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Elections États-Unis : un vrai débat pour de faux vice-présidents/Trump atteint par le Covid-19 : un nouvel homme, de nouveaux enjeux Par André Archimbaud

États-Unis : un vrai débat pour de faux vice-présidents

André Archimbaud Boulevard Voltaire

Le débat présidentiel du 29 septembre fut un semi-échec pour Trump, mais aussi une victoire pour M. Xi Jinping, commanditaire du marécage washingtonien, représenté ici par Joe Biden et Kamala Harris.

Biden, aidé par l’animateur de Fox, avait assené son argumentaire : Trump est responsable de la mort de plus de 200.000 Américains dans la crise du Covid-19 ; il est responsable de la plus grande crise économique depuis 1929 ; avec la nomination de la trop catholique Amy Coney Barrett à la Cour suprême, il veut éliminer, en pleine pandémie, ce qui reste encore du système de santé d’Obama.

Oubliant son personnage populiste de 2016, Trump s’obstina à jouer au conservateur antisocialiste, alors que les Américains vivent dans l’angoisse médiatique de la peste noire, dans la souffrance du chômage et, en résultante, dans la crainte de ne pas avoir les moyens de se soigner en ces temps de « fin du monde ». Bref, les Américains sont devenus « socialistes » cependant que Trump devenait Mitt Romney.

Il s’est, depuis, passé deux choses en quelques jours : l’hospitalisation de Trump après son infection par le SARS-Cov2 ; puis le débat des vice-présidents, tenu le 7 octobre.

Maintenant sorti de l’hôpital, Trump se présente comme le cobaye de l’arsenal thérapeutique développé en des délais record sous son administration, et comme la preuve vivante qu’on peut, à 74 ans, avoir plus de 95 % de chances de survie. Il véhicule ainsi, en différents clips repris par les chaînes et les réseaux sociaux, le message suivant : n’ayez pas peur de cette épidémie, ne la laissez pas vous contrôler, nous savons maintenant la soigner ici, dans le plus grand et beau pays du monde.

Cela a provoqué l’ire des grands médias, Trump n’ayant pas eu la courtoisie de mourir aux soins intensifs. Le Parti démocrate a dû revoir ses argumentaires, plagiant les thèmes de campagne de Trump sur la réindustrialisation du pays et insistant ad nauseam sur leur plan de modernisation de l’Obamacare.

Dans le débat vice-présidentiel, les protagonistes avaient besoin de placer leurs arguments avec modestie. Pence l’évangéliste devait « vendre » Trump aux femmes et aux modérés, espérant le faire réélire pour prendre ensuite sa succession en 2024. Le tout sans être trop brillant pour ne pas irriter Trump ! Kamala Harris devait, de son côté, paraître « présidentiable » au public, dans la mesure où maladies ou scandales pourraient pousser Biden au départ lors de son premier quadriennat. Harris, pion d’Obama, a donc une chance de devenir – rapidement – présidente des États-Unis.

Les deux vice-candidats semblent avoir réalisé leurs objectifs. Pence assurément.

En conclusion, pour gagner le 3 novembre, Biden et Harris doivent surtout ne rien dire et se laisser porter par le système. Pour Trump, la logique serait de mener une double campagne : Pence s’occupant des bourgeois et Trump s’occupant des prolétaires et des minorités raciales. En effet, à l’issue du débat Trump-Biden, le public de la chaîne hispanophone Telemundo avait conclu que Trump avait gagné le débat contre Biden. Un signe qui alerte les démocrates, qui par ailleurs contrôlent moins bien leur électorat noir. Au point que Michelle Obama ait dû diffuser une vidéo recalibrant Trump en raciste. Nervosité ?

André Archimbaud 

https://www.bvoltaire.fr/etats-unis-un-vrai-debat-pour-de-faux-vice-presidents/

Avant que ne soit connu son test positif au Covid-19, dans la nuit de jeudi à vendredi, l’éviction de Trump semblait s’aligner sur une stratégie simple : pourrir les résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre prochain afin de trouver un moyen de le faire partir.

L’idée, suivie par bon nombre d’États démocrates (le vote de la présidentielle est organisé localement, et non nationalement), était de prendre le coronavirus pour motif afin d’automatiser le vote par correspondance, jusque-là procédure exceptionnelle. Dans ces États, l’électeur a ainsi reçu spontanément un dossier de vote par correspondance, quand bien même il ou elle aurait l’intention d’aller voter en personne : la procédure a déjà commencé, et l’on s’attend à des millions ou dizaines de millions de votes « à effet retard ».

Logistiquement, cela permet au parti démocrate, beaucoup mieux organisé au ras du sol avec ses alliés des groupes caritatifs militants de ces derniers mois, d’aller « récolter » physiquement les votes en faisant remplir son dossier « par l’électeur », pour le remettre directement aux bureaux de vote. Sans parler nécessairement de fraude, cela laisse la place à une certaine intimidation, en particulier pour une partie d’électeurs noirs et latinos qui basculaient en faveur de Trump.

En parallèle, lesdits États ont non seulement annoncé la réduction du nombre de bureaux de vote – virus oblige – mais autorisent également la prorogation du dépouillement des bulletins bien au-delà de la date du vote. L’élection se ferait donc en deux temps : Trump pourrait être élu le 3 novembre au soir, pour découvrir que la victoire lui échapperait plusieurs jours après, entraînant un chaos juridique, avec des centaines, voire des milliers de recomptages, et de procès, remontant jusqu’à la Cour suprême.

Avec peut-être une arrière-pensée, puisque dans l’hypothèse où un tel blocage se prolongerait au-delà du 21 janvier (intronisation officielle du nouveau président), la solution serait tracée : le speaker de la Chambre, Nancy Pelosi, vraie patronne du discours politique de ces deux dernières années, deviendrait présidente par intérim des États-Unis, le temps que dure l’incertitude, nommant à son tour sa ou son vice-président : Kamala Harris, Pete Buttigieg ou une autre personnalité ?

Mais le diagnostic médical de Trump provoque un vaste mouvement empathique en dépit de ceux qui souhaitaient sa mort après l’annonce de son test ou de ceux qui veulent exploiter la situation pour empêcher la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême. En fait, les deux interventions télévisées de Trump, vendredi et samedi, auront finement ciselé un message plus concis et grave : le président est un homme serein face à une mort toujours possible, modeste et chaleureux, qui aura bravé le virus, au lieu de s’en cacher, pour servir les Américains, au risque de sa vie, et qui, bien que malade, doit achever son service, qui n’est pas terminé. Ce qui entrouvre la porte de la sécurité nationale : si Trump venait à mourir en ce monde dangereux, le chaos, de constitutionnel, deviendrait existentiel pour le pays.

Les indépendants récemment perdus par Trump n’aiment en général pas que l’on tire sur une ambulance et sont soucieux de sécurité nationale. La « base », elle, est sensible à l’argument de l’homme de caractère. Si Trump s’en sort médicalement, il pourrait fort bien rebondir politiquement, et massivement !

https://www.bvoltaire.fr/trump-atteint-par-la-covid-19-un-nouvel-homme-de-nouveaux-enjeux/

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