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Souverainisme vs Islamisme – opération ronces-voeux : l’armée se prépare-t-elle à reconquérir des parties perdues du territoire français ?

Opération ronces-voeux ,l’armée se prépare-t-elle à reconquérir des parties perdues du territoire français ?

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L’expression qui sera rapidement sur toutes les premières pages, c’est « opération Ronces ».

 
Il est vrai qu’Eric Zemmour ne laisse pas indifférent, il ne mâche pas ses mots, il sait jouer de l’audience qu’on lui offre (bizarrement ?) facilement, et ses fidèles assurent qu’on ne l’a jamais pris en défaut d’information, jusqu’à présent. Toute occasion de diversion étant bonne à prendre, une partie de la presse, peu gênée de commenter un livre qu’elle n’a pas lu, annonce que M. Zemmour vient de révéler le plan de l’armée française pour reconquérir les terres perdues par la France en métropole. Une autre partie de la presse, qui a lu les trois lignes en question, annonce qu’il a révélé, du moins, l’existence et le nom de ce plan.

Car évidemment ce plan existe.

 
Il existe aussi sûrement que le fantasme de coup d’Etat militaire éventé il y a trois ans par le Lys Noir et son fidèle lecteur tombé tout petit dans les questions de démilitarisation, qui assurait que le ministère prenait l’affaire très au sérieux et qui activait ses sources bien informées. Il existe, et tous les officiers d’état-major de l’armée de terre et de la gendarmerie savent qu’un tel plan ne tient pas « dans les cartons ».
 
La planification de l’opération Ronces a certes bénéficié, c’est M. Zemmour qui le dit, du retour d’expérience de l’armée israélienne, que le gouvernement français a certainement choisie en raison de ses résultats (comme chacun sait) décisifs, positifs et exemplaires à Gaza, et qu’un certain nombre d’officiers français ont donc été chargés de noter, analyser, conceptualiser et formaliser. Cela ne saurait évidemment suffire, et l’état-major de l’armée de terre, riche en spécialistes de la coordination multinationale de patrouilles sur axe routier dans les vallées afghanes, a dû amener ses officiers traitants, diplômés et brevetés d’état-major, à dérouler leur fameuse méthode de définition du contexte physique et humain, détermination des effets majeurs à obtenir, identification des points décisifs, choix des modes d’action etc., en vue de l’élaboration d’une conception de manœuvre, en amont de l’entrée en scène des spécialistes chargés, pour leur part, de la déclinaison spécifique en termes techniques et tactiques des composantes appuis, renseignement, mobilité, transmissions, logistique… la planification d’une telle opération n’étant pas l’affaire d’un général et de deux colonels. Comme on le lisait aujourd’hui sur certains media, l’élaboration de ce plan a nécessairement impliqué aussi les bureaux opérations des régiments d’infanterie (susceptibles d’être) concernés, à la grande joie certainement des commandants et lieutenants-colonels sortis d’école après la guerre de Bosnie et Herzégovine et instruits par des anciens de la tempête du désert irakien.
 
Il est vrai aussi qu’après avoir rigolé de l’emballement étatsunien à citer abondamment le colonel Galula à contresens et à contre-emploi, les officiers français d’après le Pacte de Varsovie et le service mononational à menu unique n’ont plus eu honte de consulter en librairie les réflexions du colonel Trinquier. Cela n’a pu que faciliter les études du commandement de la doctrine, chargé de rédiger les manuels d’emploi des forces et les traités d’instruction (toutes armes ou spécifiques), sachant qu’un nouveau concept d’emploi des armées françaises, ou la résurrection d’un concept oublié depuis plus de deux générations, n’est pas aussi simple à adopter et mettre en œuvre qu’un vulgaire logiciel de paye.
 

Donc évidemment puisque ce plan existe, on peut avouer maintenant que pratiquement tous les officiers supérieurs sont au courant.

 
L’année dernière, aux six scenarii (scénarios selon la terminologie gouvernementale) de recours aux moyens de la défense, définis par le Livre Blanc de 2008, a été discrètement ajouté un septième scénario. On a étudié le volume des forces utilisées à Alger en 1957, à Bab el Oued en 1962, et jusqu’à Baltimore en 2015. On a déterminé les capacités réelles de ce qui reste d’armée de terre française pour divers types de missions, dont la stabilisation d’une agglomération et la sécurisation de la population. On a étudié un enchaînement type (à titre d’exemple possible) de circonstances pouvant conduire à ce scénario, et pris en compte le rôle possible des forces de maintien de l’ordre de deuxième catégorie. On a même envisagé la proclamation (un 14 novembre, coïncidence plus que prophétie) de l’état d’urgence défini en 1955, et on a déterminé que par contre l’état de siège ne serait pas proclamé car il n’apporterait rien. On a, évidemment, tiré toutes les conclusions sur l’issue possible, en l’état actuel et surtout dans le volume actuel des moyens militaires français, en d’autres termes on a déterminé quel volume maximal de population il serait possible de sécuriser. Et oui, cette étude d’état-major a été présentée aux plus hautes autorités militaires, tout en étant accessible au public
 
Mais pour ce qui est du plan mis au point, « déjà dans les cartons » et baptisé Opération Ronces, la fuite ne peut provenir que du fameux Dugommier, qui vient d’obtenir un temps de commandement de deux ans aux Kerguelen.

Opération ronces – première et deuxième phases

Les commentaires de Stratediplo sur l’opération Ronces annoncée par Eric Zemmour, et sa confirmation répétée que « évidemment ce plan existe », ont été pris suffisamment au sérieux pour obliger à dévoiler maintenant les deux premières phases de ce plan.
 
En effet on a consacré, l’année dernière, plusieurs mois à l’étude méthodique des réactions gouvernementales possibles à la sécession locale d’une minorité adepte d’une idéologie distincte, étude qui a débouché sur la rédaction du Septième Scénario.
 
On évacuera rapidement la question de l’adaptation nécessaire des méthodes israéliennes. D’une part le régime français actuel n’envisage ni peuple en armes ou armes chez le peuple, ni égalité des sexes pour trois ans de service militaire obligatoire. D’autre part les territoires métropolitains où s’exerce un droit non français sont constitués pour l’essentiel de grands ensembles d’immeubles collectifs, et non pas de petites maisons comme en Palestine, aussi la pratique israélienne de destruction systématique de toute habitation ayant hébergé un combattant adverse changerait drastiquement l’apparence du paysage suburbain français et engendrerait très vite des millions de sans-abris n’ayant plus rien à perdre.
 
Un expert aux sources sûres a assuré ce 8 septembre qu’il y a un quart de siècle, avant même la guerre de religion en Bosnie et Herzégovine, une division d’infanterie avait été préparée à la « reprise de la ville de Roubaix sous contrôle de milices islamiques« , tâche qui n’a laissé ni trace ni souvenir (à un moment où les états-majors disséquaient l’improvisation Daguet) mais correspondrait effectivement aux capacités d’une telle division de l’époque, ou, il n’est pas inutile de le préciser, à l’effectif maximum prévu aujourd’hui pour l’ensemble de l’armée française en cas de « projection » (intervention) intérieure, sachant que son corps expéditionnaire représente, lui, l’équivalent d’une division d’infanterie et demi de l’époque. Certes, des Roubaix il en existe plusieurs, et des territoires qui ont échappé à la souveraineté du pays, en métropole, il y en a aujourd’hui plusieurs milliers, pas tous d’une taille justifiant l’intervention d’une division mais aucun pouvant être « repris » par moins d’une compagnie.
 
Quelques années plus tôt la défense territoriale (distincte du corps de manœuvre blindé mécanisé) alignait plusieurs centaines de milliers d’hommes pour chasser et détruire de manière décentralisée, sur l’ensemble du territoire, les petites équipes de Spetsnaz vouées aux sabotages et exécutions ciblées, et dont le volume maximum affecté par l’Union Soviétique au théâtre français était bien inférieur au nombre de « radicalisés » expérimentés présents aujourd’hui en France, et qui de plus n’évoluaient pas dans une communauté sympathisante d’un cinquième de la population française.
 
Et puisqu’Eric Zemmour a fait référence à la « bataille d’Alger », il n’est pas inopportun de rappeler que l’opération de pacification après la vague d’attentats, qui n’était pas une mission militaire, a nécessité en 1957 le déploiement pendant neuf mois, dans une ville moins peuplée que Strasbourg ou Bordeaux aujourd’hui, d’un effectif représentant une fois et demi le maximum que l’armée de terre est capable de déployer en métropole en 2016. Le gouvernement actuel (et ses prédécesseurs) s’est doté d’une capacité de traiter un « roncier » unique, bien délimité et très restreint en regard de l’ensemble du territoire national. Le Septième Scénario établit cependant en conclusion que, en s’affranchissant (en cas de péril) de sa planification officielle et à condition de pouvoir rapatrier à temps tous ses corps expéditionnaires, le gouvernement pourrait disposer d’effectifs permettant de traiter en même temps… trois autres « ronciers » équivalents.
 
Tout cela posé, on peut sans violer le moindre secret d’Etat avancer que la deuxième phase de l’opération Ronces sera l’instruction intensive, et orientée sur cette mission particulière, pendant six mois pour chaque unité devant être impliquée. Puisqu’un expert expliquait aujourd’hui que ce serait le rôle du Centre d’Entraînement aux Actions en Zone Urbaine, plus proche que la Palestine, on peut donc estimer la durée de cette deuxième phase en multipliant six mois par le nombre de sessions nécessaires pour former, par contingents de 250 stagiaires, les divisions ou les forces territoriales sélectionnées pour l’opération.
 
Avant d’aller plus loin on rappellera que, sans préjudice des valeurs absolues, la proportion des citoyens d’obédience étrangère parmi la population française est bien inférieure à ce qu’elle est en Palestine. On peut aussi raisonnablement supposer que le soldat qui défend sa patrie est plus motivé que celui qui soumet un territoire occupé, et on prendra pour hypothèse simplificatrice que six mois de formation intensive en France valent trois ans de service militaire en Israël.
 
La première phase de l’opération Ronces, et on laissera chacun calculer la durée de cette phase selon ses propres critères d’estimation, consistera donc nécessairement à recruter, en fonction des chances de succès que l’on souhaite donner à l’opération et de la durée que l’on souhaite lui consacrer, entre un et trois millions de militaires.
 
Avis aux volontaires.
 http://stratediplo.blogspot.com.es/2016/09/operation-ronces-premiere-et-deuxieme.html

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