Agences de Notation

Agences de Notation : Le Sénat américain accuse Moody’s et S&P de négocier leurs notations

L’instance a rendu un rapport accablant sur des notes injustifiées attribuées à des produits risqués, évoquant des « dommages économiques massifs »

PLUS DAGENCES EN SUIVANT :

 Moody’s et Standard & Poor’s (S&P) ont noté et surveillé plus de 10.000 produits à risque de type RMBS (residential mortgage-backed securities) et CDO (collateralized debt obligations) entre 2004 et 2008. Le Sénat américain les a donc choisies pour déterminer l’impact des agences de notation dans la crise financière. L’investigation a commencé en novembre 2008. Des centaines d’emails, joints au rapport (cliquez sur le lien), ont notamment été épluchés, montrant que les notes attribuées font parfois appel à de savantes négociations entre banquiers et agences.

Carl Levin, sénateur à la tête de la sous-commission qui remettait le rapport, a estimé que la responsabilité des agences dans la crise du système financier était grave. «Les agences ont laissé des banques vendre des titres à haut risque dans des bouteilles étiquetées ‘risque faible’ (…). Elles partagent la responsabilité des dégâts économiques massifs qui ont suivi», a-t-il expliqué.

Les investisseurs qui ont compté sur les évaluations des agences ont subi des pertes élevées lors de la dégradation brusque des notes.

L’enquête du Sénat a dressé neufs points sur lesquels les agences ont failli.

 L’étude des emails a par exemple montré que les modèles utilisés pour élaborer les notes des RMBS et CDO étaient inadéquats, que les dirigeants le savaient, mais que rien n’avait été fait pour que cela change.

Plus grave, des employés des deux agences, auditionnés, ont révélé que des pressions existaient pour donner des bonnes notes aux produits émanant des «bons clients».

Le rapport montre aussi l’incapacité de Moody’s et S&P à intégrer les risques liés aux fraudes sur les crédits hypothécaires alors que les emails des salariés dévoilent qu’elles étaient au courant.

Pour le Sénat américain, c’est la cupidité des agences qui a atteint leur objectivité. La croissance des revenus tirés par Moody’s et S&P de la notation et de la surveillance des CDO et RMBS est exponentielle entre 2002 et 2007. Pour S&P, les revenus nets annuels sur les structurés ont représenté 1,16 milliard de dollars en 2007. Trois fois plus qu’en 2002, et surtout, la moitié de ses revenus totaux l’année où la crise a éclaté. De même pour Moody’s: les revenus sur les services pour les CDO et RMBS est passé de 61 millions de dollars en 2002 à 208 en 2006. Leurs dirigeants en ont bien sûr profité.

Par Laure Closier – 26/04/2010 agefi

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Des courriels montrent les conflits d’intérêt chez les agences de notation (cliquez sur le lien)

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