Art de la guerre monétaire et économique

L’euro Et Ses Dogmes: La Vérité Si Je Mens! (Éric Verhaeghe)/ Une Europe Détestable, conduite par des gens méprisables (Charles Gave)/ Le marché transatlantique et la gouvernance mondiale(Pierre Hillard)/ Ukraine : Le crédit du FMI servira à acheter des armes/ Produits dérivés : la BCE au pied du mur

L’euro Et Ses Dogmes: La Vérité Si Je Mens!

La zone euro vient de vivre une nouvelle semaine où toutes les fadaises qu’elle avait érigées en dogmes: les bienfaits de l’euro fort, l’irréversibilité de l’adhésion à l’euro, l’égalité entre les Etats membres, ont remarquablement volé en éclats.

Sortir de l’euro: une « grande chance » pour la Grèce

La plus belle apostasie de la semaine nous est venue d’Allemagne. Alors qu’Angela Merkel s’échine à faire croire qu’elle tient à garder la Grèce dans la zone euro, en déclarant notamment à Tokyo:

« Je l’ai dit à de multiples reprises, et je peux le redire encore ici: notre objectif politique est de maintenir la Grèce dans la zone euro. Nous y travaillons depuis de nombreuses années »

le président de la commission des finances au Bundestag, Peter Ramsauer, figure de la CSU et allié d’Angela Merkel, a craché sa pastille dans les colonnes de Bild:

« en quittant la zone euro, comme l’a suggéré le ministre des Finances (Wolfgang) Schäuble, ce pays pourrait renouer avec la compétitivité dans une perspective monétaire grâce à une nouvelle drachme ».

« Cela offrirait à la Grèce une grande chance de se renouveler sur les plans économique et administratif, se préparant ainsi à un retour ultérieur dans la zone euro dans une position de force », poursuit-il.

Les esprits raisonnables ne disent pas autre chose depuis quatre ans. La convergence des politiques économiques imposée par une zone monétaire optimale tue la Grèce à petits feux. Comme l’ensemble des pays du sud de l’Europe. Le bon sens est d’imaginer une sortie temporaire de ces pays pour leur permettre de souffler et de retrouver une compétitivité nouvelle grâce à une dévaluation massive. Tout le problème vient du dogme porté par Bruxelles et Berlin depuis plusieurs années de l’irréversibilité de l’appartenance à la zone euro.

Et un dogme qui s’effondre! Un!

L’Allemagne bien décidée à punir la Grèce

Il faut absolument lire les coulisses de Jean Quatremer consacrées aux négociations entre l’Union et la Grèce depuis l’arrivée de Syriza pour comprendre que plus personne en Europe ne se soucie de mettre en place une zone euro responsable. Chacun cherche à tirer la couverture à soi, et tant pis si elle casse.

Le plus cocasse tient sans doute aux relations houleuses entre la Grèce et l’Allemagne.

D’emblée, les Grecs ont cherché, ce qui peut se comprendre sur le fond, mais qui surprend sur la forme très maladroite utilisée, à constituer une ligue anti-germanique:

Les nouveaux dirigeants grecs entament leur tournée européenne par la France, pays sur lequel ils comptent pour amadouer l’Allemagne. «Ils cherchaient à créer un bloc contre Berlin. Nous leur avons dit : vous vous trompez, vous ne parlez pas à des Etats mais à l’Union européenne», explique-t-on dans l’entourage du gouvernement.

Michel Sapin obtient cependant que Varoufakis rencontre Schaüble:

«C’est compliqué avec Wolfgang Schäuble me dit-il», raconte Sapin. «J’ai envoyé sous ses yeux un SMS à Wolfgang : « Tu es prêt à recevoir Varoufákis? » Il me répond aussitôt : « Oui. »» Sapin envoie par SMS le numéro de portable de Schäuble à Varoufákis, qui appelle son homologue allemand. Rendez-vous est pris à Berlin pour le 4 février.

C’est dans la bouche de Moscovici qu’il faut sans doute trouver le décryptage de la situation:

«Wolfgang Schäuble, qui est un vrai dur, veut mettre ce parti à genoux pour qu’il parte. »

Cette détermination de Schaüble à humilier Syriza tient au fond à des motifs superficiels. Ainsi, après le premier Eurogroupe qui s’est soldé par une sorte de bras d’honneur de Varoufakis devant un texte sorti de derrière les fagots, chacun cherche à comprendre l’origine des difficultés.

«Après la réunion, j’ai eu Schäuble au téléphone, raconte Sapin. Il était très amer. L’affaire des caricatures le montrant en uniforme de la Wehrmacht est ressortie à ce moment-là. J’étais un peu inquiet.»

Décidément, l’art de la caricature est à la source de bien des tensions dans le monde, en ce moment. Lors de l’Eurogroupe suivant, Schaüble se montre inflexible.

la réunion de l’Eurogroupe est tendue, car Schäuble ne lâche pas : il répète qu’il n’a «pas confiance dans la Grèce». Il exige un catalogue précis des réformes structurelles que le gouvernement Tsípras s’engage à mettre en œuvre. «Calme-toi, lui dit Mario Draghi, le président de la BCE. On ne peut pas faire ça en trois jours.» Schäuble répète qu’il n’a pas confiance.

On sait où ce genre de choses commence. On ne sait jamais où il finit.

La Grèce bien décidée à punir l’Allemagne

Sans surprise, face à la multiplication des marques de défiance, Tsipras a donc annoncé son intention de remettre sur le tapis l’affaire des réparations allemandes à la Grèce.

Rappelons qu’à ce stade l’Allemagne considère s’être acquittée de sa dette de guerre vis-à-vis de la Grèce par un versement aux victimes civiles de 57 millions d’euros effectué en 1960. Pour les Grecs, le compte n’y est évidemment pas. Tsipras ne manque pas de rappeler que l’accord de Londres de 1953 avait suspendu la question des dettes allemandes jusqu’à la signature d’un traité de paix.

Le traité 4+2 de 1990, qui a permis l’aberrante réunification allemande, constitue-t-il un traité de paix au sens des accords de 1953? Probablement… ce qui ouvre (pour l’ensemble de l’Europe) la question des réparations allemandes.

En attendant que justice soit faite, Tsipras propose donc diverses mesures qui devraient améliorer le climat actuel, comme la saisie des biens immobiliers allemands en Grèce pour indemniser des victimes d’exactions. Il a même demandé l’accès aux archives de la Wehrmacht

Tsipras a-t-il définitivement perdu pied?

Si les revendications de Syriza reposaient sur un véritable bon sens économique, on ne peut que reprocher à Tsipras et à ses émules le mélange de légèreté romantique et de rouerie très hellénique avec lequel ils abordent la négociation internationale. Cette espèce de suffisance qui porte Tsipras à croire qu’il est entouré de benêts a probablement ruiné toutes les marges qui s’offraient à lui.

Tsipras en est désormais réduit à faire taire Varoufakis, dont le narcissisme épuise non seulement ses partenaires européens, mais l’opinion publique grecque elle-même.  En outre, la situation dans le pays est de plus en plus tendue et abyssale. Alors que des anarchistes ont envahi le siège de Syriza, les recettes fiscales s’effondrent. Elles ont chuté de 17% en janvier.

Le gouvernement grec paraît de plus en plus dépassé par les événements. D’un côté, les ministres multiplient les déclarations intempestives où le sens de la coopération avec leurs partenaires tient une portion congrue. C’est le cas du ministre de la Défense et leader de l’alliée nationaliste de Syriza, Panos Kammenos, qui a fait d’étranges déclarations:

« Si nos partenaires et nos créanciers nous laissent dans la crise, alors le gouvernement va suspendre le traité Dublin II et envoyer à Berlin tous les migrants qui se trouvent en Grèce. Si certains de ces migrants sont des membres de l’État islamique et qu’ils passent les frontières sans contrôle, cela sera la responsabilité de l’Europe.»

D’un autre côté, Tsipras avale de plus en plus de couleuvres. Non seulement il rampe devant l’Union en affirmant être prêt à toutes les concessions, mais il a bien dû accepter de faire marche arrière sur la présence de la troïka, rebaptisée « institutions » à Athènes. La venue des « institutions » est le préalable à tout nouveau déblocage d’une aide en faveur de la Grèce.

Tsipras s’est même senti, après cette avalée de couleuvres, obligé d’en avaler une autre en saluant l’issue positive de la réunion de l’Eurogroupe.

La Grèce fera-t-elle faillite avant fin avril ou pas?

Alors que Tsipras signait un accord de façade avec l’OCDE pour l’aider à réformer la Grèce (encore une diversion superfétatoire qui ancre Tsipras dans le personnage d’un roué peu crédible), les « institutions » arrivaient à Athènes pour dresser l’état exact des comptes publics grecs.

Dans la pratique, une seule question se pose: la Grèce peut-elle tenir sans aide européenne jusqu’à fin avril ou pas? Les partenaires européens de la Grèce ont en effet tout intérêt à jouer avec le feu, en favorisant une crise de liquidité dont ils pensent qu’elle adoucira les moeurs de Tsipras. Ce pari bien hasardeux (Tsipras pouvant tout aussi bien souhaiter une faillite grecque) se joue autour du décompte des liquidités disponibles sur les toutes prochaines semaines.

Selon Romaric Godin, de La Tribune, la Grèce pourrait arriver à courir plus vite que l’Eurogroupe, notamment grâce au relèvement du plafond de liquidités dont elle vient de bénéficier de la part de la BCE. Ce petit coup de pouce, joint à l’utilisation des excédents de trésorerie de la sécurité sociale grecque, devrait permettre de desserrer la corde que l’Eurogroupe a commencé à mettre au cou de Tsipras.

Une fois de plus, Varoufakis a, de façon exaspérante, tiré une balle dans le pied des intérêts grecs en remerciant la BCE de ce petit geste discret par une déclaration scandaleuse:

« De mon point de vue, la BCE mène une politique qui peut être considérée comme asphyxiante à l’égard de notre gouvernement », a dit Yanis Varoufakis à l’antenne de la chaîne de télévision grecque Mega TV.

Avec ce genre de procédés, les Grecs n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes le jour où le bourreau ouvrira la trappe sous leurs pieds. En attendant, le discrédit de Varoufakis est tel qu’il est désormais écarté des négociations avec la Commission.

Schaüble confirme le « Grexident » annoncé sur ce blog

De gaffes en maladresses, et de caprices en réactions épidermiques, l’Europe prend bel et bien le chemin d’un bel accident de parcours, dénommé par le cruel Schaüble « Grexident« , sortie de la Grèce hors de la zone euro par accident. On se souvient ici que ce blog l’évoquait avec insistance la semaine dernière.

De fait, depuis l’arrivée de Tsipras au pouvoir le 26 janvier, c’est-à-dire il y a près de deux mois, la question de l’aide à la Grèce semble faire du surplace. Un accord très sommaire a été signé fin février, mais rien de concret ne semble venir pour sa mise en application.

Cette lenteur commence à donner des sueurs froides au petit père Juncker:

«Je ne suis pas satisfait des développements ces dernières semaines, je ne pense pas que nous ayons fait suffisamment de progrès», a affirmé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, en accueillant pour la deuxième fois à Bruxelles le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. (…)

Mais il a «totalement exclu un échec». «Je n’en veux pas, je veux que les Européens s’entendent. Ce n’est pas le moment de se diviser», a-t-il lancé, promettant d’œuvrer à une «solution».

Il faut dire que Jüncker, peut-être à l’issue d’une soirée trop arrosée ou d’une crise schizoïde, avait déclaré en début de semaine:

Jean-Claude Juncker, a appelé dimanche à la création d’une armée européenne, au vu notamment des relations de plus en plus tendues avec la Russie sur le sujet de l’Ukraine.

Une telle force pourrait permettre aussi bien de faire face aux nouvelles menaces aux frontières de l’Union européenne que de défendre les valeurs de l’UE, a-t-il déclaré dans une interview publiée dimanche par le journal allemand Welt am Sonntag.

On est bien loin du compte, et les rêves impériaux de Juncker sont bien mal en point. Il suffit d’écouter Schaüble pour le comprendre:

la Grèce seule a la responsabilité, la possibilité de décider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font », a jugé Wolfgang Schäuble, jeudi sur la télévision autrichienne « ORF ». « L’Europe est prête à aider la Grèce, mais la Grèce doit se laisser aider »

Voilà qui promet quelques heures chaudes…

La mort de l’euro fort: un autre dogme disparaît

Jusqu’il y a quelques mois, la pensée unique portée avec suffisance par l’élite parisienne interdisait de parler d’euro faible. A tout prix, il fallait une monnaie forte!

Le lancement du Quantitative Easing de la BCE a eu un effet immédiat: la baisse de l’euro. On notera avec amusement que cette politique de rachat de dettes souveraines, lancée lundi, a permis à la BCE d’acheter, en cinq jours, près de 10 milliards d’obligations. Ce rythme situé sous la bonne réalisation du programme de 60 milliards mensuels a entraîné la dépréciation de l’euro par rapport au dollar. Dès le lendemain des premiers rachats, l’euro passait sous la barre du 1,1 dollar, à 1,07.

Curieusement, ce qui semblait impossible, inacceptable, relevant de la folie dissidente la plus insupportable, la moins sérieuse, la plus complotiste, est aujourd’hui salué par les mêmes comme un moment de libération et une formidable ouverture vers la croissance.

Vérité un jour, erreur le lendemain, comme on dit à Sciences-Pipeau. En attendant, démonstration est faite qu’une euro faible constitue probablement la meilleure solution pour sortir de la crise. Je ne surprends aucun de mes fidèles lecteurs en écrivant cela. On peut juste se demander pourquoi il a fallu tant de temps pour se rendre à l’évidence.

Et un deuxième dogme disparaît!

La France victime de la baisse des taux?

Autre conséquence immédiate de la politique européenne: les taux auxquels les Etats les plus riches empruntent s’effondrent. Le taux français à 10 ans est ainsi passé de 0,566% à 0,355% en quelques jours. C’est évidemment une bonne nouvelle pour l’économie française, puisque la charge de la dette va diminuer.

Chacun mesure bien le risque que cette petite modification de parcours présente pour une France où la machine administrative est sortie du contrôle gouvernemental: c’est la porte ouverte à toutes les embardées et au retour à l’immobilisme antique, financé par l’endettement. Pourquoi s’embêter à réformer nos administrations pléthoriques, à se rendre impopulaires en modernisant, quand il suffit d’emprunter à taux zéro pour être heureux?

Chacun, face au danger, y est donc allé de sa petite phrase pour dire que la France ne devait pas s’endormir et devait encore moins revenir à ses rêves habituels de diva.

Draghi est le premier, semble-t-il, à avoir donné de la voix, en déclarant:

Jeudi dernier, Mario Draghi insistait : « La mise en œuvre intégrale et systématique du Pacte de stabilité et de croissance est essentielle pour la confiance dans notre cadre budgétaire ». Selon plusieurs participants de l’Eurogroupe, il a lancé, lundi, un nouvel avertissement, jugeant en substance trop souple l’interprétation par la Commission des règles du Pacte de stabilité concernant la France, mais aussi l’Italie.

Il a bien compris le risque Draghi: celui de taux bas condamnés à être perpétuels parce qu’ils agissent comme une drogue sur les Etats. Assez rapidement, il a ajouté:

« L’impact bénéfique de nos achats d’actifs sur les conditions de financement ne va pas réduire les incitations à réformer, comme certains l’affirment souvent, mais va en réalité accroître les bienfaits de telles réformes, dans la mesure où les entreprises sont encouragées à augmenter leurs investissements, ce qui doit accélérer la reprise économique », a assuré Mario Draghi lors d’un colloque bancaire à Francfort ce mercredi 11 mars.

Il a bien l’air pressé de s’en persuader…

Le dogme de l’égalité entre Etats membres en prend un coup

Toujours est-il que le délai supplémentaire de deux ans accordé à la France a suscité un tollé tel que le remède risque d’être pire que le mal.

Michel Sapin, le ministre français des Finances, a dit comprendre l’énervement de certains responsables européens mais expliqué qu’une réduction plus rapide du déficit aurait eu des conséquences graves pour toute la zone euro.

L’agacement ne s’est pas limité aux Etats membres. Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a affirmé:

« Nous ne pourrons pas générer la confiance en zone euro si nous donnons l’impression que ce qui a été décidé est en train d’être détricoté », a déclaré Benoît Coeuré dans un entretien au « Financial Times » publié ce mardi 10 mars. En outre, « il est extrêmement important d’éviter une situation – ou de donner l’impression d’une situation – où les grands pays seraient traités de manière plus bienveillante, plus généreuse et plus flexible que les pays plus petits »

On nous aurait donc menti sur les règles du jeu dans l’Union? Il y aurait des nations plus favorisées que les autres?

Et un troisième dogme vole en éclats!

La France mise à l’amende

Du coup, ces petits arrangements de l’ombre ne font guère les affaires de la France. Pour désamorcer les protestations et éteindre l’incendie, les commissaires européens ont promis d’être bien plus durs avec la France. L’addition devrait s’élever à 30 milliards supplémentaires.

Moscovici a timidement plaidé pour des réformes accrues lors de plusieurs interventions dans les médias. Mais c’est Dombrovskis, vice-président, qui a indiqué que la France devrait trouver 30 milliards supplémentaires d’ici à 2018. Ce chiffre paraît évident totalement fantaisiste d’ici aux élections présidentielles. Sachant que les 50 milliards promis par Valls ne seront même pas atteints.

L’essentiel, à ce stade consiste à sans doute faire croire le contraire, en croisant les doigts pour que la croissance revienne d’ici là, que la Grèce ne fasse pas faillite, etc.

Les marches de l’Europe de plus en plus loin du centre

Les amateurs de signaux faibles auront noté quelques mauvaises nouvelles supplémentaires qui illustrent la perte de confiance accélérée de l’Union, et l’inflation de tentations centrifuges.

L’événement le mieux répercuté est celui du retrait de la candidature d’adhésion de l’Islande à l’Union. Face au bordel bruxellois, « Les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne », a conclu le ministère des affaires étrangères. Il reste donc des peuples pleins de bon sens en Europe.

De façon plus confidentielle, les spécialistes auront noté le geste de conciliation de l’Union envers la Russie, qui consiste à autoriser celle-ci à utiliser le gazoduc transadriatique, dans l’hypothèse où Gazprom financerait le Turkish Stream. Voilà un intéressant petit mouvement d’apaisement qui éloigne un peu plus le coeur du continent des grands axes commerciaux, et qui sert astucieusement l’Italie.

Dans le même temps, l’Union a bloqué un projet nucléaire commun entre la Hongrie et la Russie. Le projet faisait un peu trop reconstitution de ligue dissoute. Mais il y a fort à parier pour que, dans les années à venir, les projets de « détachement » du centre se multiplient.

Au passage, on aura noté que les Etats ont massivement refusé d’apporter leurs fonds au plan Juncker à 300 milliards (de fumée). Ils se contenteront de faire du co-financement, histoire d’être sûrs de ne pas financer des projets en Allemagne. La confiance règne.

Enfin, je ne voulais pas finir cette chronique sur le signal le plus faible de la semaine: la mort programmée du dernier journal grec d’Istanbul. Cet organe d’information des Rums, qui, rappelons-le, sont les habitants historiques d’Istanbul, signale la troisième mort de l’empire romain d’Orient (après la chute de Constantinople et la Grande Catastrophe de 1922) et on ne s’en réjouira pas.

http://www.eric-verhaeghe.fr/leuro-et-ses-dogmes-la-verite-si-je-mens/

Revenons en arrière, aux années 90.  L’Euro est en préparation et tous « les oints du Seigneur » de service de nous expliquer que l’introduction de l’Euro va amener à une croissance plus forte, à une hausse de l’emploi, au développement d’un système bancaire intégré, solide et puissant, à une amélioration extraordinaire de la protection sociale, à des femmes plus belles et à des hommes plus aimables…et que tout cela n’aura aucun coût.

Une citation entre mille : « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

Quel génie ! Le sergent Maginot apparait comme un visionnaire en comparaison de Michel Rocard…

Quelques voix, Philippe Villin,  J.C Rosa et quelques autres dont votre serviteur, s’élevaient- déjà- à l’époque contre ce qui paraissait être une ânerie économique mais surtout une faute politique.

Je ne vais pas avoir la cruauté de montrer une fois de plus les résultats  économiques désastreux de ce Frankenstein financier car la réalité parle d’elle-même.

En réalité, ma principale critique a toujours été que l’Euro allait détruire l’Europe que j’aimais, celle de la diversité pour la remplacer par une Europe Technocratique et inhumaine, ce qui ne manquerait pas de faire renaitre les vielles haines entre peuples tout en permettant l’émergence de mouvements populistes dont l’Histoire a montré qu’ils pouvaient être extraordinairement dangereux.

C’est sur cet aspect politique que je veux écrire aujourd’hui, car c’est de loin le plus important.

Ma thèse, depuis le début, a toujours été que la construction de l’Euro avait été organisée par un groupe de gens non élus et ne rendant de comptes à personne pour prendre le pouvoir politique et que donc cela s’assimilait à un coup d’Etat.

En ce qui concerne l’Europe, dès son origine, il y a eu deux conceptions qui s’affrontaient

  • Celle de la Démocratie Chrétienne, représentée par de Gasperi, Adenauer ou Schuman, fondée sur un principe essentiel de l’Eglise Catholique, la subsidiarité et ancrée dans des pratiques démocratiques. 
  • Celle de Jean Monnet, et ensuite de partis socialistes Européens qui voulaient créer un Etat Européen, qui aurait vocation à se substituer aux Etats Nationaux. Cet Etat serait non démocratique mais technocratique (Jean Monnet se méfiait profondément de la Démocratie) et géré bien sur par les hauts fonctionnaires Français.

Ces deux conceptions ont navigué de pair tant bien que mal jusqu’à  la réunification Allemande où il devint évident que l’Allemagne allait disposer du pouvoir monétaire en Europe grâce à  la Bundesbank et au DM. 

Les partisans Français de l’Etat Européen (Delors, Trichet etc..) décidèrent alors de faire un coup d’Etat et de forcer la création de cet Etat en commençant par la monnaie, c’est à dire l’Euro, ce qui était censé coincer l’Allemagne, Mitterrand annonçant fièrement alors «qu’il avait cloué les mains de l’Allemagne sur la table de l’Euro». On le vérifie chaque jour. 

A l’époque, j’avais écrit ” des Lions menés par des Anes”, mon premier livre, dans lequel j’expliquais que l’Euro allait amener à trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d’usines en Allemagne et où j’annonçais un désastre économique sans précédent dans l’Europe du Sud.

Et pour cause, je ne connais pas dans l’histoire de fixation de taux de changes fixes entre deux pays avec une productivité différente qui ne se soit pas terminé par un désastre.

Et la conclusion de ce livre était que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais, c’est à dire l’Europe de la diversité et faire remonter les vieilles haines ancestrales a la surface…

Car toutes les tentatives dans l’Histoire de recréer l’Empire Romain, ce fantôme qui hante notre histoire, se sont terminées dans la guerre et dans le sang.

Comme on pouvait s’y attendre, depuis ce coup d’Etat, les procédures de remises au pas de ceux qui ne sont pas d’accord sont devenues de moins en moins démocratiques.

Lorsque la crise Grecque, la première, commença, un socialiste, Papandreou était au pouvoir. Il accepta les conditions imposées par le FMI qu’il avait appelé à la rescousse (présidé alors par Strauss-Kahn…), à la condition que le peuple Grec soit consulté par referendum. Il fut instantanément remplacé, après de sordides manœuvres de couloir par un dénommé Papademos…ancien vice gouverneur de la BCE. 

Quelque temps après, Berlusconi, le premier Ministre Italien, émit l’idée que si l’Allemagne continuait à suivre une politique déflationniste qui tuait ses voisins, alors l’Italie pourrait décider de quitter l’Euro. Lui aussi fut promptement débarqué et remplacé par le Quisling de service,  un ancien Commissaire Européen, dénommé Monti, que personne n’avait jamais élu et qui avait fait toute sa carrière à Bruxelles. 

Dans les deux cas de figure, un premier ministre parfaitement légitime qui avait osé remettre en cause la Doxa Européenne a été débarqué manu militari pour être remplacé par quelqu’un de plus …souple.

Mais tout cela s’est fait dans une certaine discrétion, le but étant de ne pas affoler les populations.

Avec les dernières élections Grecques, les masques sont tombés.

Tour à  tour, nous avons eu : 

  • Monsieur Barroso, ancien Mao/Trotskyste et ancien Président de la Commission Européenne qui déclare que les élus ne savent pas résister aux demandes incongrues de la population et que donc les responsabilités doivent être exercées par des gens non élus, peu sensibles aux foucades du corps électoral…
  • Schäuble, le ministre des finances allemand qui dit que les élections Grecques ne changeaient rien. Pourquoi voter ?
  • Et enfin Juncker, le fraudeur fiscal, viré par les électeurs Luxembourgeois et instantanément nommé comme Président de la Commission Européenne  qui  annonce qu’il n’existe pas de sortie «démocratique» aux Institutions Européennes. 

Et donc, ces trois éminents personnages nous annoncent tranquillement qu’’ils s’assoient avec beaucoup d’assurance et sur la Démocratie et sur la Souveraineté de chaque Nation Européenne. Et cette attitude est de plus en plus visible chez leurs seconds couteaux. 

Une participante-Grecque- aux dernières négociations à Athènes a dit que l’un des membres de la Troïka avait suggéré pour régler les problèmes de cash-flow de l’Etat local que celui-ci ne paye ni les retraites ni les fonctionnaires pendant un ou deux mois. Proposition rejetée avec indignation par le ministre des Finances, cela va sans dire. On ne peut s’empêcher de penser au fameux  « Ils n’ont pas pain ?  Qu’ils mangent de la brioche» de Marie Antoinette.

Cela m’amène à poser une seule question : Pour les Peuples Européens, de quel espoir est porteur aujourd’hui l’Europe telle que les technocrates nous l’ont bâti ? 

Qui est prêt à mourir pour cette Europe ? 

La «Démocratie Européenne ressemble de plus en plus à l’évidence aux  « Démocraties Populaires »  d’il y a peu.

On sait comment on y entre, on ne sait pas comment en sortir. 

Nous sommes en train d’arriver à  ce que je craignais par-dessus tout : Une dé -légitimation de l’idée Européenne née après la seconde guerre mondiale et voila qui me rend fort triste. A ce point, le lecteur va me demander: mais que faire ?

La réponse est toujours la même.

  • Croire que le mal existe et lutter contre.
  • Savoir dire non.
  • Agir au niveau individuel.
  • Ne pas croire en un homme providentiel.
  • Influencer ceux qui sont autour de vous,
  • Eduquer les autres sans relâche.
  • Transmettre ce que vous savez.
  • Soutenir ceux qui ont le courage de lutter et qui y consacrent leurs vies.
  • Se retrouver avec ceux qui partagent les mêmes valeurs. Et ici, je songe par exemple à l’Institut de Formation Politique dont l’Institut des Libertés est proche. 

Le pire n’est jamais sûr, et c’est pendant la profondeur de la nuit disait Péguy (je crois, à moins que ce ne fut Bernanos) qu’il est beau de croire à  l’Aurore.

http://institutdeslibertes.org/une-europe-detestable-conduite-par-des-gens-meprisables/

Le marché transatlantique et la gouvernance mondiale Par Pierre Hillard

Le 12/3/2015

Alors que le marché transatlantique doit théoriquement voir le jour en 2015 avec un partenariat transpacifique en toile de fond, il est utile de rappeler le cadre général qui se prépare.

 Docteur en science politique et essayiste

Alors que le marché transatlantique doit théoriquement voir le jour en 2015 avec un partenariat transpacifique en toile de fond, il est utile de rappeler le cadre général qui se prépare. L’Union européenne doit s’intégrer au monde nord-américain, l’ensemble constituant un morceau du puzzle de la gouvernance planétaire, soit environ 50 % du PIB mondial. Même si le système bruxellois craque de partout, en particulier avec un euro inadapté aux particularités des économies européennes, on oublie trop souvent qu’un processus similaire d’unification est en cours du côté nord-américain.

La volonté d’unir politiquement le Canada, les États-Unis et le Mexique en une seule entité remonte à 1912. Le programme fut rédigé au chapitre 52 dans le livre du Colonel House (conseiller du président Wilson), intitulé Philip Dru: Administrator. Mis en sommeil pendant des décennies, cet idéal a pris forme, en 1994, avec l’ALENA (équivalent de la Communauté économique européenne), pour s’accélérer en 2005 sous l’égide des trois chefs d’État nord-américains dans le cadre du « Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité ». L’institut américain Council on Foreign Relations (CFR) a présenté le programme en 2005. Celui-ci avait été préparé par une des figures de proue du CFR, Robert Pastor, dans son ouvrage paru en 2001, Toward a North American Community (« Vers une Communauté nord-américaine »). Un coup d’accélérateur en faveur de cette unification vient d’être donné par le général Petraeus (ancien patron de la CIA) et Robert Zoellick (ancien président de la Banque mondiale et membre dirigeant de Goldman Sachs) dans un rapport publié par le CFR en octobre 2014. Il est précisé :« Le groupe de travail est convaincu que le moment est venu pour les décideurs politiques américains de placer l’Amérique du Nord au premier plan d’une stratégie qui reconnaisse que l’Amérique du Nord doit être la base continentale de la politique mondiale des États-Unis ». La chose semble entendue puisque la chaîne de télévision CNN a rappelé, en janvier 2015, la nécessité de promouvoir un passeport nord-américain.

L’édification d’un bloc nord-américain doit ainsi se compléter à l’Union européenne dans le cadre d’un marché transatlantique reposant sur l’idée d’une union politique de part et d’autre de l’Atlantique. Ce concept, développé dès 1939 par Clarence Streit dans son livre Union Now, par le président Kennedy en 1962 appelant à une « Déclaration d’interdépendance » et par un ensemble de textesélaborés entre les États-Unis et la Commission européenne, a été particulièrement bien traité par la revue The Economist le 1er septembre 1990. La publication d’une carte révèle qu’au moment de la chute de l’Union soviétique, un prototype d’organisation planétaire est clairement affiché.

THE ECONOMIST 1990 MAP

Il est remarquable de constater que le marché transatlantique est déjà conclu par l’oligarchie mondialiste, puisque l’Union européenne – sans la Grèce, les Balkans, la Bulgarie et la Roumanie rattachés au bloc Euro-Asia – est véritablement accolée à l’Amérique du Nord. Le Vieux Continent, vide de toute représentation, est associé au Nouveau Monde sous la forme d’un digne puritain victorieux, style Mayflower, et sous le sigle « Euro-America », tandis que l’Amérique du Sud est associée à ce mariage forcé transatlantique. Les autres blocs continentaux constituant cette gouvernance mondiale en préparation sont éparpillés en « Islamistan », « Hinduland » et « Confuciania ». Nous avons devant nous l’ébauche, nécessitant sûrement des réglages, de ce qui nous attend. Enfin, signalons que la carte affiche en bas à gauche la formule latine « Haec tabula mundi vix seria est » que l’on peut traduire par « Cette carte du monde est à peine sérieuse ». C’est l’humour anglais.

Ukraine : Le crédit du FMI servira à acheter des armes


Le nouveau crédit octroyé par le FMI à l’Ukraine sera utilisé par Kiev pour acheter des armements, a annoncé le quotidien économique Deutsche Wirtschafts Nachrichten.

Le nouveau crédit du Fonds monétaire international (FMI) sera utilisé par l’Ukraine pour porter ses dépenses militaires en 2015 à 5,2% du PIB, soit à environ 3,8 milliards de dollars, a annoncé la ministre ukrainienne des Finances, Natalie Jaresko.

Selon le quotidien Deutsche Wirtschafts Nachrichten, Kiev envisage de commander des équipements militaires de plus de 500 dénominations. La majeure partie de ce matériel sera fournie par le groupe américain Network Technologies Corporation. Le journal explique le choix de ce fournisseur par les origines américaines de Mme Jaresko et son travail précédent au département d’Etat.

Piotr Porochenko a fait savoir vendredi que l’Ukraine avait signé avec différents pays de l’UE des contrats prévoyant des livraisons d’armes, y compris « létales ».

Aux Etats-Unis, de nombreux républicains conservateurs insistent sur la nécessité de livrer des « armes létales » à l’armée ukrainienne. Le président de la commission des forces armées au Sénat, John McCain, estime que les congressistes pourraient adopter une loi ad hoc sans l’aval de la Maison Blanche.

L’Ukraine procède à une modernisation d’envergure de son armée, motivant cette démarche par la situation politique dans le pays. Les armements seront achetés avec des crédits octroyés par l’Union européenne, les Etats-Unis, la Banque mondiale, le FMI, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ainsi que par la Banque européenne d’investissement.

Cela signifie que Kiev utilisera l’argent des contribuables européens pour intensifier la militarisation du pays.

SputnikNews.com, le 14 mars 2015

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/03/15/ukraine-le-credit-du-fmi-servira-a-acheter-des-armes/

 Produits dérivés : la BCE au pied du mur

JEAN-MICHEL NAULOT / ANCIEN MEMBRE DU COLLÈGE DE L’AUTORITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS | LE 13/03/15/ Les ECHOS
  1. Produits dérivés : BCE pied mur
  • La BCE s’est vue refuser le droit par la Cour de justice européenne d’imposer la localisation en zone euro des chambres de compensation qui traitent des opérations en euro. Cette décision pose le problème du rôle de la Banque centrale dans la maîtrise du risque systémique sur les produits dérivés.

En donnant récemment raison aux britanniques au sujet de la localisation des chambres de compensation, la Cour de justice européenne a jugé que la BCE allait au delà du droit existant. La BCE n’a pas le droit d’imposer la localisation en zone euro des chambres de compensation qui traitent des opérations en euros. Derrière ce débat d’apparence commerciale dans lequel les banques et la BCE ont fait cause commune pour des raisons différentes – renforcement des places financières européennes pour les banques, meilleur contrôle du  risque pour la banque centrale – il y a une question d’une extrême importance : comment va-t-on maîtriser le risque systémique en cas de difficultés majeures, de détresse, d’une chambre de compensation ?

Londres capte l’essentiel des produits dérivés

Les G20 de 2009 avaient décidé de faire obligatoirement transiter les produits dérivés réputés liquides par ces institutions financières destinées à assurer la bonne fin des opérations, donc de concentrer le risque systémique autour d’elles. Les encours de dérivés ont représenté en 2014 près de 800.000 milliards de dollars, un encours supérieur à celui qui existait avant la crise, plus de dix fois le produit mondial. Lorsque le chantier en cours sur l’encadrement des produits dérivés sera achevé, environ 40% des produits dérivés passeront par des chambres de compensation. Or en zone euro, la plus grande partie des produits dérivés est traitée à Londres … Il devient vraiment urgent, sept ans après la crise, de préciser comment l’accès à la liquidité en euros de ces chambres londoniennes sera possible ! Concentrer le risque systémique est une bonne idée, encore faut-il pouvoir le gérer ! 

La solution de localisation des chambres proposée par la BCE avait l’avantage pour la banque centrale de permettre de maîtriser le risque systémique tout en laissant planer un  doute sur l’automaticité de son intervention. La BCE avait la possibilité en cas de difficultés d’une chambre d’apporter la liquidité nécessaire ou de laisser la chambre mettre en place un plan de redressement, voire son plan de résolution. Comme les banques, les chambres de compensation en difficulté doivent en effet – en théorie – pouvoir faire faillite, ne pas systématiquement miser sur l’aléa moral. En théorie…

Probabilité d’aggraver le risque systémique

Actuellement, toute l’attention des acteurs financiers est mobilisée autour des textes que la Commission doit présenter d’ici l’été sur les plans de résolution. Comme ceux des banques, ces plans de résolution seront utiles et rassurent les contribuables. Mais ils ne sont pas l’essentiel. Chacun sait qu’en cas de crise, le risque systémique doit être géré dans l’urgence et le secret, avec l’appui de la Banque centrale. Qui peut imaginer que l’on mette alors immédiatement à contribution les actionnaires et les clients de la chambre de compensation pour organiser la liquidation ? Il n’y aurait rien de tel pour aggraver la propagation du risque ! Dès aujourd’hui, les clients des chambres de compensation ont-ils même une idée des risques qu’ils prennent en traitant avec ces institutions censées leur apporter la sécurité ? Ils ont plutôt  le sentiment que ces institutions qui concentrent le risque systémique bénéficient des protections nécessaires… En cas de crise d’une chambre, n’en doutons pas, l’aléa moral sera bien là, ne serait-ce que parce qu’il existe toujours une zone grise pendant laquelle il faut évaluer, comme pour les banques, les chances de redresser l’institution en difficulté. Mais encore faut-il que cela soit techniquement possible…

La décision de la Cour pose donc très clairement le problème clé du rôle de la banque centrale dans la maîtrise du risque systémique sur les produits dérivés, problème que la BCE a jusqu’à présent évité de traiter trop ouvertement, préférant vivre dans l’ambiguïté. Etre là sans avoir à le dire… Après la décision de la Cour, sauf à prendre des risques considérables, la BCE ne peut rester silencieuse. La logique serait qu’elle prenne directement en charge la supervision des grandes chambres de compensation de la zone euro comme elle l’a fait pour les banques. Mais cela ouvrirait une fois de plus un débat nourri avec les britanniques et le temps presse. Alors comment fait-on ? Un chantier intéressant pour le nouveau Commissaire Jonathan Hill, britannique, qui a fait de la liberté de circulation des capitaux son objectif central et semblait rêver d’une pause en matière de régulation financière !

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-127242-produits-derives-la-bce-au-pied-du-mur-1101781.php?3CY7B74771zc6YCr.99

EN BANDE SON

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