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De la déflation à l’hyperinflation /Albert Edwards recommande encore une fois la prudence aux investisseurs

De la déflation à l’hyperinflation /Albert Edwards recommande encore une fois la prudence aux investisseurs

  « Je reste toutefois baissier sur les actions et, à l’heure actuelle, haussier sur les obligations d’Etat, même si je reconnais leur faible attrait à long terme. Il convient donc de remarquer que malgré la nouvelle mascarade que représente la saison des résultats au cours de laquelle les analystes consentent à se faire manipuler, notre mesure préférée « variation en glissement annuel de l’optimisme des analystes » a commencé à reculer fortement, comme lors de l’accès de faiblesse inattendu de la croissance l’année dernière », note Albert Edwards de SG Cross Asset Research.

PLUS DEDWARDS EN SUIVANT :

« Les commandes de biens durables ont affiché en mars une hausse de 2,9%, meilleure qu’attendu, tout comme les commandes hors composantes volatiles des secteurs de l’aéronautique et défense. Toutefois, malgré la solidité du mois de mars, la variation en glissement annuel et sur six mois des commandes hors composantes volatiles traduit un fort ralentissement de l’activité ces derniers mois. »

 « Pourquoi les commandes de biens d’équipement pourraient-elles ralentir précisément à un stade du cycle où la plupart des commentateurs s’attendent à ce qu’elles contribuent largement à la croissance globale ? Et bien, contrairement au message communément véhiculé en cette période de publications de résultats, les bénéfices n’ont pas été très satisfaisants ces derniers temps. »

 « Compte tenu des valorisations élevées et, désormais, du ralentissement de la dynamique des BNPA (avant même la fin de la seconde phase d’assouplissement quantitatif), nous arrivons à un point du cycle où les investisseurs devraient commencer à faire preuve de prudence. »

 « Dans le contexte d’un nouveau rebond marqué du marché actions alimenté par la Fed, nombre de commentateurs s’interrogent sur les raisons de la faiblesse persistante des rendements obligataires mondiaux malgré l’état désastreux du bilan des secteurs publics. La plupart d’entre eux invoquent, pour justifier cette situation, la deuxième phase de l’assouplissement quantitatif et tablent par conséquent sur une sensible hausse des rendements dès la fin du programme de rachat de la Fed attendue en juin », note Albert Edwards de SG Cross Asset Research.

 « Nous pensons pour notre part que les rendements obligataires devraient atteindre de nouveaux plus-bas. »

 Chart

« Bien que nous reconnaissions pleinement l’état calamiteux des finances publiques résultant du transfert, pendant des années, du poids de la dette massive du secteur privé au secteur public, nous anticipons toujours une nouvelle crise déflationniste qui conduira les rendements des obligations d’Etat à de nouveaux plus-bas avant que la prodigalité des gouvernements et la planche à billets de la Fed ne nous ramènent à une inflation et à des rendements obligataires à deux chiffres. Nous continuons pour l’instant à largement surpondérer les obligations d’Etat. »

 « Russell Napier, éminent historien des marchés financiers et consultant chez CSLA (…) estime que l’expansion massive du bilan de la banque centrale n’est pas parvenue à doper la masse monétaire au sens large des pays occidentaux et que ce soutien monétaire massif a été à la place transféré aux pays émergents via des interventions sur les marchés des changes visant à maintenir la parité entre les devises émergentes (notamment le renminbi chinois) et le dollar, plus faible. Conjuguée à l’impact de l’érosion du dollar qui pousse le prix des matières premières à la hausse, la version de l’assouplissement quantitatif propre aux pays émergents a conduit à un état de surchauffe et à une situation inflationniste. »

 

« Les pays émergents sont dorénavant plus enclins à opter pour un resserrement monétaire agressif autorisant, par exemple, l’appréciation des devises, ce qui devrait mettre un terme à l’appétit des pays émergents pour les bons du Trésor américain. Ce sont les pays créditeurs, la Chine et d’autres marchés émergents, et non les Etats-Unis, pays débiteur, qui restreindront la liquidité mondiale. Il s’ensuivra ce que Russell qualifie de grande réinitialisation qui devrait pousser les rendements obligataires réels à la hausse aux Etats-Unis et conduire le S&P, dans un contexte d’effondrement déflationniste, à des plus-bas historiques, équivalents aux niveaux extrêmement bon marché d’un S&P à environ 400 selon le ratio PER de Shiller. »

source aof/funds mai11

EN COMPLEMENT : L’engouement pour le Bund allemand va trop loin

Il s’agit sans doute d’un effet de mode, mais depuis début avril, les rendements des emprunts d’Etat américains, britanniques et allemands à dix ans évoluent en choeur et ont tous reculé de 0,5 point de pourcentage. Le rebond des titres obligataires a été largement soutenu par une aversion au risque décuplée par les craintes d’une restructuration de la dette grecque.

Les taux des emprunts britanniques et américains, qui se montent respectivement à 3,3% et 3,1%, sont à leurs plus bas niveaux de l’année, tandis que l’emprunt allemand s’approche de son seuil psychologique de 3%. Or, la baisse des rendements du Bund allemand, en particulier, commence à sembler louche.

Le hic, c’est que l’économie allemande est en pleine expansion. L’OCDE table pour le pays sur une croissance de 3,4% cette année, puis de 2,5% en 2012, et les données sur l’inflation outre-Rhin devraient montrer une hausse des prix de 2,7% sur un an. La Banque centrale européenne adopte en ce moment un ton plutôt restrictif malgré la crise des dettes souveraines, et a déjà relevé une fois ses taux d’intérêt à 1,25%. De nouveaux relèvements ne seraient pas compatibles avec un rendement de 3%. Enfin, étant donné l’exposition de l’Allemagne à la crise des dettes souveraines de la zone euro, son emprunt ne mérite sans doute même pas sa prime de valeur refuge.

Les taux d’intérêt américains et britanniques ne devraient en revanche pas bouger pour le moment. La Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre s’attendent toutes les deux à ce que la faiblesse de la croissance finisse par contenir l’inflation. Surtout, peu de signes semblent indiquer que la flambée des prix des matières premières entraîne une hausse des revendications salariales aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, alors qu’en Allemagne, où le taux de chômage est à son plus bas niveau en 20 ans et où l’on rapporte une pénurie de travailleurs qualifiés, la BCE craint que l’inflation ne se généralise.

La courbe des rendements des Bunds allemands s’est en outre considérablement aplatie: les taux des emprunts à dix ans ne sont supérieurs que de 1,4 point de pourcentage à ceux des emprunts à deux ans, contre un écart de 2,4 points au Royaume-Uni et de 2,6 points aux Etats-Unis. Etant donné le contexte actuel de forte croissance et de resserrement de la politique monétaire de la BCE, on peut conclure que le Bund à dix ans est cher par rapport aux autres titres obligataires. Il est temps que les investisseurs se montrent un peu plus perspicaces.

-Richard Barley, Dow Jones Newswires mai11

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