Agefi Suisse

US : Prémices des catastrophes futures

  US : Prémices des catastrophes futures

Les Américains, autorités financières et chefs d’entreprises, qui ont tout fait pour la globalisation des affaires, réalisent tardivement que leur propre circuit subit les influences des autres. C’est intéressant pour la suite même si le candidat Romney juge que les Etats-Unis n’ont besoin de personne pour survivre ET prospérer

OCCUPY MARSOPERATION OBAMANOMICSTHE PUBLIC BE DAMNED (Updated)FINANCIAL INNOVATOR

Si une banque européenne, comme Barclays, déposait le bilan, le marché des bons du Trésor américain subirait plus que des vaguelettes de résonance et serait sans nul doute dans un état chaotique. Or, comme l’affaire du Libor l’a montré, il n’y avait pas que Barclays engagée dans ce genre de pratiques frauduleuses. Cette dérive prouve que rien n’a changé dans l’esprit des banques et que la toute puissance de ce secteur doit être encadrée à moins de sombrer dans l’inconscience. A la révélation des conséquences, les autorités américaines commencent à admettre l’esquisse d’une séparation des genres. Weill et Reed, les deux fondateurs de Citigroup, soutiennent à présent un nouveau Glass-SteagallAct. Mais ce n’est pas encore vrai pour le candidat américain.

De même, la faiblesse de cette Europe sans importance vient d’entamer les recettes des sociétés américaines. Dow Chemical, United technologies, Dupont…et même Apple ont enregistré un recul de leurs ventes. Les bénéfices ont été peu affectés car les dirigeants se sont empressés de réduire les charges d’exploitation. Mais, à terme, ce système est loin d’être la panacée: on ne pourra tout de même pas faire payer des commerçants pour vendre les produits d’une firme donnée. Bien sûr, l’Europe a été attaquée pour ses politiques d’austérité et de fiscalité excessives. Comme la croissance bégaie en Asie et en Amérique  latine, les Etats-Unis vont bientôt rendre le monde entier responsable d’un taux de croissance un peu faible. Ils oublient très vite que ce sont eux les responsables de la crise financière qui a tout engendré.

Les liquidités injectées dans l’économie américaine par la Réserve fédérale ont pollué le monde entier et les conséquences de cette avalanche de liquidités mettront beaucoup de temps à se cicatriser. Les marchés financiers ne seront pas les premiers à l’oublier. Presque quatre années durant lesquelles le déficit budgétaire a dépassé le trillion, les taux  d’intérêt flirté avec 0, sans évoquer le bilan de la banque centrale américaine, n’ont amené qu’une croissance de 1 à 2% dans ce grand pays et la misère partout ailleurs.

PLUS DE PROBLEMES A VENIR EN SUIVANT : 

Le reste du monde ne devrait-il pas se révolter contre les Américains? Indirectement, ce sera le cas. Le «baby-boom» (1945-1953) a engendré la croissance. Les dernières nées de ces personnes vont prendre leur retraite et sont déjà en train de faire leurs calculs. La vague de fusions intervenues en Europe a rendu les caisses de pensions européennes aussi opaques que leurs consœurs d’outre-Atlantique. Les versements vont s’en ressentir et s’en ressentent (depuis 2012 très sensiblement) pour les bénéficiaires de rentes déjà payées ou l’annonce des rentes à venir. Les assureurs français sont certainement les plus pénalisants à l’étranger: Suisse ou Grande-Bretagne notamment, où les bénéficiaires étaient habitués à un comportement moins «pragmatique» pour utiliser un euphémisme. Il est évident que les schémas de consommation vont être revus et que la croissance engendrée par le troisième voire le quatrième âge, devra être corrigée au niveau des perspectives bénéficiaires des entreprises. L’appauvrissement va se poursuivre et l’allègement du budget des plus jeunes ne dépendra plus des ressources de leurs ainés.

Un conseiller en placements soulignait perfidement que les ainés qui n’auraient pas fait d’investissement depuis 2008 ont été punis par le faible taux d’intérêt rémunérant leur épargne. Faut-il condamner la population au-delà d’un certain âge à un investissement forcené pour des sommes dont elle est appelée à avoir besoin? Car les accidents continuent d’arriver. Le 1er août, la mémoire de l’évolution du Nyse a conduit à réviser des échanges inhabituels sur 148 actions. On s’est souvenu du flash crash du 6 mai 2010 et des conséquences financières de cette journée de transactions. Lorsque les marchés auront résolu ce problème (informatique), l’investisseur lambda pourra s’y aventurer à nouveau, les fonds de placement ne s’étant pas révélés être une protection efficace. Faudrait-il aller du côté des obligations et s’engager dans des titres de débiteurs douteux pour obtenir quelques centimes de consolation? Ce n’est pas plus judicieux.

Les structures industrielles doivent changer radicalement au cours de ces prochaines années. Si les responsables ne l’anticipent pas, le mouvement se fera de force et sera encore plus meurtrier. La consommation réduite sera à l’ordre du jour et ce d’autant plus que la hausse des prix alimentaires interviendra dans un contexte de revenus réduits. Le do-it-yourself ne touche pas que les travaux améliorant l’habitat, mais aussi la restauration etc., les magasins discount austères se multiplieront tout comme les articles vendus sous des marques inconnues. Les voitures redeviendront des biens de consommation durables et les voyages festifs. Bref, autant les baby-boomers ont pu être artificiels autant ils redeviendront terre à terre. Comme les Etats-Unis tiennent à leur schéma et que leur dollar a déjà bien reculé, même si la hausse récente est soulignée comme un handicap, peut-être déclencheront-ils une guerre, selon leur habitude, pour retrouver la sérénité économique?

Quoiqu’il en soit, et aux Etats-Unis même, après les défauts des crédits hypothécaires, les défauts de paiement des cartes de crédit, les dettes des étudiants laissent à présent perplexe. Or, quoique le candidat Romney imagine comme pays de cocagne, à un moment les dettes doivent être payées par ceux qui les génèrent. Comme les impôts en place lui semblent déjà trop lourds, ce serait intéressant  de savoir à quel niveau d’altitude devra se situer l’inflation pour parvenir à gommer l’endettement excessif.

Jeannette Williner  Analyste indépendant/Agefi Aout12

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s