Art de la guerre monétaire et économique

Divide and Conquer : Crève la grève !

Crève la grève !

« Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois […]. » — Ayn Rand, La Grève [Atlas Shrugged] (1957)

« […] la presse est le quatrième État. […] c’est en réalité le seul État, il a mangé les trois autres. […] nous sommes dominés par le journalisme. » — Oscar Wilde, L’Âme humaine sous le régime socialiste (1891)

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L’inénarrable Pascal Bruckner dans Le Point du 12 décembre 2019 n°2468 au titre délirant Comment la France est devenue folle ? » clame : « Cette haine française du travail ». Cet entretien est somptueux. Il est drolatique que cet intellectuel bien bourgeois, invité par Macron au grand débat avec le Président, « travaillant » à écrire (quel horrible labeur !), vienne donner des leçons de travail à certains Français. Pascal Bruckner déclarait à L’Echo à propos de Macron : « Il doit poursuivre les réformes et serrer la vis.[1] » Ancien gauchiste reconverti dans la propagande proaméricaine, ayant fait partie du Cercle de l’Oratoire à cet effet, il se répand avec ceux de son milieu privilégié, coupés de la réalité quotidienne et prosaïque, et se félicitait, il y a encore peu, des interventions de l’Otan en Libye, avec les résultats que l’on connait. À croire que la vocation d’intellectuel mise au service des pouvoirs débouche inéluctablement sur une nécrose de la pensée.

Rappelons tout d’abord que le dirigeant suprême de ce canard indigent est l’homme d’affaires François Pinault, PDG de la holding Artémis. Il l’a acquis le 17 octobre 1997 pour moins de 200 millions. C’est sûr, il ne va pas commander des articles progrèves. Le journaleux qui s’indigne aussi des grèves est le comique troupier Franz-Olivier Giesbert, qui a été accusé le 18 janvier 2014 de diffamation raciale et publique. À toutes ces hautes et nobles personnalités qui ont du mal à boucler leur fin de mois et qui s’indignent, rappelons que dans le cadre des aides de l’État à la presse écrite, Le Point touche environ 4,5 millions d’euros par an de subventions, auxquelles s’ajoutent des aides financières allouées par le ministère de la Culture et de la Communication sans parler des pages de publicité truffées entre chaque article. D’ailleurs est-ce qu’on voit la différence entre les deux ? Je propose de retirer toutes ces aides de l’État pour un canard qui se veut libéral, et tant qu’à faire aussi, de supprimer les régimes spéciaux des journalistes qui y travaillent. Et ceux des Banques par la même occasion.

On comprend pourquoi ils râlent. Un point de cette nouvelle réforme est dans le fait que les salaires au-dessus de 10 000e par mois auront leurs cotisations abaissées à 2.8% au lieu de 28% (pour la partie au-delà des 10000 EUR). Ce manque à gagner de cotisations est estimé à un peu plus de 4 milliards / an. Rappel : les cotisations sont payées par les entreprises (60%) et les salariés (40%). Généralement, les entreprises qui ont des salariés à 120 K / an sont plutôt des « grosses » entreprises. Voilà un bien beau cadeau à qui vous savez.

On y voit plus clair maintenant. Revenons à Pascal Bruckner.

Ce dernier s’offusque que des jeunes et des travailleurs veuillent s’assurer et clore déjà leur vie avec une retraite en bonne et due forme. Il dit : « Or beaucoup de pays européens ont accompli leur réforme des retraites : la Russie à 65 ans, l’Allemagne à 67, la Belgique à 67 également à partir de janvier, le Japon à 67, et ils ne s’en portent pas plus mal. » Mais qu’en sait-il ? Déjà commencer par comparer est toujours la tactique culpabilisatrice pour mettre les autres au pas. Car pour quelle société ? Il ne le dit évidemment pas. Non, il fait fi de la singularité des pays pour les mettre tous à la page au point de remettre en question sans le dire la moindre grève. Quant à la retraite des cheminots en passant, je n’ai encore jamais entendu un seul journaliste ou politicards de droite du centre ou de gauche signaler que la retraite des cheminots a été donné par le Conseil de la résistance en partie pour services rendus à la Nation lors de la bataille du rail qui a contribué pour une part à la chute de l’Allemagne nazie en France. Pendant que les entreprises collaboraient allègrement avec l’occupant nazi. Voir le livre d’Annie Lacroix-Riz sur le sujet Industriels et, banquiers français sous l’occupation (Armand Collin).

Il ajoute, se plaignant de ceux qui se plaignent et, fustigeant le « culte du larmoiement », le « conformisme de la détresse » : « Mais cette terreur du changement n’est pas l’école de la résistance, plutôt celle de la douilleterie. » Pour le bonhomme, pouvoir vivre décemment ou nourrir sa famille et ne pas finir par faire la manche dans la rue, c’est encore trop. On peut savourer à l’avance qu’étant né au bon moment, c’est-à-dire à une époque où il y avait du travail, ce qui lui a permis de devenir écrivain, le Bruckner-à-vif ferait une tête de cadavre si on lui rognait ces droits spéciaux d’auteur et si on lui plaçait un marteau entre les doigts au lieu d’une plume.

Ce qu’il ne dit pas, c’est de quel travail il parle. Et pas du travail qui se fera encore plus rare dans les temps à venir. On a donc les propos délirants d’un intellectuel de salon, tapotant au chaud avec ses moufles sur le clavier, et vitupérant contre ces satanés grévistes qui ne veulent pas travailler. Bien sûr, il ne sera jamais touché par cela. Il oublie les quelques millions de chômeurs, jeunes ou de plus de 50 ans privés d’emploi, non en raison de leur aversion au travail mais exclus par les effets de la mondialisation et des choix erronés de nos dirigeants politiques qu’il soutient avec un courage sans commune mesure.

Dans les années 50-60, on pouvait vivre avec un seul salaire. Maintenant ? Ne parlons même pas du logement dans les grandes villes. Voilà le résultat d’une régression sociale sans précédent. Sauf pour ceux qui en profitent (les bobos) ou qui sont déjà bien nantis. Depuis les années 1980, à la faveur du néolibéralisme et de la construction européenne, la désindustrialisation a été la conséquence de choix politiques conscients qui présentait, entre autres avantages, celui de mettre un terme à la question sociale. Ainsi furent refoulées, toujours plus loin des métropoles, les classes populaires autochtones.

Avec la numérisation de la société, tout un tas de métiers et de travaux sont refoulés aux calendes grecques. Ceux-ci vont être numérisés, atomisés et virtualisés éloignant le commun des mortels d’une vie concrète et réelle. Les écrans ne rapprochent pas mais éloignent, ce pour quoi Steve Jobs n’en voulait pas pour ses enfants tout en les faisant construire pour les autres. Nombre d’études indiquent bien que la plupart des métiers vont disparaître à cause de la société libéralo-numérique. Éric Sadin écrit dans L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle (L’Echappée 2019) : « En 2013, se produisit un séisme dont les secousses se firent sentir aux quatre coins du monde. Une étude, publiée par le cabinet de Consulting McKinsey, évalua l’impact des technologies dites « disruptives », particulièrement de l’intelligence artificielle, sur l’emploi. Ses conclusions étaient alarmantes. Nombre de métiers étaient voués à disparaître et à être remplacés par des robots ou des machines cognitives. Le phénomène touchait autant les professions ayant généralement requis peu de formation, tels les caissiers, les chauffeurs de taxi, les coursiers, les gardiens…, que celles faisant appel à des compétences fondées sur plusieurs années d’études, jusque-là supposées plus préservées des aléas induits par les mutations technologiques, tels les mathématiciens œuvrant dans le calcul économique, les comptables, les conseillers bancaires, les graphistes, les généalogistes, les traders. » Merci l’ubérisation !  Et je ne parle pas de l’immigration massive, clandestine ou non, qui va continuer à fragmenter le travail, immigration avalisée par les dirigeants libéraux. Il ne s’agit pas seulement d’une controlacratie des comportements mais d’un alignement des performances des personnes sur celles des systèmes numériques et algorithmiques, et ce dans tous les domaines possibles et imaginables (des relations de travail au sexe comme Tinder). En somme, devenir non un sujet mais une clef USB.

Il suffit de voir la réduction des effectifs à la Poste entre autres, où les guichets ont été remplacés par des « automates » et le tout sous le coup du progrès depuis les années 90 alors que la population augmente. Qui cela va toucher ? C’est aussi oublier toute la destruction volontaire des services publics par les gouvernements libéraux successifs pour parvenir à les remiser de force au privé. Ne parlons pas des taux de suicide tout autant dans l’Éducation nationale saccagée depuis trente ans ou même dans l’Hôpital public[2] en péril, voire encore dans l’agriculture et chez les policiers. Si cela est si confortable, pourquoi les personnes qui râlent ne les font-ils pas ?

Bruckner semble omettre qu’un libéralisme smithien et mandevillien est à l’œuvre en Europe comme en France et qu’il y a bien longtemps que le travail a été suffisamment spécialisé ou découpé en rondelles pour n’en plus avoir de rapport trop direct avec le sens ou l’œuvre. Il regrette qu’aujourd’hui la plèbe soit devenue consumériste et économe de son effort, mais pourquoi l’élite a-t-elle laissé le modèle anglo-saxon du libéralisme l’emporter ? 50 millions d’Américains subsistent avec des bons alimentaires. N’est-ce pas insuffisant ?

Ces grévistes, ils ont obtenu leurs droits, ce qu’on appelait à l’époque le « progrès social ». Tout le monde est bien content de prendre bus et métro le dimanche ou les jours fériés sans compter le côté pénible de conduire toute la journée dans les embouteillages (et les insultes). Les grévistes vont perdre. On peut le prévoir. Peu à peu, les lignes de métro vont être automatisées. Les régimes spéciaux vont être dynamités pour soumettre tout le monde au même moule libéral du travail en miettes (bullshits jobs) avec la peur au ventre de le perdre si on ne file pas doux ou de sauter comme des cabris pour en obtenir un, histoire de vivoter sans parvenir à aligner ses points pour la retraite. Les « droits » comme ceux de respirer et de manger seront minimaux. Quand tout sera donné au privé, donc au libéralisme, la grève deviendra une vieillerie nostalgique. Ceux qui ne se seront pas « adaptés » de gré ou de force n’auront même pas de retraite sauf pour les plus malins qui auront pratiqué la reptation pour une destruction généralisée de la société avec leur propre consentement. Car pour avoir sa fameuse retraite, il faut travailler et à l’avenir peu de gens l’auront ! On a l’impression que pas mal de personnes sont jalouses d’en voir d’autres qui tentent de défendre leurs droits acquis alors qu’elles ne les auront jamais et veulent les rabaisser à leur situation souvent guère plus avantageuse. Sauf pour les mieux nantis évidemment. À moins de croire que l’évolution est inéluctable, ou « parce que c’est comme ça ! », c’est toute une société qui va se retrouver paupérisée, et tout ça pour l’adapter à des normes qui n’iront pas pour le bien commun.

Plus dérisoire encore d’entendre des personnes s’indigner des grèves pendant les fêtes de Noël alors que d’habitude, c’était un calvaire d’aller assister comme à un enterrement à ces réunions de familles décomposées et recomposées, totalement éclatées où l’on s’empoigne vertement, la bave aux lèvres après les sourires de convenance, entre la dinde aux hormones et la bûche glacée, avec des propos largement avinés sur fond d’ennui et de sapin en plastique et où le tout n’est pas une fête conviviale mais un gigantesque parc d’attraction pour le commerce, un Red Friday. Combien irait encore à cette mascarade funèbre s’ils étaient sûrs de recevoir comme cadeau une orange avariée ou un croque-monsieur décongelé ? Voilà maintenant que ces fêtes sont désirées comme si c’était le paradis ! Et horreur, le commerce est menacé ! Diable ! On ne va pas pouvoir se goinfrer et croire au rêve compensatoire !

Donc, on peut se poser la question du travail. Le mot travail vient du latin tripalium puis tripaliare, un instrument formé de trois pieux, auquel on attachait les esclaves pour les punir. Il y a ceux qui triment dur, ceux qui travaillent sans souffrir et sans trimer (genre Pascal Bruckner), ceux qui font un boulot plus ou moins relativement ennuyeux et qui veulent une vie tranquille tentant d’accumuler tous les avantages. Et il y a les glandeurs qui vivotent. Bruckner a-t-il lu Conditions premières d’un travail non servile de Simone Weil ?

Ce débat sur les retraites indique bien que le mode existentiel sur lequel nous vivons est assez morne. S’il est vrai que l’on vit plus longtemps, c’est que le système en avait besoin pour son propre développement à un moment donné. Il est vrai qu’il y a une aversion pour un certain type de travail chez certaines personnes. On peut ironiser sur les grévistes qui tentent de maintenir leurs acquis face à une société qui change de structures sans même leur demander leur avis. C’est forcément pour le bien de tout le monde évidemment. Justement non. Ces grévistes ont obtenu des acquis, ils ont un travail assez ennuyeux, mènent une vie pépère ou tranquille, et sont des adeptes de la gauche pour la plupart et du loisir bêtasse. Ça sent le Plan d’Epargne logement ou le Club Med à plein nez. On a l’impression de relire le chapitre de la Grande Marche dans L’Insoutenable légèreté de l’être de Kundera avec le chœur lyrique des syndicats qui tentent de se redonner vie à leur coma dépassé au point où ils participent à leur propre déchéance (rappelons que la cabine téléphonique que sont devenus le PCF et les autres dirigeants des syndicats ont tous appelé à voter Macron). Je n’ai souvent guère d’estime pour eux idéologiquement parlant mais ils ont bien droit de mener leur vie. Alors on peut les fustiger pour leur « immobilisme » et tout ce qu’on veut.

Nos grévistes ont joué le jeu d’un libéralisme de gauche qui les a installés dans un certain confort, mais ce ne sont pas des « nantis ». Le libéralisme actuel n’en veut plus pour aller plus loin, conforme à sa méthode brutale de liquider à chaque fois son antériorité. Cependant, s’ils sont pris à parti, ce n’est pas un hasard. C’est pour éviter de remonter plus haut. Surtout plus haut encore certes, mais aussi vers ceux qui sont les piranhas des starts up, les forcenés de la nouvelle économie, les idiots utiles de la macronisation qui veulent tout ubériser, tout atomiser et tout virtualiser. De fait, ces régimes spéciaux qui empêchent cette totale numérisation et atomisation, c’est l’horreur pour eux. Il fallait les prendre pour ennemis. Ce n’est pas pour le bien de la société, mais pour leurs petits privilèges de classe avec leurs dents brillantes qui rayent le parquet.

Alors certes, nous sommes donc tous responsables et victimes de la situation. Système indéniablement pervers qui ne pourrait pas fonctionner si nous n’y participions pas. Et c’est bien là le drame. Il a installé un mode de surconsommation délétère ruinant les ¾ de la planète et la planète elle-même (qui promeut le Black Friday ?) qui sert une petite élite tout en appauvrissant la plus grande partie de la population quand elle doit en changer les structures pour sa propre survie. Le système est pris à ses propres contradictions pour le dire autrement.

À partir de la société de consommation, il devait promouvoir un mode de vie « agréable » (loisirs, vacances, sexe, jeux, parc d’attractions, etc.) à une bonne part de sa population qui s’y est laissée prendre, vitrine alléchante aux yeux du monde permettant au même système de s’étendre un peu plus loin que d’habitude. Avec la globalisation et le numérique, le système libéral restreint ce mode de vie pour s’étendre au reste du monde, paupérisant chaque classe sociale dont il a aussi besoin pour sa fuite en avant. C’est là la fracture actuelle dans cette grève.

Pascal Bruckner a beau jeu de reprocher à cette population d’être devenue douillette. « Spontanément, nous criminalisons l’activité, à laquelle nous opposons le loisir, la flânerie. » Il fustige les personnes que l’on envoie à la retraite tout en les plongeant « dans la malédiction du loisir absolu ». Mais qui a promu ce mode de vie tant que cela lui servait ? Le même que défend Bruckner qui en a bien profité à son époque, mais que ce dernier fustige une fois dans les bonnes places car la nouvelle société a décidé de changer la donne. Et plus loin, il se plaint que le bel ouvrage disparaît, mais là encore, qui a promu ce travail en miettes sinon le système qu’il loue sans parler de la destruction culturelle ? Et de quel travail parle-t-il sans faire aucune distinction ? Qui licencie les personnes dès 50 ans ?

Il a le toupet d’affirmer : « Nul ne devrait être forcé de travailler au-delà d’un certain âge s’il ne le souhaite pas. Mais nul ne devrait être empêché de continuer à travailler s’il le désire. La vérité d’une vie épanouie, et aussi une culture, réside dans l’épreuve qui fortifie, et non dans le repos, qui affaiblit. » Là encore dans quel travail ? Conducteur de train ? De métro ? Et on se demande qui va décider de poursuivre ou d’arrêter de travailler quand beaucoup de personnes doivent cumuler des petits boulots faute d’une retraite insuffisante ? Bruckner n’est pas à une contradiction près puisque dans son dernier essai, Une brève éternité, il remarque à la page 22 : « Rappelons que la différence d’espérance de vie entre les 5 % les plus riches et les 5 % les plus pauvres en France est de treize ans. » Ne voit-il pas le problème ? Il n’a pas dû lire Le Peuple des abîmes de Jack London.

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Son compère Franz-Olivier Giesbert se plaint que les régimes spéciaux coûtent cher à la société. « La France est condamnée à repenser son système de retraites. Elle en est même consciente, si l’on croit les sondages [et pourquoi les croirait-on ?], de vivre dans un monde d’avant, qui ne pourra pas durer. » Ce système de pensée quand on gagne bien sa vie et qu’on sert l’élite en place est abject. Pourquoi le monde d’avant qui n’était pas si mirifique que ça doit-il changer ? La solution est fort simple : il doit changer pour que les personnes soient encore plus dépendantes et appauvries. Ce monde d’avant désespère les décideurs qui ne peuvent pas adapter aussi vite qu’ils le veulent la société à leurs nouveaux desiderata où les petits « nantis » ne pourront plus faire grève et seront alors totalement à poil, soumis aux aléas du Marché qui pourra alors faire d’eux ce qu’il veut. D’où effectivement la rage d’un Bruckner et d’un Franz-Olivier Giesbert de voir des moins nantis qu’eux freiner des quatre fers. Non, ils doivent accepter leur propre suicide dans la joie et les cotillons. Mener encore une vie plus délétère que celle qu’ils mènent. Et de tout le monde par la même occasion. Mais qui va manger le gâteau des loisirs ?

Évidemment, ce qu’ils ne disent surtout pas, c’est qu’une répartition plus équitable entre les plus riches et les plus pauvres permettrait aisément de résoudre une grande partie des problèmes. Sauf que ce serait au détriment des plus aisés dont ils font partie ou qu’ils défendent. Sinon je crains bien qu’ils n’aient pas la place qui est la leur. Il est hautement jubilatoire dès lors de les voir s’en prendre aux « nantis », espérant au passage que les exaspérés s’en prennent aux grévistes pour accélérer le bougisme et réussir le formatage total.

Car on remarque bien qu’ils ne s’en prennent jamais aux autres sur ce point. Faut-il les évoquer notamment dans le gouvernement avec la retraite de ministre à vie (est-ce que la marionnette Macron qui sert de Président de la République a-t-elle trimée pour arriver là où elle est ?), des hauts fonctionnaires, les régimes spéciaux des journalistes et j’en passe sans parler des profits considérables des grosses entreprises (les GAFA) qui, elles, ne s’en portent pas plus mal et contournent le système d’impôt français. Et le drôle du drôle, c’est que l’on a appris récemment que le haut-commissaire aux retraites (quelle ironie !), Jean-Paul Delevoye, a présenté sa démission le lundi 16 décembre 2019. Voilà le cancre qui promeut une réforme et qui cumulait de nombreux mandats. Le pauvre bougre avait oublié de les déclarer auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Non, décidément, ceux-ci ne sont jamais visés par nos intellectuels de la haute cour.

Yann Leloup

[1] https://www.lecho.be/economie-politique/international/general/pascal-bruckner-macron-doit-poursuivre-les-reformes-et-serrer-la-vis/10065690.html

[2] https://www.lemonde.fr/…/l-hopital-public-se-meurt…

EN BANDE SON :

4 réponses »

  1. Facile la critique façon bisounours gauchiste avec des phrases lapidaires qu’on entends à longueur de discours melenchonesque pervers, mais que proposez vous ?

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    • Le fait du Prince ne saurait faire oublier le crime de « baise majesté » et qu’aujourd’hui la raison d’État a rejoint la déraison de l État Profond…Quant à proposer quelque chose, question stupide par essence comme si à l’ignominie d’un eugénisme qui ne dit pas son nom et à l’euthanasie de tout un peuple il fallait répondre par une formule de politesse !

      Albert Camus dans les Justes avait cette belle formule : Et si l’humanité entière rejette la révolution ? Et si le peuple entier pour qui tu luttes refuse que ses enfants soient tués ? Faudra t il le frapper aussi ?

      Je vous retourne le compliment

      Aimé par 1 personne

  2. article qui défend mordicus les personnels de la SNCF et RATP qui partent à la retraite à 52 ou 57 ans, bizarre. ça ajoute quoi aux 97% qui n’ont pas ce régime et qui payent pour ce régime 4 milliards d’euros par an que ce régime continue à exister ad vitam eternam ?
    A un moment, les gens se disent qu’il vaudrait mieux que toutes les lignes de métros soient automatisées (comme la 1 et la 14) donc ces tarés de la CGT ont creusé leur propre tombe.

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    • Offrez vous des lunettes chez rafle le Loup cela vous évitera le risque des miroirs déformants sur fond de lecture rapide mais qu’importe ! Au final la seule question à se poser c’est de savoir  » Qui se sent aujourd’hui solidaire de Bourgeois qui plus « ils deviennent vieux plus ils deviennent cons » et qui glosent toute la sainte journée sur la pseudo pénibilité du travail des autres alors qu’ils n’ont eux mèmes jamais mis les mains dans le cambouis et qu’ils sont nés la plupart avec une cuillère en argent dans la bouche tout en réclamant davantage de pain alors qu’ils bouffent quotidiennement de la brioche !

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