Art de la guerre monétaire et économique

Ne pas investir dans, ni conserver, des actifs offrant un cash flow négatif/ Personne ne doit rien à personne : la preuve/ Une équation magique pour apprécier l’or/ En 2015, l’euro a beaucoup d’ennemis

De plus en plus de banques centrales fixent des taux d’intérêt à court terme négatifs, dans le double but d’entretenir la dévaluation compétitive de la monnaie qu’elles émettent et de permettre aux États dans lesquels elles opèrent de cesser de rémunérer les obligations d’État nationales qui constituent le sous-jacent desdites monnaies, ce qui est en principe de nature à alléger leurs déficits budgétaires. Cette politique de répression financière maximale ne devrait pas être acceptée par les investisseurs qui ont donc intérêt à investir dans, ou à ne conserver, que des actifs offrant un cash flow positif. Raison pour laquelle nous restons optimistes sur la poursuite de la hausse des obligations d’État US (TLT, TMF, etc.), bientôt les seules à offrir un cash flow positif d’où l’intérêt de les acheter tant que cela dure, et en conséquence sur  la hausse du dollar US contre la plupart des autres monnaies (franc suisse compris, qui n’est plus depuis longtemps un actif refuge) et contre l’or (qui n’est monté cette année qu’en raison d’un short covering massif, mais qui a déjà probablement atteint -l’argent-métal aussi- son plus haut pour 2015 et dont la probabilité de chute est maximale). Il y a évidemment aussi certaines actions de grandes sociétés internationales qui offrent un cash flow positif, mais les indices boursiers US sont toujours dans des formations de tête-épaules baissières.

Keynes préconisait « l’euthanasie du rentier », les banques centrales actuelles sont en train de la réaliser. Aimez-vous tellement votre gouvernement pour le financer gratuitement et en plus lui payer quelque chose lorsque vous achetez des obligations d’État européennes (suisses, danoises, etc.) porteuses de taux négatifs, dont au surplus les monnaies dans lesquelles elles sont exprimées chutent par rapport au dollar US? Aimez-vous tellement le chocolat pour souscrire des obligations d’entreprises, comme celles de Nestlé, elles aussi porteuses de taux d’intérêt négatifs? Les taux d’intérêt négatifs constituant un impôt caché, il n’y a pas de raison de les accepter.

Cette semaine plusieurs actifs ont tenté une reprise, parce que temporairement sur-vendus, qui ne devrait pas se poursuivre: l’euro/dollar US du fait d’un optimisme infondé quant à la résolution des questions grecque et russo-ukrainienne comme de la confusion relative au QE européen qui ne devrait pas se réaliser avant mars 2015 et dont les contours restent flous (en particulier l’articulation entre la BCE et les banques centrales nationales dans sa mise en œuvre), les actions US du fait du rebond du prix du pétrole, etc. Certains autres actifs ont corrigé à la baisse, parce que temporairement sur-achetés, ce qui ne devrait pas continuer: les obligations d’État US (TLT, TMF) du fait de signaux contradictoires concernant l’économie US, etc.

Nous restons sur la ligne exposée dans notre dernier commentaire, daté du 31 janvier 2015, auquel nous n’avons pas grand chose à ajouter. A savoir que le phénomène dominant reste l’explosion incontrôlée des dettes publiques et privées, dans un contexte de faible croissance ou de récession, un peu partout dans le monde, entretenant la déflation par la dette pendant que la création monétaire artificielle des banques centrales n’alimente que la trappe à liquidités ou certains actifs boursiers dont l’évaluation reste de ce fait exagérée (tant en termes de prix que de rendements), les actifs réels (or, matières premières, etc.) restant sous pression négative durable.

Bruno Bertez a écrit récemment avec raison: « L’erreur de base, c’est de croire que les tendances à la déflation peuvent être combattues par plus de dettes. L’erreur de base, c’est de ne pas comprendre que la cause de la déflation, c’est… le poids des dettes!  L’erreur de base, c’est de ne pas comprendre le fonctionnement des faux remèdes et, ainsi, faute de les comprendre, de croire qu’ils marchent. Les faux remèdes constituent des tentatives de prolonger le cycle du crédit qui, spontanément voudrait se terminer. Ils s’analysent comme des tentatives de faire boire l’âne qui n’a plus soif, comme des tentatives de stimuler l’appétit pour le crédit en le rendant gratuit, léger pour les débiteurs et en stimulant la recherche du risque pour les créanciers. Ce que l’on fait par la ZIRP et les monétisations de titres à long terme. Pour alléger le poids du crédit, on le fait léviter, défier les lois de la pesanteur. Hélas, si cela donne l’apparence de fonctionner, c’est au niveau des flux, mais au niveau des stocks, c’est autre chose. Le poids réel des dettes continue de s’alourdir. Et il le fera tant que l’on ne se résoudra pas, soit à une restructuration, soit à une « purge », de la pourriture enracinée, « embedded » dans ce stock de dettes. La politique non conventionnelle des Banquiers Centraux produit les mêmes effets qu’un chasse-neige, elle consiste à repousser la masse de neige, le stock de crédit devant soi, tout en en grossissant sans cesse le tas. Certes, ils espèrent que le soleil de la croissance nominale fera fondre le tas, mais c’est un espoir qui ne peut se réaliser car… les mesures non-conventionnelles produisent de la déflation, de la tendance à la baisse des prix! Il suffit de regarder les derniers chiffres du CPI américain de Décembre et ceux de l’Eurozone ».

 

http://www.newsmax.com/Newsfront/unemployment-rate-big-lie/2015/02/04/id/622809/

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-02-05/treasuries-not-buying-stock-optimism-in-move-vix-spread-options

http://uk.businessinsider.com/ultra-low-rates-are-bad-for-stocks-2015-2

http://uk.businessinsider.com/a-weak-january-for-stocks-signals-a-weak-year-2015-1

http://www.zerohedge.com/news/2015-02-03/us-dollar-bull-market-alive-and-well

http://www.moneynews.com/Personal-Finance/warren-buffett-federal-reserve-rates-dollar/2015/02/05/id/622854/

http://www.reuters.com/article/2015/02/03/us-usa-fed-kocherlakota-idUSKBN0L722Z20150203

http://www.bloombergview.com/articles/2015-02-04/will-the-next-recession-destroy-europe-

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-31/16-global-government-bonds-now-have-negative-yield-here-whos-buying-it

La reprise temporaire des taux d’intérêt US à 10 ans (vers 2,10% pas plus) pourrait faire baisser le TMF (sur lequel nous avons pris nos profits au dessus de 105 et nous sommes actuellement sans position en l’attente d’en reprendre dès la semaine prochaine) vers 89-90 au maximum avant sa forte reprise

taux us 10 ans pl pl

tmf pl pl

Le dollar US reste orienté à la hausse, premier objectif de baisse pour l’euro/dollar US vers 1.05.

euro dol pl pl

Le dollar US/CHF est reparti à la hausse, après le chaos provoqué par la cessation du peg euro/CHF à 1,20 par la BNS

KFX--Dollar-Swissy

Le DJIA (indice Dow Jones des actions industrielles US) reste dans une formation de tête-épaules baissière

indu pl pl

L’or, l’argent-métal et les actions des sociétés minières ont vraisemblablement atteint en janvier 2015 leur plus haut de l’année et sont orientés à la baisse

gold pl pl

silver pl pl

actions soc min pl pl

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Avertissement: Les informations, analyses, commentaires et prévisions contenus dans ce site internet n’engagent pas la responsabilité de leurs auteurs, ni celle des entreprises, banques et institutions pour lesquelles ils travaillent directement et/ou avec lesquelles ils collaborent indirectement (ou bien l’ont fait par le passé), n’ont aucun caractère de certitude, sont prodigués à titre gratuit et ne constituent pas de sollicitations pour placer des fonds. Pas plus que la justesse de certaines de leurs prévisions données dans le passé ne saurait permettre d’en conclure que celles qu’ils élaborent aujourd’hui (ou qu’ils feront plus tard) ont une chance de se réaliser.

SOURCE ET REMERCIEMENTS: FORUM MONETAIRE DE GENEVE 

http://www.forum-monetaire.com/ne-pas-investir-dans-ni-conserver-des-actifs-offrant-un-cash-flow-negatif/

Personne ne doit rien à personne : la preuve (Ph. Béchade)

Personne ne doit rien à personne la preuve« C’est historique !

Les indices européens ont grimpé de plus de 7% en moyenne en janvier (et encore, on a frisé les 8% vendredi 30 janvier au matin)… tandis que Wall Street recule symétriquement de plus de 3%. Cela nous donne un différentiel sans précédent de 10% en valeur absolue sur un intervalle d’un mois. C’est même encore plus spectaculaire si l’on s’en tient au Dow Jones qui chute de -3,7% et au Russel 2 000 qui recule de -4,5%…

… Et pour couronner le tout, le VIX s’envolait de 35% sur les dernières séances de janvier, passant de 15,50 à 21 points.

Difficile de justifier une remontée du stress aussi brutale par l’effet change : le Dollar a cessé de s’apprécier après avoir testé 1,1115 par euro le 26/01. Difficile également d’évoquer une série de statistiques un peu décevantes, comme la publication d’un recul des commandes à l’industrie ou du PIB américain (+2,6% au lieu de +3% attendu après +5% au T3, un chiffre qui sera certainement révisé à la hausse).

Alors quelle sourde inquiétude vient déstabiliser Wall Street depuis une dizaine de jours ?

Ce ne serait quand même pas la crainte de l’instauration d’une situation chaotique en Europe en cas d’un défaut de la Grèce ?!

Les Européens, eux, ne s’en alarment guère. Il semble qu’ils aient de bonnes raisons d’afficher une sérénité à toute épreuve puisque la menace de la BCE de couper les vivres à la Grèce au cas où elle « voterait de travers » ne sera pas mise à exécution (comme quoi les électeurs hellènes ont eu raison de passer outre les gesticulations de nos grands argentiers). Mario Draghi aurait à coeur de ne pas altérer le « cours paisible des choses »… surtout s’il s’agit de 7,2 milliards d’euros (le reliquat d’un programme de 240 milliards d’euros négocié en 2011).

L’autre raison de ne pas stresser, nous la devons à Matthieu Pigasse : la France, qui avait participé à hauteur de 16,5 milliards d’euros à une recapitalisation de la Grèce en mai 2010 (portant le total de l’encours à 40 milliards d’euros) n’a pas grand chose à redouter d’une nouvelle restructuration. Selon notre magicien de la dette, qui s’est depuis lors découvert une vocation de patron de presse, l’explication est toute simple : la France a déjà avancé l’argent donc si la dette grecque perd 50% de sa valeur à un instant T, cela engendrera juste une perte comptable.

Un peu comme Facebook rachetant Whatsapp pour 19 milliards de dollars alors que la boite vaut à peine 3 milliards de dollars sur le marché. Tant que Facebook ne revend pas Whatsapp sous son cours d’achat, cela donne juste lieu à un provisionnement pour survaleur et n’entraine aucun appel à l’actionnaire pour restaurer la solidité du capital de l’entreprise.

Mais pourquoi les banques acceptent-elles si volontiers une décote de 50% de leurs créances (comme lors de l’accord européen du 27 octobre 2011) ?

Elles s’y résolvent pour éviter que l’emprunteur se retrouve juridiquement « en défaut « : de la sorte, elles évitent que les CDS soient activés (ils peuvent représenter plusieurs fois l’encours de la dette sous jacente) et qu’une machine infernale de type automne 2008 ne s’enclenche. Et puis, de toute façon, une dette n’est jamais remboursée : elle est roulée indéfiniment. Selon Mathieu Pigasse, cela va juste coûter à la France des intérêts non perçus (3,5% de mémoire). Il s’agit donc d’un simple déficit de recettes futures… sur lesquelles personne de sensé ne pouvait réellement compter.

J’ajouterais, histoire de rassurer ceux qui se demandent qui paye l’ardoise au final, que si la BCE devait tirer un trait sur les trois-quarts de la valeur des dettes grecques qu’elle détient, ce serait largement compensé par les plus-values latentes sur les dettes des autres pays périphériques dont Mario Draghi a fait chuter le coût de 500 points de base en moyenne.

Une logique à toute épreuve

Sauf que ces plus-values virtuelles ne sont, elles aussi, que des écritures comptables. A qui la BCE compte-elle vendre les emprunts portugais, italiens ou espagnols qu’elle détient ? Non seulement, elle ne va les revendre à personne… mais elle va en racheter pour 1.140 milliards d’euros auprès des banques qui les détiennent avec de l’argent « sorti de nulle part » que la BCE leur a elle-même avancé… en prenant leurs Bonos et BTP en garantie. Ces mêmes titres de créances correspondant à l’argent avancé par les Etats pour renflouer ces mêmes banques menacées de faillite.

Vous seriez tenté de croire à une histoire de fous si ce n’était pas précisément la nôtre depuis l’automne 2008.

Ce serait une belle histoire si le simple citoyen lambda avait pu bénéficier des mêmes mécanismes lors de l’éclatement de la bulle des subprime : que les banques centrales, constatant que la chute de l’immobilier était la cause de tous les malheurs, décident d’acheter au prix fort (avec de l’argent sorti de nulle part, ce qui ne dérange personne depuis 6 ans) les dettes hypothécaires de tous les emprunteurs en difficulté en l’échange du versement d’un loyer symbolique. Du coup, les emprunteurs insolvables n’ont plus aucune raison de vendre leur bien (dont la valeur reste au zénith) et aucune banque « systémique » ne se trouve confrontée à un risque de défaut ou n’éprouve le besoin d’exiger un sauvetage de la part des Etats.

Les Etats peuvent continuer de financer leur train de vie, les banques d’offrir des prêts à l’économie réelle et les liquidités excédentaires des épargnants sont investies dans les dettes hypothécaires détenues par la banque centrale qui rémunère ces emprunts grâce aux loyers symboliques versés par les acheteurs initiaux.

Ainsi la boucle est bouclée et personne ne doit rien à personne.

Il y a une faille ! me direz-vous… Qui accepterait d’investir son épargne dans des dettes hypothécaires estimées par la Banque Centrale à 100% de leur valeur nominale, sachant que personne ne remboursera le principal ? Et bien, qu’est-ce qui est différent de la configuration qui prévaut aujourd’hui ? A part que les principaux bénéficiaires sont les banques et non les emprunteurs particuliers ?

La banque centrale est, dans les deux cas, l’acheteur de dettes en dernier ressort et fixe arbitrairement le prix de tous les actifs en injectant la quantité de liquidités nécessaire pour les maintenir en lévitation… Mais ce qui change tout, c’est que les Etats et les particuliers qui les ont sauvées se retrouvent l’otage de leur bon vouloir, et parfois de leurs exigences exorbitantes.

C’est cette subversion et cette atteinte à la dignité des peuples qu’Alexis Tsipras est venu rappeler dans sa lettre ouverte aux Allemands publiée vendredi dernier dans le Handelsblatt ».

Philippe Béchade, La Chronique Agora, le 3 février 2015

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/02/03/personne-ne-doit-rien-a-personne-la-preuve-ph-bechade/#more-29079

Une équation magique pour apprécier l’or

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Le sort de l’or n’est pas scellé car la crise est loin d’être terminée et que le système mondial de monnaies flottantes semble vouloir dériver vers de dangereux récifs :  dépression et hyperinflation. Comment estimer raisonnablement ce que devrait valoir l’or sur fond de planche à billets en yen et en euro, de taux d’intérêt nuls ou négatifs et d’inflation insignifiante ?

Pour Goldman Sachs, l’or est déjà trop cher au cours actuel de 1 270 $ l’once (1 120 euros). Selon la célèbre banque d’affaires, l’heure de gloire de l’or est derrière nous et date de septembre 2011 lorsque l’or cota 1 896,50 $ l’once. En septembre 2014, son analyste vedette prédisait un cours de 1 050 $ l’once sur fond de hausse des taux imminente de la part de la Fed. Aucun de ces deux événements ne s’est toutefois produit.

Nous vivons dans un contexte où les principaux repères sont faux :

  • Le prix des obligations
  • Le prix des actions
  • Le prix d’une monnaie exprimé dans une autre monnaie

Le prix de l’or suit une équation très simple liée à la confiance du public dans le système financier et bancaire. Or pour le moment, la confiance est tout simplement ENORME

Mais, finalement, les gens s’en accommodent très bien et chaque intervention des banques centrales qui aggrave les falsifications est plébiscitée.

En réalité, le prix de l’or suit une équation très simple liée à la confiance du public dans le système financier et bancaire. Or pour le moment, la confiance est tout simplement ENORME.

Evidemment, si, par le plus grand des hasards, la confiance tendait vers zéro alors le prix de l’or deviendrait ENORME.

Pour faire docte et savant, style Piketty, on pourrait écrire

Formule

Où Pgold est le prix de l’or et C l’intensité de la confiance.

Pour les littéraires, en mauvais alexandrins, cela pourrait s’écrire

Si la confiance culmine à l’infini
Le prix de l’or, vers la nullité, s’approchera
Mais le prix de l’or, vers l’infini, rodera
Si la confiance, hélas, s’évanouit

AAA quoi tient la confiance ? AAA l’ignorance.

« La conception de la monnaie que les citoyens ont est anachronique et c‘est à la faveur de cet anachronisme que les pouvoirs les trompent » écrit Bruno Bertez sur le Blog à Lupus.

Bruno Bertez est, avec Charles Gave, l’un des blogueurs en langue française dont la réflexion sur la monnaie actuelle est la plus aboutie.

Vous ne savez pas qu’en fait, c’est l’inverse, la monnaie a à voir, non pas avec l’existence de richesses et la propriété, non, elle n’a plus à voir qu’avec… les dettes

« Vous avez une intuition de ce qu’est la monnaie et cette intuition est historique, elle est fondée sur l’histoire, sur la pratique, sur l’héritage culturel. La monnaie, telle que vous croyez la comprendre, a à voir avec les marchandises, la propriété, elle est l’équivalent général des marchandises, etc.

 […] Vous ne savez pas qu’en fait, c’est l’inverse, la monnaie a à voir, non pas avec l’existence de richesses et la propriété, non, elle n’a plus à voir qu’avec… les dettes, les promesses… Les monnaies, ce sont des promesses empilées, pas des richesses produites. Et des promesses, il n’y a pas de limites, on peut en faire tant que l’on veut, du moment que les gens les croient. »

L’ignorance du public est encore profonde et la confiance très robuste. Il n’y avait qu’à voir les titres de nos médias le 22 janvier 2015 et les jours suivants lorsque Mario Draghi décidait de faire surgir 1 140 milliards d’euros.

  • La BCE va injecter des centaines de milliards pour relancer l’économie, France24
  • Croissance européenne : la révolution Draghi, Les Echos
  • 1 100 milliards pour soutenir l’économie européenne, Le Figaro
  • Le stimulus agressif de la BCE ouvre-t-il une nouvelle ère pour l’Europe?, The Wall Street Journal
  • BCE : Mario Draghi fait « ce qu’il faut », Le Monde
  • Les marchés s’enflamment pour le remède du « Dottore Draghi », Le Monde

Le faux-monnayage officiel, c’est pour notre bien, croit-on. Mais si vous avez quelque mémoire de cours de philosophie, vous vous souvenez peut-être de Kant :

« Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. »

Bizarre, n’est-ce pas, que le faux-monnayage privé soit un crime et que le faux-monnayage public soit une bénédiction

Bizarre, n’est-ce pas, que le faux-monnayage privé soit un crime et que le faux-monnayage public soit une bénédiction ? Tricher sur la monnaie a toujours été le procédé de gouvernements aux abois et au bord de la ruine. La confiance va s’éroder au fur et à mesure que nous verrons que les milliards de Draghi ne produisent rien.

L’or va monter mais pas jusqu’à l’infini, cependant. Lorsque le niveau de confiance entrera dans la zone rouge, le Fonds Monétaire International appuiera sur le bouton big reset de la grande réforme monétaire mondiale. Ceux qui auront de l’or (ou de l’argent métal) domineront ceux qui n’auront que des dettes ou des promesses de payer.

En 2015, l’euro a beaucoup d’ennemis

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▪ La Suisse a lâché l’euro. La Banque nationale suisse a brutalement renoncé à enchaîner le sort de son franc à celui de l’euro au mépris des marchés. Résultat : une réévaluation de 20% en un jour. Pour l’Allemagne, ce qui se déroule en Suisse est une expérience in vitro de ce qui pourrait lui arriver. Car avec six élections à venir en Europe, le sort de la monnaie unique devient de plus incertain ; le retour au deutschemark se solderait probablement par une réévaluation du même ordre.

L’euro n’est plus soutenu par la BNS et il l’est de moins en moins par les peuples d’Europe.

D’un côté, les partis extrémistes des pays à monnaie traditionnellement faible, dont la France. Pour eux, l’euro fait souffrir les populations, l’austérité — qui consiste à distribuer ce qu’on a et non pas de l’argent emprunté — doit être rejetée.

Il est bon de se souvenir qu’à l’avènement du nouveau franc en 1958, un franc suisse valait un franc français. Le nouveau franc consacrait une dévaluation d’environ 99% puisque 1 NF valait 100 F. Au 1er janvier 2002, le franc s’efface face à l’euro et quitte le franc suisse à la parité de 4,37. La dérive du faible franc français se poursuivait donc.

Toutefois, une monnaie forte est à long terme loin d’être le désastre épouvantable décrit par les keynésiens et les monétaristes. Vous pouvez le constater très simplement en comparant l’évolution du PIB par habitant.

évolution du PIB par habitant
Source TradingEconomics.

Dans les deux cas, il s’agit d’une comparaison dite en parité pouvoir d’achat

Les pays riches ont une monnaie forte tandis que les pays à monnaie faible bradent la valeur ajoutée de ce qu’ils produisent

 

Les dépenses (PIB) par habitant ont évolué tout aussi favorablement en France qu’en Suisse mais ce graphique ne nous dit pas tout. La France a acheté son niveau de vie à crédit, pas la Suisse. L’endettement de la France atteint 92,2% de son PIB alors qu’il n’est que de 35,4% pour la Suisse. La balance commerciale de la France est dans le rouge alors que celle de la Suisse est dans le vert. D’une façon générale, les pays riches ont une monnaie forte tandis que les pays à monnaie faible bradent la valeur ajoutée de ce qu’ils produisent.

Les partis frondeurs des pays à tradition de monnaie forte ne supportent plus cet acharnement des Etats qui persistent à financer leur redistribution par le déficit, la dette et la dévaluation. Ils n’entendent pas solder leurs produits à forte valeur ajoutée, le travail de leur population. Les motifs et les objectifs des partis anti-euro que compte l’Europe sont, comme vous le voyez, antagonistes.

L’Allemagne et les pays qui respectent la règle d’or budgétaire savent très bien que leur monnaie serait réévaluée comme celle de la Suisse si l’euro se disloquait. Tentés de faire comme la Suisse, ils vont prendre la mesure des retombées de cette réévaluation dont la brutalité n’est due qu’à la durée de la répression qui l’a précédée.

▪ Des divergences qui pourraient mener à l’éclatement
Sur le site financier du Blog à Lupus, figurait un sondage intéressant dont voici les résultats recueillis le 16 janvier. La question était : « et vous quel type d’Europe souhaitez-vous ? »

et vous quel type d'Europe souhaitez-vous ?

Soyons clair : le Blog à Lupus n’est pas le genre de site fréquenté par les sans-dents et les vaincus de la mondialisation tentés par des votes extrémistes. Ce sondage montre que des investisseurs spéculent désormais sur la fin de l’euro et même la souhaitent.

Il va y avoir six élections en Europe en 2015 — dont celle de la Grèce. L’Allemagne sait que la Grèce ne remboursera pas le principal de sa dette et serait prête à négocier cette troisième faillite mais elle ne supporte pas le retour au déficit prôné par Syriza, déficit financé par les contribuables allemands.

Le 19 janvier, des rumeurs relayées par le Financial Times propagent l’idée que chaque banque centrale de la Zone euro puisse racheter la dette de son propre pays. En clair des euros seraient imprimés pour verser les allocations et transferts sociaux des pays déficitaires.

M. le Marché aurait la parfaite traçabilité de qui et pour combien et saurait que c’est « sans garantie de l’Allemagne ». Les taux d’emprunt recommenceraient à diverger et ce serait le retour à la case 2012. Le 21 janvier, veille de l’annonce de Mario Draghi, selon une fuite en provenance de la Banque centrale européenne, relayée par The Wall Street Journal, le QE à l’européenne s’élèverait à 50 milliards d’euros de rachat par mois durant au moins un an.

La survie de l’euro en 2015 semble donc délicate tant les aspirations sont divergentes

La survie de l’euro en 2015 semble donc délicate tant les aspirations sont divergentes. L’économie du crédit vivrait-elle ses dernières heures ? La Suisse le pense probablement. L’Allemagne semble le penser aussi et rapatrie son or ; en 2014, 35 tonnes ont été relocalisées en provenance de Paris, 85 tonnes en provenance de New York. Les Pays-Bas ont rapatrié leur or en 2014. 2015 sera-t-elle l’année du big resetmonétaire dont parlait Christine Lagarde à Davos en janvier de l’année dernière ?

Une chose est certaine, ce big reset sera violent. On peut imaginer toutes les fantaisies monétaires, dans l’économie réelle, on en revient toujours à échanger quelque chose contre autre chose de plus tangible qu’une promesse de payer peut-être. Dans ces conditions et avec des taux d’intérêt négatif sur les « promesses de payer peut-être » que représentent des obligations souveraines, il n’est pas surprenant que l’or monte.
[NDLR : Tirez les bonnes conclusions des événements actuels… et positionnez-vous en conséquence, grâce aux conseils de Simone : cliquez ici pour en savoir plus ]

SOURCE ET REMERCIEMENTS: LA CHRONIQUE AGORA 

http://la-chronique-agora.com/or-metal-inflation/

http://la-chronique-agora.com/2015-euro-ennemis/

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