Art de la guerre monétaire et économique

De Gaulle, l’or et la toujours possible disparition du dollar !!!!

De Gaulle, l’or et la toujours possible disparition du dollar

« Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’où irait le trouble si les Etats qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? »

Par la Rédaction du Blog A Lupus Le 13 Aout 2019 

Le pouvoir du dollar est hypnotique… L’empire sémiotique US nous aura hypnotisés avec ses images, avec sa monnaie, avec sa conquête Apollo qui reposa sur notamment sur la psy-op’ SF et l’occultisme extra-terrestre… Mais les excès de l’empire du clown Donald et la résilience de certaines puissances comme la Chine ou la Russie semblent y mettre un holà. C’est un cinéaste américain (le meilleur des petits maîtres, avec Donald Siegel), John Carpenter, qui nous aura le mieux exposé la matrice américaine dans son film de 1988 they live. Chaussez des lunettes noires et vous verrez comment on vous consomme…

Restons-en à l’or.

Pour Paul Craig Roberts, la FED n’a pas su prévenir la récente envolée de l’or. Est-ce pour se débarrasser de Trump (hypothèse Roberts), est-ce pour imposer le globalisme (hypothèse de Brandon Smith) ou est-ce, bien plus prosaïquement, par fin de l’ère du charisme yankee devenu fauché ? Car on ne peut mentir tout le temps à tout le monde, disait Lincoln avant d’être assassiné. Et comme le dollar ne repose plus sur rien que du vent (dette et déficits immenses, PNB factice, puissance militaire réduite à micro, etc.)…

On sait que De Gaulle préférait l’or au dollar. Voici des extraits de sa conférence de presse du 4 février 1965. Ses jours étaient comptés, au général. Mai 68…

 On commence :

« A mesure que les États de l’Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. »

Il rappelle que l’on devrait avoir droit à un peu d’autonomie en tant qu’Etat-nation :

« Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. »

La puissance américaine était justifiée quand elle reposait sur l’or détenu :

« Comme presque tontes les réserves d’or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l’univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie… »

Pour le Général, le système était normal :

« D’autant plus que l’Amérique n’éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors ».

Mais tout changea en peu d’années grâce aux Six :

« Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. »

Et là vient la raison de l’altercation, de l’Endkampf, dirait Jean Parvulesco. Lisez bien :

« … la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. »

Et le général d’insister sur un énorme scandale moderne : la formation d’un Etat vampirique, l’Etat US qui peut creuser sa dette pour se surarmer et menacer tout le monde.

De Gaulle est net :

« Le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle… »

Bluff cosmique : après, tout le monde est trompé et désire du dollar ; dans le même ordre d’idées Hollywood fait croire à l’ilote à l’invincibilité de l’armée US.

« Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat. »

Les américains, note de Gaulle, partent après à la conquête du monde :

« Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contrecoup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises ».

Pensez à Alstom et à GE.

Vient après la question qui fâche :

« Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’où irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or? »

De Gaulle poursuit sur ce qu’il faudrait faire :

« Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. »

Et de conclure sur l’or :

« Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh ! oui, l’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. »

Et le général de terminer par un vœu pieux :

« Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d’élaborer entre eux et de faire valoir au-dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent. »

EN BANDE SON :

2 réponses »

  1. Dans ma longue vie je n’ai connu que deux hommes politiques dignes de ce nom : le Général et Jean Pierre Chevènement

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