Art de la guerre monétaire et économique

Mister Market and Doctor Conjoncture du Samedi 21 Mars 2015 : L’échec de la Fed, Yellen plie devant les marchés! Plein feu sur les changes Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Samedi 21 Mars 2015 : L’échec de la Fed, Yellen plie devant les marchés! Plein feu sur les changes Par Bruno Bertez 

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Laissez tomber les taux, leurs minuscules mouvements sont sans intérêt et sans importance. Qu’importent les 0,2% de variation sur les taux alors que les changes fluctuent de 4%  en quelques heures!  Mercredi dernier, le Dollar Index, en quelques minutes, a parcouru un intervalle de 99,83 à 96,63! Les devises émergentes ont parcouru un véritable rallye en l’espace de 3 minutes.  Le seul vrai déterminant, la seule chose qui compte, dans le paysage financier actuel, c’est le niveau du dollar. Oubliez les taux, c’est de la poudre aux yeux, du détournement d’attention, un peu comme dans le jeu des illusionnistes où ils vous font regarder ailleurs, ailleurs que là où cela se passe. Les changes, « les changes, c’est là que cela se passe ».  La pente est dévalée, sans tambours ni trompettes, pente que nous avions tracée dès 2009. D’abord on intervient sur les taux courts, puis sur les taux longs, puis sur le risk, puis sur le prix des assets et enfin sur les changes. Car, ne vous y trompez pas, ce qu’a fait Yellen mercredi, c’est cela, elle a indiqué que dorénavant, les changes faisaient partie des facteurs qui gouvernaient la régulation. Comme cela n’était qu’implicite et que la situation était grave, alors, il a fallu le dire clairement. Cela nous avait échappé lors de notre première analyse; mea culpa.  Nous avons commenté la réunion de la Fed de mercredi dans cet esprit sans aller jusqu’au bout.  Pour nous, Yellen a reculé, elle s’est montrée « dovish », « ultra-dovish » non pour l’économie domestique, mais à cause des craquements financiers qui se manifestent chez les grands émergents comme le Brésil, l’Afrique du Sud, la Turquie, le Mexique, etc.  La phrase importante était celle que les grands, les GS et JPM attendaient : « export growth has weakened, certainly because of a stronger dollar ». Dans les questions, est venue la confirmation, Yellen a mis les points sur les « i », la Fed prendra dorénavant en compte les « international developments ». 

C’est ce que la Grande Communauté Financière espérait: que la Fed prenne en considération la dislocation des marchés internationaux provoquée par la hausse du dollar. Et cette communauté a eu satisfaction. Ce n’est pas une nouveauté, nous avons toujours considéré que la Fed tenait compte de l’environnement international, en particulier depuis le printemps 2013, mais ce qui est important c’est que ce soit dit.  Yellen peut  gérer les perceptions et les anticipations sur les marchés d’actions et de bonds, cela est maintenant prouvé. Elle s’attaque maintenant au pilotage des marchés des changes. C’est une autre paire de manches. Les évolutions sur ce marché sont plus fondamentales, elles sont plus ancrées dans le réel que dans la psychologie;  les intervenants sont plus gros et plus dispersés. Le trend sur les changes est plus fort et plus assuré que sur les assets des Bourses. Sur les changes, c’est du gros argent, ce sont des pays qui interviennent et les opérateurs sont beaucoup plus sophistiqués.  Enfin, sur les changes ce n’est pas seulement la politique américaine qui commande, mais la situation domestique de chaque pays, ou bloc, confère le Brésil, la Turquie, la Chine, le Japon, l’Europe, par exemple. 

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Sur les changes, ce qui compte, c’est le poids du réel. Et le réel, il est lourd, il pèse 9 trillions. Pourquoi 9 trillions? Parce que c’est le montant des emprunts en dollars fait par le système international à la faveur de la politique non conventionnelle de la Fed, c’est ce que l’on appelle le carry. Un emprunteur en dollars qui n’est pas américain est un « short », il est vendeur à découvert de dollars et, quand le dollar monte, il est en difficulté, asphyxié. Ce n’est par les taux que sa position se détériore, non, c’est par le change, car les mouvements de change sont de forte amplitude et brutaux. Le Dollar Index vient de monter de 26,6% depuis juin 2014! La hausse du dollar bouleverse les économies réelles, elle crée de la faiblesse chez les émergents, leur devise s’effondre, ils doivent monter les taux, l’inflation accélère et la régulation devient impossible, bloquée. Tout devient transitif, cumulatif, c’est à dire que l’on se trouve face à des cercles vicieux.  Les emprunteurs internationaux sont fragiles et fragilisés, il n’y a pas de mouvement correcteur. Les déséquilibres n’ont pas tendance à se résorber, mais à s’aggraver. Voilà la réalité de la situation présente. Les dettes extérieures des Chinois ont été multipliées par 5 depuis 2008, on est à 1,4 trillion en officiel, mais plus proche de 2 trillions en réalité. Ce n’est pas un hasard si le Yuan est fragilisé, voire menacé. Il a perdu 2,4% en 2014, première baisse depuis 5 ans, et cède déjà 0,4% depuis le début 2015. La faiblesse du Yuan rend plus difficile le soutien de l’activité par la baisse des taux, les sorties de capitaux sont colossales. Or, le soutien de l’activité en Chine est vital pour le monde global. Et ce qui est valable pour la Chine l’est pour le Brésil, le Mexique, etc.  Nous vous rappelons qu’en 2008, la hausse du dollar  (23,9% entre 2008 et 2009) avait constitué un élément majeur, sinon causal, de la crise. Le cycle actuel de hausse du dollar n’est pas circonstanciel, il vient de loin, plus loin que Juin 2014, il  a pris naissance au printemps 2013 lorsque les premiers murmures sur le Taper ont été entendus. Le dollar, à ce moment, a changé de tendance, il a formé une configuration haussière caractéristique. Celle-ci a été interrompue, car devant les dégâts sur les marchés tiers, et les protestations de pays comme l’Inde, la Fed a différé. Un magnifique « W » haussier s’est alors construit tout au long de 2013, « W » qui a débouché sur l’envolée de Juin 2014.  La hausse du dollar est responsable de la chute des commodities, du pétrole, des devises émergentes, du renchérissement des taux chez les émergents, de la chute de leurs Bourses, du retour de la volatilité sur les marché; bref, la hausse du dollar  ruine, détruit, ce qui a été fait ces dernières années. Ce qui est grave, compte tenu de l’empilement de dettes qui a été favorisé par les Quantitative Easing anglo-saxons. Et grave compte tenu de l’interconnexion bancaire.  La position « ultra-dovish »  de Yellen a provoqué une panique sur les changes, cela est normal car les positions longues en dollars sont considérables et certaines sont de mauvaise qualité. La volatilité a été considérable. On a d’abord chuté de 100,39 au Dollar Index à 96,63 pour remonter très vite à 99 et revenir, plus ou moins spontanément un peu au-dessus des 98 en fin de semaine. Nous en sommes là.  

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Le comportement décevant des Bourses après le feu de paille (+2,2% au S&P) des annonces est révélateur, elles auraient du reprendre une tendance haussière vigoureuse. Mais elles ont compris, elles ont  perçu le problème du dollar. Elles ont compris que c’était une nouvelle étape, une nouvelle phase qui s’ouvrait. Comme le souligne Bloomberg, « la hausse du dollar pèse sur la liquidité mondiale ». Le combat qui est engagé est visiblement là, sur le marché des changes. C’est le nouveau théâtre de la crise, le nouvel acte de la pièce qui a commencé en 2008/2009.  Vendredi, les actions sont restées moroses en début de journée alors que le dollar était résistant, brutalement le dollar a faibli et on a vu les actions se mettre à galoper. La corrélation est bien là, inverse, la hausse du dollar freine le risk-on, son recul le favorise. Toutes les corrélations sont  réversibles selon la phase dans laquelle on se trouve. Rien n’est figé. Ainsi la Bouse de Paris qui, avant, montait quand l’euro faiblissait, a fait l’inverse vendredi, elle a commencé à monter quand l’euro s’est redressé et qu’il est apparu que le dollar repartait à la baisse.  Notre opinion est que rien n’est joué, il est même peu probable que les finasseries de Yellen puissent avoir une influence durable, mais personne ne le sait.  Il faudra peut-être aller plus loin, prendre plus de risques. Après la tentative de pilotage des changes, il y a encore une étape sur la pente que nous dévalons, cette étape, ce sera celle des contrôles et restrictions aux mouvements de capitaux. D’ailleurs cela se prépare, en cachette.  Plus fondamentalement, la hausse indésirable du dollar est la Statue du Commandeur, c’est elle qui pointe les erreurs de la Fed, ses fautes et son échec dans le traitement de la crise. Les politiques des QE et des taux zéros ont conduit les détenteurs de capitaux et de liquidités à rechercher le rendement à tout prix. Les capitaux ont dévalé la ligne de plus grande pente du profit, c’est à dire qu’ils sont allés chercher le rendement et le risque là où ils étaient, c’est à dire hors des Etats-Unis. Les sorties de capitaux ont inondé les émergents et provoqué une euphorie financière et monétaire, une débauche de crédit aussi. A la fois prospérité fictive et surendettement et surévaluation de leurs devises. C’est parce que les QE et la ZIRP ont été une erreur et un échec que le monde tangue actuellement, victime du reflux des capitaux.  Les QE et la ZIRP  ne sont pas allés irriguer l’économie américaine, ils n’ont profité que très marginalement à Main Street, les capitaux sont restés canalisés dans les Grands Canyons de la finance, et la finance étant globale, ce qui s’est passé, c’est l’inflation mondiale du prix des assets et non la reflation de l’économie américaine.  On est toujours puni par où l’on pêche. humpty-dumptyPermalien de l'image intégréebalticdrypricePermalien de l'image intégrée BRUNO BERTEZ Le Samedi 21 Mars 2015 

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14 réponses »

  1. Bonjour,

    Toujours aussi passionnant, malgré la technicité du billet, et pertinent. Je me permets de soumettre à votre sagacité cette remarque formulée par un commentateur (qui signe gmrb) du blog de Jean-Pierre Chevallier (http://chevallier.biz/2015/03/grexit-ou-grexident/#comments) faisant référence à la prédiction de Charles Gide (http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gide) parue dans l’édition de 1895 de son fameux « Traité d’économie politique »: « Charles Gide constate – graphique à l’appui – que les taux d’intérêt n’ont cessé de baisser de 1830 à 1895, mouvement qu’avait fait aussi remarquer Marx sous le nom de baisse tendancielle du taux de profit. Il remarque toutefois que cette baisse est quasi-linéaire à quelques aléas près (voir régression linéaire) et que si tout se poursuit de cette façon, ces taux deviendront… nuls en 1915 – ce qui n’est en bonne logique pas possible : qui prêterait lorsque le taux d’intérêt est nul ?
    Il prédit dans ce livre qu’il se produira donc nécessairement d’ici 1915 quelque chose d’important qui va modifier cette donne. La guerre de 1914 et l’apparition de l’inflation qui va sévir tout au long du XXe siècle lui donneront spectaculairement raison sur cette date. »

    Je sais que si l’Histoire ne se répète pas, elle balbutie souvent. Les connaissances et les compétences me manquent pour affirmer que nous sommes dans une situation équivalente. Cependant, la similitude entre les deux périodes considérées (ante ..15) est assez frappante pour que naissent, au minimum, des interrogations et, également, des craintes. Sur le bateau ivre qu’est devenue l’économie mondiale, on peut s’attendre à tout. Espérons que le pire ne soit pas au rendez-vous.

    Bonne fin d’après-midi.

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    • La F.E.D. a été crée en 1913 suite aux réunions secrètes d’un sympathique groupe de banquiers sur l’Ile de Jekyll Island… L’étalon Or Français fut abandonné afin de continuer a tuer du Bosch mais cela n’a rien à voir. Je m’égare…

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    • c’est exactement ca:
      baisse tendancielle du taux de profit mondialisation 1914=>il faut que les affaires continuent et remettre les compteurs à zero grande réconciliation=>…guerre

      une petite réserve sur chevallier qui considère qu’il n’y a pas eu de planche à billet aux us tout comme jorion!…

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    • @H je relis votre billet

      Sur le fond je crois que les idées sont les mêmes quelle que soit la manière de les exprimer. La chute des occasions rentables d’investir, la baisse tendancielle du taux de profit, les taux d’intérêt nuls, tout cela recouvre une même réalité inquiétante.

      Cette réalité est que le Système a du mal à poursuivre sa route, voire à se reproduire.

      La thèse de Marx et de Lénine, est que, face à ce problème de système qui rencontre ses limites, alors on fuit dans l’impérialisme et le bellicisme.

      Je crois à cette évolution , je crois à ce risque, mais à l’inverse des Marxistes, je pense que ce n’est pas une fatalité, ce n’est pas une Loi de l’Histoire.

      Le problème est que le capitalisme se pervertit, il refuse ses propres lois car elles sont dures. Normalement ce qui est dépassé, inefficace, archaique doit être détruit et remplacé par du neuf plus adapté et plus productif socialement.

      Hélas la collusion, le corporatisme et le système cooptatif refusent les destructions de ce qui est dépassé. Le capital refuse la discipline qui lui permet de rester légitime.

      il s’ensuit une accumulation et même une suraccumulation de capital dépassé, archaique qui prétend survivre au dépens du reste de l’économie. C’est un capital gaspilleur des ressources sociales, il pèse sur la productivité et les revenus. Les politiciens type Montebourg et les Banques créent de la monnaie et du crédit pour maintenir en vie ce capital.

      La lutte pour le profit qui en découle se traduit par la baisse tendancielle, la surproduction, la perte de compétitivité, le chômage etc

      Il y bien suraccumulation, mais ce n’est pas une loi du capitalisme, c’est la déviation perverse d’un capitalisme qui refuse le progrès et la discipline de l’efficacité. Le refus de la discipline, le refus de la destruction régénératrice. C’est l’essence de la sociale-démocratie! On chante la gloire de la modernité et du progrès mais on refuse le négatif qui en découle, à savoir la destruction de ce qui est périmé et inadapté à la modernité!

      On le voit dans l’attitude face au chÔmage, on voudrait l’investissement qui permet de produire plus avec moins de travailleurs, mais on refuse que les travailleurs soient licenciés. Et bien sur, on souhaite l’investissement qui permet la modernisation, mais on confisque le profit qui permettrait de la financer et on oblige à conserver les sureffectifs. Ah les gribouilles.

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  2. M’enfin ceux qui ont acheté du dollar a 1.6 pour 1 euro ne sont pas a plaindre. Tout n’est que spéculation il va falloir s’y faire. Le but est d’achater pas cher et espéré que cela monte vite 🙂 🙂 🙂

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  3. « A un moment, le dollar sera rare et cher ». Bruno Bertez il y a plusieurs années, dans un article de ce blog….

    L’ étape qui précède celle de l’ effondrement des monnaies.

    Peut-on dire à ce stade que l’ effondrement des monnaies sera amorcé par les mesures de contrôle des mouvements de capitaux ?

    Pour la suite ; anticipez-vous un effondrement de toutes les monnaies en même temps, ou un effondrement des plus « périphériques » au plus « core » avec le dollar s’ effondrant en dernier ?

    Alors oui, comme vous le dites dans l’ article les monnaies émergentes plongent déjà et ce depuis 2013, mais on ne peut pas vraiment parler d’ hyperinflation sauf peut-être au Venezuela.

    Plus que jamais MERCI pour ce que vous faites.

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  4. d’aucuns disent à propos du flash dollar crash qu’il n’y avait pas de liquidité (! je pense aussi),
    mais perso je pense que les BC sont intervenus pour défoncer le dollar (une sorte de mini plazza avant un gros plazza) pour gérer les QE et son effet néfaste sur devises (votre loi du triangle)

    marrant :
    1929 2009
    1985 2015 (30ans des accords du plazza)
    1987 2017? à mon avis krach avant

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  5. ils sont en train de commencer a vivre ce que l ‘UE a vécu pendant 7 ans d’euro fort qui a mis l ‘europe dans le trou ….mais eux ont les moyens d’inverser quand ils veulent la tendance , tandis que la grande UE ne fera que subir . bonne journée

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  6. Lundi 23 mars 2015 :

    1- La Grèce est en faillite. Dette publique : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

    2- Les banques privées grecques sont en faillite.

    3- La Banque centrale de Grèce est gavée d’obligations de l’Etat grec, mais ces obligations d’Etat ne seront JAMAIS remboursées. En clair : la Banque centrale de Grèce est en faillite.

    Seule solution pour tenir encore quelques semaines de plus, au moins jusqu’en juin :

    il faut que l’Union Européenne prête en urgence quelques milliards d’euros supplémentaires à la Grèce !

    Ce prêt supplémentaire rajoutera une montagne de dettes par-dessus les montagnes de dettes qui écrasent déjà la Grèce, mais c’est pas grave !

    Dans une lettre datée du 15 mars et révélée ce lundi par le « Financial Times », Alexis Tsipras « a averti Angela Merkel qu’il serait impossible pour Athènes d’assurer le service de la dette d’ici les prochaines semaines si l’UE ne distribuait pas à court terme une assistance financière au pays ».

    « Étant donné que la Grèce n’a pas accès aux marchés financiers et en vue des pics attendus dans nos échéances de dette au printemps et à l’été… il est clair que les restrictions particulières de la BCE combinées à des retards de versement rendraient impossible pour tout gouvernement d’assurer le service de sa dette », explique Alexis Tsipras dans ce courrier qui serait parvenu à la chancelière juste avant que celle-ci n’invite le Premier ministre grec à venir lui rendre visite à Berlin.

    http://www.boursorama.com/actualites/grece–certains-remboursements-impossibles-sans-aide-1c57eb8cdef241e3d9c59be38b4474fa

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  7. je ne l’avais jamais entendue je l’ai raconté a une grosse vache de mes connaissance et on a bien rigoler «  »Ainsi la Bouse de Paris qui, avant, montait quand l’euro faiblissait » »,
    la Bouse de Paris reconnaissez qu’il fallait oser !

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  8. La 3 guerre mondiale a commencé: celle du capital vs travail.
    Deux concepts, deux modèles d’économie, deux visions du futur.
    Depuis 200 ans ça changera mais pas sans douleur; on achète le temps avec les Q.E.
    On attend le prochain QE à marque USA: le QE4.

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    • Vous êtes sur le mauvais blog….

      Le capital ne rapporte déjà plus rien, à taux zéro, et tout cela est orchestré par l’ intervention de l’ état. Vous avez gagné….

      Mais ce n’ est pas au travail que cela profite (ce qui montre la stupidité d’ opposer capital et travail), non cela profite au capital fictif, aux signes basés sur la confiance collective, tant que cela dure.

      Bienvenue chez nous…. si vous avez le courage intellectuel de rester.

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  9. La Grèce se finance en émettant des obligations à trois mois et aussi des obligations à six mois.

    Problème : personne au monde ne veut acheter ces obligations pourries.

    Du coup, il n’y a plus que les banques privées grecques qui acceptent d’acheter les obligations de l’Etat grec.

    Ensuite, les banques privées grecques refourguent ces obligations pourries à la Banque centrale de Grèce.

    La Banque centrale de Grèce accepte ces obligations pourries en collatéral, et elle prête des milliards d’euros aux banques privées grecques : c’est le mécanisme ELA (en français : « Prêt de liquidités en urgence »).

    Encore un tout petit problème : la Grèce est INCAPABLE de rembourser ces obligations d’Etat, et la Banque centrale de Grèce est en faillite.

    Conclusion : mercredi 25 mars, la BCE ne veut plus que la Banque centrale de Grèce continue d’accepter toutes ces obligations pourries. Pour couper complètement le financement de l’Etat grec, la BCE vient d’interdire aux banques grecques d’acheter les obligations pourries.

    MAIS ALORS …

    … MAINTENANT, QUI VA ACCEPTER D’ACHETER LES OBLIGATIONS DE L’ETAT GREC ?

    Mercredi 25 mars 2015 :

    La BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter de dette d’Athènes.

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-demande-aux-banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-d-athenes-463735.html

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  10. Nous pouvons comparer les obligations de l’Etat grec à des tumeurs cancéreuses.

    Pour se financer, l’Etat grec émet des obligations à trois mois et aussi des obligations à six mois.

    Mais l’Etat grec est INCAPABLE de rembourser ces obligations.

    L’Etat grec est obligé de demander à la troïka de lui prêter des milliards d’euros, qu’il utilise pour rembourser les obligations arrivées à échéance.

    Autrement dit : les obligations de l’Etat grec n’ont aucune valeur, car l’Etat qui les émet est INCAPABLE de les rembourser.

    Personne au monde ne veut acheter ces obligations pourries : il ne reste plus que les banques privées grecques qui acceptent encore de les acheter.

    Ensuite, la Banque centrale de Grèce accepte ces obligations en collatéral, et elle prête des milliards d’euros aux banques privées grecques : à ce moment précis, la Banque centrale de Grèce fait entrer des tumeurs cancéreuses dans la zone euro.

    La Banque centrale de Grèce fait entrer des tumeurs cancéreuses qui contaminent toute la zone euro : c’est l’euro lui-même qui est discrédité.

    C’est l’euro lui-même qui n’a plus de valeur.

    Les euros qui circulent en Grèce n’ont plus de valeur : ils ne représentent plus rien de réel.

    Comme des tumeurs cancéreuses, ils discréditent les autres euros, qui circulent dans les autres nations européennes.

    Merkel et Schauble ont vu le risque mortel que constitue la contamination de ces tumeurs cancéreuses : l’euro qui circule en Allemagne se retrouve à son tour discrédité.

    Pour protéger l’Allemagne et la bonne santé de l’Allemagne, ils ont demandé à Mario Draghi de faire cesser cette contamination.

    Ils ont demandé à Draghi de couper la jambe cancéreuse, pour sauver le reste du corps.

    Et Draghi leur a obéi.

    Lisez cet article :

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-demande-aux-banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-d-athenes-463735.html

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