Art de la guerre monétaire et économique

La meilleure ennemie de la Macronie : la macroéconomie Par Henri Feng

La meilleure ennemie de la Macronie : la macroéconomie

D’après l’économiste Jean-Luc Ginder, une crise financière majeure est à venir, une crise dont la déflagration serait bien pire que celle de 2008 (édito publié par Le Huffington Post, le 14 juin). Au bout du compte, la dernière crise du crédit a été maîtrisée par encore plus de crédits. Par conséquent, la chute des particuliers (les « subprimes ») sera la cause de celle des États. Conformément aux prévisions du prix Nobel d’économie de 1974, Friedrich Hayek, l’intervention systématique des banques centrales dans l’économie ne fait que nourrir la demande au détriment de l’offre : une spirale inflationniste qui amène le marché à sa perte (contre les théories de John Maynard Keynes), et ce, même si le marché déteste l’angoisse, l’incertitude étant sa seule attitude.

En septembre 2018, Jean-Claude Juncker (l’ancien président de la Commission européenne) avait déclaré : « Il est absurde que l’Europe paie plus de 80 % de sa facture énergétique, qui s’élève à 300 milliards d’euros par an, en dollars américains, alors que 2 % seulement de nos importations d’énergie viennent des États-Unis. » » Et, selon un article de L’Opinion (de janvier 2018), le FMI estimait que le dollar représentait 64 % des avoirs des banques centrales. En outre, la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) détenait, en août 2016, plus de 8.000 tonnes d’or, autrement dit la plus grande part des réserves mondiales du précieux métal (malgré la désindexation du dollar sur l’or décidée par Nixon, en 1971). De fait, l’or reste et restera la seule valeur refuge. Néanmoins, le point fort, comme le point faible, des échanges est leur volatilité. Ce n’est le lieu ni des vertus, ni des belles âmes. Comme le souligne La Rochefoucauld, « les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer ».

En dépit d’un keynésianisme retrouvé (selon le discours de politique générale tenu la semaine dernière), le Président Macron encourage, en France, la création de start-up (lorsqu’il conseillait le Président Hollande, il était à l’initiative du crédit d’impôt compétitivité emploi), tandis que Trump tente de sauver l’activité industrielle américaine, prise en sandwich entre le lobby numérique (de la Silicon Valley) et le lobby financier (de Wall street). Dans tous les cas, les spéculations internationales se traduisent dans les élections nationales : ce n’est pas la Macronie qui est responsable de l’effondrement de la droite française, mais les fondements de cette dernière en eux-mêmes (depuis les dernières élections européennes). Une authentique métaphysique des flux… Macron et ses emprunts à taux zéro ne feront que précipiter la dette publique française dans le rouge (plus de 2.300 milliards d’euros à ce jour). D’après la même logique, la dette publique italienne risque de sonner le glas de la totalité de la zone euro.

Répétition de l’Histoire (économique) oblige, le Veau d’or finira par être renversé par les vieilles tables des valeurs : la revanche des vertus contre les intérêts. Parce que l’idole finit toujours par se retourner contre ses idolâtres.

Même la Banque de France, dirigée par le très politique Villeroy de Galhau, ancien président de la BNP, est obligée de sortir du bois pour attirer l’attention sur la situation explosive actuelle : les risques liés à l’endettement qui croît plus rapidement que la croissance, les prix trop élevés de tous les actifs, les marges trop faibles des banques, les risques des mutations structurelles du secteur financier (fermetures d’agences, passage au numérique, concurrence accrue, cybersécurité, etc.).

La France, avec sa dette publique de 2.358,9 milliards d’euros, court à la catastrophe. Macron ne fait pas d’économies, demande aux entreprises de faire des efforts (impôts sur les sociétés, crédit d’impôt recherche, etc.) et endette le pays non pas pour investir, mais pour régler des dépenses sociales, la gabegie de l’État, l’invasion migratoire, les contes de fées du C02 (gaz carbonique), oublieux qu’il faudra un jour rembourser le principal, même si les taux actuels sont très faibles ou négatifs.

Alerte maximale sur la dette publique hors bilan

Par lesechos.fr 3 min 19/07/2019

L’actualité rapporte que les citoyens ne sont pas toujours informés des contours de la dépense publique. Une pesante discrétion entoure ainsi les engagements hors bilan. La dette hors bilan, qualifiée de « dette implicite », regroupe une myriade de postes d’engagements, dont un, pleinement légitime, est la provision visant à honorer les futures retraites des agents publics pour un montant de 2.400 milliards d’euros.

Au total, ces engagements s’élèvent à plus de 4.000 milliards d’euros et s’accroissent chaque année de plus de 360 milliards, soit plus de trois fois le montant prévu pour 2019 du déficit budgétaire, déjà estimé au niveau de 100 milliards. C’est très préoccupant et rend stupéfiant cet attelage masqué.

Arbre de la palabre

Le Parlement n’a aucun contrôle sur cette dérive qui dure depuis des décennies. Les députés Gilles Carrez (Les Républicains) et Charles de Courson (Les Centristes) ont, à maintes reprises, tenté de promouvoir un débat législatif sur ce thème. En vain. Idem pour André Boulloche (1915-1978) qui fut un grand praticien budgétaire socialiste des années 1970.

Autrement dit, nous sommes dans un pays où Bercy hisse le grand pavois du fait des 9 milliards d’économies dont le pays va profiter du fait des taux d’intérêt particulièrement bas affectant sa dette explicite, flirtant avec 100 % du PIB, mais demeure bien discret sur le dérapage annuel de la dette hors bilan. A titre d’exemple, le poste relatif aux « subventions aux régimes de retraite et subventions d’équilibre aux régimes spéciaux » a crû de 75 milliards entre 2015 et 2016, à comparer aux 270 milliards d’évolution du poste des retraites de l’ensemble des fonctionnaires.

La France vit au-dessus de ses moyens et le débat public se focalise sur moins de 10 milliards d’économies budgétaires, là où la dynamique haussière des deux natures de dette atteint des sommes facteur 10. C’est bien l’arbre de la palabre qui cache la réalité de la forêt du débiteur qu’est hélas, chaque mois davantage, notre pays.

Dette boule de neige

Au demeurant, c’est une convention de confort intellectuel que de rapporter la dette au PIB. La dette c’est l’hypothèque sur le travail futur des citoyens, c’est le montant des impôts de demain. Au stade où nous en sommes, pour revenir à la barre de 60 % du PIB que nous imposent les traités budgétaires, il faudrait contracter la dette de près de 40 points de PIB, soit près de 900 milliards. C’est un défi qui plombe l’horizon.

Dès lors, toute politique publique est d’autant plus délicate à engager que jamais, en temps de paix, les ressources n’ont été aussi rares. Alors que l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, a récemment soutenu que les taux négatifs permettaient de creuser la dette pour soi-disant mieux investir, gardons en mémoire les propos de Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et ancien directeur général du FMI, qui considère qu’un tel niveau de dette publique porte atteinte à l’indépendance nationale. Au surplus, la signature de la France serait déjà clairement écornée si l’épargne des Français ne représentait pas près de 5.300 milliards. Nous sommes tous, à notre corps défendant, les cautions de la dette publique.

Pour l’heure, les taux bas sont bien installés et les disciples d’Olivier Blanchard ont le porte-voix bien en mains. Hélas, en cas d’inflexion, la charge de la dette pourrait s’élever jusqu’à 60 milliards par an, ce qui obligerait à une austérité toujours néfaste ou à des palliatifs tels que la négociation, selon les créanciers, de conventions d’anatocisme. Autrement dit, la France serait contrainte d’intégrer au capital dû les intérêts échus qu’elle ne pourrait honorer. La dette boule de neige n’est pas une hypothèse virtuelle.

Jean-Yves Archer est économiste.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/alerte-maximale-sur-la-dette-publique-hors-bilan-1039082

EN BANDE SON :

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :