Europe

WSJ : L’impossible restructuration de la dette grecque

  Les politiques et banquiers centraux de la zone euro ont affirmé à plusieurs reprises qu’une restructuration de la dette grecque était hors de question. La restructuration de la dette d’un pays industrialisé n’est en effet pas chose aisée. Si les expériences des marchés émergents apportent un éclairage sur les mécanismes d’une telle opération, il est loin d’être certain qu’une restructuration permette d’alléger suffisament le poids de la dette sans poser problème.
 
 
PLUS/MOINS DE DETTE EN SUIVANT :
 

 Le premier obstacle tient à l’ampleur de la dette. La Grèce présente un endettement public d’environ 300 milliards d’euros, soit quelque 372 milliards de dollars. Cela signifie qu’une restructuration de cette seule dette dépasserait le total de 182 milliards de dollars de restructurations et défauts souverains enregistrés par Moody’s depuis 1983, alors même que ce chiffre inclut les défauts de la Russie en 1998 et de l’Argentine en 2001. Les restructurations récentes portaient sur des montants inférieurs ou égaux à 6 milliards de dollars.

 Philippe Simonnot : L’égout monétaire collecteur (cliquez sur le lien)

Un deuxième problème réside dans la nature des emprunts. Les obligations des marchés émergents sont détenues en grande partie par des gestionnaires d’actifs et des investisseurs individuels, tandis que les emprunts d’Etat des pays industrialisés sont détenus par des banques et des compagnies d’assurance. Si ces dernières conservent les titres jusqu’à leur échéance, toute perte réduit immédiatement leur capital. Une restructuration pourrait alors s’avérer trop coûteuse. 

Enfin, une question taraude le marché: est-on face à un problème de liquidité ou de solvabilité?

Henri Schwamm : Grèce/ problème de solvabilité (cliquez sur le lien)

 Certains ont laissé entendre que l’Uruguay, qui a restructuré pour 5,7 milliards de dollars de dette en 2003, pourrait servir de modèle dans la recherche d’une solution. Dans ce cas, la durée des emprunts avait été prolongée de cinq ans, pour des taux d’intérêts et des montants nominaux inchangés. Mais le cas de la Grèce paraît différent: avec une dette s’approchant de 150% du produit intérieur brut, et sans possibilité de dévaluation ou d’action sur la politique monétaire, le risque existe que le fardeau reste trop lourd à porter. Il faudrait pourtant un effort considérable pour ramener la dette à un niveau gérable, de l’ordre de 80% du PIB au maximum. Cela alimenterait le système bancaire et serait très difficile à obtenir de manière volontaire.

 Martin Feldstein : Pourquoi la Grèce fera défaut sur sa dette (cliquez sur le lien)

Le Commentaire du Wolf : La trinité impie de la zone euro (cliquez sur le lien)

Pour l’heure, une restructuration est inenvisageable sur les plans financier, systémique et politique. Les mesures de la zone euro et du Fonds monétaire international pourraient rendre une telle perspective encore plus inenvisageable, puisque le montant de la dette en ressort plus élevé encore. L’idée d’un plan d’austérité pour la Grèce est sans doute plus facile à concevoir. Elle n’est pas pour autant porteuse de stabilité: les marchés et les électeurs en décideront. 

Richard Barley, Wall Street Journal mai10

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