritchard, « Si les élites européenne essaient d’étouffer ce printemps italien comme ils l’ont fait pour le printemps grec, ils feront exploser l’ensemble du projet européen ». A l’heure actuelle la BCE garantit la dette italienne par les rachats massifs de dette de son programme d’assouplissement quantitatif. Ce programme doit prendre fin en septembre, privant l’Italie sans acquéreurs en dernier ressort. Or la BCE a couvert la totalité des déficits budgétaire du pays depuis au moins deux ans, accumulant 320 milliards d’euros de titres italiens.

L’Italie, minée par une longue dépression, ne dispose d’aucune marge

La BCE peut difficilement prolonger ses achats car elle atteindra la limite au-delà de laquelle elle financerait illégalement les Etats-membres. La Bundesbank se battra becs et ongles contre une telle dérive, surtout s’il s’agit de renflouer un gouvernement frontalement opposé aux règles européennes. Or l’Italie ne dispose d’aucune marge. Elle a manqué le retour global de la croissance en raison des politiques restrictives délirantes de la BCE de 2010 à 2012, de l’austérité obsessionnelle imposée par l’Allemagne de 2010 à 2014, puis des politiques européennes de renflouement des banques qui ont écrasé la reprise. La longue dépression a atrophié la base économique italienne, faisant encore augmenter la dette. La mini-reprise de la zone euro permise par l’assouplissement quantitatif de la BCE commence déjà à s’essouffler alors que la banque centrale réduit ses achats. Les prévisions de masse monétaire plongent à leurs plus bas niveaux depuis la grande récession. On peut imaginer un ralentissement en 2019, avant que l’Europe ait construit de nouveaux pare-chocs monétaires et fiscaux. Si tel est le cas, le pire est à prévoir pour l’Italie.

Salvini et les eurosceptiques de la Ligue veulent lancer une monnaie parallèle

Salvini et les eurosceptiques de la Ligue savent que la prochaine étape sera la crise de solvabilité italienne. Ils ont inséré un projet de monnaie parallèle dans le programme du bloc conservateur (Ligue et Forza Italia, principalement), en tête aux législatives avec 37 % des voix. Cette monnaie serait appuyée sur un emprunt perpétuel du Trésor destiné à rembourser des arriérés de l’Etat à hauteur de 70 milliards d’euros. Silvio Berlusconi a depuis longtemps caressé cette idée afin de prévenir un effondrement du crédit.

Claudio Borghi, économiste de la Ligue, admet que ce plan amènerait la création d’une monnaie italienne sous contrôle souverain : « Nous ne sommes pas la Grèce, nous sommes un pays bien plus important et nous sommes contributeurs nets au budget européen, alors comme Bruxelles pourrait-il nous arrêter ? », confie-t-il à Ambrose Evans-Pritchard. Qui conclut : « Un tel plan défierait le contrôle de la BCE sur la création monétaire et anéantirait le consensus allemand et néerlandais sur l’euro ». Les Etats du Nord feraient un parallèle avec l’Union latine, lancée en 1865 entre France, Belgique, Italie, Suisse et Grèce, et qui capota suite à un excès d’émission de papier par l’Italie. Les économistes italiens favorables à ce plan visent ainsi clairement à pousser l’Allemagne à quitter l’euro.

Matthieu Lenoir

https://reinformation.tv/euro-legislatives-italie-di-maio-salvini-m5s-ligue-lenoir-81669-2/

Elections en Italie : Cinq étoiles et la Ligue du Nord contre l’ancien monde

5 mars 2018 Reinfo TV

A peine connu le résultat des élections en Italie, tous les commentateurs ont noté la victoire des forces antisystème, Ligue du Nord et mouvement Cinq étoiles en tête. Il faut aller plus loin : c’est tout le monde ancien que les Italiens rejettent. En misant pourtant sur des chevaux pas toujours très neufs.

Je laisserai aux spécialistes des arcanes romaines et de la formation des gouvernements le soin de disserter sur les combinaisons possibles entre la droite, l’extrême droite, la gauche et le « populisme inclassable » du mouvement Cinq étoiles : les Allemands viennent de prendre pour six mois de négociations avant d’accoucher d’un monstre mortifère. La différence ici, qui tient à la fois au génie du peuple italien et à la personnalité de Silvio Berlusconi, est que l’extrême droite n’est pas exclue de l’arc constitutionnel où l’on puise les candidats au pouvoir. Je m’en tiendrai dans les lignes qui suivent à la signification d’un vote aussi massif qu’ambigu : les Italiens ont voté en toute clarté pour dire non au monde ancien mais ont dispersé leurs votes sur des partis incompatibles, ce qui permettra sans doute à ce monde ancien de survivre.

L’Italie condamne l’ancien monde sans ambiguïté

Une chose est claire comme le jour, les Italiens ont donné une claque monumentale au parti démocrate, qui n’atteint pas 19 % contre 40 % en 2014, et à la coalition qu’il formait (23 %, lui compris). Si l’on prend garde que Forza Italia, le parti de Berlusconi qui se présentait comme le seul rempart contre la montée des eurosceptiques, plafonne à 14 %, on constate que les deux tiers de l’Italie ont rejeté ensemble la gauche et la droite, le socialisme, l’Europe de Bruxelles et l’immigration. Car la lutte contre l’immigration était au cœur de la campagne de tous les partis, sauf le PD. Et l’on est fondé à penser que si Berlusconi a évité, partiellement, la dégelée, c’est qu’il avait lui aussi promis, pour sauver ses meubles, de renvoyer chez eux six cent mille migrants. Le Monde note de son côté que « les partis anti-européens ont fait le plein ». Et RFI estime que « l’Italie est sortie de la modération ». C’est donc tout le discours lénifiant de l’ancien monde que l’Italie a condamné sans appel.

La Ligue du Nord veut rendre l’Italie grande à nouveau

La figure qui incarne le plus nettement cette éruption de lassitude est le nouveau maître de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, qui a gravi un à un les échelons de l’appareil, a l’oreille des militants, et soulève des foules avec des slogans simples, comme « Les Italiens d’abord ». Il admire Trump et Poutine, voit dans « l’immigration non maîtrisée » le problème nodal de l’Italie, dénonce dans l’euro, non sans emphase, un « crime contre l’humanité ». Mais dans ses envolées de tribun, il a des paroles nettes, ainsi récemment devant le Dôme de Milan : « Je jure d’être fidèle à mon peuple, à la Constitution italienne et de respecter les Saints Evangiles ». Son parti stagnait à 4 % de voix aux dernières élections générales, il atteint presque 18 %, une multiplication par 4,5. Ce saut extraordinaire ne nous dit rien sur sa capacité à gouverner, mais tout de l’attente pathétique de l’Italie.

Le mouvement Cinq étoiles, quintessence de confusion

Cette aspiration très claire est cependant brouillée par le parti le mouvement Cinq étoiles, 32 %, qui a gagné l’élection, et son chef. Celui-ci a notamment infléchi sa position sur l’Europe afin de paraître sérieux et « premier ministrable ». Luigi di Maio, qui a succédé au fondateur du parti Beppe Grillo, postule au poste de président du conseil européen, et, alors que son groupe siège au parlement de Strasbourg avec l’UKIP britannique, héraut du Brexit, a modifié l’ancienne ligne du mouvement Cinq étoiles, Bruxellesophobe, en euro-critique. Il entend rester dans la zone euro et a failli négocier voilà quelques mois un ralliement au parti ALDE (alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe), qui est le parti européen le plus fédéraliste. Est-ce par souci tactique ou par conviction ? Nul ne le sait avec certitude, mais la vraie question qui se pose est : a-t-il des convictions ? Et si oui lesquelles ?

La jeunesse contre l’immigration et le monde ancien

Ce jeune napolitain modéré a des allures de contestataire comme il faut avec ses cravates trop longues mais sobres. Remarquons, à toutes fins utiles, qu’il est le fils d’un cadre du MSI, le parti néofasciste de Giorgio Almirante. Il a senti le vent d’exaspération que la révolution des mœurs et l’invasion provoquent en Italie. L’hebdomadaire Famiglia christiana estime que « sur l’éthique et l’immigration, sa pensée ressemble à celle d’un surfeur qui suit la vague ». D’autres relèvent que ses études furent courtes et que son expérience professionnelle n’encombre pas son CV. Mais ses nombreux partisans, lui savent gré justement de n’avoir rien fait, ils y voient la marque de sa virginité, et comme un garantie : « Il restera comme il est, il ne fera pas comme les autres ». Leur vote est une sanction morale contre les turpitudes du monde ancien. Quant à lui, il note que Macron n’a pas quarante ans et Sebastian Kurz, le premier ministre autrichien, 31 ans comme lui. Ils pensent incarner la jeunesse dressée contre un monde en décrépitude. Les vieux briscards de la politique italienne estiment, eux, que Beppe Grillo, qui a fait mine de prendre du champ, pourra écrire à sa convenance sur cette feuille blanche.

Beppe Grillo, un Ferdinand Lop qui aurait gagné les élections

La vraie question est ici : en moins de dix ans, le mouvement Cinq étoiles, parti de rien, est arrivé à dominer les élections générales, que veut-il, qui est-il ? Son fondateur Beppe Grillo, né dans la bourgeoisie génoise, une fois son diplôme de comptable en poche, a choisi de faire carrière en jouant de la dérision dans les médias. C’est un chansonnier qui a fait un tabac à la télévision dans les années 80 avant de se lancer dans la politique, bref, un bouffon sur le point de devenir roi, comme y avait songé un moment Coluche. A l’approche de ses septante ans, ce vieil étudiant cornaque de loin un parti critique-tout, donc attrape-tout : on l’a même dit à la fois antisémite et sioniste. C’est un Ferdinand Lop qui aurait réussi. Il est contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Il fait son beurre avec l’immigration, l’environnement, la disparition des syndicats, la lutte contre la malbouffe, la semaine de vingt heures, la réduction des dépenses militaires, le referendum d’initiative populaire, etc., il n’a nulle cohérence doctrinale et pas d’autre limite à son programme que le mécontentement populaire. Cela en fait l’opposition de sa majesté au système.

Cinq étoiles, le stratagème de la synarchie mondiale

Les voix qu’il capte entrent en effet dans un grand trou noir qui peut mettre au pouvoir des personnages dont rien n’indique qu’ils auront même la velléité de satisfaire l’électorat qui les a élus, puisque l’éventail des mécontentements qui les porte ne définit nul profil politique. On l’a vu à Rome avec la jeune et séduisante Virginia Raggi, élue par plus des deux tiers des votants en juin 2016. Avocate, elle avait fait campagne sur le thème attrape-tout de la lutte contre la corruption et a sombré dans des affaires de corruption. A part cela, en bonne militante Cinq étoiles, c’est une poly-démagogue, contre la GPA et pour une « économie circulaire sans déchets », elle veut « faire bosser les Roms » et faire payer « un impôt foncier » à l’Eglise italienne. En fait, cette ancienne électrice de l’Olivier et du parti démocrate est une bobo typique de la confusion qui a présidé au succès de Cinq étoiles et qui y règne. La fonction de cette confusion est de dériver la colère de l’Italie sur un bassin de rétention où elle s’apaisera. Les élections expriment une défiance générale des Italiens à l’égard de la synarchie mondialiste et des maux qu’elle cause en Italie, le mouvement Cinq étoiles est là pour empêcher que cette défiance ne mène à la victoire de quelque fascisme national. Sur tout cela plane, pour l’instant, le prudent silence du pape François.

Pauline Mille

https://reinformation.tv/elections-italie-cinq-etoiles-ligue-nord-monde-ancien-mille-81498-2/

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