Art de la guerre monétaire et économique

Le nivellement par le bas : on trouve aussi maintenant des obligations risquées à taux d’intérêt négatif

Le nivellement par le bas : on trouve aussi maintenant des obligations risquées à taux d’intérêt négatif

Une émission d’obligations d’État italiennes à 50 ans a été sursouscrite six fois en juillet. Malgré un taux d’intérêt d’à peine 2,9 %, les obligations ont rencontré un succès considérable. La demande était plus de six fois supérieure à l’offre.

L’Italie – qualifiée par les analystes de « menace permanente pour la zone euro » il y a un an – a réussi à lever 3 milliards d’euros, mais aurait pu en lever 18 milliards d’euros en une seule fois. Le fait que ces bons du Trésor ne seront peut-être pas remboursées à leur échéance, voire jamais (elles arriveront à échéance en 2069) ne semble pas déranger les investisseurs.

Ces dernières années, seule la BCE se portait candidate à l’achat d’obligations souveraines italiennes, mais cela a maintenant changé. Cette situation indique dans quelle mesure les investisseurs sont disposés à acheter tout ce qui leur procure un rendement quelconque. Le taux d’intérêt sur les bons du Trésor italien continue donc de baisser. Depuis la semaine dernière, quiconque prête de l’argent à Rome pour 2 ans doit payer. L’Espagne et la France avaient déjà rejoint le club des intérêts négatifs auparavant.

Les obligations à long terme ne rapportent presque rien non plus. Une obligation souveraine autrichienne avec une échéance de 100 ans rapporte un intérêt de 1,15 %. Ceux qui confient leur argent à l’Etat suisse pour 50 ans perçoivent un intérêt de 0,01 %.

Puisqu’on suppose que la BCE lancera un nouveau programme d’assouplissement quantitatif ou QE dans les mois à venir (lire: la planche à billets va fonctionner), de plus en plus de ce que l’on nomme obligations de pacotille (« junk bonds’) sont assorties de taux d’intérêt négatifs. Un privilège qui, jusqu’à récemment, n’était réservé qu’aux entreprises extrêmement sûres.

Le terme ‘junk bonds’ est aussi utilisé pour indiquer qu’il s’agit d’un investissement risqué. Ces obligations produisent un rendement élevé en temps normal. Mais sous l’impulsion de la baisse constante des taux d’intérêt, cette tendance touche également à sa fin. En d’autres termes, ceux qui acceptent un taux d’intérêt négatif estiment qu’ils s’en tireront mieux avec 99 cents d’ici 10 ans environ qu’avec 1 euro actuellement.

« Ce qui est bon pour aujourd’hui ne le sera peut-être pas pour demain. Plus fondamentalement, les politiques monétaires ne peuvent être le moteur de la croissance. » La BRI s’inquiète du caractère de plus en plus risqué des actifs des caisses de retraite et autres institutions, qui peuvent engendrer des pertes massives et rapides lors de la prochaine récession.

La proportion, en 2010, des obligations les plus bassement notées dans les fonds spécialisés, de 22 % en Europe et de 25 % aux États-Unis, est passée à 45 % dans ces deux régions du monde. Les entreprises zombies – on pense à la holding Rallye, en France, du groupe Casino – sont, en moyenne, endettées de 40 % de plus que leurs pairs rentables. La rentabilité moyenne des banques, encouragées à accorder des crédits trop risqués, toujours selon la BRI, n’est pas brillante et plus basse que dans les années 2000.

En 2011-2012, la Grèce empruntait à 33 %, contre 2,8 % aujourd’hui, l’Italie à 7 %, contre 1,85 % aujourd’hui, tandis que l’Allemagne et la France en quasi-faillite, avec un endettement du PIB à 100 %, empruntent à des taux négatifs pour la première fois de leur histoire.

EN BANDE SON :

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